
Le 4 juin 1634 : Un premier groupe de quarante-cinq Français, vient de débarquer devant une station de traite appelée Québec dont la première occupation remonte à 1608 par Samuel de Champlain qui explore le Canada. Propriété de la compagnie de la « Nouvelle France » qui y exploite le monopole royal français de la pelleterie, c’est un gros village, composé de maisons en rondins construites sur la rive sud du Saint Laurent. Ce grand fleuve a été baptisé ainsi en mai 1534 par Jacques Cartier, subventionné par François 1er, quand il a commencé à en remonter le cours, le jour commémoratif de ce saint martyr.
(suite...)
DES CONTRATS DRACONIENS
La vertu de l’exemple fonctionna. Ce qui avait commencé dans le cadre d’un haut dessein macroéconomique destiné à faire du royaume de France une des grandes puissances de l’Europe, se réalisa, selon les coutumes locales habituelles faites de petites magouilles familiales et paroissiales. Dans les démarches entreprises par les agents de la « Compagnie » il n’y avait apparemment plus rien d’administratif. La seule procédure légale qui subsistât était la visite obligatoire chez le notaire local pour la signature d’un contrat en bonne et due forme qui interdirait aux volontaires de revenir sur leur décision avant leur départ pour l’Amérique. Clap ! le piège se refermait !
Cette procédure présentait l’avantage de maintenir les hésitants dans le cadre de la loi, et de les soustraire aux conciliabules, aux cooptations entre voisins, collègues et amis. Le Perche était devenu pour les « associés « un terrain de chasse exceptionnel ». C’était un pays de petites propriétés. Que possédaient les paysans ? Quelques vaches laitières, des moutons, un peu de prairies, un ou deux hectares de terre à céréales. Chaque homme dans le pays savait labourer mais connaissait presque tous les autres métiers manuels que l’on doit pratiquer à la campagne. À cette époque, faute de bêtes de trait, plusieurs hommes tiraient ensemble la charrue conduite par un autre. Chacun savait semer. On pouvait être maçon, charpentier, scieur de long, charron et chaudronnier, manœuvre ainsi qu’une liste d’expatriés en donne une idée dans les archives de M° Choiseau à Tourouvre, où sont conservés les contrats d’une quarantaine de pionniers qui s’étaient engagés à servir le « seigneur » (sic) Giffard « pendant 36 mois ». La voie avait été ouverte par le premier départ en 1634, d’une quarantaine de tourouvrais accompagnés de leurs femmes et enfants. Le mouvement migratoire déclenché par le trio tourouvrais se confirma. D’autres embarquements eurent lieu entre 1 646 et 1 652. Dix-huit ans s’étaient écoulés depuis le premier.
Les traces notariales de leur départ se trouvent notamment dans une des listes de candidats au voyage. Les détails qui y sont inscrits constituent une source sûre d’informations précieuses sur la façon dont étaient négociés les embarquements et la condition sociale des émigrants. Un de ces bordereaux mentionne vingt-sept célibataires, trois ménages, et sept « non mariés » qui devaient avoir abandonné dans la région quelques maîtresses au long cours.
On peut y lire que la plupart des célibataires avaient reçu une paire de chaussures, des vêtements de laine, un autre un chapeau, et un manteau. Les ménages se voyaient assurer un salaire annuel de 120 livres (le mari 90 £ et l’épouse 30 £). Les célibataires manœuvres ou artisans percevraient selon les cas (inexpliqués) de 50 £ à 100 £ par an de salaire. Les frais de logement ainsi qu’une partie de leurs dépenses en nourriture seraient payés par l’employeur. À l’époque 3 kg de pain valaient une livre. La totalité du pécule, on dirait aujourd’hui dans l’armée « prime de départ », représentait au prix courant du marché hebdomadaire de 150 à 300 kg de pain. Mais à combien se montait la commission de la compagnie des « Cent-Associés » perçue pour le recrutement de chaque émigrant ? La réponse n’existe apparemment nulle part.
Il faut rappeler qu’au XVII° siècle, la société française était soumise au Roi tout-puissant et surtout, localement, à des seigneurs auxquels elle devait rendre hommage, tribut, et s’acquitter d’impôts tels que la taille et la gabelle. Il était aussi utile de se montrer généreux à l’égard des innombrables intermédiaires « payants » qui s’interposaient entre les détenteurs d’une parcelle de pouvoir et ceux qui en étaient démunis.
