Fermons la porte une fois pour toutes. Comme vient de le faire et de l’annoncer Nathalie Simard. Et que justice suive son cours. L’avocat de la chanteuse, Normand Tamaro, ne sait pas si sa cliente a encaissé des chèques qui ne lui étaient pas destinés, nous non plus.
Madame Nathalie Simard a décidé de vendre droits d’auteurs et faire maison nette pour vivre à Punta Cana, grand bien lui fasse. S’agissant de la vente de sa maison, cette transaction a été gelée par le tribunal en raison des trois poursuites qui pèsent sur madame Simard.
« Avec le cirque médiatique actuel, je suis heureuse d’être ici. Tout ce que je désire, c’est d’être heureuse », a-t-elle avoué dans une entrevue accordée à Jean-Luc Mongrain, diffusée hier soir à TQS. Mais qui a créé ce cirque médiatique si ce n’est madame Simard elle-même ? « Il y a cinq ans, j’avais déjà eu cette idée. J’ai des amis installés en République dominicaine ». Pourquoi alors un départ aussi précipité précédé d’une vente de feu ? Normand Tamaro, l’avocat de Nathalie Simard, est d’avis que la chanteuse est victime d’une véritable agression verbale alors que des proches et amis se sont inquiétés de son sort.
Un jour elle souhaite quitter sur la pointe des pieds, retrouver le silence, se reposer dans l’anonymat, et le lendemain, elle se lance dans une entrevue d’une heure – en exclusivité – avec Jean-Luc Mongrain. À ce propos, Michel Gravel, de Radio-Canada, pose une excellente question sur l’indépendance de la presse : « le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur n’est alors pas bien servi, puisque rien ne lui garantit qu’il n’y a pas eu négociations pour contrôler le message. La relation entre le média et l’intervenant n’est plus désintéressée. Elle se transforme en relation « client » qui n’a plus rien à voir avec le devoir d’informer en toute impartialité ». Ce petit souci est fort éloigné des préoccupations immédiates de madame Simard.
Elle révèle qu’elle a fermé sa fondation « parce que ça ne marchait pas comme je le veux ». Et pour cela, elle s’en prend vertement au conseil d’administration qui l’a épaulée : « Un conseil d’administration, ça ne donne rien d’avoir les plus grosses têtes du show business. Je ne voulais même pas du rôle de présidente, je voulais travailler sur le terrain ». Madame Simard aurait dû savoir qu’un conseil d’administration est le garant des fonds qui sont dans déposés dans une Fondation et doit en prévenir toutes velléités d’en disposer illégalement.
Après une altercation avec Gilles Proulx, Paul Arcand, qui a longtemps siégé au conseil d’administration de la Fondation Nathalie Simard, a voulu mettre les choses au clair, rapporte le Journal de Montréal : « « Si elle (Nathalie) a volé du monde, si elle a pris le fric de la tournée de spectacles et qu’elle s’est sauvée avec, qu’elle paye, a martelé Arcand, qu’elle fasse face à la justice tout simplement. Si tu t’es poussé avec le fric, tu payes. Ce n’est pas parce que tu as été victime d’agression sexuelle et été abusé toute ta vie que ça devient une excuse. Ça ne peut pas être une excuse ». Arcand a rappelé qu’il avait quitté le conseil d’administration il y a un an, trop occupé par la radio et son film, mais il affirme que des sommes avaient été débloquées à l’époque pour aider des organismes, faire des tournées de sensibilisation et embaucher une psychologue aux services des victimes d’agressions sexuelles.
Son « exil » pourrait durer des mois, voire des années, a-t-elle confié à Jean-Luc Mongrain. Elle ne ferme aucune porte sur d’autres projets au Québec éventuellement. « J’ai juste besoin de liberté, de respirer », dit-elle. Nous aussi, madame Simard, nous avons besoin de liberté, de respirer. Elle rassure : Lévis Guay, son nouveau compagnon, n’est pas un fraudeur. Bien, c’est noté. Nathalie Petrowski, de La Presse, ajoute : « S’enfuir avec un homme marié, père de deux enfants ? À ce que je sache, elle n’a pas kidnappé le monsieur, ne l’a pas forcé à la pointe du couteau à la suivre à Punta Cana ».
