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    Oliver Jones : Montreal forever !

    le 8 mai 2008 | 324 visites | 4.79 / 5 | 0 commentaire(s)

    Album Second Time Around, chez Justin Time, en magasin dès le 6 mai 2008

    Difficile période des fêtes pour les vétérans du jazz d’ici, Oscar Peterson ayant définitivement tiré sa révérence le jour de Noël ! La tornade Peterson disparue – même si l’arthrite avait prématurément mis fin à sa carrière – la figure du patriarche s’incarne tout naturellement en la personne d’Oliver Jones.

    « Peterson a été ma principale source d’inspiration, sans aucun doute », reconnaissait récemment Jones avec la formidable humilité qui caractérise ce jeune homme de 73 ans.

    Né un 11 septembre dans la Petite-Bourgogne et élevé dans une maison modeste, voisine de celle d’Oscar Peterson, Oliver Theophilus Jones est ce qu’il convient d’appeler un talent musical « naturel », donnant son premier spectacle à cinq ans et jouant à neuf dans un club de nuit ! On se souviendra que sa première professeure de piano jazz était Daisy Peterson Sweeney, la propre sœur d’Oscar, et que la carrière du pianiste s’étend bien au-delà du registre jazzique.

    Pour celui qui fut le pianiste résident du club Biddle’s, la fidélité à la scène montréalaise est une constante, du moins pour les trois dernières décennies. On ne s’étonnera donc pas de le voir poser son regard rêveur sur le décor de la vieille ville en couverture de ce nouvel album.

    Second Time Around s’inscrit comme la suite logique de One More Time, paru en 2006 et gagnant d’un Félix. Fidèle à la formule du trio qu’il affectionne particulièrement, Jones s’offre ici une rythmique intergénérationnelle de haut calibre : le contrebassiste Éric Lagacé reprend avec brio le pupitre tenu précédemment par Dave Young, tandis que le tout jeune Jim Doxas nous confirme qu’il est LE batteur à surveiller.

    Cette seconde visite est un album très équilibré qui parcourt la palette du jazz mainstream, de la ballade aux morceaux d’inspiration bebop à tempo élevé en passant par le swing bondissant. S’y côtoient quelques standards et six compositions, dont deux sont dédiées aux sidemen du pianiste : Museric Waltz, une valse aux accents romantiques pour Éric Lagacé, et D for Doxas, où le jeune drummer démontre sa vélocité.

    À l’écoute, on prend vite conscience du parti pris de s’amuser avec les figures de style, en donnant à l’inoxydable Misty une facture langoureuse avant de le déconstruire, ou en réinterprétant un blues (Simple Blues) et une structure bop (Dizzy-Nest). Jones prend aussi le prétexte du traditionnel Precious Lord en piano solo pour donner cours à un lyrisme typique qui nous rappelle sa récente prestation en tant que musicien invité du Montreal Jubilation Gospel Choir. Et on se réjouit de constater que le temps n’a pas de prise sur ces doigts-là.

    Malgré leur âge et leurs parcours distincts, les trois musiciens font la démonstration d’une grande cohérence et ne manquent pas non plus l’occasion de se livrer à quelques échappées sous la forme de solos toujours maîtrisés. Du beau travail qui donne un souffle de vie à une tradition bien assise.

    Il sera intéressant et réjouissant de retrouver l’énergie de l’album sur la scène du Festival de jazz de Montréal, où Mister Jones se produira en voisin cette année encore. Le public pourra l’entendre dans divers contextes, célébrant le 25e anniversaire de Justin Time, l’étiquette à laquelle il reste fidèle, et marquant une nouvelle fois de sa présence le spectacle de clôture.

    Bien joué… surtout pour un musicien qui avait pris sa retraite en 2000 !

    Mots-clés : montréal , jazz et Musique

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