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    Elections fédérales : le sosie français des candidats

    le 9 octobre 2008 | 417 visites | 3.89 / 5 | 0 commentaire(s)
    Elections fédérales : le sosie français des candidats
    Photo : ramsaytravels

    Et si les chefs des partis fédéraux avaient un clone de l’autre côté de l’Atlantique ? Cette interrogation lancée en forme de boutade n’a d’autre but que de détendre un peu l’atmosphère des joutes politiques actuelles. Un peu d’humour en attendant les urnes...

    Stephen Harper. Le chef. Boute-en-train s’abstenir. L’exemple même de la rigidité du pouvoir, de la monotonie du verbe. L’austérité et la rigueur qu’il dégage expliquent sans doute pourquoi son parti sera peut-être bientôt majoritaire. Les Canadiens, comme les Gaulois, ont sans doute besoin d’un chef qui en impose, qui donne l’impression de savoir où il va, la boussole bien au chaud dans la poche du pantalon. Bref, qui rassure. Et tant pis pour les bourdes, l’essentiel étant de maintenir les troupes en ordre serré. Tiens, ça me rappelle Sarko. S’il manque à votre premier ministre le tonus presque tannant de notre Napoléon, reconnaissons-lui toutefois d’être un anonyme des revues people.

    Imaginez Harper faire du jogging pour gagner quelques points dans les sondages ? Ce que ces deux ténors ont en commun ? La contradiction. Que penser d’un leader qui reconnaît la spécificité de la nation québécoise mais affaiblit l’identité francophone en vampirisant son sirop d’érable culturel ?

    Stéphane Dion. Le leader sans aura, l’incompris des sondages. Il lutte, il s’agite, mais le résultat est le même : incompris. Tiens, ça me rappelle François Hollande. Intelligent, compétent, expérimenté… là n’est pas le problème. Déboulonné de son strapontin présidentiel par son ex-compagne Ségolène Royal, le premier secrétaire du Parti socialiste français doit sans doute distinguer le reflet de Stéphane Dion le matin dans son miroir. Et vice-versa. Leur point commun : un déficit flagrant d’image. Même si Stéphane Dion se mettait au hockey et permettait au Canadien de remporter une 25e coupe Stanley, il n’est pas certain que cela suffirait à redorer sa crédibilité. Hollande et Dion, c’est l’alchimie de la défaite programmée. Ces deux-là prouvent au moins une chose : on ne naît pas libres et égaux en politique !

    Gilles Duceppe. Le point levé de la souveraineté. On remet en cause l’utilité de son parti sur la scène fédérale, on le bouscule, y compris dans son propre camp. On lui colle presque une étiquette de « has been » sur le dos. Mais il persiste et signe, fonce, en s’arc-boutant sur ses principes. Assurément sympathique. Non pas pour ses idées, peut-être désuètes dans un Québec en mutation, mais pour cette opiniâtreté à toute épreuve. Tiens, ça me rappelle Arlette Laguiller, figure emblématique de Lutte ouvrière, rendue célèbre pour son fameux « travailleurs, travailleuses » à l’entame de ses discours. Si la resucée revendicatrice de cette idéaliste fait parfois sourire, sa fidélité farouche à défendre les faibles classes sociales inspire le respect. Un peu d’authenticité dans un monde de langue de bois.

    Jack Layton. L’homme aux dents longues, c’est lui : Jack « trublion » Layton ! Il me rappelle le 3e homme de la dernière campagne présidentielle en France. Un certain François Bayrou. L’homme du centre a semé une belle zizanie en sonnant le glas du parti UDF, traditionnellement de centre droit, pour créer le MoDem (mouvement démocrate), présenté par son chef comme le seul mouvement de résistance face au président de la République, et dont la couleur orange rappelle celle des pancartes du NPD. On ne souhaite pas à Monsieur Layton la traversée du désert de Monsieur Bayrou, lequel, en décidant de camper franchement dans l’opposition, a vu pas mal d’élus de son bord quitté le navire. Récemment, Bayrou a évoqué la perspective d’une alliance avec le Parti socialiste pour contrer Nicolas Sarkozy en 2012. Un appel du pied qui renvoie à la main tendue de Jack Layton à Stéphane Dion. Le Bleu a dit niet. Dont acte.

    Elizabeth May. Difficile d’y voir clair dans les intentions de la chef de file des Verts sur la scène fédérale. Condamné à jouer les trouble-fêtes, le parti écologique est contraint de lier des ententes pour prendre un peu de carrure. Dans la coulisse, les Bleus et les Verts ont abattu leurs cartes. Ça sent la coalition anti-Harper, mais pas le coup de poker. Autre stratégie pénible à décortiquer, celle de l’écologie à la française. Dans les cuisines, les chefs se refilent les patates chaudes. Figure emblématique du parti, Dominique Voynet doit composer avec des forces contradictoires. Du coup, les électeurs français ont une piètre image d’un mouvement gangrené par les luttes intestines. C’est la cacophonie des grenouilles, le ver (sans jeu de mot) qui pourrit le fruit. A l’arrivée, ça fait 1,57% des suffrages au premier tour des dernières élections présidentielles, autant dire un courant d’air ! Souhaitons à Mme May une mer moins agitée et davantage de vents dans les voiles ! Olivier Pierson.

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