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    TV5 - La Francophonie tient tête à Nicolas Sarkozy

    le 19 avril 2008 | 788 visites | 4.00 / 5 | 3 commentaire(s)
    TV5 - La Francophonie tient tête à Nicolas Sarkozy

    La francophonie tient tête à Nicolas Sarkozy. Incapable de gérer comme il se doit, avec des gants de velours, le dossier TV-5, il faut craindre le style de la future présidence française au sein de l’Union européenne.

    Il apparaît de plus en plus clair, au grand détriment de la politique de la droite de Nicolas Sarkozy, que le holding France Monde est contesté. Ce projet du gouvernement français consistait à regrouper les trois groupes audiovisuels (TV5, RFI et France 24) au sein de France Monde, dont le président serait Alain de Pouzilhac et la directrice générale Christine Ockrent, journaliste. Il n’en est pas question, ont répondu en bloc les partenaires de la France.

    Les gouvernements partenaires de TV5 Monde, soit le Canada, le Québec, la Belgique et la Suisse, s’opposent au projet. La rupture s’est manifestée mercredi dernier. Les représentants de la télévision suisse romande ont menacé de se retirer de TV5 si TV5 Monde était entièrement subordonné à la France. La première réunion de mercredi s’est mal passée. Après la suspension de la rencontre matinale, plusieurs administrateurs ne se sont pas présentés en après-midi, privant l’assemblée de quorum. En effet, les représentants des quatre partenaires de la France dans la chaîne (Québec, Canada, Suisse et Communauté française de Belgique), de même que les trois représentants des salariés de TV5 Monde se sont déclarés absents en après-midi.

    Selon le scénario français, la place qu’occupent les émissions des partenaires francophones, notamment les téléjournaux, serait déterminée par la France. Les partenaires sont contre cette façon de faire et la Suisse, devant ce qu’elle appelle la filialisation de TV5 Monde, menace de se retirer de la chaîne. Mais la France, qui finance 80 % de la chaîne de TV5 Monde, souhaite qu’Alain de Pouzilhac, qui préside France Monde, dirige aussi TV5 Monde. La ministre du Patrimoine canadien, Josée Vener, a proposé, comme le rapporte la Société Radio-Canada, que le poste de PDG de TV5 Monde soit scindé en deux, soit un président et un directeur général, et que ce dernier soit choisi et nommé pour trois ans par le conseil d’administration de la chaîne.

    Les Belges ont, pour leur part, proposé, selon Le Point, qu’un comité d’experts se charge de désigner les candidats aux postes à responsabilité, ou du moins d’en établir une petite sélection. Habile. Et cocasse : cette méthode n’est pas sans rappeler la façon dont Nicolas Sarkozy a diplomatiquement écarté George-Marc Benamou de la Villa Médicis ... La France n’a pas le monopole de la ruse.

    Pouzilhac veut le même poste que Bonnemain et les partenaires étrangers campent sur leur position. François Bonnemain (l’actuel PDG de TV5) est prié par Matignon de céder sa place. La Suisse d’y oppose. Alain de Pouzilhac devrait se contenter d’être le président du conseil d’administration. Il devra accepter la présence d’un directeur général pour diriger la chaîne à ses côtés. Selon l’Express, les francophones ont entendu Alain de Pouzilhac tenir des propos peu diplomatiques à leur égard. Ces tractations de coulisses ont fait que les trois représentants des francophones ont déserté le conseil.

    L’Express a bien décrit, en peu de mots, les tactiques manœuvrières derrière ce premier Conseil d’administration : « La méthode du passage en force ayant lamentablement échoué, certains proposent d’en revenir à de meilleurs sentiments à l’égard de nos amis suisses, belges et canadiens ». Comme l’a rappelé Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l’Audiovisuel belge, « au-delà de cette question de la gouvernance, la véritable question est celle de l’autonomie de gestion de TV5 Monde quant aux développements stratégiques de la chaîne ». Surtout, encore une fois, après cette gaffe énorme commise avant même la tenue du conseil, dans le bureau de François Bonnemain, par Alain de Pouzilhac, candidat de Nicolas Sarkozy.

    Autre candidate qui fait obstacle à un consensus de la part des partenaires de TV5 Monde : la désignation de Christine Ockrent à la direction générale déléguée relance nettement le débat sur l’indépendance de la nouvelle entité audiovisuelle.

    Ces deux nominations, voulues et imposées par Nicolas Sarkozy, signifierait une direction franco-française qui affecterait, à l’évidence, le caractère international de la chaîne, codétenue par la France, la Suisse, la Belgique, le Canada et le Québec.

    Le mois dernier, l’ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin avait affirmé que le président français Nicolas Sarkozy pourrait profiter de son passage au Québec, l’automne prochain au Sommet de la francophonie, pour revoir la formule diplomatique française caractérisant la relation franco-québécoise depuis la fin des années 1970. S’il faut se fier aux événements de TV5 Monde, cela augure bien mal. Le Québec pourrait se passer des monologues du président Nicolas Sarkozy.

    Alain Joyandet est en visite au Canada pour une tournée qui le conduira successivement à Ottawa, Montréal et Québec. Il compte profiter de ce séjour pour rassurer ceux qu’auraient inquiété les déclarations de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin voulant que le président soit « contre le ni-ni ». Le ministre reconnaît que Nicolas Sarkozy aura « sans doute sa propre façon d’approcher la politique de la non-ingérence, non indifférence ».

    Sur le dossier de TV5, M. Joyandet a dit espérer une « solution négociée et consensuelle (...) dans les jours ou les semaines à venir ».

