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    • Pierre R. Chantelois
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    STM - Peut-on dire n’importe quoi à une personne âgée de 70 ans ?

    le 5 octobre 2007 | 1011 visites | 3.59 / 5 | 9 commentaire(s)

    S’il ne s’agissait que de moi, je n’aurais pas demandé à Centpapiers de publier, en lettre ouverte, cette plainte que j’ai formulée auprès du président de la Société de transport de Montréal. Sans vouloir généraliser, force m’est de constater que les gens âgés ne sont plus l’objet d’un respect au sein de cette compagnie. Le virage vert passe d’abord par le respect de la clientèle, de tous âges. Il passe également par le respect de la clientèle à l’égard des employés (employées) de la compagnie. Je ne peux passer sous silence cet événement qui a profondément bouleversé ma journée. Je vous livre simplement cette lettre adressée tant au président de la Société de transport de Montréal qu’au maire de la ville, monsieur Gérald Tremblay. Je remercie Centpapiers de la publier au nom de cette vieille dont les droits ont été bafoués.

    Monsieur Claude Trudel, président

    Société de transport de Montréal

    800, rue de La Gauchetière, Ouest

    Montréal (Québec)

    H5A 1J6

    Le mercredi, 3 octobre 2007, à ou vers 10h20, j’ai pris le bus 17-133 à la station Préfontaine. Un arrêt plus loin, une dame âgée est entrée et a pris place dans la première rangée de bancs doubles situés à l’avant. Nous roulions vers le circuit de l’ouest. À la station Joliette, le chauffeur, du groupe des 26 000, a fait un arrêt. Seuls la vieille dame et moi étions encore dans le bus. Le chauffeur a lancé un cri pour nous informer de la manière la plus cavalière de descendre. La vieille dame, qui marchait difficilement qu’à l’aide d’une canne, a répondu au chauffeur qu’à tous les jours, elle voyageait par ce circuit et que jamais le chauffeur ne lui avait demandé de descendre.

    En raison du fait que je portais un casque d’écoute, je n’ai pas entendu les premières secondes de discussion entre le chauffeur et la vieille dame. J’ai demandé au chauffeur, lorsque j’ai constaté, que de son siège, il nous faisait signe, violemment, de descendre, si son circuit était terminé et si nous devions prendre le bus suivant. Il m’a répondu également de la manière la plus cavalière qu’il nous fallait attendre à l’extérieur.

    Je suis sorti pour constater que la vieille dame criait de désespoir d’être interpellée aussi violemment par le chauffeur. Elle s’est mise à trembler. Je suis rentré dans le bus pour vérifier pour quelles raisons la vieille dame était dans tous ces états. Jamais je n’aurais cru qu’un chauffeur puisse, de manière indigne, interpeller cette vieille dame. Elle a pris son cellulaire et a composé le 911 et demandé qu’une voiture de police vienne sur les lieux.

    A mon tour, j’ai interpellé violemment le chauffeur pour lui dire que son attitude était ignoble et de baisser le ton devant une personne de 70 ans. Il m’a dit de me mêler de mes affaires et de descendre. J’ai refusé. J’ai tenté d’expliquer à la vieille dame que le chauffeur avait terminé et qu’il devait probablement se diriger vers le garage. La vieille dame refusait de descendre. Je suis ressorti et je me suis dirigé vers le guichet, dans le métro, pour demander au guichetier d’appeler les inspecteurs, une vieille dame était en panique dans le bus 29. Pour toute réponse, ce chauffeur m’a signifié que ce n’était pas de ses affaires et qu’il n’avait pas à téléphoner.

    Je suis remonté pour constater que les policiers étaient déjà sur place. Un policier et une policière – voiture immatriculée 23-3 – ont fait descendre la vieille dame. Ils ont refusé de consigner un procès-verbal au prétexte qu’il ne leur appartenait pas de recevoir les plaintes de la Société de Transport de Montréal. J’ai insisté en indiquant que ces deux policiers refusaient de porter assistance à une dame âgée. Le policier m’a répondu qu’il n’était le service social pour répondre aux vieux.

    J’ai menacé le policier, qu’avec de tels propos, je déposerais une plainte en bonne et due forme en déontologie policière. Finalement, la constable a préparé une carte d’affaires qu’a remise à la vieille dame le policier. Nonobstant l’état de grande détresse de cette dame, les policiers sont repartis.

