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Le fungi Tricoderma reesei pourrait transformer la cellulose en sucres fermentables, afin de faire de l’éthanol.
Au niveau gastronomique, je méprise les champignons de Paris. La texture molle est horrible et le goût est... étrange, pour ne pas donner le fond de ma pensée. Bien préparé dans d’autres plats, je l’endure, ou lorsque l’on utilise d’autres champignons, je dois avouer que je les préfère.
Les champignons font partie du règne des mycètes ou des fungi, terme aussi utilisé en anglais. Un organisme fongique est, en gros, un végétal sans tige, sans feuilles ni racines (Wikipedia). Puisque la majorité des fungi n’utilisent pas de chlorophylle et n’ont pas de feuilles, la majorité d’entre eux peuvent survivre sans la présence de lumière. Les fungi sont d’excellents agents qui ont rendu d’énormes services à la biosphère et l’être humain. On évalue que certains d’entre eux pourraient servir de médicaments à la variole, la maladie qui a fait le plus de morts dans l’histoire de l’humanité. Le rôle des fungi dans l’enrichissement des sols et le contrôle de l’humidité est aussi remarquable.
Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie d’aller chercher plus en profondeur dans le royaume des mycètes, parce que mes connaissances dans le domaine sont limitées et que ce monde est encore extrêmement mal compris, même par les universitaires. Ce que j’ai appris, par contre, est que grâce à certaines espèces de ce règne, il serait possible de créer du sucre fongique à partir de la cellulose.
Pour des nouvelles toutes fraîches sorties du four, la revue Nature Biotechnology a sorti en mai 2008 un article sur le mycète Trichoderma reesei (T. reesei, pour les intimes) - je m’excuse pour les intéressés, mais l’on doit payer pour visionner l’article. L’étude, endossée par 45 personnes (l’étude avec le plus grand nombre de chercheurs que j’aie vu à date), a pour but d’étudier le caractère particulier du mycète Trichoderma Reesei, principale source d’enzymes à cellulose dans le domaine industriel. Cette analyse avait pour but de séquencer le génome de ce mycète, afin de pouvoir aider à approfondir le potentiel du T. reesei à transformer la cellulose en sucres pouvant être fermentés.
Mais à quoi cela peut servir, de faire des sucres à partir de la cellulose ? La fermentation des sucres par certaines levures relâche des sous-produits par des réactions chimiques de digestion. Certaines levures, par exemple, relâchent de l’éthanol lors de la fermentation.
Glucose -> Éthanol + Dioxyde de carbone
Pour de meilleures informations sur la fabrication de l’éthanol, consultez le site du Vermont Biofuels Association.
Cette technique de fabrication d’éthanol cellulosique est une des plus prometteuses. La cellulose représente 40% de la matière du bois, par exemple. Elle est aussi présente dans les plantes et la matière organique. Cela signifie que l’on pourrait, en utilisant par exemple le mycète T. reesei, transformer la cellulose contenue dans des déchets agricoles, des déchets domestiques ou toute substance contenant une cellulose ligneuse en éthanol. D’autres avenues ont aussi été envisagées pour produire de l’éthanol cellulosique, comme des acides ou des produits comme le glycérol et le sorbitol. Ironiquement, la majorité de ces produits sont dérivés du pétrole. Mais l’avenir du T. reesei dans la fabrication de nouveaux carburants est prometteuse.
Le T. reesei a été connu parce que, durant la deuxième guerre mondiale, il "mangeait" les textiles de certaines tentes et les uniformes des soldats. 60 ans plus tard, les gens sont en train de faire des recherches sur ce même mycète pour faire un carburant renouvelable pouvant remplacer une partie de notre consommation de pétrole. Si ça, ce n’est pas un champignon magique !
Manx : Cette vidéo et les informations de cet article sont franchement rafraîchissantes ! Merci d’avoir pris le temps de partager. J’avais même lu que les fungi sont le seul type de vie qui survie dans l’espace. C’est d’ailleurs probablement la façon dont ils sont arrivés ici. Puissantes informations à propos du rôle réel qu’ils jouent dans l’établissement de la vie sur une planète. La question de l’éthanol est une mince partie de toutes les implications que les fungi ont sur Terre.

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