Le futur régime de gestion des eaux du Saint-Laurent de la Commission Mixte Internationale menacerait de provoquer des assèchements et des inondations extrêmes dans la portion québécoise du Fleuve.
La Fondation Rivières est très préoccupée par les changements à venir dans la gestion du débit des eaux du Saint-Laurent en amont du barrage international Moses-Saunders, situé à la hauteur de Cornwall en Ontario. Peu de Québécois vivant le long du Fleuve savent à quel point ce barrage joue un rôle crucial dans le niveau du Saint-Laurent.
Pour la Fondation, « ...l’inquiétant assèchement de l’été 2007, notamment devant Montréal, a démontré que l’action de retenir l’eau dans les Grands Lacs, jumelée aux effets des changements climatiques, a constitué une menace dramatique sur notre environnement, la vie des riverains et le transport maritime québécois. » (Communiqué)
Un des problèmes soulevés par la Fondation est la réduction drastique de la dilution des rejets toxiques et de ceux des usines d’épuration lors d’assèchements sévères comme celui que le Saint-Laurent a connu en 2007.
Déjà en mai dernier Nature Québec attirait l’attention sur les dangers que fait courir le nouveau régime de gestion des eaux des Grands Lacs et du Fleuve (Un projet menace le Saint-Laurent). La tenue d’une audience publique à Montréal le 17 juin et le 18 à Sorel sur le nouveau régime de gestion du débit du Saint-Laurent explique l’intervention de la Fondation Rivières dans les médias aujourd’hui.
Le Fleuve est malade, mais le médecin est absent. En 2006, Louis-Gilles Francoeur révélait que Québec et Ottawa avaient mis de côté les plans de dépollution du Saint-Laurent qui visaient à décontaminer les rejets industriels dans le fleuve. Certes des progrès avaient été faits, mais ce n’était pas le temps de lâcher.
Faute de médecins, devra-t-on se contenter d’ingénieurs ?
J’ai cherché en vain à savoir où en était la situation du Fleuve sur le site du Plan Saint-Laurent pour un développement durable (une initiative conjointe Québec-Canada).
Qu’apporte de différent le nouveau régime de régulation du débit du Saint-Laurent ? La principale innovation serait d’automatiser la gestion. La Commission mixte internationale dispose de données scientifiques sérieuses sur la dynamique des niveaux d’eau du Fleuve et de leur impact sur les écosystèmes, mais un fait n’a pas été évalué correctement, juge Nature Québec, c’est toute la question de l’impact des changements climatiques.
Faut-il laisser les ordinateurs, aussi performants soient-ils, prendre les décisions pouvant affecter la santé des populations vivant en aval, ou ne vaudrait-il pas mieux laisser les humains continuer de gérer le niveau du Fleuve comme c’est le cas actuellement ? Fichue de bonne question.
Du côté de la ministre Beauchamp, il semble que l’attitude soit le Wait and see. C’est d’autant plus étonnant que Stratégies Saint-Laurent, un organisme national à but non lucratif qui regroupe les 14 comités de zones d’intervention prioritaire (ZIP) du Québec et des groupes environnementaux qui ont à coeur le Saint-Laurent, saluait le 9 juin dernier son projet de loi sur l’eau. Le Saint-Laurent est tout de même un élément clé dans toute législation et règlementation sur l’eau au Québec !
Il est vrai que l’Ontario et l’État de New York se sont déjà prononcés en faveur du nouveau régime de gestion. Cela démontre qu’en matière de débit, il vaut mieux être en amont qu’en aval.
Fondation Rivières - Barrage Moses-Sanders - Les ravages des barrages
Examen de l’Ordonnance d’approbation pour le lac Ontario et le fleuve St-Laurent, sur le site de la Commission Mixte Internationale.
Pour néophytes : une bonne vulgarisation sur la pollution et contamination de l’eau.
/BOUCLE_video>Woua, Michel, quelle histoire ! Je n’étais au courant de cela. J’en reviens pas ! Ils vont jouer avec le débit du fleuve comme s’il n’y avait personne en aval !
Et qu’est-ce que ce barrage "international" ???? Qui gère ça ? On est pas en contrôle de ça ??
Pas vraiment comme s’il n’y avait personne en aval. Après tout, il faut bien que les navires passent. Le danger par contre, c’est que le débit va être automatisé en fonction de modèles qui risquent de ne pas tenir compte d’une réalité très mouvante avec le réchauffement climatique. Quand au barrage en question, on le voit bien ici.

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