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    • Futurologie ratée de l’ordinateur II L’ordinateur comme objet pratique (après 1982)

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      PAUL LAURENDEAU   Comme je le faisais observer dans Futurologie ratée de l’ordinateur I. L’ordinateur comme objet mythique (avant 1982), l’ordinateur fut l’un des objets les plus mal anticipés qui soit. Le voyant pourtant venir de fort loin, on a passé presque un siècle à fantasmer l’impact qu’il était voué à avoir sur nos vies et, dans cette immense futurologie raté, on n’a à peu près rien vu de ce qui venait vraiment. C’est parfaitement atterrant. J’aimerais ici vous convoquer à la seconde partie de ma petite chronologie sélective en deux phases. Il s’agit d’une sélection de faits significatifs en ce qui concerne la dimension pratique (seconde phase – la première phase portait sur la dimension mythique) de l’ordinateur dans notre vie collective. Matez-moi un peu le tournant que ce fut. Le contraste entre les deux dimensions de la bécane (la mythique et la pratique) est hurlant.

      PHASE II: L’ORDINATEUR COMME OBJET PRATIQUE

      1982: Mise en place graduelle du Minitel en France.

      1983: popularisation du micro-ordinateur ou ordinateur personnel (PC pour personal computer). On apprend tous à jouer au grille-pain avec les disquettes et à enchâsser le rouleau de papier symétriquement déchiquetable dans l’engrenage des imprimantes-mitraillettes. Démarre alors la compétition entre MacIntosh (Apple) et ce qu’on appelle alors les clones d’IBM (derrière lesquels se profilera Microsoft). Le film WarGames de John Badham est le premier long métrage à succès mettant en vedette un hacker (il passe à deux doigt de déclencher un conflit nucléaire en prenant le simulateur guerrier logé dans le grand ordinateur Pantagoneux qu’il parasite pour un jeu vidéo).

      1983-1989: les années traitement de texte. On pourrait aussi dire: les années WordPerfect. La souris et les icônes, nées chez Apple puis reprises intempestivement par Microsoft, s’imposent durablement comme complément du clavier. On apprend tous à cliquer

      1984: apparition télévisuelle de Max Headroom, donné comme le premier personnage artificiellement généré (en fait un acteur lourdement maquillé – les effets d’ordi étaient encore très marginaux). La création de personnages et de mondes engendrés artificiellement connaitra, en vingt ans, une véritable explosion, notamment dans l’univers cyclopéen du jeu vidéo. Certaines de ces figures (on pense par exemple à Lara Croft ou aux Sims – l’énumération serait trop longue ici) deviendront de véritables icônes culturelles. Apparaîtra avec eux une notion (qui a été largement galvaudée et barouettée): le virtuel.

      1986: dans le film Jumping Jack Flash de Penny Marshall, la protagoniste voit, avec ébahissement, des messages s’écrire sur son terminal d’ordinateur sans que ses mains ne touchent le clavier. Un espion en détresse l’appelle à l’aide, à travers les arcanes du système. Ce film est un des premiers à incorporer l’envoi de quelque chose comme des courriers électroniques comme élément central de son intrigue.

      1990: apparition de la procédure de retouches photographiques Photoshop. En deux décennies, il deviendra possible d’effectuer artisanalement le type de montages photos que seuls la CIA et le KGB pouvaient se permettre dans les décennies antérieures. Mais assez vite aussi, les retouches photos, privées et publiques, vont se généraliser au point de susciter un net désenchantement du public. Bientôt, le trucage d’images par ordinateur sera partout et, conséquemment, ne leurrera plus personne. La retouche photo deviendra donc graduellement un procédé jugé fort négativement et certaines personnalités la subissant iront jusqu’à intenter des poursuites légales pour altération de leur image publique.

      1991-1997: décollage en force d’Internet dans les différents pays. C’est le temps des arcanes encore mystérieuses du www, du http, du dot-org et du dot-com. On se familiarise tous avec les hyperliens, qui font passer, en un éclair, d’un site à l’autre. Apparaissent aussi certaines envolées d’enthousiasme oratoire qui font sourire aujourd’hui comme cyber-espace ou autoroutes de l’information. Un certain pessimisme s’exprime aussi. On trouve l’Internet encore bien vide de contenu et surfer le net est alors perçu comme une fixation un peu schizo vous isolant de la vie sociale.

