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    Pétrole : Le baril a 100$

    le 27 janvier 2008 | 544 visites | 3.14 / 5 | 1 commentaire(s)

    Cet article de Gabriel Girard est gracieusement offert par Agence de Presse Étudiante Mondiale (APEM). La version originale a été publiée à cet endroit.

    Pétrole : Le baril a 100$
    Photo : LinBow (Flickr)

    2 janvier 2008 : le prix du pétrole brut atteint le sommet historique de 100 $ le baril.

    Aux pompes, automobilistes ! L’or noir se transige à prix d’or. En effet, le prix du baril a atteint le seuil des 100 $ à New York pour la première fois de l’histoire ! Pour les profanes, un baril contient 42 gallons, soit près de 160 litres, ce qui donne un prix unitaire d’environ 0,625 $ le litre.

    Le prix du baril connaît une ascension foudroyante depuis 2004 alors qu’il valait autour de 30 $. Avant décembre 2004, le prix avait dépassé les 50 $ et il a franchement franchi les 60 $ au milieu de l’année 2005. Après avoir dépassé les 75 $ au milieu de l’année 2006, le prix a descendu sous les 60 $ au début 2007, mais il n’a pas cessé de grimper depuis. La valeur du baril a donc augmenté de plus de 40 $ en moins d’un an, c’est-à-dire une hausse d’environ 70 %.

    Cette montée fulgurante du prix du pétrole n’est pas sans rappeler les hausses vertigineuses des prix causées par les crises pétrolières de 1973 et de 1979 où le pétrole avait atteint respectivement les sommes déconcertantes de 13 $ (1973) et de 40 $ (1981) le baril. Avant la première crise, le baril coûtait la famélique somme d’environ 5 $...

    Parallèlement au prix de l’or qui flirte aussi avec les records, la hausse du prix du pétrole est attribuable à divers facteurs, notamment la faiblesse maintenue de la piastre américaine et les problèmes politiques qui agitent la planète sur toutes ses faces. En effet, le marché s’inquiète de la situation toute paisible du Nigeria, mais surtout de celle du Pakistan où la mort de Benazir Bhutto risque d’ébranler durablement la tranquillité légendaire de la région. En outre, la soif de pétrole des pays émergents n’étant pas à la veille de s’étancher, la demande s’accroît inexorablement et le prix du baril témoigne incidemment des craintes que l’offre n’arrive pas à satisfaire les besoins.

    Évidemment, l’élévation du coût du brut oblige les pétrolières à hausser les prix à la pompe afin de maintenir leur précaire viabilité financière. Hormis l’impact évident sur les consommateurs et la faillite appréhendée des propriétaires de Hummer, cette flambée des prix a pourtant un autre effet au pays, soit de faire sourire béatement les provinciaux albertains qui, heureux propriétaires de 14 % des réserves pétrolières mondiales, voient l’avenir en rose, surtout dans le contexte où d’aucuns redoutent avec angoisse l’épuisement annoncé des réserves.

    Par ailleurs, la présence soupçonnée de ressources pétrolières dans le Nord canadien et le réchauffement climatique qui les rendra plus accessibles feront vraisemblablement des Territoires du Nord-Ouest un immense Klondike pour les assoiffés de pétrole. Or, quand on a à l’esprit le lien tout à fait fortuit – et j’insiste – entre les « missions de paix » des États-Unis et la présence de pétrole aux endroits où ils s’entremettent, on peut penser qu’il y a probablement plus d’un Yankee qui souhaiterait dénicher un terroriste dans le Nord canadien pour y justifier une intervention armée fort à propos.

    POST-SCRIPTUM : Vous avez aimé ? Ce texte est du numéro janvier/février de la revue Le Multilatéral. Vous en voulez plus ? Pour vous abonner à cette revue vous pouvez aller sur le site Web www.lemultilateral.ca et cliquer sur la section abonnement. Encourager une revue indépendante c’est encourager la diversité.

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Le prix élevé du pétrole constitue une taxe cachée mes amis. Elle sert à compenser pour le faible dollar US et à renflouer les États-Unis qui ont un grave problème économique en ce moment.

    28 janvier 2008 | répondre | permalien

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