Cet article de Jean-Marie Bagayoko est gracieusement offert par Agence de Presse Étudiante Mondiale (APEM). La version originale a été publiée à cet endroit.
Le candidat démocrate à la Maison Blanche sera soit une femme, soit un Noir. Hillary Clinton ou Barack Obama ? Début de réponse avec l’historien François Durpaire.
Pourquoi s’intéresse-t-on tant à Barack Obama ?
Il y a déjà eu des candidats issus des minorités ; mais Obama est le premier à avoir de réelles chances de devenir le premier président noir de l’histoire des États-Unis. Il est le premier Noir démocrate à ne pas limiter son discours à la défense de sa communauté. En incarnant la rupture avec George W. Bush, il s’adresse à l’ensemble des Américains (et du monde). Il constitue également un symbole pour les minorités visibles, dans d’autres pays.
Ses origines : handicap ou atout ?
Après le 11 septembre, personne ne pensait qu’un homme politique dont la famille paternelle était kenyane musulmane, élevé dans une école indonésienne à majorité islamique, aurait un jour des chances de devenir président des États-Unis. Dans certains coins des USA, son nom a encore du mal à passer : ses détracteurs insistent sur son deuxième prénom – Hussein – ou font le lien entre Obama et Osama… Ce n’est pas de la grande politique mais ça fait partie du jeu ! La diversité de ses origines est aussi un atout : beaucoup d’Américains peuvent se reconnaître en lui. Sa mère est une Blanche du Kansas. Il a du sang cherokee. Son père est kenyan, son épouse afro-américaine, sa sœur indonésienne, sa nièce chinoise… Les repas de famille chez les Obama ressemblent à l’assemblée générale des Nations Unies ! Cela correspond aux évolutions de la population américaine.
Comment la communauté noire voit-elle la candidature de Barack Obama ?
Certains disent qu’Obama n’est pas un Noir américain au sens strict, dans la mesure où il est un métis africain, qui ne porte pas en lui l’histoire de l’esclavage ni des droits civiques. D’autres, au contraire, voient en cette candidature une occasion unique de réconcilier les communautés. Obama, lui, ne s’inscrit pas en porteur d’un soi-disant vote noir : « Il n’y a pas une Amérique blanche et une Amérique noire : il y a les États-Unis d’Amérique » a-t-il dit en 2004 lors de la convention démocrate où il s’est fait connaître du grand public. Reste que le rôle des électeurs noirs risque d’être décisif dans la réussite d’Obama aux primaires.
Des stars le soutiennent ouvertement. Selon vous, Barack Obama serait « prisonnier de sa popularité »…
Il a pris conscience qu’il ne devait pas se laisser enfermer dans son statut de chouchou des médias. Il choisit désormais ses émissions, même s’il lui arrive encore de participer à des émissions de divertissement. Il a fait récemment la couverture du magazine Hip hop Vibe. Il a le soutien des stars. On a vu par exemple Halle Berry arborer un T-shirt « Obama for change »…
Politiquement, en quoi se démarque-t-il d’Hillary Clinton (son adversaire à l’investiture démocrate) ?
Il insiste sur sa différence en matière de politique étrangère : Hillary Clinton a voté en faveur de la guerre en Irak. Et ne s’est pas prononcé clairement sur la question d’une menace de bombardement en Iran.
L’Amérique souffre de nombreux problèmes sociaux. Quel est le programme de Barack Obama sur ces points ?
Ses propositions sur l’école sont assez originales. Il tente de réconcilier l’approche de droite, qui insiste sur la responsabilité enseignante, et l’approche de gauche, qui réclame plus de moyens pour l’éducation. Selon lui, face à l’ampleur des problèmes, le programme social d’Hillary Clinton est trop conservateur, alors que 9 millions d’enfants n’ont pas accès à l’assurance maladie. Obama entend être plus interventionniste en matière d’éducation et de santé publique.
Quelle était sa position sur la guerre en Irak en 2003 ?
Il affirmait qu’il n’était pas contre toutes les guerres, mais contre les guerres stupides… et que celle-là l’était. Il prévoyait qu’elle serait politiquement inutile et coûteuse en vies humaines. L’avenir semble lui avoir donné raison.
Faiblesses de sa candidature ?