      1993-1999: âge d’or du courrier électronique, des «listes» électroniques (sur lesquelles on a tous, un jour ou l’autre, posté un message privé par erreur) et… des pourriels (spam) qu’il faut effacer un par un, soi-même. Les premières binettes (emoticon) font leur apparition pour facialiser l’interaction et réduire la sécheresse des messages. C’est aussi le boom des légendes urbaines colportées par courriels pyramidaux et des petites amusettes iconiques fixes ou mobiles qu’on s’envoie entre amis. Un curieux constat se généralise. Les gens se conspuent souvent par courriel, même sur des listes collectives. C’est comme si le maintien de la fulgurance de l’échange combiné à la disparition des contraintes du face à face libéraient les pulsions rageuses. Il va falloir apprendre à dominer ce nouveau canal d’échange et… à se dominer en lui. Des formes laborieuses d’autocensure collective se mettent en place, à cette fin, comme notamment le fameux Point Goodwin, un aphorisme de culture vernaculaire se formulant, un peu pompeusement, comme suit: Toute cyber-discussion dont le ton monte voit la probabilité qu’un des participants y fasse référence à Hitler ou au nazisme tendre vers 1. (Quand un participant finit par oser mentionner Hitler ou le nazisme, pour quelque raison que ce soit, et même sans agressivité, on l’enguirlande en lui mentionnant, d’un air hautain, qu’il vient d’atteindre le Point Goodwin). Certaines listes d’échanges électroniques deviennent éventuellement tellement fliquées par leurs modérateurs qu’elles en meurent tout simplement d’inanition.

      1994: le très étrange feuilleton ReBoot, créé à Vancouver (Canada) par Gavin Blair et toute une équipe, est la première série télévisée constituée exclusivement d’animations par ordinateur (chaque épisode dure une demi-heure, la série durera jusqu’en 2001). La même année, le film The Mask de Chuck Russell incorpore étroitement jeu d’acteur et effets visuels conçus par ordinateur. Un an plus tard (1995) le premier long-métrage du triptyque Toy Story de la compagnie de cyber-animation Pixar fera un tabac en salles. Des voix annoncent alors la disparition de l’acteur et de l’actrice au profit de l‘animatron informatique. Inutile de dire qu’on attend toujours, quelques vingt ans plus tard, la concrétisation de cette nouvelle prédiction hasardeuse.

      1995: lancement du MP3 qui, en cinq ans, va révolutionner la façon de saisir la musique sur un support, de la consommer et de la pirater. Une durable bataille de copyright s’ensuit qui perdure encore. Apparition graduelle du webcam (enfin une anticipation Star Trek va finir par factuellement se réaliser: la vidéophonie). Lancement du site de vente aux enchères eBay. Il deviendra rapidement un incontournable mondial de la cyber-brocante et il rebondira régulièrement dans l’actualité pour la rareté ou l’incongruité des objets qu’on y trouve. Certains cinéastes ont même déclaré avoir acheté le gros des décors de leurs films d’époque sur eBay.

      1995 puis 1998: lancement par Microsoft de la série des systèmes d’exploitation Windows.

      1995-2000: intensification de la peur du bug de l’an 2000. Âge d’or des site web non-interactifs (les couleurs vives, les micro-animations papillonnantes) et guerre des premiers fureteurs (Netscape, Explorer, etc). On apprend tous à bookmarquer. Pour se partir un site web alors, il fallait savoir programmer en HTML et explicitement obtenir la permission de se nicher (d’être hébergé) sur un serveur spécifique. Pas facile.

      1998: lancement du moteur de recherche Google. En moins de dix ans il surclassera ses six ou sept concurrents (Lycos, Yahoo, Copernic, etc). On apprend tous à googler. La curieuse petite comédie sentimentale You’ve got mail de Nora Ephron raconte l’histoire de deux cyber-tourtereaux qui se connaissent et se font, en fait, grise mine dans la vie réelle tout en tombant amoureux en ligne. Première incorporation du cyber-anonymat (et de sa dualité) dans l’intrigue d’un film.

      2000: le fameux bug de l’an 2000 est vite éventé. Débuts de la technologie et de la philosophie de l’open source. Le jeune hacker Mafiaboy lance sa série d’attaques informatiques et se fait pincer après avoir causé son lot de dégâts. Le virus ILOVEYOU infecte des dizaines de millions d’ordis à travers le monde. On découvre que ces petites amusettes visuelles qu’on peut se faire envoyer par courriel et qui nous déridaient tant dans la décennie précédente peuvent être malicieuses. On apprend, la mort dans l’âme, à effacer ces attachements sans les ouvrir.

      2001: lancement de Wikipédia. Il est maintenant possible à tous d’intervenir directement sur Internet. En une décennie, cependant, Wikipédia renoncera graduellement à son ouverture intégrale.

      2001-2003: la généralisation de la technologie du wiki (la mise en ligne instantanée) voit la fin de la technicité ésotérique de la mise en ligne et le début des sites interactifs. Il devient de plus en plus facile de se partir un site web gratuitement. L’impact de masse de ce fait sera vite palpable.

      2002: lancement du fureteur Firefox. Disparition de Netscape. La guerre des fureteurs se calme.

