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    • Olivier Pierson
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    Opinion : Le Canadien, la Maladie d’amour

    le 19 avril 2008 | 237 visites | 3.50 / 5 | 1 commentaire(s)
    Le Canadien, la Maladie d'amour
    photo : spcbrass (Flickr)

    J’aurais pas cru. J’aurais pas cru vibrer à ce point pour le hockey. Jusqu’à présent, ce sport se résumait pour moi à des images subliminales sur un écran de télévision. La rondelle était un palet, et le jeu d’origine canadienne du patinage artistique pour mecs virils. J’exagère un peu, mais dans mon pays, le hockey, c’est d’abord une rumeur. On repassera pour la ferveur. Je suis Français, tout s’explique.

    Et puis la glace a recouvert mon ballon de soccer, la cage du gardien a rapetissé. Les crampons sont devenus des lames, et la pelouse est restée dans le congélateur. Le décor a changé. Je me retrouve devant ma télé québécoise chaque soir, à hésiter entre deux formules. Je zappe entre deux émissions de spécialistes chauffés à blanc qui décortiquent avec une précision chirurgicale les forces et les faiblesses de leur équipe fétiche. A ma gauche, la chaîne TQS et ses commentateurs survitaminés dans 110% (100% de passion, 10% de recul). Attention, dopage verbal et gestes théâtraux en vue ! A ma droite, la Zone et son ambiance plus feutrée sur les ondes de Radio Canada. Le ton est moins porté vers les octaves, ça pogne moins les nerfs. Donc, chaque soir, le même scenario se répète. Je m’abreuve des analyses de ces observateurs avisés et je leur en suis reconnaissant. Mes oreilles ont la forme de rondelle. La journée, je bétonne mon cordon ombilical en dévorant les colonnes sportives. Les polémiques, les louanges et les critiques, les chroniques diluviennes, la mauvaise foi parfois…, tout y passe. En peu de temps, le football est devenu sans intérêt, et le maillot de l’équipe de France vire au bleu jauni.

    Si le hockey nord-américain éveille en moi tant de sentiments exaltés, c’est sans doute à cause de cette formation mythique aux divers surnoms. De simple spectateur, je suis devenu l’un des leurs. Contaminé par la ferveur, jusqu’à pousser des cris de primate quand un des joueurs du Tricolore score.

    Je sombre définitivement en faisant l’acquisition de quelques produits dérivés. C’est grave docteur ? Non, juste une Canadiennite aiguë. Bref, une belle dépendance aux Glorieux. Il y a d’abord ce chandail bleu marine offert à Noël et frappé du nom et du numéro du capitaine Saku Koivu. Un présent qui me fait passer en quelques secondes de l’âge adulte aux couches culottes. La fièvre affective m’incite à acheter un porte-clés et un tee-shirt à la mémoire cette fois d’une ancienne gloire. Mieux, une idole : Maurice Richard et son numéro 9 retiré à jamais de la patinoire montréalaise. J’ai ajouté dans mon panier une serviette de bain aux couleurs de la sainte Flanelle. Un converti l’Olivier. Un papier buvard : j’absorbe tout ce qui fait le Canadien.

    Je ne peux faire l’économie de l’hymne à la feuille d’érable, chanté avant chaque game de hockey. C’est fou comme le sport vous naturalise vite ! J’ai eu la chance d’assister à une rencontre des Canadiens au Centre Bell devant quelque 22 000 spectateurs sous dépendance. Un temple où résonne la passion, où les maillots retirés d’anciennes gloires, suspendus au sommet de cette aréna, semble veiller sur les joueurs comme des anges gardiens. Le centre Bell, c’est aussi un show avant chaque rencontre. C’est encore le marketing tonitruant qui réveillerait un mort. Le son est à haut-parleurs déployés. La consigne est simple. Elle apparaît en grand par intermittence sur un cube électronique placé au-dessus de la patinoire : Make noise ! Les détracteurs – ou les puristes – argueront que tout ce déluge de fric et de paillettes a écorné l’image du hockey d’antan. Je laisse aux Québécois pur laine la réponse.

    Moi ce que je retiens, c’est que le Canadien véhicule bien des passions. Le CH, c’est une marque déposée par la fierté. Un patrimoine, un flambeau ! C’est l’héritage sans rides et la gomme qui efface bien des maux. C’est enfin une banderole dont on décroche les mots pour les lancer à la face de ses champions. Go habs go ! Huit petites lettres, mais pour beaucoup de partisans, souvent toute une vie…

    Mots-clés : france , québec , Sports et Société

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Je suis un Québécois pure-laine, mais tricoté tout croche. Je dois donc vous dire que le hockey me passionne autant que la finale d’un tournoi de Parchesi entre grabataires dans une centre d’accueil en Mongolie Extérieure.

    Le seul intérêt que je trouve au sport de spectacle est d’essayer de comprendre par quel transfert les gens s’y intéressent et dans quelles conditions ce transfert opère.

    Que les Montréalais puissent s’identifier à des joueur russes jouant pour une équipe propriété américaine m"a lancé un nouveau défi. J’y travaille.

    Pierre JC Allard

    19 avril 2008 | répondre | permalien

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