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Manger du poisson pour sauver la planète, oui, mais pas n’importe quel poisson.
Manger de la viande est un très mauvais choix écologique. Chaque fois que nous ingérons 100 g de boeuf, en moyenne 3,6 kg de CO2 ont été relâchés dans l’atmosphère pour satisfaire notre appétit. De plus, 80% des cultures dans le monde servent à nourrir les animaux d’élevage et le tiers de la pêche en mer se retrouve aussi dans le ventre d’animaux que nous mangerons par la suite. Ne serait-il pas plus écologique de manger moins de viande d’élevage et plus de poisson ? Oui et non.
Connaissez-vous le poisson certifié MSC ? Pour ma part, je n’avais aucune idée de l’existence de cette certification écolo avant de l’apprendre sur le site pourunepechedurable.fr.
Pour pouvoir être certifié MSC, une entreprise doit démontrer que ses pratiques respectent des principes assurant que les stocks de poisson pris en compte sont suffisants, que l’impact sur le milieu marin est limité et que le système de gestion de la pêche permet de maintenir la viabilité des espèces pêchées tout en minimisant l’impact sur le milieu.
Avant de vous précipiter chez votre poissonnier préféré pour demander du poisson MSC, ou de scruter à la loupe les étiquettes des produits que vous achetez en épicerie, sachez que la certification est toute récente (1997) et qu’en ce moment 25 entreprises de pêche, sur la centaine qui en a fait la demande, sont certifiées (voir cette page sur le site suisse styvoo.ch).
Dans le dernier rapport annuel disponible (2006-2007), on apprend que 7% de la prise de produits de la mer comestibles dans le monde est le fait de pêcheries certifiées MSC, soit quatre millions de tonnes sur plus de 143 millions de tonnes (chiffres de la FAO qui comprennent la pêche en mer, 86 millions, la pêche continentale, 9 millions et l’aquaculture, 48 millions).
Ce n’est pas beaucoup, mais la progression est rapide (même Wal-Mart embarque) et la certification MSC n’est pas le seul label écologique. Déjà cette année, on parle plutôt de cinq millions de tonnes certifiées MSC, selon styvoo.ch qui révèle, par contre, que la consommation de poissons et fruits de mer est en progression constante.
Malheureusement, la surpêche aussi progresse. Elle affecterait aujourd’hui 75% des stocks mondiaux. Non seulement les quantités pêchées sont-elles trop élevées, mais en plus elles engendrent un nombre considérable de prises annexes (tortues, phoques, dauphins, requins, baleines ou encore oiseaux marins qui se retrouvent prisonniers des filets).
L’aquaculture n’est pas forcément une alternative écologique, la plupart des poissons élevés étant carnivores. Par exemple, un kilo de saumon d’élevage nécessite 4 kilos de poissons issus de la pêche (Pour une pêche durable : vous aimez le poisson... faites le bon choix !).
Avis aux amateurs de la fameuse crevette de Matane : elle est écologique ! C’est le Bulletin CyberSciences qui nous l’apprenait le 22 janvier dernier, tout en précisant que quatre entreprises québécoises de transformation de crevettes tentent d’obtenir une certification MSC.
On ne peut, hélas, en dire autant de l’ensemble de notre consommation de poissons et de fruits de mer. C’est même plutôt le contraire en ce moment et il faudra un sérieux coup de barre vers des pêcheries plus responsables.
Ce n’est pas demain la veille au Canada, si l’on se fie à la réaction officielle de Pêche et Océans Canada dans un article de La Presse Les épiceries prises à partie par Greenpeace paru le 18 juin dernier : « Ce n’est pas dans notre programme d’imposer ce genre de mesure [une certification d’approvisionnement durable] (...) c’est vraiment une décision d’affaires et, au bout du compte, de marketing. »
Si nous ne prêtons pas attention à la façon dont nous les pêchons, nous risquons de briser à tout jamais une relation vieille de plus de 165,000 ans avec les espèces marines.
La note du divorce serait salée.
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