      2003: lancement de la plateforme WordPress, de MySpace (qui sera éventuellement surclassé par Facebook), de Skype et du site de réseautage professionnel LinkedIn. Apparition semi-spontanée de 4chan et de /b/, le ci-devant «trou du cul de l’Internet», viviers de toute une culture vernaculaire cryptique, extrême, initiatique et cynique qui sera une source majeure de cyber-harcèlements anonymes, de hackings illicites et l’un des grands ateliers d’engendrement du phénomène du mème.

      2004: lancement de Facebook, dont on peut dire, sans exagérer, qu’il est le principal support technologique d’une véritable révolution ethnoculturelle mondiale. L’Internet désormais est le vecteur d’un intensif réseautage social. Il ne s’agit plus de s’isoler du monde mais de profondément s’y raccorder.

      2005: lancement de YouTube. En cinq ou six ans, il deviendra le vecteur incontournable de la célébrité sans intermédiaire et de la hantise du «devenir viral».

      2006: lancement de Twitter, qui passera vite d’une structure de micro-suivage à une sorte de fil de presse instantanéiste mondial. Lancement de Wikileak que les tartuffes médiatiques dénoncent bruyamment mais consultent (et citent) intensivement.

      2007: apparition du iPhone d’Apple. L’année suivante (2008), il est possible de l’utiliser en wifi, (technologie sans fil) sans obligation de raccord à un ordinateur. Le téléphone, ce vieil instrument désormais intégralement renouvelé, devient alors une partie profonde de l’identité d’une personne. Mais, désormais, il vous relie à votre réseau social (incluant votre employeur) et ce, en permanence. Cela représente déjà comme une sorte de poids, pour certains…

      2008: débuts discrets du Carnet d’Ysengrimus. La typologie des blogues qu’il propose en 2009 tient toujours, malgré la graduelle mise en jachère de nombreux cyber-carnets.

      2009: on recommence doucement à parler de robots anthropomorphes et à en montrer dans des foires technologiques. Apparition du Bitcoin (monnaie virtuelle) qui, en quelque années, quittera le monde du jeu vidéo, se verra accepté par maint cyber-commerçants, et soulèvera tangiblement la question juridico-financière des transactions et des mises en circulation de fonds libellés en monnaie virtuelle.

      2005-2010: âge d’or des blogues. On pourrait aussi dire: les années troll. Graduellement Twitter et Facebook vont assumer des fonctions qu’assumaient initialement les blogues personnels. Mise en place imperceptible du slow-blogging. Contestation croissante du cyber-anonymat par les cyber-médias officiels. On apprend tous à éviter au mieux de nourrir la cyber-provoque (Don’t feed the Troll!). Certains cyber-intervenants s’identifient très étroitement à la seconde identité que leur confère leur pseudonyme.

      2010-2013: Il est devenu naturel de jauger le profil social ou sociologique d’une personne par sa présence ou son absence en la constellation des cyber-dispositifs (premières pages Google, Facebook, LinkedIn, 4chan, blogues personnels, etc). La notion de réseaux sociaux et de médias sociaux est désormais une idée ordinaire. Et l’ordi est désormais, tout naturellement, un outil de documentation, un aide mémoire et un instrument de raccord social.

      .

      Il est assez patent qu’on est passé de l’ordinateur Golem à l’ordi connecteur social. Aux vues de la phase mythique (avant 1982), l’ordinateur déshumanisait et il fallait le débrancher pour sauver l’humanité. Ce qui s’est réalisé est le contraire, presque le contraire diamétral. J’ai pas besoin de vous faire (ou de vous imprimer) un dessin. Au jour d’aujourd’hui, l’ordi nous raccorde et est un des instruments incontournables de la culture collective mondiale. Il est aussi devenu cet implacable curseur social au moyen duquel on se juge lapidairement les uns les autres (votre-employeur-brother ne s’y est pas trompé), on se passe les antennes sur le dos, on se rencontre, on se découvre, on se masque et se démasque, on collabore, on fomente de grands projets collectifs, au mépris des distances et des limitations venues justement de ces pouvoirs centralisés qu’on imputa, à grand tort, à l’ordinateur mythique de jadis (lesdits pouvoirs, politiques et économiques, toujours menaçant mais incroyablement archaïque, dépassés, réacs, sont désormais, aussi, tendanciellement passablement anti-ordi). Tout comme le M5 aveugle de Star Trek, le grand ordinateur collectif d’aujourd’hui n’a pas de bouton interrupteur et ce, malgré Joe Lieberman et bien d’autres qui souhaiteraient pouvoir l’éteindre à leur guise. C’est pas possible encore, mais pour combien de temps… mais n’anticipons pas! Conclusion, conclusion: bon, continuons de préparer l’avenir et gardons un œil prudent et autocritique sur toutes nos futurologies. Elles parlent de nous, ici, en fait, et pas toujours dans les meilleurs termes. Et, comme c’est pas fini, l’ordi, eh ben, il y en a encore pas mal à dire…

      Paul Laurendeau | 26 avril
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    • « Les 7 », les frères et les cousins…


      Je vous demande la permission de quitter aujourd’hui toute prétention à l’universel pour parler simplement boutique. La boutique des “7 du Québec”. Les 7 se transforment ; voici comment, voici pourquoi et ce que vous pouvez en tirer.

