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Avec toute la polémique entourant l’utilisation du terme « reine-nègre » par Victor-Lévy Beaulieu et de la réaction abusive envers la liberté d’expression du député libéral Emmanuel Dubourg, il ressort qu’il n’est pas bon de mêler les sentiments et la politique. Des deux côtés, le sentimentalisme est à fleur de peau et on s’envoie à qui mieux mieux les pots !
VLB n’est pas dupe du pouvoir des mots et il est certain que la multiplicité de sens du terme « nègre », bien que couplé en néologisme à « reine », ne lui a pas échappé, oh ! que non ! L’insulte se trouvait donc au moins sous-jacente comme une bombe à retardement, sinon évidente comme une main toujours prête à gifler. En somme, un beau coup calculé, puisqu’il est toujours possible d’arguer, avec un coup de poing sonore sur la table de concertation, que le sens rejoint seulement et seulement celui du « roi nègre », lié au colonialisme...
Qui me dira sans rire que cette missive assassine à double tranchant n’est pas l’art de se laisser émouvoir par l’adversité ? Il n’y a que de l’épanchement débordant pour donner un résultat aussi bien rempli d’ambiguïté, propice à provoquer la colère chez les autres, ces autres malins qui ont assurément accompagné les pensées de l’écrivain alors qu’il traficotait sa bombe incendiaire. Tout ça pour dire que ce concept de reine-nègre n’est pas le fruit du hasard, mais bien plutôt le fruit de la fatalité, résultat d’au moins une douce tristesse devant la personne de Michaëlle Jean, symbole amer.
Qu’on rabaisse ce symbole à de l’utilitarisme pur et à la charge émotive qui sous-tend toujours la question de la race, ou plus clairement du racisme, c’est ce qui blesse à mort le député Emmanuel Dubourg : sentimentalisme encore... Mais bien plus alors qu’il franchit le pont qui le mène jusqu’à la censure en pleurant ! Comment y glisser sans le lubrifiant des larmes ?
Alors là, la faute de l’écrivain s’amincit à la mesure de la démesure du député. Le monument de la liberté d’expression est bien plus important que la statuette à l’effigie de la gouverneure générale : il faut le répéter comme si c’était le dernier leitmotiv disponible et possible. Je comprends les blessures de monsieur Dubourg, mais cette compréhension ne commande pas la validité d’un retour en enfance où le père de l’un serait plus fort que l’autre, le père étant ici, pour ce dernier, évidemment le pouvoir législatif de l’État.
En espérant que lorsque la source de ses larmes se sera tarie, il reprendra à nouveau les armes pour défendre la liberté d’expression. L’humain est un être d’humeur, et un politicien se devrait toujours d’être humble par rapport à sa propre humanité.
/BOUCLE_video>Dès la lecture de la lettre de VLB dans l’Aut’Journal, je me suis demandé s’il valait vraiment la peine d’essayer de comprendre Victor-Lévy Beaulieu ?
Je ne suis pas d’accord avec ce que VLB a écrit ; ça m’a dégoûté. Mais je serais prêt à me battre afin qu’il ait le droit de ses opinions, si exaltées soient-elles. « Restreindre la liberté d’expression » dans le cas qui nous occupe est non seulement exagéré, mais proprement vide de sens. M. le libéral a manqué une bonne occasion de bien défendre l’attaque personnelle dont Mme Jean a été victime, car c’est ce dont il s’agit.
VLB a beau écrire ce matin qu’il s’en « était pris à la fonction de gouverneure générale et non à la personne », mais j’ai bien lu « maniérée », « accent pointu », « noire », « jeune », « jolie », « ambitieuse », etc., dans sa lettre ; je trouve que ça fait beaucoup d’allusions à la personne de Michaëlle Jean pour affirmer que c’est la fonction qu’il a critiquée.
Tu as bien raison de rappeler à l’ordre le valeureux député, mais tu aurais pu en profiter pour secouer un peu le vénérable VLB, mon cher Renart ;-)
Mon cher M. Asselin,
« mais tu aurais pu en profiter pour secouer un peu le vénérable VLB, »
il me semblait l’avoir fait, en décortiquant sa vilenie souterraine. Et puis dire de quelqu’un qu’il est trop sentimental, ce n’est pas tellement un hommage quand même !
Bonne journée !
Je viens de relire...
J’en étais resté à « beau coup calculé », « douce tristesse » et « faute de l’écrivain s’amincit ».
Mais si vous dites que vous l’avez fait, je vous crois sur parole...
Même que « beau coup calculé », ça fait pas mal "calculateur"...
