26 septembre 2008 |
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Qui est le pire ennemi d’un Républicain ? Un autre républicain. Qui est le pire ennemi de John McCain ? John McCain lui-même. Il est face à un lourd héritage légué par un autre républicain, Georges W. Bush. Et aujourd’hui pour bien se démarquer de cet héritage encombrant, John McCain prend ses distances. Mais à quel prix ?
Il annonce dans un premier suspendre sa campagne. Après une valse hésitation, il participera au débat de vendredi soir après qu’Obama eut refusé de le reporter. L’enjeu est de taille : lequel des deux candidats rassurera le plus la population américaine qui est face à une crise économique d’une ampleur sismique hors de l’ordinaire ?
La rencontre de la Maison Blanche n’a rien pour rassurer les américains. Selon le New York Times, McCain était resté silencieux pendant une quarantaine de minutes avant de tenir de vagues propos sur le plan de sauvetage. Harry Reid, chef de la majorité démocrate du Sénat, a accusé McCain d’avoir perturbé l’adoption du plan de sauvetage. « John McCain n’a rien fait pour aider, il n’a fait que perturber le processus », a-t-il dénoncé. Le président de la commission des Affaires bancaires du Sénat, le démocrate Christopher Dodd, accuse les républicains de vouloir sauver la campagne de John McCain avant l’économie américaine. McCain, faut-il le rappeler, avait conditionné sa présence à un accord sur le plan de sauvetage du système bancaire américain proposé par le gouvernement.
John McCain s’amusait à caricaturer Barack Obama en le décrivant comme un « flip flopper ». D’aucuns s’interrogent si cette image négative de la girouette ne s’applique pas plutôt à McCain lui-même qui n’a pas démontré une maitrise parfaite de ses dossiers et qui a pratiqué la valse hésitation au grand déplaisir de ses supporters. Un jour McCain proclame : pas de compromis, pas de débat. Il suspend sa campagne pour mettre le pays au premier rang de ses priorités. Ce qui ne l’avait pas empêché de prononcer un discours jeudi à New York. Ce vendredi, volte-face. Il reprend la campagne et participera au débat. Puisqu’il semblerait qu’un accord est en voie d’être trouvé à Washington. Ce qui n’est pas exact. Les discussions sont toujours dans l’impasse et les élus ont annoncé qu’ils prolongeaient la session parlementaire pour tenter de trouver un accord. Bref, ce sont les républicains de la Chambre des représentants qui refusent de donner leur accord au plan proposé par la Maison-Blanche. Ils critiquent surtout cette intrusion inacceptable du gouvernement dans le secteur privé.
Barack Obama avait refusé le report de ce débat en ajoutant cette petite phrase assassine : « un président peut gérer plusieurs fronts en même temps ». Tout en ajoutant qu’il ne convient pas d’injecter une dose de politique présidentielle dans les négociations en cours entre le Congrès et la Maison-Blanche. John McCain « a fait d’une crise nationale une occasion de promouvoir sa campagne ». Il aurait été inacceptable que McCain laisse le champ libre à son rival en s’absentant de ce débat tant attendu de la population américaine.
Il y a autre chose. Il faut chercher la logique dans la campagne présidentielle américaine. En pleine tourmente économique, le débat de ce soir va porter sur la politique étrangère et la sécurité nationale, deux points forts pour l’expérimenté McCain. Le républicain préférait remettre ce débat pour être présent aux premières loges du Congrès. Il n’a pas trouvé bon de mettre, comme condition de sa participation au débat de ce soir, l’économie à l’ordre du jour. Il est clair qu’il n’a aucun intérêt non plus à le faire. Obama a clairement fait savoir jeudi qu’il comptait parler d’économie, puisqu’il est impossible pour les États-Unis d’être forts à l’étranger s’ils sont faibles sur le plan intérieur.
Cette nuit, une autre banque s’est écroulée. Le plan de sauvetage n’ayant pas été adopté, la faillite de la sixième banque du pays, par le montant de ses actifs, la Washington Mutual, était devenue incontournable. Après les banques d’affaires Lehman Brothers et Merrill Lynch et l’assureur AIG, la « WaMu », la caisse d’épargne la plus importante des États-Unis, touchée par la crise de l’immobilier, a vu sa valeur boursière quasiment réduite à néant. Washington Mutual a été fermée par les autorités pour être rachetée aussitôt par JP Morgan Chase pour la somme ridicule de 1,9 milliard de dollars. JP Morgan prend possession ainsi des dépôts de la Washington Mutual qui s’élèvent à 188 milliards de dollars et devient ainsi la plus grosse banque américaine en termes de dépôts, avec un total de 900 milliards de dollars. Vous connaissez l’adage : « Les profits sont privés, les pertes sont publiques ».
Entre temps, « business as usual ». Les prêts accordés par les banques commerciales américaines continuent de croître. À la fin de juillet, Ils s’élevaient à 6.900 milliards de dollars, soit 60 milliards de plus qu’en début d’année. Mais cela va-t-il se poursuivre ? Rien n’est moins sûr : selon Standard & Poor’s, la débâcle du marché hypothécaire et des marchés financiers va entraîner une nouvelle vague de dépréciation des actifs bancaires avant la fin de l’année.
McCain n’est pas Républicain. Comme Lieberman, c’est un conservateur opportuniste qui a longtemps capitalisé sur un profil indépendant et une certaine légitimité auprès de précieux lobbies (ex les vétérans pour Mac, l’AIPAC plus que J Street pour “Joementum”).
McCain a un moment songé rejoindre les Démocrates, Liberman a plus ou moins fait les deux tiers du chemin inverse.
Ni l’un ni l’autre n’a la capacité au départ de porter un ticket majeur à lui-seul. Joe a torpillé Gore, John a dû vendre son âme aux théocons pour arriver à ses fins.
La mascarade est terminée.
19:01, le Mardi 30 septembre 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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