Les premiers expatriés avaient donc quitté leur maison en 1634. Ils avaient emporté quelques économies. Ils n’avaient pas eu à abandonner de terre pour la simple raison qu’ils n’en possédaient aucune. La plupart d’entre eux n’étaient que de simples métayers. Ils n’avaient pu compter sur aucun héritage d’un « fonds » paternel. Pour ces derniers, l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie quotidienne avait pesé d’un poids considérable dans leurs décisions.
L’ILLUSION LYRIQUE
Il y eut probablement un autre facteur pour les influencer. Ces expatriés, dont la majorité était constituée de « manants », hommes et femmes, n’étaient pas des « hommes libres » - loin de là. On était encore loin du temps où les colons américains adopteraient la « Déclaration des droits du contribuable américain » en 1774 à Philadelphie, encore plus loin de la Révolution de 1789. On connaît l’adage : « Il n’y a que des gens sans espoir pour faire de bons immigrants. »
Leur motivation principale avait été, la promesse, exprimée par Robert Giffard, de se voir octroyer « un terrain agricole de quelque cent hectares auxquels, avait-il juré, ils pourraient avoir droit au terme de leur séjour contractuel de trois ou six ans, selon les cas. Il s’agissait pour ces paysans de l’exceptionnelle perspective de recevoir une terre dite fertile sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Les archives du cadastre québécois montrent que ces bandes de terre, tracées verticalement par rapport la rive du fleuve, mesuraient chacune quelque 250 mètres de large sur 4 250 mètres de long., et couvraient 106 hectares alors que dans la région de Tourouvre, où les immigrés ne possédaient généralement rien, la superficie moyenne d’une exploitation agricole en pleine propriété n’était jamais plus de 2 à 3 hectares en 1634. Même de nos jours, la superficie moyenne des exploitations agricoles dans l’Orne ou dans le Gatinais est de l’ordre de 80 hectares en l’an 2001 !
Après leur arrivée devant la « station » de Québec les immigrants furent placés au service des aristocrates locaux qui tenaient le haut du pavé en « Nouvelle France ». Dans ce noble environnement colonial Robert Giffard avait oublié que son roturier de père était trompettiste et annonceur public à Tourouvre - il n’y a pas de sot métier - et menait un train de vie seigneuriale.
Mais les Gagnon ou autres « amis » des frères Juchereau, où avaient-ils été installés ?
Quoi qu’il en soit, le 4 juin 1634 est un jour qui mérite d’être marqué d’une pierre blanche pour les Québécois comme étant le début officiel de leur histoire.
Cette pierre blanche, devenue un peu grise avec le temps, existe encore dans l’église de Tourouvre on y a gravé » ces mots : « Aux Canadiens baptisés à Tourouvre » « Je me souviens ».
Quarante Percherons convaincus d’aller refaire leur vie en « Nouvelle France » s’étaient donc embarqués dans le port de Dieppe, en Normandie. À l’appareillage, leur flottille comprenait trois vaisseaux. En cours de traversée de l’Atlantique, un quatrième leur avait été adjoint, une frégate anglaise, fortune de mer, capturée par le capitaine Bontemps et ses corsaires.
LE JOUR OU TOUT A COMMENCE
En arrivant à Québec, les vaisseaux mouillèrent devant la basse ville où les immigrants furent reçus sur une place délimitée par quelques bâtiments assez délabrés construits par les premiers occupants de ce territoire indien en 1608. C’est ce qu’on nommait la « Place royale » flanquée d’une église construite par des moines Récollet en 1615.
Samuel de Champlain leur avait réservé un accueil solennel au nom du roi. Il était venu avec une suite de pères Jésuites, d’officiers d’administration, ancêtres des personnages de Courteline sur le sol américain. Ainsi les nouveaux arrivants furent-ils rassurés de voir que le pays où ils allaient travailler pour le compte de la « Compagnie » était fermement tenu en mains par des serviteurs de Dieu et du Roi. ! Au Nord-Est, sur les hauteurs dominant le fleuve et la basse ville, il y avait le Fort Saint-Louis dont le rôle était de protéger cet « habitat », cet établissement colonial contre les tribus d’Iroquois qui ne cessaient pas de menacer les colons avec leurs raids sauvages. Non loin de là, le logis des Jésuites et l’église Notre-Dame-de-Recouvrance qu’on venait de construire. Au delà s’étendaient les terres de trois domaines que mettaient en valeur les premiers colons de la Nouvelle-France. Sur la hauteur également, avait été construite la « maison des Cent Associés ». Les hauts responsables de la factorerie expliquèrent aux nouveaux venus que les fonctionnaires qui y étaient affectés par la Métropole payaient le salaire du gouverneur et entretenaient à leurs frais les religieux. La petite population de l’établissement considérait cette « Maison » avec respect et solennité. C’était, elle le savait, le lieu où seraient prises des décisions politiques et économiques dont son avenir allait dépendre.