Par contre, oui, je voulais secouer beaucoup plus le député que l’écrivain, ça c’est vrai !
« Depuis 1763, nous n’avons plus d’Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d’autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux. » - Léon Dion
J’ajouterai que selon la notion de traître à la nation (légalement acquise grâce au jugement de la Cour d’appel du Québec dans l’affaire Hervieux-Payette) ; nos 2 guignols sont traîtres, aussi bien au Québec qu’à Haïti.
Le Canada n’est t-il pas complice de l’empire américain dans l’asservissement total de cette nation ?
Faites vos devoirs en anglais vu qu’en français l’utilisation de références littéraires semblent désormais bien frilleuses et pointilleuses…
"A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself "- Joseph Pulitzer
INFO SUPPLÉMENTAIRE
"L’AFFAIRE DES TRAÎTRES" Cette grande leçon de droit civil aura pris 20 ans à se conclure et constitue un chapitre important de l’histoire judiciaire du Québec. L’essai sur la liberté de parole, en matière politique, de François Gendron : "L’AFFAIRE DES TRAÎTRES" raconte cette saga et devrait être une lecture requise de tous citoyens qui s’intéressent au débat public.
PS
La dernière fois que j’ai vérifié, il n’y avait qu’une race sur cette planète : la race humaine. Les racistes sont de pauvres demeurés de la calotte qui auraient besoin, au minimum, d’une bonne thérapie ou d’un soupçon d’éducation, en dehors de la propagande haineuse de leurs parents, d’ou cette vomisseure intellectuel est trop souvent issu.
Les autres murs d’incompréhensions que les individus s’élèvent entre eux sont culturels, religieux ou issus d’une bonne vielle lutte des classes. Il faut bien avouer qu’il n’est pas rare de voir le pouvoir attiser ces feux dormants à des fins strictement politiques et partisanes. C’est le cas au Québec comme partout ailleurs ; la nature humaine étant ce qu’elle est : toujours à un souffle de la barbarie la plus abjecte et ce, tout au long du triste bain de sang qu’est son histoire.
Mais revenons à nos moutons ;)
On va évidemment s’acharner sur le terme employé par VLB pour noyer le poisson mais la réalité demeure. Le poste de Gouverneure Générale est l’incarnation même des vestiges coloniaux de l’empire britannique qui n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour réprimer les conquis qu’elle dépossédait de ses richesses, de ses libertés et, plus souvent qu’autrement, de son existence même.
L’humour étant la politesse du désespoir, il m’est toujours aussi agréable de lire notre pisse vinaigre national qu’est Pierre Falardeau ;)
LA PRESQUE REINE ET LE PETIT PRÉSIDENT
À regarder Michaëlle Jean, la petite reine du Carnaval de Québec, et sa grand’tarte de mari, les baguettes en l’air, jouer leur farce sinistre en France, sous les regards admiratifs des journaleux insignifiants, on ressent un profond dégoût. Tout est petit dans cette histoire, la presque reine et le petit coq grimpé sur ses ergots qui joue les matamores présidentiels. On a l’impression de feuilleter, encore une fois, un mauvais photo-roman des années cinquante, mettant en vedette une caricature d’Aunt Jemima revampée par les stylistes de la revue Châtelaine ou de Channel no. 5, une pâle copie en culottes courtes de Napoléon-le-Petit et Paul Desmarais dans le rôle du parrain mafieux. De grands comédiens, mais une pièce de théâtre pornographique.
Comment peut-on à la fois se réclamer de l’héritage d’Aimé Césaire, de son Discours sur le colonialisme, de l’horreur sans nom du système esclavagiste et jouer les rois-nègres au féminin : le poste de représentant de la Reine d’Angleterre est un des symboles les plus haïs de toute l’histoire du colonialisme et de l’impérialisme britanniques, non seulement au Québec, mais aussi en Irlande, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Il y a là une contradiction insurmontable. On ne peut pas justifier tout et n’importe quoi. Même l’injustifiable.
Et qu’on ne vienne pas nous les gonfler avec les accusations de racisme : le problème n’est pas la couleur de la peau de la presque souveraine, mais ses prises de position politiques tordues et réactionnaires. Et qu’on ne vienne surtout pas nous chanter la chanson de « l’image positive pour la communauté noire ». Arrêtez vos bêtises avec vos « success stories » pour Lady Di de Chambre de Commerce. Vous allez pas vous refaire une santé mentale sur le dos des Québécois. On ne me fera pas coller quand même que l’Empereur Bokassa, le président Mobutu et la crapule à Omar Bongo sont des exemples de réussite pour la jeunesse. Si le « gansta rap » avec ses bandits, ses faux diamants, ses chars de cul et ses colliers en or est un exemple de réussite, alors c’est à désespérer de l’aventure humaine. En tout cas, ce n’est pas ce que m’ont appris Fanon, Malcom, Cabral, Césaire, Sankara ou Baldwin, ces grands maîtres de la pensée anticolonialiste.