      Mais d’abord, un petit rappel. C’est en septembre 2008 que le blogue les « 7 du Québec » a débuté, avec un idéal qui n’a pas changé. http://les7duquebec.com/2008/08/26/v’la-l’bon-vent…/ Depuis, nous avons eu plus d’un million de visiteurs.  Plus du double, en ajoutant, au cours d’une deuxième étape, ceux du journal citoyen CentPapiers dont vous avons pris charge en mai 2010.  Nous commençons maintenant une troisième étape

      Incessamment, vous serez accueillis sur « les 7 »  par une page d’accueil  encore plus simple et plus dépouillée qu’auparavant, mais vous offrant  paradoxalement d’un seul clic incomparablement plus de choix.

      ( VOYEZ ICI LA NOUVELLE PRÉSENTATION DU SITE.)

      D’abord, en haut à gauche, vous verrez un billet court  axé sur l’actualité.  Ici, on cherchera  vous dire en trois minutes ce que nous croyons le plus significatif de ce qu’aujourd’hui nous apporte. En-dessous, trois (3) colonnes chapeautées chacune d’un article mis en vedette.  Ces articles parleront de politique, bien sûr, mais aussi parfois de ce qui semblera tout autre chose, puisque la politique a ses racines en tout et produit ses effets partout.  Deux ( 2) de ces colonnes regroupent des articles d’auteurs québécois.

      La première correspond à la séquence, avec laquelle vous êtes déjà familiers, des chronique hebdomadaires de ceux d’entre nous qui nous sommes compromis à publier chaque semaine à jour fixe.  L’article  en vedette est de celui dont c’est  aujourd’hui le tour de monter au front. La seconde réunit ceux, que vous connaissez bien aussi, qui sont toujours de garde, mais dont les contributions sans être nécessairement moins fréquentes peuvent être moins régulières.

      La troisième colonne regroupe des auteurs d’ailleurs dont nous avons pu constater, depuis des années, que leur pensée et la façon dont ils l’expriment séduisent notre lectorat québécois tout comme celui de l’Héxagone. En participant à ce site, ils contribuent à maintenir entre nos deux volets de la francophonie le lien qui fait de nous, essentiellement, UNE culture francaise.

      C’est cette vision d’ailleurs, jointe à celle que nous avons comme Québécois – (comme le regard de droite comme de gauche que nous adoptons sans préjugés) – qui donne son relief à l’image en profondeur que nous voulons diffuser des événements

      Nous vous invitons à lire d”abord ces quatre (4) articles quotidiens qui vous sautent aux yeux, mais n’oubliez pas  que ce n’est que la pointe du iceberg.  Il y a les autres ceux qui se font plus discrets. Ceux que vous voyez sont en montre, mais en cliquant sur le nom de vos auteurs préférés, vous trouverez des centaines d’autres articles, nouveaux ou plus anciens, que vous ne voudrez pas rater. Et derrière ces centaines d’articles auxquels vous pouvez accéder sur le site même, il y en a des MILLIERS sur les sites personnels de nos auteurs vers chacun desquels un lien vous dirige.

      NOUS VOUS ATTENDONS:  http://les7duquebec.com

      Nous espérons que vous aimerez  cette nouvelle version des « 7 du Québec ». Elle n’est néanmoins que le premier pas d’une démarche plus ambitieuse. Depuis que nous avons conçu ce site, l’un de nos objectifs a été d’amener plus de citoyens à s’exprimer. Nous croyons que c’est un élément essentiel de transformation de la démocratie que nous avons ne nous semble plus remplir parfaitement son rôle.

      La démocratie, ce n’est pas seulement le citoyen qui écoute, mais aussi celui qui parle. En prenant charge de CentPapiers, nous pensions augmenter considérablement le nombre de ceux  qui voudraient s’exprimer.  Malheureusement, force nous est de constater qu’il n’en a rien été.

      Nous voulons donc profiter de cette expansion de ce site « Les 7 du Québec » pour inviter avec encore plus d’insistance les citoyens à s’exprimer et pour leur en faciliter encore davantage la tâche. Si vous avez une texte de plus de 1000 caractères – autre que crassement publicitaire – que vous aimeriez partager, faites le nous parvenir par courriel en cliquant sur le bouton « Exprimez-vous » en haut à droite de la page d’accueil de ce site, en ajoutant la mention : « permissions de publier » . S’il n’est pas injurieux ou raciste, n’enfreint pas autrement la loi et est écrit dans un français correct votre texte sera publié sur CentPapiers.

