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    La "plastax" Irlandaise

    le 17 juin 2008 | 167 visites | 2.00 / 5 | 3 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    La "plastax" Irlandaise
    photo : Zainub (Flickr)

    Une taxe sur les sacs de polyéthylène a diminué la consommation de sacs de plastiques de 90% en Irlande après 1 an.

    Les îles ont des enjeux environnementaux qui peuvent parfois être bien plus graves que les autres lieux du monde. Prenons l’exemple de la gestion des résidus solides. Sur un territoire large, comme le Québec, il est plus facile d’avoir des sites d’enfouissement. Nous avons un territoire large et l’écosystème, bien qu’affecté, n’est pas des plus influencés au niveau global. Sur une île, le territoire est limité et l’écosystème est influencé par les fluctuations environnantes.

    C’est donc peu étonnant que l’Irlande ait eu de graves problèmes dans la gestion des résidus solides, dans le passé. Je parle bien sûr de la République d’Irlande (L’Irlande du Nord étant encore une “province” Britannique). Mais dans les années 2001, ce pays a choisi de déclarer la guerre aux sacs de plastique.

    Pourquoi les sacs en plastique ? En Californie, par exemple, les sacs en plastique de polyéthylène représentent 270 000 tonnes d’enfouissement par année, soit 5% de la masse qui s’en va vers les sites d’enfouissement. Leur durée de vie est en moyenne de 20 minutes, mais les sacs se dégradent dans les sites en approximativement 400 ans. Cela signifie que votre sac restera dans un site d’enfouissement 10 millions de fois plus longtemps qu’il ne sera utilisé.

    Les sacs en plastiques peuvent aussi causer d’autres problèmes. Bombay, par exemple, a complètement banni les sacs de plastiques, car les gens les jettaient dans la rue et que ceux-ci arrivaient à bloquer des bouches d’égoûts. Cela a contribué dans le passé à l’augmentation de l’intensité des innondations.

    Mais maintenant que l’on connaît certaines conséquences possibles d’une surutilisation des sacs de polyéthylène, revenons au cas de l’Irlande. En 2001, pour pallier à une partie de leur problème de gestion des résidus solides, le gouvernement a lancé la fameuse plastax. La plastax (taxe sur le plastique) imposait aux clients un prix pour chaque sac de plastique utilisé. En effet, il faut dépenser 0.15€ en Irlande pour un sac. Le montant de cette taxe est ensuite employé pour investir dans des initiatives écologiques.

    La première année, le gouvernement a réussi à tirer l’équivalent de 9.6 millions de dollars américains. Mais cela n’est pas là que les changements ont été positifs. Là où le programme s’est avéré redoutablement efficace, c’est au niveau de la consommation des sacs. En effet, entre 2001 et 2002, seulement 200 millions de sacs de plastique ont été utilisé, contre environ 1 milliard et 200 millions auparavant.

    La taxe a donc eu un avantage majeur pour couper la consommation de sacs en plastique. Elle a favorisé l’emploi de sacs réutilisables, a offert une source de revenus au gouvernement pour investir dans les technologies vertes et a réduit les coûts d’opération dans les sites d’enfouissement. Et le pire ? Les Irlandais sont fiers et heureux de cette taxe ! Qui parmi vous est heureux de payer un produit et des résultats que cela emmène ?

    Suite aux résultats du projet ôsé de l’Irlande, d’autres pays ont adopté une plastax. Un des plus récents ? La Chine, qui veut réduire son empreinte écologique et a, elle aussi, des problèmes d’enfouissement.

    Au Québec, nous avons l’infrastructure adéquate pour lancer une plastax très efficace. Nos épiceries et nos commerces offrent déjà des sacs ré-utilisables, ou même des bacs. Ces derniers temps, ça ne m’est même pas rare qu’on me demande si je veux un sac, au lieu de m’emballer le produit tout de suite. Mettre une taxe symbolique de 25 sous sur les sacs de polyéthylène, ce serait la dernière étape pour arriver à diminuer la quantité de sacs de plastique dans nos sites d’enfouissement.

    Mais une question revient : pourquoi ne pas recycler les sacs de plastique ? Parce que ça se recycle mal, mais surtout parce que, en prenant l’exemple de la Californie, un maigre 1% des sacs de plastique se rendent dans le bac vert. Rendu là, aussi bien dire que l’on ne recycle pas les sacs, quoique même si on les recyclait,ils ont peu de valeur à valoriser.

    Mots-clés : québec , irlande , Environnement et Économie

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Je m’excuse, le lien vers l’article original ne fonctionne pas. Essayez celui-là :

    La "plastax" Irlandaise.

    17 juin 2008 | répondre | permalien

    Personnellement, je suis écoeuré de me faire taxer. Pourquoi ne pas taxer les compagnies de plastique ou les forcer à produire des sacs complètement biodégradables ?

    Ou bien si on veut taxer les citoyens qui paient environ 200 taxes au Canada, pourquoi ne pas en abolir d’autres, comme la TPS qui est supposée être supprimée depuis belle lurette ?

    Je comprend l’idée de réduire la quantité des sacs de plastique, ici à Taiwan ça fonctionne bien aussi, mais j’en ai raz-le-bol des taxes. Je ne vais sûrement pas en demander une autre de plus en souriant.

    17 juin 2008 | répondre | permalien

    Excellentes questions.

    Pourquoi ne pas taxer les compagnies de plastique pour faire des sacs biodégradables ? Parce que cela coûterait probablement plus cher et qu’ils finiraient à 25 cents chacun.

    Mon sujet ne concerne pas la façon dont la taxe devrait être gérée. Pour une épicerie de 100$, on utilise environ 3 ou 4 sacs. Cela coûte donc 1$. C’est un élément symbolique dissuasif, plutôt qu’une taxe majeure redonnée au consommateur.

    Mais c’est évident qu’une taxe a toujours un effet négatif au niveau de la population. Ce que j’explique, c’est que les Irlandais sont fiers de la taxe, non pas à cause des sous, mais surtout à cause des résultats. Une chutte de 90% des sacs de plastique donnés, c’est extrêmement impressionnant. Ce n’est pas étonnant que d’autres pays avec des problèmes dans la gestion des résidus solides ont emboîté le pas.

    18 juin 2008 | répondre | permalien

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