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    Élections françaises 2007 : L’implosion des internautes dans le scrutin ?

    le 18 juin 2007 | 278 visites | 3.17 / 5 | 0 commentaire(s)
     Élections françaises 2007 : L'implosion des internautes dans le scrutin ?
    photo : NaOh

    Avec le second tour des élections législatives, les élections 2007 sont désormais passées et ont eu elles aussi leur lot de surprises : celui de ne pas en avoir eu. En effet, contrairement aux élections précédentes, l’élection présidentielle de cette année a été la plus classique de l’histoire de la Cinquième république. Même celle de 1965 ne s’était pas déroulée comme prévue avec le ballottage du Général de Gaulle. Le résultat de cette deuxième présidentielle du millénaire engendre donc certaines interrogations. Alors que tout le monde s’attendait à une plus grande surprise que celle de 2002, que Carlo Revelli affirmait dans une interview que quatre-vingt pour cent des internautes ne voteraient pas pour les deux candidats classiques, que le premier journal citoyen de France, AgoraVox, avait réussi à sortir en un temps record le premier ouvrage collectif du journalisme citoyen qui sonnait bien souvent comme un réquisitoire contre Nicolas Sarkozy et qui avait parfois tendance à paraître comme un soutien à François Bayrou avec les contributions respectives de Quitterie Delmas et Corinne Lepage, c’est le candidat qui semblait être le plus contesté de la blogosphère, selon quelques internautes, qui a été porté massivement en tête au premier tour, puis naturellement élu au second. De quoi remettre en cause l’existence du Cinquième pouvoir et le pouvoir du journalisme citoyen. De quoi se demander si ces élections 2007 n’ont pas été l’implosion des internautes dans le scrutin après avoir rêvé de leur irruption dans la campagne.

    L’impossible défaite des internautes dans les scrutins 2007

    Contrairement à ce qui pourrait être cru a priori, l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République française ne peut pas être l’illustration de la défaite de la blogosphère. Pour une bonne et simple raison, c’est que cette dernière n’appartient à personne et que tout le monde la crée : il n’y a pas de blogosphère sans internautes. En effet, tout citoyen peut devenir un internaute et appartenir à la blogosphère. Il suffit pour cela de se connecter à l’Internet et de s’y exprimer. L’Internet est un Monde où tout le monde peut venir. Il n’est réservé à personne. Il permet au contraire de confronter les différentes opinions et reflète la société actuelle. C’est pourquoi il est possible, comme le dit Carlo Revelli, de le considérer comme un « thermomètre ». En revanche, si la blogosphère ne reflète pas les résultats des différents scrutins nationaux, ce n’est pas parce qu’un dictateur s’est installé sur l’agora des médias citoyens, mais parce que l’Internet n’est pas encore la pratique quotidienne de la majorité de la société. S’il y a une différence entre la blogosphère et la nation, c’est que la seconde n’a pas adopté dans son quotidien la pratique de la première. Toutefois, au vue des différentes statistiques des sites les plus visités, il n’est pas possible de remarquer une différence véritable entre la présidentielle, et sa suite : les législatives, et le monde des internautes. C’est pourquoi il est plus juste et plus véridique de ne pas parler de défaite du cinquième pouvoir, mais de reconnaître mécaniquement une impossible défaite des internautes dans les différents scrutins dont ceux de cette année.