      De même, si un des articles sur « Les 7 du Québec » vous suggère un commentaire de plus de 1 500 caractèress, vous pourrez publier  ce commentaire sur CentPapiers en faisant référence à l’article que vous commentez et vers lequel nous mettrons alors un lien.  Soulignons que cette facon de publier à partir du site « les 7 » ne se substitue pas à la facon habituelle de soumettre des textes a CentPapiers, mais vient seulement s’y ajouter.

      Un dernier point. Nous savons par expérience que tous les changements apportés à la manère d’opérer un site web peuvent produire des effets ennhuyeux. Nous vous demandons votre indulgence et les corrigerons le plus tôt possible.  Dans un mois, nous vous demanderons formellement  vos commentaires sur ce que nous aurons fait de ce site ainsi que vos suggestions pour l’améliorer. Nous comptons sur vous.

      Votre éditeur

      Pierre JC Allard

      Pierre JC Allard | 10 septembre
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    • Traité budgétaire européen : Hollande et Debré main dans la main pour déterminer à minima les modalités de ratification…

      Après le feu vert du Conseil constitutionnel, le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de préparer rapidement un projet de loi pour la ratification du traité budgétaire européen et la mise en place de la « règle d’or ».

      Ce futur texte qui est un héritage direct du précédent quinquennat sera examiné à la rentrée par le parlement, au cours d’une session extraordinaire, et sans doute voté par la grande majorité des  parlementaires PS et une partie de la droite…


      Le Conseil constitutionnel vient de rendre son avis : la ratification du pacte budgétaire et de la règle d’or ne nécessiteront pas de changement de la Constitution et donc pas de vote du congrès, en session extraordinaire à Versailles, vote à la majorité des 3/5 cinquièmes qui aurait pu s’avérer délicat pour le président de la République, et encore moins de référendum.

      Le président n’a pas pris beaucoup de risque en demandant au conseil constitutionnel de statuer sur la constitutionnalité de ce traité. Ses douze membres, farouches partisans du libéralisme économique dont Jean-Louis Debré président et VGE membre de droit, n’ont pas voulu compliquer l’action de François Hollande en préconisant une ratification par majorité simple de l’Assemblée nationale et du Sénat.

      La ratification de ce traité engagera la France à un équilibre budgétaire perpétuel, au détriment des politiques et des investissements publics avec la menace de sanctions européennes automatiques si une majorité décidait une autre politique. Mais le Conseil constitutionnel a jugé, en dépit de l’évidence, que ce traité n’impliquait pas d’abandons supplémentaires de souveraineté du Parlement français.

      Pourtant le pacte budgétaire introduit un tel renforcement du pouvoir des instances européennes – Commission, Conseil et Cour de justice  -,  qu’il devrait sans aucun doute imposer un vaste débat démocratique et une consultation populaire.

      Le futur projet de loi indiquera que le déficit public ne pourra excéder 0,5% du produit intérieur brut (PIB). Cette nouvelle règle succédera ainsi aux critères de convergences du traité de Maastricht que les pays européens ont été incapables de respecter jusqu’ici.

      Pour mémoire en 1992, deux critères portaient sur la « stabilité des finances publiques » : déficit public annuel inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 60% du PIB. Parmi les 27 pays européens membre de l’union, se la règle fixant le déficit public inférieur à 3%. Les 17 autres pays sont hors jeu et pour certains la situation est dramatique pour leurs peuples qui vivent dramatiquement chaque jour.

      Maintenant, avec cette nouvelle règle de 0,5%, on s’aperçoit que seulement 3 pays (Finlande, Hongrie, Suède) satisfont à la nouvelle « règle d’or ». Même l’Allemagne d’Angela Merkel est Out !

      Et on ne peut que s’interroger sur le futur. Comment croire en effet que les 17 pays qui ne respectaient pas la norme de 3% de déficit public, respecteront demain un taux de 0,50% comme nouveau marqueur et cela en pleine crise ? Sur qui reposeront les sacrifices, rigueur, austérité à mettre en place pour respecter cette nouvelle mesure ? Quand on voit ce qui se passe en Grèce, en Espagne ou au Portugal, on a déjà plutôt la réponse…

      Avant son élection François Hollande s’était pourtant engagé à une vraie renégociation. Il lui aura suffi d’un pseudo « pacte de croissance » qui n’équilibre en rien l’austérité massivement mise en œuvre en Europe pour abandonner cet engagement. Cette décision marque la victoire des fanatiques de l’équilibre budgétaire au détriment de toute perspective de transformation sociale et de transition  écologique.

      Au moment où les licenciements se multiplient, où le chômage et la pauvreté augmentent, c’est une autre politique qui est nécessaire en France comme en Europe : solidarité, partage du travail et des richesses, politiques de justice et de convergence sociales et fiscales, plans massifs d’investissements publics pour la transition énergétique.