Ces immigrants, encore étourdis par leurs jours de mer, après être sortis de leur trou forestier primitif, n’en croyaient pas leurs yeux, car en France, dans leur village, ils ne voyaient jamais venir à eux que de pompeux sous-fifres de l’autorité royale de province.
À cette époque la population de la « Nouvelle France » comptait à peine plus de 250 personnes, une colonie percheronne comptant les 43 nouveaux immigrants, 21 autres qui étaient arrivés en 1 628 auxquels s’étaient ajoutés le personnel de « la Compagnie » des soldats, des fonctionnaires d’administration, des interprètes, des engagés, avec leur suite de Jésuites et leurs serviteurs, en tout quelque deux cents personnes. On répartit les nouveaux venus dans ces vieux bâtiments avant de les expédier dans les mois ou années qui suivraient leur arrivée, dans les différents fiefs qui étaient exploités sous le contrôle de « la Compagnie ».
Au nombre de ces fiefs il y avait la seigneurie de Beauport qui avait été ajoutée aux trois autres fiefs concédés antérieurement : celle du Sault-au-Mathelot à Louis Hébert (1626), celle de Notre-Dame des Anges en 1626, et des Trois Rivières aux Jésuites en 1634.
Très peu de Français savent à l’époque que des navigateurs sortis des ports atlantiques du Royaume, une petite poignée, s’étaient lancés depuis le début du siècle, à l’aide de subventions d’armateurs éclaires et de seigneurs proches de la Cour, dans l’exploration du continent nord américain et notamment de cette province lointaine baignée par un grand fleuve, le Saint-Laurent. Il y eut des débuts audacieux en 1608, lorsque M. de Champlain avait décidé de s’emparer par les armes d’un camp de la tribu aborigène des Iroquois nommé Québec.
Théophraste Renaudot, considéré comme le créateur de la presse française, n’avait pas encore reçu du père Joseph ni du cardinal de Richelieu le pressant conseil de créer sa « Gazette » pour y louer la sagesse d’un règne. Peu de gens avaient entendu parler de la « Nouvelle France » sinon au moment où la France entre en guerre contre l’Angleterre.
Le camp indien que Samuel de Champlain, avait trouvé, sur la rive gauche fleuve Saint Laurent est un lieu propice à l’installation d’une colonie de peuplement française dans les solitudes glacées du nord de l’Amérique.
Depuis vingt-six ans, ce hameau des trappeurs est devenu un village où moins de deux cents habitués, viennent vendre les fourrures d’animaux sauvages qu’ils ont chassés. C’est pour eux un lieu de repos après avoir couru les forêts pendant la plus grande partie de l’année. Ils forment une petite population qui est un ramassis de coureurs de bois, et de trafiquants qui ont trouvé quelques avantages à vivre sous l’autorité du lieutenant royal. Ce sont en général des célibataires, des aventuriers, souvent acoquinés, à leurs risques et périls, avec des esclaves « indiennes », filles du pays, car ni les Hurons, ni les Iroquois n’aimaient beaucoup que leurs « squaws » aillent folâtrer avec des étrangers blancs. La principale activité commerciale de la factorerie, son « monopole », est fondée sur le commerce et l’exportation des fourrures et des peausseries vers la Métropole. Sans probablement s’en rendre compte, ces hommes de sac et de corde ont été les premiers témoins des prémices d’un fantastique bouleversement annoncé par le départ, momentané des Anglais, fait historique sans précédent, qui sera considéré dans les siècles à venir comme l’acte créateur d’une « colonie de peuplement » par une entreprise capitaliste royale d’Etat et la transformation progressive en une grande nation de ces vastes territoires de chasse lointains et désertiques d’Amérique du Nord.
Samuel de Champlain ne savait pas lui non plus que ce jour de gloire pour lui, aboutissement du projet de toute une vie, serait le dernier acte éclatant de son existence. Il mourut six mois plus tard, à 65 ans en décembre 1635. Du coup, sa vie de pionnier fut transformée en « destin de créateur d’empire » dont on parle encore de nos jours.
