Témoignage personnel sur les urgences et soins de santé à Montréal et Paris pour un mal de dos aigu dont plusieurs parlent comme de "la maladie du siècle".
Un peu avant les fêtes de Noël, je reçois par email un avis d’un procureur pour une procédure judiciaire « a l’amiable » qui me demande de l’appeler des la réception pour une affaire familiale. Son « harcèlement » téléphonique avec plusieurs email « Urgent ! » me procure un stress important que j’essaye de dissiper tant bien que mal avec l’activité sportive. Pour ma défense, je ne consulte aucun avocat à part un service téléphonique pour poser quelques questions juridiques sur mes droits de parent.
Début février 2008, je vois un médecin d’une clinique d’urgence de Montréal pour une douleur à l’épaule.
Je lui explique que ça m’est arrivé à la piscine avec un léger engourdissement et que je prends des anti-inflammatoires légers (ibuprofène) en vente libre. Je fais aussi un peu d’hypertension. Je lui explique que ces douleurs sont plutôt chroniques avec une très ancienne chute de vélo (20ans) et des excès de natation. Il me dit qu’il n’y a rien à faire et que ça va empirer avec le temps. Rien à faire pour améliorer mon état ?? Alors, j’évoque un physiothérapeute. Le médecin rédige sans conviction une prescription sans aucune référence de thérapeute. J’ai attendu 3h dans la salle d’attente pour ce diagnostic euphorisant. La secrétaire m’avait appris qu’il était resté bloqué plus d’une 1h dans un embouteillage. N’ayant pas de médecin de famille comme plusieurs milliers de Québécois je consulte un jeune physiothérapeute d’un centre de soins sportifs KINATEX tout près de ma résidence. Après un long questionnaire et des tests de mobilité, il me dit que si je ne fais rien j’aurais une calcite à l’épaule et que je pourrais plus la bouger. Malgré un diagnostic sévère de blocage, je reprends espoir. La séance dure 1h et je paye 75$.
J’étais prudent pendant la séance âpre avoir eu une mauvaise expérience (douleur dos) avec une physiothérapeute il y a 7/8 ans pour le même problème d’épaule. Malgré que j’ai fait que 10% du volume des exercices, après 3j d’exercice matin et soir j’ai une très vive douleur au dos au niveau des omoplates (épaules). Cloué au lit j’appelle l’ambulance qui me conduit à l’hôpital Verdun. Rien sur les radiographies et prescription d’anti-inflammatoire, de relaxant musculaire et comprimé de morphine pour la douleur. Le médecin de garde me rassure et m’indique de revenir dans une semaine pour le suivi. Une semaine après j’annule mon rendez-vous avec une douleur qui est réapparue avec la marche.
15 jours après, je retourne dans un fauteuil roulant. Le médecin débordé m’accorde peu de minutes d’attention, mais sa secrétaire arrive à l’interrompre deux fois. Il m’ausculte à peine et me dit que ça vient peut-être des cervicales pour les sensations d’irradiations aux bras et épaules. Je parle d’IRM pour voir les ligaments et muscles qu’on ne voit pas dans une radiographie X et je récolte une radio X de mon épaule et 15 jours d’anti-inflammatoires supplémentaires et comprimés contre la douleur. « Comment va votre estomac ? » Je lui dis que j’ai eu un peu acidité, mais que je supporte plutôt bien en les prenant avec un grand verre d’eau. J’oublie de demander une prescription pour un rhumatologue.
À la 2e visite de suivi je suis encore en fauteuil roulant et je porte une Minerve, car en faisant un peu trop d’exercices d’assouplissement (conseillés dans un livre d’un ostéopathe français.) je me suis blessé. Je demande avant d’oublier une prescription pour un rhumatologue (et un physiatre). Le médecin me dit qu’il n’y en a pas à l’hôpital et que ça prendra du temps pour un rendez-vous même en cabinet privé. Le rendez-vous le plus rapide que j’obtiens en urgence est dans 6 semaines.
Entre temps je fais une crise de panique. Le lendemain je décide d’aller me soigner en France où vivent mes parents. Ma conjointe emprunte à l’hôpital mes radiographies avec une autorisation signée de ma part et ma carte d’assurance maladie et me prends billet d’avion pour Paris.
Mes parents connaissent un physiatre expérimenté et très réputé que je vois dès mon arrivée. Au vu des radiographies et d’une osculation minutieuse, il me rassure et pratique une manipulation sur mes cervicales. « Pour me rassurer » il prescrit 2 IRM pour les cervicales et dorsales. Il me dit d’arrêter les anti-inflammatoires pour ne pas endommager mon estomac, de reprendre une vie normale (0 exercice) et m’indique un tranquillisant avec des antidouleurs en vente libre en France (Efferalgan). Je reste 2 jours au repos après cette manipulation « surprise ». La semaine suivante je passe mes 2 IRM et les médecins radiologistes sont plutôt rassurants avec « rien de grave », mais une discopathie pour les dorsales et un tassement des cervicales.