      Si on est encore loin des clivages qui avaient traversé en profondeur les partis de droite et de gauche lors des référendums sur le traité de Maastricht (1992) ou sur la Constitution européenne (2005), certains parlementaires ont annoncé néanmoins qu’ils ne voteront pas ce traité. Pour certains membres du PS, le député Razzy Hammadi ou la sénatrice Marie-Noëlle Lienemman, ce texte fait « peser une menace sur la démocratie ». Pour François de Rugy, coprésident du groupe écologiste (EELV) à l’Assemblée nationale, la mise en œuvre du texte « va plonger la France dans une grande austérité ».

      C’est pourquoi, dans les semaines qui viennent, toutes les forces démocratiques qui refusent un tel coup de force, doivent faire entendre leurs voix pour refuser ce pacte budgétaire et exiger la tenue d’un référendum. A défaut, c’est le peuple français qui en paiera le prix, et au-delà tous les peuples d’une Europe prise dans une logique libérale dévastatrice…


      Petit rappel :

      - TUE : traité sur l’Union européenne, première partie du traité de Lisbonne

      - TFUE : traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, deuxième partie du traité de Lisbonne

      - Conseil européen : réunion des Chefs d’Etat et de gouvernement

      - TSCG : Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire. Le 30 janvier dernier, 25 des 27 pays européens sans la Grande-Bretagne et la République tchèque, ont signé un traité sur « la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » instituant notamment la « règle d’or ».

      - MES : Mécanisme européen de stabilité (une sorte de FMI européen). Le texte définitif du traité instituant le MES a été adopté par les représentants des Etats membres de la zone euro le 2 février 2012. Le MES est destiné à prendre, à partir de juin 2013, la suite des instruments créés en 2010 pour faire face à la crise de la dette. A partir du 1 mars 2013, pour avoir accès aux aides du MES un Etat devra avoir accepté toutes les dispositions sur l’austérité budgétaire contenues dans le TSCG.

      Photo Creative Commons : parlement européen (http://www.flickr.com/)

      Albert Ricchi | 18 août
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    • VOLS COLLECTIFS EN PERSPECTIVES

      Tous les opérateurs vont augmenter leur prix, sous prétexte de hausse de la TVA. Du coup, la France va perdre le modèle original inventé par Free, qui l’a propulsée parmi les champions mondiaux de l’accès Internet. 

      Le modèle français du forfait Internet illimité à 29,99 euros par mois, lancé par Free en 2002, est en passe de voler en éclats.

      Sous prétexte de répercuter la hausse de la TVA, inscrite dans le projet de loi de finances, les opérateurs vont sûrement augmenter leurs tarifs.

      En brisant le dogme du forfait à 30 euros, ils vont pouvoir déployer des gammes de tarifs et ouvrir la voie à un Internet à plusieurs vitesses.

      Mauvaise nouvelle pour le consommateur.

      Non seulement ce dernier va voir sa facture augmenter, mais il ne pourra plus comparer les forfaits Internet.

      Ceux-ci risquent en effet d’être remplacés par des offres à tiroirs illisibles, très segmentées, toutes dotées d’options différentes, à l’image de ce qui existe pour les abonnements au téléphone mobile.

      Cette semaine, Orange a été le premier à annoncer officiellement qu’il allait répercuter, jusqu’à trois euros, la hausse de la TVA sur la facture de ses clients.

      S’ils ne donnent pas encore de chiffre, S F R, Bouygues et Free déclarent qu’ils vont eux aussi relever leurs tarifs.

      Furieux de voir son modèle voler en éclats, Free a même annoncé qu’il ajouterait sur la facture de ses clients une ligne baptisée «taxe Baroin-Sarkozy», du nom de ses auteurs.

      S F R, en lançant sa nouvelle box «Evolution» à 34,90 mensuels, plus performante que son offre de base à 29,90 euros, a déjà montré la voie d’offres premium.

      Si nous nous sommes battus contre la hausse de la TVA, c’est bien parce que nous voyons le danger se profiler pour le consommateur.

      Avec la hausse de la TVA, une brèche s’est ouverte et les opérateurs s’y engagent.

      La France, qui prend déjà du retard sur la fibre, est en train de détruire son modèle A D S L, où elle est première de la classe et enviée par le monde entier, explique Édouard Barreiro, directeur des études chez U F C-Que choisir.

      Le problème n’est pas que les opérateurs ajoutent 3, 4 ou 5 euros à la facture, mais qu’ils ont là l’occasion de brouiller complètement les tarifs et de les rendre illisibles.

      Inquiétude à l’Afutt, autre association de défense des consommateurs, qui a lancé vendredi un «dossier d’alerte».

      Nous redoutons un bing bang tarifaire.

      Le service de base se dégrade, et si le client veut avoir un accès qui fonctionne, il devra payer davantage, résume Jacques Pomonti, président de l’Afutt.

      Seuil psychologique.