LE PREMIER DE TOUS LES COLONS FUT UN APOTHICAIRE.
Louis Hébert, apothicaire de son métier, comme l’avait été Robert Giffard, devenu fondé de pouvoir des « Cent-Associés » au Québec, était arrivé en famille dix-sept ans auparavant, en 1617, avec sa femme, Marie Rollet, ainsi que leurs trois enfants. Il avait été le premier agriculteur de la colonie, « le véritable père du peuple québécois », affirment certains historiens canadiens. L’agriculture étant le meilleur des métiers à condition d’en sortir, il devint procureur du roi, charge anoblissante qui en fit un des notables de la « Nouvelle France » tandis que les nouveaux venus, portés par l’espoir de devenir un jour propriétaires, allaient être rigoureusement soumis « comme des esclaves temporaires et rémunérés » aux termes des contrats qu’ils avaient signés par-devant notaire avant leur départ de Tourouvre. Ces actes les liaient pour des durées déterminées - trois à six ans - aux « seigneurs » de la « Compagnie » dans la nouvelle province.
AD MAJOREM GLORIAM....
Les Jésuites, plus que jamais focalisés sur la nécessité de conquérir de nouvelles âmes « ad majorem dei gloriam » pour la plus grande gloire de Dieu, avaient suivi Champlain dans la vallée de la rivière Saint-Charles, où ils installèrent en 1 625 les fondations de leur maison mère en terre indienne dans la seigneurie des Anges.
Leur présence et leurs projets allaient susciter quelques problèmes au vice-roi quand ces hommes de Dieu et d’ambition manifestèrent le désir de créer des territoires autonomes, des « Missions jésuites » semblables à celles qu’ils avaient installées chez les Indiens Guarani au Paraguay. Ces « Missions » ou "Reducciones" fonctionnaient comme des petites "républiques" indépendantes et vivaient en autarcie au cœur de la colonie. Fondées au début du XVII Siècle elles allaient exister jusqu’en 1768, date à laquelle les Jésuites furent expulsés des colonies Espagnoles. Privés de leur projet de républiques indiennes au Québec, ils se vouèrent à l’enseignement. Ils transportèrent en Amérique le type de collège qui fonctionnait déjà si bien dans le royaume. Ils étendirent leur champ d’action aux enfants ordinaires dont ils firent durant les siècles suivants des catholiques modèles « à leur image » sinon à celle de Dieu.
Après l’installation de la famille Hébert, les premiers émigrants provenant de France avaient été quarante, hommes et femmes. C’étaient des artisans, des paysans, pas complètement miséreux mais suffisamment pauvres pour avoir décidé de tout laisser derrière eux afin de commencer une nouvelle vie sur une terre inconnue. Les célibataires qui se trouvaient dans leur groupe allaient fonder en se mariant, dès leur débarquement, les premières véritables familles chrétiennes du Québec.
D’OU VENAIENT-ILS DONC ?
D’où venaient ces gens-là avec leurs regards égarés, leurs baluchons et leurs hétéroclites équipages de pauvres ? Quelles avaient été leurs conditions ? C’étaient presque des Normands. Ils venaient du Perche, issu du comté de Mortagne et des seigneuries de Nogent et de Bellême, situées au sud de l’actuel département de l’Orne. Vu par un Québécois, le Perche est un « tout petit pays » qui « tiendrait chez nous entre Trois Rivières et Joliette. »
Grâce à aux registres paroissiaux de Saint-Aubin demeurés intacts en dépit des guerres et des révolutions survenues en France pendant plus de trois siècles, on connaît avec précision l’origine et même l’histoire de leurs ancêtres.