Mais le plus dégoûtant dans toute cette affaire, ce n’est pas le cabotinage de cette « Uncle Tom » en talons hauts ni les pitreries de sa grand’tarte, mais l’àplatventrisme des politiciens québécois responsables de tant de courbettes et de petitesse. Jean Charest, avec sa joyeuse bande de vingt watts et de deux de pique, se pète les bretelles avec sa politique de la carpette, du perron de porte et de la démission. C’est la politique libérale de l’autohumiliation, la politique de l’enculé heureux, à la Benoît Pelletier, satisfait, avec son petit pot de vaseline à la main.
Mais plus dégoûtant encore, c’est le choeur habituel des flatteurs et des encenseurs du régime grassement payés par Power Corporation pour avaliser et applaudir cette politique réductionniste. Et ils parlent comme le Petit Pratte de réalisme politique et de grandeur. Et ce sont les mêmes vendus qui chantent les vertus de la schizophrénique loi 101 avec son bilinguisme institutionnel bien réel, les vertus de la privatisation en douce d’Hydro-Québec à grands coups de moulins à vent verts solitaires et les vertus d’une loi sur la protection du territoire agricole qui ne protège plus rien. Ce sont les mêmes encore qui applaudissent l’engraissement des amis du Parti par le biais des PPP, le démantèlement des ZEC et la destruction systématique de l’État québécois. Toujours les mêmes qui nous racontent que tout va pour le mieux, que l’économie du Québec tourne à plein régime, alors que les usines ferment leur porte à gauche et à droite.
L’infime Jean Charest descend encore plus bas dans la soumission que le minuscule Robert Bourassa et tous ces débiles mentaux se préparent à remettre au pouvoir ces nains presque inexistants. Parizeau avait raison : on patauge toujours dans l’argent et les votes ethniques.
Pendant ce temps-là, d’autres hystériques en mal d’identification, peut-être les mêmes, chantent le Ô Canada en bilingue au Centre Machin-Truc, font tourner leurs linges à vaisselle au-dessus de leur tête et se prennent pour des « nommebeurrouones » avec le « flag du Canadien su’l’hood ». N’importe quoi ! La prochaine fois, ils se mettront le drapeau de la Molson dans le cul, ou celui des beignes Tim Horton, du Pape ou des Jeux gais. N’importe quoi ! C’est proprement dégoûtant.
Et si vraiment les peuples ont les politiciens qu’ils méritent, alors le peuple québécois mérite de disparaître tout de suite et de finir dans la fosse septique de l’histoire. C’est tout ce qu’il mérite.
Pierre Falardeau
Pierre Falardeau, dans la dernière édition du journal Le Québécois (vol.8, no.2), réagit à la visite de Michaëlle Jean en France. www.lequebecois.org
« La lucidité a un prix : la liberté et l’ostracisme. » – Kristian Bolduc
Je n’ai qu’une chose à ajouter à l’intention de madame Jean : qui s’y frotte, s’y pique. Elle aurait mieux fait de se taire puisqu’elle représente tous les sujets de Sa Majesté, y compris les indépendantistes qu’elle aimait jadis fréquenter.
M. Monette a écrit :
Elle aurait mieux fait de se taire puisqu’elle représente tous les sujets de Sa Majesté, y compris les indépendantistes qu’elle aimait jadis fréquenter.
Je ne suis pas d’accord. Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, C.C., C.M.M., C.O.M., C.D., Gouverneure générale et Commandante en Chef du Canada [c’est son titre officiel] ne représente personne, puisqu’elle n’a pas été élue ! Ou plutôt si, elle représente Elisabeth II.
C.C. Companion of the Order of Canada
C.M.M. Commander of the Order of Military Merit
C.O.M. Commander of the Order of Merit of the Police Forces
C.D. Canadian Forces Decoration
À noter aussi que la définition de son titre en anglais est : The Governor General of Canada is the vice-regal representative in Canada of the Canadian monarch, who is the head of state.
Quant à VLB, il réussit l’exploit d’être à la fois écrivain et épais… je veux dire isolationniste, au fond, et de la variété terroir.

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