La semaine qui vient de passer prouve que l’information doit s’avérer divertissante pour qu’elle soit traitée avec importance dans les grands médias. Rien de nouveau sous le soleil, diront certains... Après, on se demande pourquoi les gens qui veulent s’informer d’abord cherchent des alternatives... et pourquoi ceux qui veulent divertir avant tout ferment des salles de nouvelles !
J’écris ce texte avant de voir (et d’écouter) le passage de Sylvie Tremblay (l’ex de l’ADQ) à Tout le monde en parle. Madame Tremblay (qui serait peut-être plus proche de Mme Marois que de M. Dumont) a fait l’actualité dernièrement. Tout comme Chantal Fontaine qui, incidemment, possède un restaurant à Montréal (je sais, ça n’a aucun rapport, mais ils en parlent à TLMEP), Mme Tremblay viendra nous raconter qu’elle a été lâchée dernièrement par son parti. Dans le cas de Mme Fontaine, la nouvelle à l’effet que le parti de Fabienne Larouche n’avait pas été chic avec elle, a fait l’actualité presque toute la semaine jusqu’à ce que Nathalie Simard annonce son départ pour l’incognito.
Tout ce paragraphe pourrait d’ailleurs se résumer par la position des frères Rémillard dans le dossier de la relance de TQS :
« Question : D’après les documents déposés au CRTC, vous désirez faire de l’information artistique, culturelle, à Montréal et en région. Quelle forme cela prendra-t-il ? Réponse : C’est de l’information redéfinie. »
On m’accusera de mauvaise foi, mais la semaine qui vient de passer prouve que les propriétaires de Remstar ne vont rien réinventer en redéfinissant le concept d’information par les prismes du spectacle et du divertissement. Les gens qui habitent au sud de la frontière d’avec le grand pays qui nous voisine ont d’abord réinventé ce concept d’information qui semble maintenant vouloir devenir une espèce de norme. Le fait que l’émission « Entertainment Tonight » de CBS soit si prisée de nos amis des États-Unis parle tout seul :
« The show is the most popular and longest-running entertainment news program, with its first broadcast on September 14, 1981 ».
Est né depuis le concept d’infotainment et je fais le plaidoyer que la partie divertissement de l’expression est en train de devenir le standard qui qualifie la bonne information la distinguant de la mauvaise plutôt qu’une catégorie de nouvelles qui porte sur le showbusiness. Tout cela pour dire qu’il faudra se souvenir de cette semaine que nous venons de passer comme de celle où Radio-Canada se sera excusée à une productrice vedette, publiquement, se montrant « désolée des perceptions qu’aurait pu laisser cette entrevue et des préjudices que celle-ci aurait pu causer à Mme Larouche ». Pour l’analyse de cette « information » venant de notre société d’État qui a justement traité de cette affaire comme si elle en était une d’État, il faut lire la deuxième portion de la chronique de jeudi dernier de Marc Cassivi.
J’aime bien Virginie et je ne méprise ni l’émission de Guy A. qui fait partie de mes préférés, ni la grande compassion que nous devons à Mme Simard suite au drame qu’elle a vécu. Je veux simplement dire que la prise de position des nouveaux dirigeants de TQS (si tant est qu’ils le demeurent assez longtemps) ne devrait surprendre personne puisque la lente dérive vers l’information-utile-et-valable-étant-celle-qui-divertie est un fait acquis par bon nombre d’intervenants dans ce domaine qui n’est pas le mien. Le communiqué de Radio-Canada émis cette semaine en est le reflet le plus patent ! Ce qui surprend me paraît être la réaction de la FPJQ aujourd’hui qui se lance dans une croisade pour la diversité des voix en information. Le geste de Radio-Canada me paraît être bien plus représentatif du courant que nous traversons sur l’importance du divertissement en information que celui de TQS qui voit fermer ses salles de nouvelles. Je comprends bien que des salles de nouvelles qui se ferment, ce sont des journalistes qui perdent leur emploi et qu’il est normal qu’on se braque en tant que Fédération, mais il me semble que le combat pourrait aussi être celui de ce qu’est « informer ».
Le jour pour un grand média où il ne sera plus possible d’informer sans divertir le plus grand nombre n’est peut-être pas si loin.
Il me semble qu’on se dirige doucement vers cette réalité depuis plusieurs années. Pas étonnant qu’autant de personnes se tournent maintenant vers Internet pour s’informer !
/BOUCLE_video>Arrêtez, pitié ça me fait mal quand je ris et ce n’est pas parce que c’est drôle ;)
Au Québec, c’est 98.5% de la Presse qui est entre les mains de 2 corporations soit Gesca et Québécor. Alors la diversité, en principe, vous savez déjà ou nous la foutre !
Quand L’Aut Journal et Le Québécois seront gratuitement et mensuellement distribués à l’intérieur de La Presse et du Journal de Montréal on pourra alors parler d’apparence de démocratie et de diversité des médias au Québec.
Quand il y aura un IPTV comme mes copains de Go Left TV aux states qui pourra donner la parole à d’autres intervenants que les guignols de l’Institut Économique de Montréal ou de la procession interminables d’eunuques du pouvoir économique et de l’ordre marchand ; on pourra parler de société libre et dynamique…
En attendant, nous ne sommes , comme les humains enfermés dans leurs cocons dans le film The Matrix, que des batteries économiques abreuvés d’un simulacre de réalité composé en majorité de sport, showbizz et autres balivernes alors que la race humaine court à sa perte.
Bonjour chez vous ;)

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