Cet article de Pierre-Luc Gagnon est gracieusement offert par Dimanche Matin. La version originale a été publiée à cet endroit.

D’entrée de jeu, Corneliu Montano, rescapé de la cuvée 2004 de Star Académie ne se donne aucune chance en nous offrant son album hommage. La présentation du produit (la pochette) est probablement la plus laide à avoir été faite au Québec depuis les deux premiers albums d’Éric Lapointe. Mais on peut concéder un doute pour une tentative d’humour ou un clin d’œil potentiel à l’univers de Mariano.
Trois ans après son album éponyme, qui avait été lancé dans la foulée de la fin des classes de l’Académie, Corneliu livre un album plus conceptuel. Le projet s’est concrétisé de lui-même avec le succès qu’a remporté la revue musicale Luis Mariano « Le coeur qui chante » lors de la période estivale 2007 présentée au Cabaret Telus de la Salle Rolland-Brunelle de Joliette. Bien que l’univers de ce disque ne colle absolument pas au goût du jour – félicitation pour l’audace - le jeune homme a le don de mettre ses vibrantes cordes vocales en valeur tout au long des quelque 38 minutes de l’album. C’est assez court. N’en demeure pas moins que 38 minutes de Luis Mariano, ça requiert une tolérance qui n’est pas donnée à tous.
Peut-être est-ce une question de goût (fort probablement), mais je crains que les chansons de Luis Mariano aient bien mal vieilli. On a pu revivre les grandes chansons de plusieurs grands artistes au cours des dernières années. Joe Dassin, par exemple, avait été admirablement remis en valeur avec un album sur lequel ses plus grands succès étaient interprétés par divers artistes. Luis Mariano aurait probablement eu un meilleur traitement avec la même formule. Corneliu Montano, sans rien enlever à son cran et à ses performances vocales, n’apporte rien de bien neuf aux succès que l’on connaissait déjà du ténor chanteur d’opérette. On y perd même le charme du son vieillot au passage qui, dans l’adversité, suffit à justifier la quétainerie.
Sinon, la chanson « Aïe, pourquoi on s’aime », interprétée en duo avec Meggie (l’amoureuse de Corneliu, issue de la même chaudronnée académique) rachète un peu l’ambiance en soufflant un regain d’entrain.
L’album aurait dû s’intituler : Corneliu Montano interprète Luis Mariano du mieux qu’il peut, mais ça ne suffit pas !
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