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    Syndicalisme étudiant : entretien exclusif avec Maude Seguin-Tremblay

    le 20 janvier 2008 | 411 visites | 3.07 / 5 | 0 commentaire(s)
    Syndicalisme étudiant : entretien exclusif avec Maude Seguin-Tremblay

    Maude Séguin-Tremblay, Candidate à la maîtrise en relations industrielles et Représentante régionale intérimaire de l’Alliance de fonction publique du Canada section Québec (AFPC-Québec), est présidente du Syndicat des Auxiliaires d’Enseignement et de Recherche de l’Université Laval connu au pays comme le SARE-UL. Dans le présent entretien, Maude, comme les membres du bureau aiment bien l’appeler, brosse les étapes qui ont conduit à la naissance de ce syndicat, et précise les buts légitimes qu’il poursuit. Elle nous présente également sa dynamique équipe. Suivez-nous dans cet entretien avec la présidente du SARE-UL.

    CHRISTIAN : Madame Seguin-Tremblay, bonjour

    MAUDE : Bonjour Monsieur CHRISTIAN

    CHRISTIAN : Il y’a maintenant un an, vous avez entrepris, avec certains de vos collègues étudiants, de fonder le Syndicat des Auxiliaires d’Enseignement et de Recherche de l’Université Laval. Pourriez-vous donner des détails sur ces démarches préliminaires ?

    MAUDE : Le Syndicat des Auxiliaires de Recherche et d’Enseignement de l’Université Laval est une organisation qui regroupe plus de 2500 étudiant-e-s employé-e-s. C’est au cours de l’été 2005 que plusieurs étudiants et étudiantes de l’Université Laval se sont réuni-e-s afin d’améliorer leurs conditions de travail. Plusieurs auxiliaires désiraient ardemment éliminer l’arbitraire patronal qui régnait dans leurs milieux de travail. En outre, tous et toutes souhaitaient s’organiser collectivement pour mettre un frein à la précarité de leur statut d’emploi. En discutant avec des auxiliaires de l’UQAM déjà syndiqués, nous avons pu réaliser l’ampleur des avantages de la syndicalisation pour les employés de l’Université Laval. C’est à ce moment que nous avons décidé de créer une association syndicale pour les auxiliaires de recherche et d’enseignement de notre université. Pour mener à bien notre campagne de syndicalisation, nous avons eu l’appui d’un organisateur Syndical de l’Alliance de la fonction publique du Canada. C’est d’ailleurs grâce à cette équipe chevronnée que nous avons réussi à parachever notre ambitieux objectif. Pendant plus d’un an, nous avons procédé à la campagne de signature des cartes syndicales qui a rejoint un nombre impressionnant d’étudiants et d’étudiantes.

    En juin 2006, nous avons déposé devant la Commission des relations de travail une requête en accréditation. Après un examen attentif de cette requête, la CRT a statué que près de 45 % des personnes visées avaient manifesté le désir d’être syndiquées. Elle décida donc qu’un scrutin par voie postale devrait avoir lieu en octobre 2006 pour déterminer le caractère représentatif de l’accréditation du SARE. Suite à ce vote postal, plus de 60 % des auxiliaires se sont dit en faveur de la création d’un syndicat pour les représenter. Face à cette mobilisation massive, le CRT a reconnu légalement, le 8 novembre 2006, le Syndicat des auxiliaires de recherche et d’enseignement de l’Université Laval.

    En mars 2007, le collectif pour la syndicalisation a organisé une assemblée générale pour élire officiellement un premier exécutif syndical. Depuis ce temps, beaucoup de chemin a été parcouru pour le SARE. Nous avons tenté de prendre notre place comme association d’étudiant-e-s salarié-e-s au sein de la communauté lavalloise. Nous avons passé un sondage pour connaître les grandes revendications de nos membres et nous avons entamé des négociations avec l’administration universitaire pour se doter d’une convention collective afin de protéger davantage les droits des auxiliaires de l’Université. Pour le futur, nous espérons signer une entente satisfaisante pour nos membres au courant de l‘année 2008.

    CHRISTIAN : Merci pour ces précisions. Notre agence est intéressée à connaître les buts poursuivis par le SARE. Pourriez-vous m’en donner quelques uns ?

    MAUDE : Le Syndicat a pour buts l’étude, la défense et le développement des intérêts professionnels, pédagogiques, économiques et sociaux de ses membres, notamment la négociation et l’application de la convention collective ainsi que la promotion des intérêts des travailleuses et travailleurs. Les membres et le Syndicat bénéficient et agissent selon les privilèges et les obligations accordés par les lois en vigueur. Dans ses négociations avec l’Université Laval, le Syndicat favorise l’amélioration des conditions de travail des auxiliaires de recherche et d’enseignement visés par le présent règlement. Le Syndicat favorise la reconnaissance de la contribution des auxiliaires de recherche et d’enseignement à la mission de recherche et d’enseignement de l’Université Laval au même titre que les autres employé-e-s et leur réelle intégration à la communauté universitaire. De plus, le Syndicat promeut les valeurs de solidarité sociale, d’équité, de tolérance et de partage afin de construire une société plus juste, dans le respect des droits individuels et collectifs garantis par les chartes, ainsi que dans le respect de l’environnement. Le Syndicat se propose d’atteindre ses buts ; élaborer des programmes d’action et d’éducation afin d’améliorer la formation des membres ; obtenir un meilleur niveau de vie et de meilleures conditions de travail pour les employées et les employés ; favoriser une participation et une implication des membres dans la vie démocratique des organismes établis par le Syndicat ; favoriser la participation de ses membres à d’autres organismes syndicaux et populaires ; in fine parvenir à l’aboutissement par la négociation de l’application de la Convention collective. À ce jour, nous avons mené trois négociations avec les Ressources humaines de l’Université Laval, fin octobre, fin novembre, et mi-décembre.