Je consulte un jeune rhumatologue qui me fait des tests de mobilité. Il me parle d’une « petite hernie discale » qui explique mes vives douleurs et me parle d’arthrose. Pour le risque de « calcite à l’épaule » du jeune physiothérapeute de KINETAX il me dit que c’est faux, aucun risque. J’annule mon 2e rendez-vous avec un autre rhumatologue vu que les vibrations du transport (pavés parisiens) et cette auscultation poussée ont ravivé mes douleurs. Entre temps j’ai consulté un médecin pour les crampes d’estomac que j’ai contractées après plus d’un mois d’anti-inflammatoire. J’ai sans doute une gastrite et je mange très légèrement. Ennuyant avec autant de viennoiserie et délicieux gâteaux.
Finalement, je retourne voir le physiatre réputé qui prend le temps de regarder à la loupe les IRM. Rien de grave, mais il faut y aller très progressivement avec marche et natation. Quand je lui demande s’il a une référence d’un bon kinésithérapeute (physiothérapeute) il me « c’est le mouton à 5 pattes ». Ils veulent souvent en faire trop. Il me conseille plutôt des massages très doux. Avant de le quitter, il m’indique des anciens élèves physiatres actuellement à Montréal.
Avant de partir, je fais deux séances avec un médecin acupuncture et 2 très doux massages « à domicile » d’un ami kinésithérapeute (physiothérapeute) qui me permet d’améliorer mon état et de diminuer ma prise d’antidouleurs.
Pour le titre de mon article, j’ai repris le titre d’un livre d’un célèbre ostéopathe français qui m’a beaucoup aidé dans le passé pour soulager mes douleurs de dos et avoir une meilleure hygiène que j’ai un peu oublié quand j’ai oublié avec le temps mes douleurs passées. En venant à Paris, je comptais le consulter. Malheureusement pour moi, il a été écroué pour agression sexuelle en 2006.
Je suis rentré avec deux IRM qui m’appartiennent puisque je les ai payés.
Au retour, dans l’avion j’ai vu la dernière comédie dramatique de Denis Arcand « L’Âge des ténèbres » qui a eu un singulier écho après ma triste et très dure expérience. J’ai vu de prés les hôpitaux et toutes ces personnes âgées qui attendent et dont plusieurs souffrent visiblement.
Comment vous êtes-vous débrouillé dans une situation d’urgence avec les soins de santé au Québec ?
Certains m’ont dit qu’avec un médecin de famille, les délais sont un plus court.
Y-a-t’il des cliniques privées au Québec qui effectuent rapidement des IRM et scanner avec des spécialistes et à quel prix ?
Est ce meilleur en Ontario ?
En espérant que mon témoignage apportera des solutions et idées.
/BOUCLE_video>Mon expérience personnelle, c’est qu’on s’en sort mieux à Paris. Si on paye, bien sûr. Je crois que notre réseau médical est en décrépitude et que c’est une facette importante de la décadence que nous vivons. Il faudrait tout changer
Bonne chance
Pierre JC Allard
Merci Pierre.
J’ai regardé quelques uns de vos 80 textes sur la santé ! Je pense qu’il y a qq aménagements qui pourraient améliorer rapidement le système avec les spécialistes. Comme accepter les médecins spécialistes étrangers dont on manque cruellement. Mettre en concurrence car la pénurie fait normalement monter les prix avec le jeu de l’offre et la demande. Devoir attendre 2 mois pour voir un rhumatologue ou 8 mois pour une IRM n’est pas acceptable. Le delai et qualité des soins de santé en France sont bon et sans atteindre les prix exorbitant du système privé US. J’aurai payé bcp plus cher mes soins aux USA. Entre le "gratuit" du medecin et les prix du dentiste (privé) qui sont le double ou le triple de la France, il faut trouver un juste milieu. "gratuit" entre parenthèse car on paye cher indirectement avec nos impôts. Le système public canadien coute cher pour le délai et qualité des soins offerts. Je me base sur une étude qui le compare a l’Europe.
http://www.healthpowerhouse.com/files/ECHCI_2008_Full_Report_final.pdf
Pour un mal de dos, il y a tellement de trucs que l’on peut faire chez-soi. Par exemple, m’occuper de mon chat, un brin de ménage mais plus les gros travaux de planchers ok, enfin le quotidien ordinaire nous permet de faire de la physiothérapie maison, comme c’est pas possible.
Même lors de mes petites sorties brèves, j’arrive à pratiquer des trucs pour soulager ces bobos au dos.
Mais c’est quand on découvre au moment où que l’on ne s’y attends le moins, qu’en dessous du tapis du mal de dos, il y a toutes sortes d’autres choses incroyables qui demeuraient cachées ; quand le chat sort du sac, c’est moins beau et moins drôle, je vous l’assure !
Très bien votre article, Monsieur Paul, de Montréal.
Patricia
Merci Patricia, vous êtes gentille. Je l’ai écrit assez rapidement.
J’aurai pu développer davantage ses chats noirs qui sortent du sac mais mon ’avatar’ est souriant.
En France, je parlais avec un ami et je lui répétais ce qu’un rhumatologue m’avait dit : "70% des hernies discales se guérissent tout seul". Je lui disais que ça allait progressivement mieux. il m’a dit : "C’est parfait ! Quand tu aura ton rendez-vous chez le rhumatologue au Québec, tu sera déjà guéri !" J’ai souri mais un peu de mauvaise grâce avec son rire.
Allez, je vais marcher un peu dans le grand bassin d’une piscine couverte. C’est un bon massage.

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