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    Banque de sang : des critères d’admissibilité de plus en plus sévères

    le 4 février 2008 | 265 visites | 3.29 / 5 | 0 commentaire(s)

    Cet article de Alexandra Duranceau est gracieusement offert par Agence de Presse Étudiante Mondiale (APEM). La version originale a été publiée à cet endroit.

    Banque de sang : des critères d'admissibilité de plus en plus sévères
    Photo : Ladygoth (Flickr)

    Ceux qui donnent du sang régulièrement l’auront remarqué : les critères d’admissibilité sont extrêmement sévères. Il suffit, par exemple, d’un séjour de plus de six mois en Europe de l’Ouest pour être rayé de la liste des donneurs. Explications.

    Alexandra, étudiante à l’Université de Montréal, est une donneuse régulière depuis près de 10 ans. Avec les restrictions d’Héma-Québec concernant les voyages en Europe, elle ne sera bientôt plus admissible. « Un prochain séjour de deux semaines et je dépasse la limite imposée, explique-t-elle. Je trouve cela très décevant puisqu’il s’agissait d’un geste simple à poser et ayant des retombées directes sur la vie des gens. »

    Selon Manon Pépin, vice-présidente aux affaires publiques et au marketing chez Héma-Québec, c’est la sécurité des receveurs qui prime. « Notre comité scientifique est composé d’experts qui sont en étroite communication avec toutes les grandes banques de sang mondiales. Si nous restreignons nos critères de qualification au don, c’est pour nous sentir plus à l’aise et éviter tout risque de contamination », explique-t-elle.

    Les critères de sélection changent au fur et à mesure des événements mondiaux. Par exemple, une recrudescence des cas de malaria dans un pays d’Afrique pourrait entraîner l’interdiction de don du sang pour les voyageurs ayant visité le pays en question. Héma-Québec exige par ailleurs de connaître certains détails concernant l’état de santé du donneur et les comportements pouvant avoir contaminé son sang. C’est pour cette raison que les personnes ayant consommé des drogues par voie intraveineuse, eu des rapports homosexuels ou été incarcérées, par exemple, ne peuvent pas donner de sang.

    Et la vache folle dans tout ça ?

    La maladie de Creutzfeldt-Jakob est une maladie dégénérative du cerveau, qui serait causée par l’exposition de l’humain à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), apparue au début des années 1980. Cette transmission surviendrait après consommation de certains produits bovins contaminés. Puisque quelques cas possibles de transmission de la vache folle à la suite d’une transfusion sanguine ont été rapportés, les experts ont convenu que les produits sanguins sont susceptibles de la transmettre à l’humain. Des cas de la maladie ont été signalés en Grande-Bretagne, en France, en Italie et en Irlande.

    On sait également que certains pays d’Europe de l’Ouest ont été exposés au boeuf contaminé provenant du Royaume-Uni. Par précaution, Santé Canada et Héma- Québec ont donc décidé d’exclure les donneurs ayant séjourné dans ces pays depuis 1980. Cependant, en raison de la prise de mesures de contrôle dites extraordinaires, en 1997, par la France et le Royaume-Uni, les séjours dans ces pays n’entrent plus en compte dans le plafond de six mois accordés aux voyageurs en Europe de l’Ouest. Cette nouvelle mesure laisse donc une plus grande marge de manoeuvre aux donneurs adeptes du tourisme.

    Banque de sang en danger

    Les critères de qualification relatifs aux voyages en Europe sont entrés en vigueur le 30 septembre 1999. Actuellement, la réserve de sang n’est pas en danger au Québec. Les statisticiens et experts d’Héma-Québec ont déterminé qu’une diminution limite de 3 % de sa banque de donneurs concernés par ces critères correspond à une baisse acceptable de la réserve. « À l’heure où l’on se parle, nous avons huit jours de réserve, indiquait Manon Pépin, lors de notre entretien. Lorsqu’un groupe sanguin en particulier vient à manquer, nos équipes de télémarketing ciblent plus précisément les donneurs concernés et les invitent à faire un don. » Le temps de conservation des plaquettes ne peut dépasser cinq jours et doit donc être transmis dans ce délai.

    L’objectif final est d’éviter de mettre en péril la réserve collective de produits sanguins nécessaires aux patients dans les hôpitaux du Québec, tout en rendant cette même réserve la plus sécuritaire possible. « Notre défi ultime reste toujours de recruter de nouveaux donneurs et de les fidéliser. Si chaque Québécois faisait un seul don par année, nos problèmes seraient résolus pour de bon. »

    Illustration : Clément de Gaulejac

    Mots-clés : canada , québec , affilié , Science et Société

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