    CHRISTIAN : Madame la Présidente pourriez-vous nous laisser quelques mots sur ces trois négociations avec les Ressources humaines de l’Université Laval ?

    MAUDE : Depuis octobre, notre équipe de négociation, composée de Fanny Graham, Hermann Tapsoba, Yann Langlais-Plante et de moi-même, a rencontré la partie patronale à trois reprises. Les représentants des ressources humaines nous ont semblé assez ouverts à nos demandes syndicales. Nous avons déjà eu la chance d’exposer le contenu de notre cahier de charges. L’employeur nous a également dévoilé ses demandes patronales. Pour l’instant, seules les clauses normatives ont été discutées à la table de négociation. Dès le départ, nous avons aussi amplement débattu de deux points majeurs, à savoir l’établissement de critères standard dans le processus d’embauche et la négociation d’un protocole visant la protection intellectuelle de nos membres. Par ailleurs, nous espérons obtenir de meilleures protections concernant les vacances, la santé et sécurité au travail et les congés pour de la formation et le perfectionnement. Jusqu’à présent, nous discutons avec l’employeur de ces enjeux majeurs.

    CHRISTIAN : Avez-vous été satisfaite de l’issue de ces négociations avec la direction de l’Université, au regard bien sûr de vos objectifs ?

    MAUDE : Je dois tout de même vous dire que nous sommes à un stade trop préliminaire pour déterminer si la négociation conforte nos objectifs du départ. Cependant, je peux vous assurer que l’Université Laval comprend nos principales revendications. Les prochaines rencontres seront charnières puisque nous entamerons les questions plus difficiles, à savoir les clauses monétaires. En fait, il faut savoir que les auxiliaires n’ont pas connu d’augmentation de leur salaire depuis près de 20 ans. En ce sens, nous nous battons très fort pour obtenir une augmentation salariale indexée aux coûts de la vie et à l’accroissement des frais de scolarité. Il faut comprendre que ces nouveaux coûts amènent inévitablement une aggravation de la pauvreté chez nos membres. Voilà pourquoi ces indexations sont considérées fondamentales pour protéger les auxiliaires contre la précarité de leur statut.

    CHRISTIAN : Madame la Présidente, cet entretien tire à sa fin, mais permettez-moi de faire une autre requête. Pourriez-vous nous présenter votre équipe ?

    MAUDE : Bien sûr. Je préside le Bureau exécutif du Syndicat avec ; à la Vice-présidence Monsieur Hermann Tapsoba, comme Responsable de la convention collective, vous avez Madame Fanny Graham qui vient de nous quitter pour d’autres fonctions, Monsieur Yann Langlais-Plante est Responsable des communications et de la mobilisation, Monsieur Benoit Collette est notre Responsable des finances, Monsieur Éric Duguay est le Responsable des délégués facultaires. Je profite de cet entretien informer la communauté universitaire lavalloise que nous avons un poste vacant, celui du Responsable du secrétariat.

    Mise à part le Bureau exécutif, d’autres structures permettent de diriger le Syndicat en portant assistance à l’exécutif. Nous avons le Comité de négociation composée de trois (3) membres élus lors de l’Assemblée générale et deux (2) autres nommés par le Bureau exécutif : Les membres titulaires du Comité de négociation sont Fanny Graham, Yann Langlais-Plante et moi-même. Comme membres substituts de ce comité vous avez Hermann Tapsoba et Sophie Turbide. Outre ce comité, nous avons nos Rencontres pré-négociation qui sont essentielles pour la bonne marche des négociations. À ces deux structures, ajoutons le Conseil syndical qui réuni le Bureau exécutif et l’ensemble des délégués facultaires, par conséquent, le Conseil ressemble à ce qu’on pourrait qualifier de Direction élargie du Syndicat.

    CHRISTIAN : Madame la Présidente, nous sommes à la fin de cet entretien, je vous remercie infiniment pour le temps que vous avez consacré dans le but de faire connaitre votre structure à nos lecteurs nombreux de par le monde.

    MAUDE : C’est moi qui vous remercie. Au nom du Bureau exécutif et des membres du SARE-UL, j’adresse mes remerciements à CentPapiers pour la diffusion de cet entretien.

    ©Cet entretien a été autorisé par le Bureau exécutif du SARE-UL et diffusé par CentPapiers.

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