    L’existence du Cinquième pouvoir

    Après y avoir cru ou essayer de le construire, quelques rédacteurs d’AgaroVox ont douté de l’existence du cinquième pouvoir. C’est ainsi que le 12 Février dernier, le patron en personne du premier journal citoyen de France titrait l’un de ses textes Cinquième pouvoir et journalisme citoyen existent-ils vraiment ?, puis écrivait le 12 Mars suivant : Cinquième pouvoir, sixième pouvoir ou pas de pouvoir du tout ?. Les titres et les interrogations auraient ainsi tendance à reléguer le journalisme citoyen en sixième position de l’échelle des différents pouvoirs, dont la quatrième place est occupée par la presse traditionnelle, avant de le dissoudre. Pourtant, il n’est pas possible de douter de l’existence de ce pouvoir. Le fait-même de s’interroger sur ce moyen prouve son existence. En résumé, le cinquième pouvoir, c’est le pouvoir que les citoyens ont de s’exprimer via les différents médias de l’Internet. Comme AgoraVox. Il est classé en cinquième parce qu’il vient après les autres pouvoirs que personne ne peut contester. Et s’il n’est pas possible de parler de défaite ou d’effritement du cinquième pouvoir, c’est parce qu’il est animé par les citoyens et qu’il ne peut donc que refléter ces derniers. En revanche, s’il ne peut se ranger derrière un candidat, il agit pour la démocratie puisqu’il permet à tous de s’exprimer et donc de dialoguer. C’est donc d’abord un contre-pouvoir. Mais, un contre-pouvoir étant le pouvoir de contrer, le cinquième pouvoir est bien un pouvoir : le cinquième.

    La nécessité du journalisme citoyen

    Désormais inéluctable, le journalisme citoyen est aussi nécessaire. Nécessaire à la démocratie puisqu’il est la seule forme de journalisme qui permet à tout citoyen de s’exprimer. Il s’agit d’ailleurs bien d’un journalisme : celui produit par les citoyens comme les journalistes professionnels produisent le journalisme professionnel et les journalistes étudiants, le journalisme étudiant. En revanche, le journaliste citoyen ne doit pas voir le journalisme professionnel comme ennemi ou adversaire. En effet, la liberté de la presse est la preuve de l’existence de la démocratie. Faire la guerre aux journalistes professionnels seraient donc anti-démocratique et contradictoire pour un journaliste citoyen puisque ce dernier œuvre pour la démocratie.

    Après ces élections et cette définition de cette forme de journalisme qu’est le cinquième pouvoir, certains pourraient douter de la nécessité et de l’utilité du journalisme citoyen. En effet, en quoi le cinquième pouvoir est-il utile et nécessaire s’il n’appartient à personne et si au fond, il ne fait que refléter la société ? Il s’agirait donc d’un miroir. Pas d’un pouvoir. Un miroir qui change selon les opinions à la mode. Et non un pouvoir qui s’affirme. Cependant, pourquoi ces doutes sur le journalisme citoyen ? Pourquoi faudrait-il qu’il soit la représentation d’une minorité alors que la finalité du journalisme professionnel n’est pas de se couper de la société ? En effet, si le quatrième pouvoir est aujourd’hui soupçonné, voire accusé, de corruption, c’est parce que justement les citoyens le sentent loin de leurs propres entendements respectifs. (et pourtant les résultats électoraux ont été l’illustration du matraquage journalistique !) Le journalisme citoyen ne peut donc faire l’erreur de se couper de la société. De même que le miroir est le seul objet qui réfléchit, le journalisme citoyen doit être le premier moyen pour la société de réfléchir sur elle-même. C’est pourquoi chaque contribution est importante. Et si le journalisme citoyen est nécessaire, c’est parce qu’il permet de s’exprimer. C’est pourquoi c’est un pouvoir. C’est donc bien un pouvoir qui a pour finalité la démocratie. Le journalisme citoyen est donc utile et nécessaire à la démocratie.

    Les journalistes citoyens et les plus ardents défenseurs du cinquième pouvoir n’ont donc pas à être déçus des différents résultats électoraux. Leur engagement n’est pas de se rallier à un quelconque parti politique (bien qu’ils peuvent être militants dans la vie), mais d’œuvrer pour l’intérêt général de la société. C’est pourquoi le journalisme citoyen est le premier pouvoir de dialogue entre les citoyens de cette dernière. Il a donc le moyen d’agir sur les autres pouvoir et devient ainsi le cinquième de la hiérarchie établie. Il est donc à la fois utile et nécessaire à la démocratie. Cette dernière étant sa finalité puisqu’elle seule permet à l’humanité d’atteindre le bonheur. Il n’est donc pas possible de parler d’implosion des internautes dans le scrutin, mais de se rendre à l’évidence : l’avenir des élections réserve une place capitale aux journalistes citoyens.

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