Les Canadiens qui ont étudié l’Histoire des origines de cette migration se sont demandés comment un terroir situé loin de la mer, enfermé dans des forêts primaires, a pu devenir au début du XVII° siècle un réservoir inattendu de pionniers pour la « Nouvelle France ». Pourtant il ne faut rien exagérer. Ce n’est pas parce que les ancêtres de plus d’un cinquième des Québécois viennent de la région de Tourouvre qu’il faudrait assimiler cette migration localisée à une invasion. Le nombre des familles originaires de cette province ne dépassa pas de beaucoup la cinquantaine. Le fait, constaté à la fin du XVII° siècle, que leur nombre n’avait pas dépassé celui de 14 393 hommes et femmes doit inciter à quelque modération. Certes il est vrai que pendant treize ans, de 1634 à 1647 le Perche s’est trouvé au premier rang des provinces françaises pourvoyeuses d’émigrants. Il est vrai qu’en 1663, les Percherons ont été considérés comme les plus « prolifiques » des colons et à ce titre placés au premier rang des Québécois venus d’autres provinces françaises en terre canadienne. On a constaté en cette année-là que le cinquième des Québécois de naissance était d’origine percheronne. Mais il ne faut pas non plus perdre de vue que cette migration, étonnante par sa soudaineté et son volume initial, aussi « improbables » que l’importance de ce mouvement paraisse de nos jours, a été probablement due à quatre facteurs simultanés :
Tourouvre, est un gros bourg, blotti dans le Nord-ouest de la France, à la limite de la Normandie et des plaines de Beauce. Ses origines et celles de son « Vieux Moulin » se perdent dans la nuit des temps. Son nom vient du latin affirment les exégètes ‘Tortum robur » point de repère géodésique des romains qui avaient été frappés par l’aspect majestueux d’un « chêne immense à la ramure tordue par un terrible orage » tellement violent que seul Zeus avait pu en être rendu responsable.
Situé en bordure de la commune, à 200 mètres du lieu-dit « les Mézières » a été mis au jour l’emplacement d’une cité Gallo-Romaine, attesté par les vestiges d’un talus gaulois retrouvés sous un antique moulin lors de précédents travaux de restauration.
C’est quelques années après le départ des émigrés qu’on en a trouvé des traces écrites, sous Louis XIV. À cette époque, le Moulin de la Fonte était une ferme adossée sans doute à l’étang existant. Celui-ci aurait été creusé et exploité par des moines, comme la majorité des étangs de cette époque, le poisson constituant la nourriture principale des paysans.
Plus tard, transformé d’abord en moulin à eau, celui-ci devint une fonderie au début du siècle. Entre autres, on y fondit les arches du Pont des Arts à Paris. On a probablement oublié que les arches de cette passerelle romantique, chantée par Charles Brassens, provenaient d’un obscur bourg de l’Orne. Cependant, la renommée de Tourouvre est née au Canada. Elle est due, naturellement, au fait que des centaines de milliers de Québécois sont les descendants de ces paysans français, dont certains ne savaient pas écrire, convaincus par des agents riches et puissants de la « compagnie maritime à charte royale » que les territoires sauvages et lointains d’une nouvelle Belle Province » leur procureraient un meilleur avenir que leur maigre terroir et permettrait « aux enfants de leurs enfants » de s’épanouir, soit en revenant en France fortune faite, après quelques années, soit en demeurant sur les nouveaux domaines qu’ils avaient créés Outre Atlantique.
LE MIRACLE QUÉBÉCOIS
L’étonnant pour un observateur non averti est que ces quarante paysans et ceux qui suivirent leur exemple, aient pu donner naissance à un grand pays comme le Québec, dans lequel leurs descendants sont plus d’un million six cent mille, 367 ans après leur embarquement pour la « Nouvelle France », dans le port de Dieppe.
Des milliers de Québécois portent encore des noms aussi répandus que Gagnon, Giguère, Mercier, Rivard, Roussin ou bien Cochereau. Ces patronymes sont très communs dans le Perche moderne. On les trouve par centaines, également, dans toute la France contemporaine. Ils ne sont pas portés par des homonymes mais par de véritables membres d’une même famille dont les liens se sont distendus à travers les siècles en raison de l’éloignement et de la multiplication des branches différentes auxquelles ont donné lieu d’innombrables alliances mais que les deux dernières guerres ont rapprochées dramatiquement en raison du sang versé pour une même cause.
(à suivre...)
/BOUCLE_video>Il est déconcertant de se rendre compte qu’un Français s’intéresse davantage à l’histoire de la Nouvelle-France qu’un Québécois qui en est issue.
C’est du bon travail !
bonjour tres interessant. ou puis-je trouvez la liste des passagers. J’aimerais savoir Noel langlois etait celibataire, voyageait-il avec sa futur femme ou non. Noel langlois est un de mes ancêtres il s’est marié a Quebec en juillet 1634, 1 mois apres son arrivé. Mille fois merci si je peux obtenir une piste je serais tres heureuse. Jackie

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