    Une inspectrice est arrivée sur les lieux. Elle a interrogé le chauffeur. Puis elle s’est adressée à la vieille dame. Je lui ai demandé, par respect pour la vieille dame, de la rencontrer à l’écart du chauffeur. Je n’ai pas assisté, par respect pour cette dame, à la conversation. L’inspectrice, fort courtoise, s’est enquise auprès de moi de ce qui s’était passé. Je lui ai communiqué ma version des faits. Quarante minutes plus tard, la vieille dame, appuyée sur sa canne, debout, se fait dire par l’inspectrice que le chauffeur est disposé à la laisser monter pour terminer sa course. Je venais d’apprendre que non seulement le chauffeur n’avait pas terminé son quart de travail, mais qu’il avait exigé de la vieille dame qu’elle sorte, pendant sa pause. J’étais furieux.

    Ce comportement est inacceptable. Non seulement le chauffeur demande de la plus odieuse façon à une dame âgée de 70 ans, de quitter le bus pour une pause, mais en plus, il lui assène les pires insultes qu’on puisse imaginer. Lorsque l’inspectrice nous a invité à remonter dans le bus, madame Lise C... et moi avons refusé. Nous avons préféré attendre le bus suivant. Nonobstant le fait que j’avais un rendez-vous important, je l’ai décalé pour assister madame C... qui était en état de grande nervosité.

    Une fois le bus suivant sur place, l’inspectrice a invité madame C... à prendre place jusqu’au prochain départ. Le chauffeur a été fort courtois et compréhensif devant la détresse de cette dame. Madame C... pleurait par intermittences tant la situation l’avait bouleversée.

    J’ai communiqué avec le service des plaintes de la STM et j’ai demandé que le superviseur dudit chauffeur communique avec moi. Je ne sais pas si madame C... va pouvoir porter plainte. Pour ma part, nulle question de laisser circuler dans les rues de Montréal, dans les transports publics, un chauffeur dont le comportement est hautement agressif et qui a démontré une absence totale de jugement. Il aurait été beaucoup plus courtois, pour ce dernier, de se lever de son banc, de venir s’entretenir avec gentillesse avec la vieille dame et de lui expliquer pourquoi elle devait quitter le bus.

    Ce que je conteste, et qui est l’objet de ma plainte, est le fait que le chauffeur n’avait pas terminé son quart de travail, qu’il poursuivait sa route à une heure fixe, et qu’il a demandé le plus cavalièrement qu’on puisse imaginer à une dame âgée – en grande difficulté de se mouvoir – de quitter le bus et d’attendre debout, à l’extérieur.

    Je terminerai la présente lettre en m’interrogeant sur le droit de vieillir à Montréal et d’être respecté. Il suffit de constater la tenue vestimentaire de vos chauffeurs pour s’inquiéter. Nulle intention de procéder à des généralisations. Mais convenons que la courtoisie associée à un style d’élégance vestimentaire n’est plus de mise au sein de votre Société. Je ne crois pas, sincèrement, que le chauffeur du bus 17-133 ait fait honneur au code d’éthique de la Société, notamment dans son principe général :

    « Servir la clientèle avec respect et dignité est aussi un objectif envers lequel la Société a pris des engagements et dont les employés doivent se faire les ambassadeurs, tant dans leurs comportements que dans leurs attitudes. Les employés doivent également être sensibles à la réalité de la diversité de la population desservie par la Société ainsi qu’à son caractère multiculturel ».

    Présente lettre sera également transmise au cabinet du maire, Gérald Tremblay, pour information.

    Publie.ca!
    Mots-clés : montréal et Société

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  • 9 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Daniel Bédard

    Ce que je comprends difficilement chez toi Pierre, c’est que le manque de respect à l’égard de personnes agées te bouleverse au point de déranger ta journée. Ce que je peux comprendre.

    Mais paradoxalement, comment peux-tu d’un autre coté être complètement détaché du fait que d’autres humains se fassent écrabouillés sous des tonnes de béton à cause d’autres exemples de bêtises humaines.

    Car en amenant en commentaire de mon article, n’être seulement devant une telle tragédie, en situation d’éprouver que quelques difficultés à saisir l’économie de mon texte en rubrique suivante, tu suscite chez moi de sérieuses interrogations sur la constance de ta conscience morale.

    J’avoue que j’ai certaines difficultés à te saisir, mon cher Pierre, à mon tour.