      En lançant le premier un forfait Internet illimité en 2002 au prix imbattable de 29,99 euros mensuels, Free, le trublion des télécoms, avait de facto créé un standard.

      Tous ses concurrents se sont alignés sur ce qui est vite devenu un seuil psychologique. Année après année, le prix est resté inchangé, alors que l’offre s’améliorait sans cesse au gré des innovations technologiques.

      En ayant toujours plus pour le même prix de 30 euros mensuels, le consommateur a vu le prix relatif de son forfait Internet baisser.

      Ce modèle vertueux a permis aux Français de s’équiper massivement et de faire de la France un des pays où l’accès Internet haut débit est parmi les plus élevés.

      La France est le pays où l’accès Internet est parmi les moins chers.

      Là où le Français dépense 30 euros par mois, le Belge en dépense 70 et l’Américain 100.

      Et le service est moins étoffé : souvent il n’y a pas de télévision, et les appels ne sont pas illimités.

      La France fait ainsi la course en tête pour la télévision par Internet, reçue via la box des opérateurs, et représente environ un tiers du marché

      mondial de l’I P T V.

      Au Canada, le client paie encore à la qualité de données échangées.

      C’est pour cela que des sites d’écoute de musique en streaming comme Deezer ou Spotify ne peuvent pas marcher, explique Édouard Barreiro.

      L’inventeur du modèle, Free, va-t-il faire de la résistance ?

      Le modèle de Free est de gagner sur les services associés plus que sur la connexion à Internet.

      Free seul pourra-t-il résister ? observe Édouard Barreiro.

      Les opérateurs ne peuvent rogner sur leurs marges car ils doivent investir dans la fibre.

      Face à cette nouvelle donne, le consommateur doit plus que jamais rester vigilant.

      Sources A F P Le Figaro B F M

      Nous avons ci-dessus la démonstration flagrante de noyer le poisson à l’arrivée d’une crise du système sans issue.

      Nous assistons à notre destruction de démolition y compris pour les sites d’informations qui peuvent à peine subsister, en ayant des participations gratuites de la part de leurs auteurs et commentateurs ou visiteurs.

      C’est ce que la presse perfide sert depuis ce jour sur les diverses chaines en France.

      Qu’en est-il à l’étranger ?

      Les pouvoirs en place, non seulement après nous avoir mis dans une panique incroyable sans retour pour le profit des puissances financières vont nous museler.

      Où se trouve la liberté d’expression ?

      Il y en a raz le bol, le gouffre des tourments s’ouvre.

      Non seulement ils ne font pas leur travail, mais ils nous rendent coupable de leurs magouilles.

      Nous avons des moyens entre les mains et nous pouvons parfaitement répondre efficacement.

      La loi prévoit que nous pouvons résilier nos lignes téléphoniques et de portables sans avoir de délai à respecter dans la mesure où nous changions d’opérateur.

      Il suffit que chacun de nous, commence par résilier y compris dans le cadre des P M E  et P M I, pour les particuliers au moins une de nos lignes.

      Vous les verrez remonter au créneau, donc un bras de force s’instaure, il ne faut surtout pas croire qu’ils peuvent sortir gagnants.

      Nous avons un défi à relever.

      Une autre approche plus diplomatique, serait d’envoyer un courrier en recommandé avec accusé de réception.

      Ce courrier stipulant et cela figure dans tous les contrats, pas un seul tous les modèles sont identiques.

      Dans la mesure où vous procéderiez à une augmentation d’un seul centime, veuillez résilier mon contrat à compter de telle date.

      Prendre la toile d’Internet, et les internautes en otages, en nous bâillonnant, comme les Etats veulent le faire, alors qu’ils coulent encore plus vite avec le système et nous verrons.

      Il faut bien prendre conscience que sans notre participation, nos règlements, ils ne pourront pas tenir.

      Ce n’est point un mirage c’est une réalité incontournable.

      Elle ressemble comme deux gouttes d’eau au fait que le système politico financier est mort.

      Serons nous obligés de reprendre nos stylos ou crayons pendant quelques temps, il faut analyser que ce n’est pas nous, qui serons les perdants.

      Il vous suffit aussi de signer la pétition que je propose sur ce lien.

      Nous sommes surveillés, contrôlés dans la majorité de nos actes.

      Ainsi ils pourront voire notre détermination.

      A nous de leur expliquer qu’en procédant de la sorte, ils se pendent avant nous.

      Mais ils le savent et se disent ils ne le feront pas

      Ou alors acceptez de revenir aux principes des Shadocks, puis pompons pour les maitres de la finance, en ce qui me concerne, oui je me passerai de toutes mes lignes et je prendrai ma plume avec une certaine délectation, pour démontrer et expliquer que personne ne peut faire payer à d’autres la conséquence de ses seules et uniques erreurs, plus qu’ignobles en rendant le peuple de base responsable de leurs dettes.