Sa principale faiblesse est son inexpérience. Dans un monde troublé, ses adversaires républicains, ainsi que le camp Clinton, affirment qu’on ne peut confier la Maison Blanche à un « bleu ». Mais c’est un homme neuf comme les aiment les Américains. On reprochait également son inexpérience à Kennedy... Obama incarne une nouvelle génération.
Les autres continents n’ont pas forcément une bonne image des USA. Barack Obama, s’il est élu, peut-il réussir réconcilier le monde avec l’Amérique ?
L’important n’est pas seulement de réconcilier les gouvernements mais bien de réconcilier les peuples. Obama entend renouer le dialogue avec les États du Sud, dont il connaît les problèmes. Il a vécu en Indonésie jusqu’à l’âge de 10 ans, est allé plusieurs fois en Afrique. Bush, lorsqu’il a été élu président, n’était pas allé plus loin que le Canada ou le Mexique…
Le rêve américain de Barack Obama peut-il nourrir un certain rêve ailleurs ?
Imaginer un fils d’immigrant africain, issu d’une famille modeste, âgé de seulement 46 ans, ayant des chances réelles d’occuper la charge suprême, peut effectivement apparaître comme porteur d’espoir. Mais il ne faut pas idéaliser la société américaine. Le parcours d’Obama, même s’il a le mérite d’exister, est également exceptionnel pour les États-Unis.
L’Amérique est-elle prête pour un Président noir ?
Dès 1997, un sondage révélait que presqu’aucun blanc ne voyait d’inconvénient à voter pour un candidat noir. En 1958, la proportion n’était que de 35 %... Bien sûr, il peut y avoir une grande différence entre les déclarations d’intention et la réalité des votes. Tant qu’un noir ne sera pas président, il y aura toujours des gens pour penser que c’est impossible !
Recueilli par Jean-Marie Bagayoko - janvier 2008
/BOUCLE_video>C’est loin d’être fait. Et franchement, faut être d’humeur sinon d’humour angélique pour le croire osément, ou ne pas vraiment connaître la mentalité amrica des rednecks.
Barack Obama, c’est le joker menteur du poker sioux des Républicains.
Plus on le met en avant, et plus on fait le jeu des Républicains qui ne veulent qu’une chose : Neutraliser Hillary Clinton.
Ca renvoie à la stratégie des sarkozystes qui ont soufflé sur Bayrou pour éteindre Ségolène. Et ça a marché à fond.
Mais miser sur la nostalgie avec Clinton bis c’est souffler sur le vieux pour le ranimer.Tout ça manque d’une bonne flambé dans une période hivernale.
Franchement, quand tu vois ce qu’ils ont en boutique pour diriger bientôt la planète, tu frémis d’anticipation de la glissade vers le no futur à l’heure du laitier.
Quand tu vois ce qui se passe pour le traité Européen, c’est sûr qu’ils nous passent dessus en double salto avec un bras d’honneur.
C’est un abus de langage devenu acceptable dans la société Nord américaine de prendre un métis pour un Noir.Si Obama était vraiment Noir ,on n’en serait plus là. En plus de son charisme extraordinaire,un de ses précieux atouts est d’appartenir à deux races.Les Blancs se reconnaissent en lui sans trop vouloir l’avouer.Les Noirs par contre se l’approprient et font de lui un des leur.Beaucoup de Latinos le rejettent parce qu’ils s’estiment supérieurs aux Noirs et l’élection d’Obama serait une remise en question de leurs préjugés.
Obama jusqu’ici ne cesse de surmonter les obstacles que les sceptiques voient sur son passage.On le disait incapable de trouver assez d’argent pour mener à terme une campagne présidentielle,on le disait inélligible à cause de son nom et de sa race,on le disait trop jeune et inexpérimenté,on le disait incapable de répondre de façon convainquante aux questions des journalistes,on le disait mal à l’aise dans les débats télévisés,on le disait hai par les Latinos, pour vous, Permalien ,il ne serait pas elligible à cause de "la mentalité américaine des Redneck" .Poutant les statistiques montrent bien que le nombre des américains qui votent pour les Démocrates est 3 fois supérieur à celui des Républicains.Ce qui logiquement augure une victoire facile des Démocrates. Votre pessimisme trahit votre refus inconscient, votre peur de voir un (soi-disant) Noir à la Maison Blanche.

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