    Amicalement

    Daniel Bédard

    5 octobre 2007 | répondre | permalien

    Daniel

    Je constate malheureusement que mon message n’a pas passé. Ce que j’ai laissé comme message est le suivant : oui c’est une tragédie ce qu’a vécu Gabriel Hamel. Si l’article s’était centré sur Gabriel Hamel, seulement, vous auriez eu une belle unanimité. Le cas de Gabriel Hamel méritait d’être développé en soi - sans qu’il serve de prétexte pour développer un certain nombre d’autres sujets en périphérie - car cela est effectivement triste de constater que les pouvoirs publics l’ont ignoré. Est-ce que mon message est maintenant plus clair ?

    Pierre R.

    5 octobre 2007 | répondre | permalien

    Vraiment, c’est tout simplement dégueulasse.

    5 octobre 2007 | répondre | permalien

    Catherine

    Merci. Nous avons un devoir de vigilance à l’égard de ces personnes âgées qui sont l’objet de ce type de comportement dans les transports publics ou en société.

    Pierre R.

    6 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Daniel Bédard

    Encore une fois, Pierre, le petit bonhomme, par l’absurdité de démonstration de la bêtise humaine, est devenu un symbôle.

    Je n’avais pas assez de substance ou matière pour développer en soi comme tu le dis, ou développer un texte juste pour lui en parlant juste de lui.

    Ce texte se serait limité finalement aux 3 derniers paragraphes de mon texte. Et le lecteur n’aurait finalement pas eu grand chose à en retirer.

    Tout de même Pierre, il faudrait raisonner avant de commenter. Je n’ai peut-être pas 70 ans, mais bien 49. Et à cause du 21 de dfférence est-ce que cela te donne le droit de me dire n’importe quoi ?

    6 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Daniel Bédard

    Par ailleurs Pierre c’est toi qui prétend que la plate-forme ne doit pas être la place pour développer ou parler d’expériences personnelles, alors que le cas que tu nous livres par cet article est, à mon avis, un cas personnel.

    Car c’est bien de votre intervention avec le chauffeur et ensuite du superviseur dont vous nous parler à travers votre article, de votre menace de déposer une plainte à l’égard d’un policier, de votre lettre que vous avez adressée à la STM en copie conforme au maire Tremblay.

    Donc, Pierre, c’est donc votre expérience que vous nous relatez en vous servant de l’insulte adressée à cette dame agée.

    Pourquoi alors me reprocher de me servir de Gabriel et de dire que mon intervention d’expliquer pourquoi ce dernier mérite des excuses, alors que votre article adopte exactement la même approche en vous servant de la vieille dame.

    Elle est pas pire celle-là. Avoue avec moi, mon cher Pierre. Faudrait donc réfléchir davantage la prochaine fois avant de commenter à tort et à travers.

    10 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Daniel Bédard

    En conclusion je pourrais dire quelque chose comme tu aurais eu l’unanimité si ton article se serait contenté de nous raconter la vie de la vieille dame, ses amours, ses préoccupations, ses passe-temps, dans quel secteur elle demeure, en appartement ou en foyer. J’aurais aimé moi en connaître davantage sur la vieille dame en question. Et non sur ton intervention personnelle.

    Tu vois maintenant, Pierre, où je veux en venir.

    Sans racune.

    Daniel

    10 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Chantale

    test de courriel désolé

    21 octobre 2007 | répondre | permalien

    Afin de rendre justice à la Société de transport de Montréal, je veux informer le lecteur que j’ai reçu une réponse de son président, monsieur Claude Trudel.

    1er novembre 2007

    Monsieur Pierre R. ... ...

    Montréal (Québec)

    Monsieur

    J’accuse réception de votre lettre du 4 octobre 2007 et je tiens à vous préciser que des actions ont été initiées dès que nous avons reçu l’information afin de rapidement faire la lumière sur les événements malheureux que vous nous avez rapportés.

    Évidemment, votre commentaire nous préoccupe grandement car les agissements du chauffeur, du changeur et indirectement des policiers, sont complètement incompatibles avec notre code d’éthique et nos attentes en matière de service à la clientèle.

    En ce sens, soyez assuré que j’accorderai une attention particulière au déroulement de cette enquête et je peux vous confirmer que des mesures appropriées seront prises auprès des personnes concernées.

    Je vous remercie sincèrement d’avoir eu la délicatesse de supporter notre cliente dans ces circonstances et d’avoir pris le temps de nous écrire afin de nous permettre de faire amende honorable.

    Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

    Le président du Conseil d’administration

    Claude Trudel

    ___________________

    Je n’ai qu’à remercier le président pour la suite qu’il saura donner à cette lettre d’appui à une citoyenne en difficultés.

    Pierre R.

    13 novembre 2007 | répondre | permalien

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