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    La jeunesse québécoise est « intéculturelle »

    le 3 juin 2008 | 155 visites | 4.33 / 5 | 4 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    La jeunesse québécoise est « intéculturelle »
    photo : mariaboismain (Flickr)

    La lecture du rapport « Le français et les jeunes » du Conseil supérieur de la langue française, paru ce mois-ci, est un excellent antidote contre la morosité. Les jeunes adultes (18-24 ans) sont persuadés à plus de 82% de l’effet bénéfique de la Loi 101. La plupart ont une attitude positive envers l’avenir du fait français au Québec.

    Ces jeunes adultes n’ont vécu ni les inégalités économiques entre anglophones et francophones, ni l’état de minorisation des « Canadiens-français » du Québec d’autrefois. Leur Québec est plus diversifié que jamais et la langue française est de plus en plus la langue commune, peu importe l’origine. C’est tout un revirement historique, dont les politiciens ont de la difficulté à mesurer toute la portée.

    L’« intéculruralisme » des jeunes Québécois

    La commission Bouchard-Taylor propose que soit légitimé par le parlement fédéral le fait que le Québec a dû emprunter une approche différente du reste du Canada. Alors que dans les autres provinces, l’accent a été mis sur le multiculturalisme, au Québec il l’a été sur l’interculturalisme.

    Osons aller plus loin que nos commissaires ; faisons carrément sauter le r du préfixe inter.

    Les jeunes n’en seraient plus à l’interculturalisme, mais plutôt à l’intéculturalisme. Inté comme intégration et intériorisation. La nation québécoise change. D’une part, les nouveaux arrivants s’intègre de plus en plus au Québec français, d’autre part, le Québec français - du moins les plus jeunes francophones du Québec - intériorise de plus en plus le pluralisme culturel.

    Les jeunes qui ont participé à l’étude du Conseil supérieur de la langue française sont issus de la première génération pour laquelle le français est la langue commune au Québec. Celle-ci fait partie intégrante de leur identité. Leur génération est aussi la première composée en partie de jeunes allophones scolarisés dans les écoles françaises.

    À Montréal en particulier, mais pas exclusivement, la grande majorité de ces jeunes, autre phénomène non négligeable, sont les premiers à avoir grandi au contact de la diversité ethnoculturelle. Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps les jeunes venus d’ailleurs fréquentaient les écoles du réseau scolaire anglophone.

    Inter comme Internet

    L’interculturalisme n’est évidemment pas absent du profil des jeunes Québécois. De fait, leur ouverture à l’anglais tient même de cet interculturalisme, ce buzzword de la commission Bouchard-Taylor. Le monde avec sa diversité culturelle est à la portée de leurs doigts.

    Les jeunes veulent comprendre l’anglais et s’exprimer dans cette langue qui s’est imposée comme langue des communications internationales.

    Le défi que nous vivons comme nation francophone n’est pas différent de celui que vivent toutes les nations francophones du monde : comment maintenir l’intérêt des jeunes envers l’apprentissage de leur propre langue tout en favorisant celui de la langue anglaise.

    Certains s’inquiètent de l’avenir du français au Québec. Il faut certes s’en préoccuper, mais il faut également cesser de nourrir un pessimisme qui n’est pas de mise.

    Oui le français doit être enseigné avec comme objectif sa maîtrise maximale. Il faut y mettre les sous et le personnel enseignant nécessaire. Il faut aussi insister pour que dans toutes les matières enseignées où l’usage du français est requis, les fautes orthographiques et grammaticales soient corrigées. Cela signifie évidemment que les enseignants de ces autres matières maîtrisent leur français.

    Il faut cependant cesser de mélanger le fait que le français doit être maitriser par les jeunes et le fait que la réalité pluriculturelle du Québec, dans un monde devenu un grand village planétaire pour les jeunes d’ici, va aller en s’amplifiant dans les années à venir.

    Heureusement, les jeunes adultes québécois et ceux qui vont les suivre l’ont compris.

    Conseil supérieur du français. Le français et les jeunes (PDF).

    Mots-clés : canada , québec et Société

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  • 4 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Le français, pas facile à apprendre et à maîtriser, mais quelle belle langue !

    5 juin 2008 | répondre | permalien

    Cette étude n’aurait pas été possible sans la contribution de plusieurs personnes. Je tiens d’abord à remercier très chaleureusement les 93 jeunes qui ont généreusement participé aux discussions, et tout spécialement ceux qui ont également contribué à la formulation de recommandations dans la deuxième étape de la recherche.

    Dans un sondage, il me semble qu’on prend généralement 1000 personnes choisi parmi un échantillon représentatif. L’auteur en est bien conscient.

    Il est toutefois important de noter que cette méthode d’enquête ne nous permet pas d’extrapoler les résultats obtenus à l’ensemble de la population des jeunes Québécois de ce groupe d’âge

    Qu’est ce que ça cache pour le Québec et le Canada en général ? Regardez donc les statistiques et les prévisions à long terme.

    Michel Monette > Le défi que nous vivons comme nation francophone n’est pas différent de celui que vivent toutes les nations francophones du monde.

    Il est assez différent. En France, ils ont un président qui sait à peine parler anglais. hahaha Le marché francophone intérieur est constitué de 10 fois plus de ’clients’.

    5 juin 2008 | répondre | permalien

    @ Paul de Montréal : ce n’est pas un sondage, mais une étude de type qualitatif. J’aimerais bien d’ailleurs savoir ce que donnerait un sondage. J’ai la forte impression que les résultats ne seraient pas bien différents de ceux de cette étude. Les jeunes sont fiers de parler français, aiment visiblement maitriser aussi l’anglais et ont une vision plurielle de la nation québécoise. Je préfère de loin cette vision affirmative à la vision défensive que plusieurs nationalistes propagent. Je ne suis pas indépendantiste pour protéger le français ou l’identité québécoise. Il est possible de les protéger tout en demeurant au sein du Canada. Je le suis parce que je sais qu’on va faire beaucoup mieux que ce qu’on fait déjà pas si mal une fois qu’on aura récupéré tous les pouvoirs dans une seule Assemblée nationale pleinement souveraine.

    5 juin 2008 | répondre | permalien

    @ Michel Monette

    Je comprend et je respecte cette position politique mais ma remarque était avant tout d’ordre statistique. Un sondage/étude avec un échantillon représentatif suffisant (1000) permettrait de faire une extrapolation ("jeunesse québecoise") avec une marge d’erreur très faible. Une "forte impression" ne constitue pas une preuve.

    J’ai regardé rapidement le site de statistiques Canada pour le Québec et ça semble aller dans le sens de l’étude en comptant les allophones, anglophones qui apprennent davantage le français. Tout ceci n’est pas étonnant avec les lois en faveur du français à l’école. Comme langue maternelle de ce que j’ai lu ça baisse en % au Québec.

    L’augmentation de la proportion d’allophones est principalement attribuable au nombre d’immigrants arrivés au Canada entre 2001 et 2006. Au cours de cette période, quelque 1 110 000 nouveaux arrivants se sont établis au pays, et quatre sur cinq d’entre eux étaient allophones.

    statcan.ca

    6 juin 2008 | répondre | permalien

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