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    Pourquoi tant de contre-vérités sur la Chine ?

    le 24 mai 2007 | 439 visites | 3.62 / 5 | 0 commentaire(s)
    Pourquoi tant de contre-vérités sur la Chine ?
    photo : ugaldew

    Quelle attitude faut-il adopter face à la Chine ? Faut-il craindre la Chine ? L’image médiatisée de la Chine s’est dégradée au fil des ans , non seulement en Amérique mais dans tout l’Occident. La Chine est montrée du doigt pour les délocalisations , comme la cause des problèmes économiques en Occident .

    Ces idées sont populaires dans l’opinion américaine et les médias surfent sur cette vague. Dans son émission Exporting America, l’animateur américain Dobbs de CNN dresse la liste des sociétés américaines qui déplacent des emplois à l’étranger au détriment des travailleurs américains. Pour Lou Dobbs, des mesures protectionnistes s’imposent si les Etats-Unis veulent conserver l’emploi, et les salaires de ceux qui ont encore un travail.

    Plusieurs initiatives américaines visant à sanctionner la Chine sont dans l’air actuellement.

    La méfiance est telle que la vice-première ministre et responsable de la délégation chinoise Wu Yi a failli annuler son déplacement à New-York cette semaine.

    Washington est même passé à l’acte le mois dernier en imposant une taxe punitive sur le papier glacé importé de Chine.

    Le Congrès américain met les maux de l’économie sur le dos de la Chine. Les démocrates ont besoin de donner des gages à leur base électorale, notamment aux syndicats.

    Et électoralement, cela marche bien.

    Cinq années consécutives de déficit commerciaux records avec la Chine ont convaincu une majorité des élus du Congrès que Pékin maintenait sa monnaie à un taux de change artificiellement bas pour doper ses exportations, créer des emplois industriels au détriment de l’emploi dans les pays riches et accumuler des réserves de capitaux gigantesques.

    Les récentes concessions de la Chine, qui a laissé s’apprécier modestement le yuan, n’ont pas semblé satisfaire les leaders démocrates.

    Outre le yuan, la lutte contre le piratage de la propriété intellectuelle et une plus grande ouverture des marchés chinois permettraient de réduire le rythme d’accumulation de surplus chinois de devises qui atteint un million de dollars par minute.

    La forte consommation aux États-Unis et l’insuffisance de l’épargne sont les autres raisons de la hauuse fulgurante du déficit américain avec la Chine : 233 milliards de dollars l’an dernier.

    Cependant, la réalité est autre. La Chine représente le marché le plus dynamique pour les exportations américaines, avec une croissance de 32% en 2006. Les consommateurs américains ? Ils profitent des importations à bas prix. Les délocalisations ?

    Le US-China Business Council estime à trois millions le nombre d’emplois perdus dans le secteur manufacturier en dix ans.

    Mais durant la même période, les Etats-Unis ont créé 15 millions d’emplois à plus haute valeur ajoutée dans le tertiaire.

    Gene Grossman, professeur à Princeton University, et référence mondiale en matière d’économie internationale ne partage pas lui aussi la même analyse que l’opinion médiatique occidentale dominante.

    Invité cette semaine à HEC Lausanne, l’universitaire américain met notamment en lumière un effet positif créé par les délocalisations.

    En délocalisant une partie de leur production dans un pays à bas coût de main-d’œuvre, les entreprises deviennent plus concurrentielles. Ces entreprises peuvent ensuite mieux se développer, et créer de nouveaux postes pour toutes les catégories d’employés.

    En se basant sur l’évolution des bas salaires entre 1997 et 2004, Gene Grossman montre que « les gains de productivité obtenus par les entreprises qui ont délocalisé certaines tâches ont soutenu les bas salaires, ce qui dément les craintes de Lou Dobbs ».

    « On exagère les dangers de la mondialisation. Les Etats-Unis enregistrent un important déficit commercial, mais cela n’empêche pas le taux de chômage d’être sous les 5%. »

    De plus, les 53000 entreprises américaines qui ont investi en Chine profitent directement des bas coûts de production. Par ailleurs, grâce aux importations bon marché, allant du T-shirt aux téléviseurs, les Américains ont économisé 100 milliards par an.

    « Il existe un scepticisme grandissant dans chacun de nos pays à propos de nos intentions mutuelles. Malheureusement en Amérique cela se manifeste par un sentiment antichinois, à mesure que la Chine devient le symbole réel ou imaginé des inconvénients de la mondialisation », a insisté M. Paulson, Secrétaire d’Etat au Trésor en accueillant Mme Wu Yi.

    Et cette dernière lui a répondu :

    « Nous ne devrions pas céder à la facilité et accuser l’autre d’être responsable de nos problèmes domestiques, ni forcer la volonté de l’autre en imposant une pression ou une confrontation. »

    Les discours de ces deux responsables sont édifiants et résument très bien les relations entre l’Amérique et la Chine. M. Paulson s’excuse du sentiment antichinois car il sait que l’Amérique a besoin de la Chine . Pour payer sa dette et pour doper sa croissance économique.

    Madame Wu Yi lache le mot confrontation car elle sait que l’émergence de la puissance économique de la Chine débouchera tôt ou tard sur une confrontation entre ces deux super-puissances.

    Sous quelle forme ? Qui peut le prédire encore ?

    Publie.ca!
    Mots-clés : chine et Général

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