• Bélligérants pour une même cause !

    17 novembre 2007 | 0 commentaire(s) | 30 affichage(s)

    Lloyd George propose une paix conditionnelle aux républicains irlandais. La délégation venue négocier à Londres était mal préparée. Les Anglais s’impatientent, un ultimatum est servi à Collins et ses acolytes. Celui-ci accepte une solution de compromis. La guerre totale contre l’empire britannique est évité de justesse. Malheureusement, les esprits vont s’échauffer, le profond désarroi va plonger l’Irlande dans une guerre fratricide.

    Deux groupes politiques vont mener une lutte énergique en vue de la réalisation d’un objectif similaire. Les protecteurs de l’Irlande libre issue du traité vont résister aux assauts menés par les radicaux républicains. Le traité de Londres et les conflits de personnalité sont la source même du schisme politique au sein du Sinn Fein. La faction menée par de Valera vise la République d’Irlande sans compromis. Selon eux, l’obtention de l’indépendance doit se faire par la force. La fin de l’usurpation anglaise est la seule avenue possible et envisageable pour ces républicains qui rejettent le traité. D’autre part, nous retrouvons le groupe de Griffith et de son allié Collins. Ils vont influencer un large groupe qui était pourtant réfractaire à l’acceptation du traité. Cette faction politique va donc regrouper un vaste éventail de députés aux allégences diverses. La préservation de la paix et la rétrocession de l’indépendance complète de l’Irlande par les voies politique sont les objectifs que poursuivent ces nationalistes irlandais. L’acceptation du serment d’allégeance envers la Couronne constitue pour eux un mal nécessaire et une étape de plus vers l’accès à la République.

    La Couronne britannique va offrir une paix conditionnelle à la création d’une Irlande séparée en deux entités politiques distinctes. La nouvelle carte géographique va être façonnée de manière à enclaver la partie nord de l’Irlande. Ce qui permet de protéger les groupes confessionnels ayant des allégeance avec l’Angleterre. Collins va négocier âprement et devra accepter contre son gré cette solution qu’il considère temporaire. Il vise toujours la constitution d’une République irlandaise autonome. Cette fois, il va se faire l’apôtre d’une résolution pacifique du contentieux territorial. Une grande majorité d’individu vont juger acceptable le volte-face de Collins. Cependant, une minorité d’individus va continuer à croire à l’accession d’une Irlande libre par la voie des armes. Les divergences politiques internes de l’IRA vont dégénérer dans une guerre civile opposant les factions antagonistes irlandaises pro et contre le traité et la partition. Le conflit va se résorber à la suite de plus de 4000 morts. Collins sera tué lors d’une embuscade. De Valera, plusieurs années plus tard, va recommencer la lutte politique là où Collins avait dû abandonner. Cette ironie de l’histoire démontre combien l’incompréhension régnait dans les tumultes de tous ces événements.

    La révolution est précisément le contraire de la révolte, disait Victor Hugo. Cette assertion est tout à fait à propos dans le contexte européen où le socialisme émergeant menace les fondements mêmes de la société bourgeoise. Qu’en est-il du mouvement national d’affirmation irlandais ? Nous pouvons observer que la scission du Sinn Fein en deux entités a crée une hydre qui s’est combattue elle-même. En effet, nous avons pu constater que malgré la révolte, les nationalistes irlandais de droite ont préféré combattre leur contrepartie républicaine qui tendait vers la révolution totale. La raison était bien sûr de protéger le nouvel État irlandais et aussi préserver les liens économiques chers à la bourgeoisie irlandaise. Nous pouvons considérer que la fin des hostilités durant la guerre civile constitue l’arrêt du processus révolutionnaire au profit d’une révolte de la droite contre les maîtres britanniques. Ce changement et la confirmation d’une suzerainté à l’égard de ceux-ci sont les apports de cette révolte mettant fin à un état de servitude totale. La révolution irlandaise a pris fin avant de permettre une amélioration des conditions de vie et un changement profond de l’ordre social. Cette agitation correspond davantage à un soulèvement violent contre les autorités menant à un rapport constitutionnel confirmant la suprématie d’un groupe élitiste au détriment du monde ouvrier qui constituait pourtant la base de cette révolte.

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