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Dans l’après-partie Canadien-Boston, c’est 2 à 0 contre le Service de police de la Ville de Montréal.
Les autorités policières de Montréal ont vraisemblablement commis l’erreur de sous-estimer le risque que des voyous s’en donnent à cœur joie après la victoire de l’équipe de hockey montréalaise au dernier match de la série contre Boston. Une enquête externe pourrait le déterminer. L’après-match nous réservait une seconde erreur, beaucoup plus grave celle-là : des perquisitions policières dans les salles de nouvelles de plusieurs médias de Montréal. L’information est en danger au point où la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a vivement réagi.
Le Service de police de la Ville de Montréal est allé chercher de force les images captées par les médias lors des émeutes par Radio-Canada, La Presse, The Gazette, CTV, Le Journal de Montréal et TVA-LCN. Le SPVM n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : il voulait mettre la main sur toutes les images vidéos des désordres qui ont suivi la partie de hockey de lundi soir, bafouant du même coup la protection des sources et du matériel journalistiques. La FPJQ s’indigne avec raison de ces perquisitions.
Quelqu’un, quelque part, a oublié de les rappeler à l’ordre. La FPJQ a dû se charger de le faire après coup dans son communiqué de presse émis aujourd’hui : « les journalistes ne sont pas des auxiliaires de la police ». Sauf exception dont la gravité l’exige, ils ne doivent pas non plus être des témoins à charge.
Les risques que le comportement de la SPVM font prendre aux journalistes ne sont pas banaux. Observateurs indépendants des phénomènes sociaux, ils verraient compromise leur indépendance par rapport aux pouvoirs, précise avec raison la FPJQ. Ce qui est en jeu, c’est « leur crédibilité, leur sécurité lors des désordres violents et leur accès aux sources d’information ».
Il va être intéressant de voir ce que sera le jugement dans le cas de la contestation du mandat de perquisition par Radio-Canada qui a scellé les images non diffusées dans une enveloppe avant de les remettre, ainsi que par les autres médias.
Je ne suis pas spécialiste du droit et je n’ai pas non plus la possibilité d’en interroger un [la section commentaire est ouverte s’il s’en présentait un], mais il semble que nous manquions de balises limitant les saisies de matériel journalistique.
C’est d’ailleurs ce que soulignait le Bloc Québécois lors du dépôt du projet de loi de Serge Ménard visant à modifier la Loi sur la preuve au Canada pour mieux protéger les sources journalistiques, en précisant que malgré la jurisprudence et les droits garantis par la Charte, il y a « une zone grise qui peut donner naissance à des interprétations divergentes ».
Il est grand temps de colmater les brèches, afin que les sources et le matériel journalistique soient protégés contre la tentation d’aller au plus court même si cela nuit aux médias dans leur rôle essentiel à une saine démocratie.
Les journalistes, caméramans et photographes de presse font leur métier dans des conditions de plus en plus difficiles, s’il faut qu’en plus ils se sentent menacés lorsqu’ils se présentent [de plus en plus seuls avec une caméra ou un appareil photo dans le cas des journalistes à l’ère de la convergence] sur les lieux où les choses peuvent dégénérer, nous risquons tous d’en souffrir sur le plan de l’information.
Vraiment, c’est la semaine des erreurs policières à Montréal.
/BOUCLE_video>C’est plus qu’une erreur, c’est un scandale, une horreur et une menace directe à la démocratie en affectant les médias. Ceci devrait sonner l’alarme dans l’esprit des gens et une occasionner une puissante réponse légale.
Incroyable. Non mais...
Je suis plus prudent dans mes choix de mots parce que le problème ne tient pas qu’à la décision de la SPVM, mais aussi au flou des jugements de nos tribunaux qui fait en sorte que les images des médias font aussi facilement l’objet de perquisitions. Il faut lire la chronique d’Yves Boisvert pour saisir toute l’ampleur du problème. En voici deux extraits :
« Il n’y a rien de mal en soi et le matériel journalistique n’est pas sacré : il est permis de le saisir, la Cour suprême l’a dit en 1991. Mais on semble oublier, dans nos corps de police, que le plus haut tribunal posait une série de critères.
(...)
Tout se passe comme si ces perquisitions [les perquisitions en général depuis lors] n’avaient rien de particulier, quoi qu’ait pu en dire la Cour suprême en 1991, et quoi que prétendent les médias. »
Grave erreur du choix de la section.
Quel rapport le sport avec la police ? il manque une section "sécurité" alors zou dans Général ou Société.
Maintenant certains policiers font du sport sur autoroute A10. Non loin du centre ville de Montréal, j’ai vu du "stock car racing" pour arrêter en plein trafic (17h30) une vieille voiture volée que je refuserai même gratuite.

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