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    « Avec le temps va, tout s’en va… », pourrait chanter Mario Dumont

    le 16 mai 2008 | 477 visites | 4.00 / 5 | 0 commentaire(s)
    « Avec le temps va, tout s'en va… », pourrait chanter Mario Dumont
    photo : abdallahh (Flickr)

    « Avec le temps va, tout s’en va… » Ce bout de chanson doit trotter dans la tête de Mario Dumont.

    La population est une amante capricieuse. Autant elle peut être généreuse, autant elle peut être cruelle dans ses amours. Il faut dire que Dumont a tout fait pour la décevoir, depuis qu’il a failli devenir son Prince. Mais en amour comme dans le sport, les défaites morales demeurent des défaites.

    Plusieurs observateurs mettent les scores humiliants du 12 mai de l’ADQ - qu’on devrait repaptiser l’Action Défaitiste du Québec - sur le compte de maladresses parlementaires. Dumont serait victime du manque de flair de ses conseillers et de la faiblesse de sa députation.

    C’est vrai que la députation adéquiste ne fait pas le poids à l’Assemblée nationale, mais la cause de la déchéance est beaucoup plus profonde. Placée devant la perspective de voir l’ADQ prendre le pouvoir, la population s’est mise à réfléchir sur ce que cela signifierait. Il est clair, et les libéraux l’ont compris, que les Québécois tiennent aux acquis de la Révolution tranquille.

    La privatisation des services publics n’est pas dans le radar du Québécois moyen. Il sait qu’il aurait beaucoup plus à y perdre qu’à y gagner.

    D’ailleurs, qui se souvient du film L’illusion tranquille ? Qui se souvient de l’appel à la lucidité ? Même les toutes récentes propositions sur la tarification des services publics ont sombré dans l’oubli. Et que dire de l’accueil froid réservé à Castonguay.

    Le Parti Québécois et le Parti libéral ont le triomphe modeste depuis lundi soir. Il faut dire que l’amant éconduit fait tellement pitié que d’en remettre serait comme frapper un homme déjà par terre.

    L’amante a beau être cruelle, elle pourrait bien prendre en pitié son amoureux éconduit et, par d’étranges détours de la psychée collective, se remettre à l’aimer.

    Vox populi, vox Dei, dit-on. Comme celles de Dieu, les voix de la population sont impénétrables. C’est d’ailleurs tout le charme de la démocratie.

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