    Il faut espérer que le Québec remettra sur la table l’échec de cette rencontre du Conseil d’administration et « La méthode du passage en force ». Selon le quotidien Le Devoir, Alain Joyandet a affirmé que la France est prête à accepter que le directeur général de TV5 soit d’un pays autre que la France. Selon le ministre français, il resterait maintenant à se mettre d’accord sur la répartition des rôles entre celui qui sera le président de TV5 et celui qui en sera numéro deux, soit le directeur général. Pour le Québec, il est important de préserver le caractère multilatéral de TV5. Le directeur général devra donc disposer de larges pouvoirs et devra être indépendant du holding créée par Paris pour regrouper son audiovisuel extérieur public.

    La participation de la France au capital de TV5Monde, actuellement de 66%, est également l’un des sujets de discorde, les autres partenaires exigeant que la France soit minoritaire. Selon le journal Les Échos, la France a accepté que FranceMonde ne détienne que 49% de TV5 Monde. « Mais si les participations détenues par France Télévisions, Arte et l’Ina (environ 17,5%) s’ajoutent au 49%, la France reste majoritaire », a souligné une source proche du dossier.

    Une nouvelle réunion du conseil d’administration est convoquée pour le 29 avril, a-t-on appris jeudi auprès des services de la ministre belge chargée du dossier, Fadila Laanan.

    Sources : AFP, Cyberpresse, le Devoir, L’Express, Les Echos, Le Monde, Le Point)

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • l’Enfoiré

    Bonjour Pierre,

    Je vais un peu dévier le sujet. C’est du tout chaud. Ce soir chez Drucker avec Vivement dimanche, la dame au chapeau Geneviève de Fontenay et Jean Pierre Coffe étaient oposés. Le sujet : la chanson représentant la France au prochain Concours de l’Eurovision qui était en anglais. Jean Pierre Coffe demandait un peu d’ouverture d’esprit après le reproche de la dame au chapeau très rétro, toujours cocorico. Que penserait un Canadien Québecois dans ce cas précis ?

    20 avril 2008 | répondre | permalien

    L’enfoiré

    Très bonne question. Voici un exemple de la frilosité québécoise en la matière. En mars dernier, la CBC, réseau d’État anglophone, a présenté une version écourtée de 45 minutes du gala du Panthéon, qui durait à l’origine trois heures. Ce gala devait rendre hommage à des artistes canadiens anglophones et francophones. Tous les artistes francophones ont été tout simplement éliminés de la retransmission du gala.

    Richard Stursberg, vice-président des services anglais de CBC/Radio-Canada, a dû s’expliquer devant le comité des langues officielles, à Ottawa. Son témoignage a donné lieu à un débat houleux. « Le grand problème, c’est que si je mets quelqu’un sur l’écran que personne ne connaît, à ce moment-là, ils vont changer de canal », a indiqué M. Stursberg pour expliquer la décision de la télévsion d’État de supprimer tous les artistes francophones.

    Les chanteurs francophones avaient été exclus parce que l’émission était destinée à un public anglophone et qu’il n’avait voulu insulter personne. Puis Stursberg ajouté : « Mon problème, c’est que vous avez l’impression que CBC et moi sommes des anti-francophones ».

    Un député du Québec s’est fâché : « Je n’accepterai jamais, M. Stursberg, que vous disiez qu’ici on vous a traité d’anti-francophone. Ce qu’on veut savoir, c’est la vérité, et l’autosuffisance dont vous faites preuve aujourd’hui nous prouve qu’on avait raison de vous convoquer », a déclaré le député libéral, Denis Coderre.

    Le député du Bloc québécois, Raymond Gravel, a demandé au vice-président si Claude Dubois, l’artiste qui s’est plaint contre la CBC, aurait été diffusé s’il avait chanté en anglais. Le vice-président de CBC a répondu que probablement pas, « à cause du fait qu’il n’est pas très bien connu en anglais, et le temps était très limité ».

    Une réponse qui a de nouveau fait bondir le député Gravel. « Ça fait partie des raisons pour lesquelles il y a un parti souverainiste au Québec. Moi en tout cas, si je suis souverainiste, c’est à cause de comportements comme le vôtre ».

    La France doit-elle promouvoir la culture anglophone ou francophone ? Au Québec, nous nous débattons pour défendre notre langue pendant que Jean Pierre Coffe demande un peu d’ouverture d’esprit. Voilà plus de deux cents ans qu’on nous demande cette même ouverture d’esprit vis-à-vis de la culture anglophone. Et la CBC vient de nous démontrer quelle ouverture d’esprit elle pratique, en 2008, à l’égard de la culture francophone.

    Amicalement

    Pierre R. Chantelois

    20 avril 2008 | répondre | permalien
    • l’Enfoiré

    Bonjour Pierre,

    Merci pour cette réponse très explicite. Nous avons décidémment un gros problème en occident. Un problème de ne pas voir ce qui se passe ailleurs. L’esprit cocorico est toujours là. On voudrait que sa langue soit la seule dans le monde. Je dis personnellement qu’on ait l’anglais, l’esperanto ou une autre mais qu’on se décide à chercher comment communiquer dans le monde avec le maximum d’efficacité. Une deuxième langue unique dans le monde devrait être imposer partout. Je viens d’écouter sur notre radio sur l’Inde. Ils n’impose pas d’apprendre une de leur langue. Ils ont choisi l’anglais pour conquérir le monde. http://blogrtbf.typepad.com/matin_premiere/2008/04/2104---rveillez.html#comments Nous allons nous faire manger avec nos petits problèmes d’un autre temps. J’en sais quelque chose. Je peux t’en parler.

    21 avril 2008 | répondre | permalien

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