Était-ce bien nécessaire pour Nathalie Simard de revenir sur les détails de sa vie personnelle et en quoi ces détails justifient-ils cette vente de garage ? « Je me suis souvent fait reprocher de ne pas être affectueuse au lit. Pourquoi tu ne souris pas ? On dirait que tu es sur le bord de pleurer. Tu ne me prends pas dans tes bras. C’est comme ça que j’ai appris la sexualité. Ferme ta gueule ! Chut ! » Pour la première fois, elle venait de nommer son agresseur, Guy Cloutier.
Lorsque madame Simard déclare : « Je ne suis pas une folle. Mais j’ai une vie à vivre, et j’ai envie de la vivre comme je veux. (...) Est-ce qu’on peut me reprocher d’avoir besoin de penser à moi ? », pourquoi ai-je le sentiment d’avoir entendu, à maintes reprises, ce refrain ? Madame Petrowski a encore une fois une explication : « […] quitter le jardin étouffant du showbiz québécois et envoyer promener tous ceux qui lui disent quoi faire depuis trop longtemps était une sacrée bonne décision. Et pour elle, et pour nous ».
Il y a quand même des détails qui choquent. Qu’ils soient avérés ou non, ces détails laissent un arrière-goût qu’il est difficile d’ignorer : Nathalie Simard, qui était la présidente du conseil, a mis elle-même la clé dans la porte. Le couple fait l’objet d’une poursuite de 2,3 M$ intentée par l’ex-conjointe de Lévy Guay, Audrey Sergerie, qui dirige la compagnie de production qui s’occupait de la tournée de la chanteuse. Selon madame Sergerie, sa compagnie n’a pas reçu les recettes des deux derniers spectacles de la tournée, à Québec et Montréal. Son ancien conjoint Éric Dubois a pour sa part déposé contre elle une poursuite pour récupérer les 60000 $ qu’il lui aurait prêtés en 2007. Enfin, Yves Campeau, son conjoint de 2002 à 2004, lui réclame 38 000 $ pour des frais reliés à un condominium à Sainte-Thérèse.
Le juge Robert Banford, de la Cour supérieure, a autorisé un bref de saisie, le 28 avril, à Chicoutimi à l’encontre de madame Simard dans la poursuite d’Audrey Sergerie, comme le rapporte La Voix de l’Est, de Granby. Le compte bancaire des Productions Nathalieve, les actions de Nathalie Simard dans cette compagnie, ses véhicules, bref presque tout ce que possède la chanteuse, est gelé. Vers la fin de janvier 2008, Les Productions Nathalieve signait un contrat avec l’entreprise d’Audrey Sergerie du Saguenay pour produire son spectacle. En vertu de ce contrat, les parties convenaient d’un minimum de 60 spectacles sur une période de deux ans. Les profits nets devaient être partagés de la façon suivante : 75 % du surplus des revenus serviraient à rembourser l’investissement initial du producteur. Les 25 % restants devaient être divisés en deux parties : 70 % pour l’artiste et 30 % pour le producteur.
Audrey Sergerie allègue, selon la Voix de l’Est, avoir perçu les recettes des quatre premiers spectacles de la chanteuse à Granby, Drummondville, Sept-Îles et Baie-Comeau. Le producteur allègue que, lors du spectacle de Nathalie Simard, le 20 mars, à la salle Albert-Rousseau de Québec, il y aurait eu salle comble pour des recettes brutes d’environ 80 000 $, recettes que se seraient appropriées illégalement et frauduleusement Nathalie Simard et Lévis Guay. Il en va de même du sixième et dernier spectacle, où Nathalie Simard et Lévis Guay se sont accaparés de la totalité des recettes du spectacle totalisant la somme d’environ 83 000 $, prétend la demanderesse.
Dans son entrevue à TQS, madame Simard tenait à rassurer ses fans. « Je l’aime, je suis en amour. En passant, c’est pas un criminel, c’est pas un fraudeur. Je ne suis aucunement en danger. Soyez rassurés ». Lui en reste-t-il, des fans ? Dans une entrevue accordée à Marie Joëlle Parent, du Journal de Montréal, la journaliste lui demandait s’il y a bien quelque chose qui va lui manquer après 30 ans de carrière ? « L’amour du public, c’est clair. Je suis née avec ça. Mais toute bonne chose a une fin dans la vie », dit-elle. Et selon madame Simard, il n’y a aucun projet à l’horizon puisqu’il ne s’agit pas d’une pause, mais bien d’une retraite.
(Sources : Cyberpresse (La Presse, La Voix de l’Est), le Journal de Montréal, Presse canadienne)
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