      Ou le désir aussi de nous couper l’expression à un virage important sur le plan politique.

      D’où viennent les consignes ?

      Ils ne le diront pas !

      Avis dans la mesure où tel soit le cas, mes lignes vous diront :

      Il n’y a plus d’abonné au numéro demandé et Les Voix se tairont sur l’Internet mais parleront ailleurs, cela est une certitude.

      Ensemble nous représentons une force, isolé, nous sommes les victimes de l’argent à l’odeur moribonde,  fruits usuriers des manipulateurs financiers.

      Le Panda

      Patrick Juan

      N.B: En guise de cadeau de mon 120 éme article en ces lieux je vous laisse juges, merci

      LE PANDA | 21 août
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    • Qu’ils s’en aillent tous… en vacances !

      Nicolas Dupont-AignanAlors que la trêve estivale approche, tandis que la France et l’Europe vivent des heures historiques sur le front de l’euro (où la censure fait rage comme jamais, à mesure qu’approche le coup final du destin), la petite politique politicienne bat son plein.

      Tout d’abord, la France stupéfaite a été gratifiée d’une invraisemblable (et tellement urgente) proposition de la candidate des Verts à l’élection présidentielle : supprimer le défilé militaire du 14 juillet ! On connaissait l’étrange capacité des Verts au suicide politique collectif, voilà que leur candidate, aussitôt investie, se sent dans l’obligation de se carboniser individuellement ! Car enfin, comment admettre cette proposition ubuesque et, disons-le franchement, insultante pour la République et ses symboles, qui fleure bon l’antimilitarisme et le pacifisme de principe d’une toute petite minorité d’extrême-gauche ?

      Les Verts ignoreraient-ils que ce défilé, loin de symboliser un bellicisme martial, pour le coup totalement fantasmé, incarne tout simplement le lien positif entre la nation et son armée, en ce jour de célébration de la prise de la Bastille et de la Fête de la Fédération ? Oui, le mythe révolutionnaire de la Nation armée, de l’armée au service de la Nation, est au cœur de la République. Et lorsque ce ne fut pas le cas au cours de notre histoire, de lourds malentendus aux conséquences tragiques ont pu s’insinuer, comme par exemple l’impréparation de l’armée à la veille de la guerre de 1870, ou le défaitisme désastreux de l’esprit munichois après septembre 1938. Oui encore, cette armée française, cette armée de la nation et à son service, mérite qu’il lui soit rendu hommage ce jour-là, surtout après les pertes cruelles essuyées en Afghanistan.

      La façon ras des pâquerettes dont droite et gauche ont mis la main sur cette polémique, n’a pas été davantage glorieuse : au « retourne en Norvège » de quelques uns à l’UMP, ont répondu les cris d’orfraie d’un PS ravi qu’on lui offre cette porte de sortie providentielle, cette occasion inespérée de se rabibocher avec son allié vert après avoir été obligé de critiquer en traînant les pieds la proposition absurde de sa candidate.

      Décidément, rien ne tourne plus rond dans notre vie politique, dont on finit par croire que ses principaux acteurs font tout pour l’enfoncer à des profondeurs inédites ! Dernier exemple en date, Ségolène Royal qui se pose en candidate de rassemblement de la droite gaulliste en sus de la gauche. Pathétique de la part d’une ex-candidate à la présidentielle qui n’avait cessé, pour tout nouveau traité européen, de promettre un référendum au printemps mais avait retourné sa veste, ni une ni deux, dès l’automne venu en appelant les parlementaires socialistes à voter pour le traité de Lisbonne au Congrès ! Ségolène championne des gaullistes, de qui se moque-t-elle au juste ? !

      Mais, là encore, la réponse de l’UMP a été aussi minable que d’habitude. Xavier Bertrand a cru fin de l’accuser de récupération électorale en mettant « son aspirateur en marche », élégant sous-entendu à la figure de la ménagère. Car, bien sûr, derrière chaque femme politique, il y a une ménagère qui s’ignore, n’est-ce pas Xavier Bertrand ?

      Décidément, il est plus que temps que nos animaux politiques prennent quelque repos et nous avec. Qu’ils s’en aillent tous… en vacances, et vite !

      Nicolas Dupont-Aignan | 21 juillet
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    • Russie, émigration et médias mensonges

      Image Flickr par I (Miguel Ruiz) Is Somenone Else

      Très récement, toute une série d’articles venait rappeler à quel point la Russie était un pays sans avenir. Divers médias francophones, tel que le Figaro, la Tribune de GenèveLe soir, ont commenté les résultats d’un sondage qui démontrait l’émigration massive dont le pays souffrirait depuis ces dernières années. On y lit par exemple « qu’un cinquième des Russes (22%) souhaiterait émigrer de Russie » et que « selon les chiffres officiels, cités par Vedomosti, en trois ans, environ 1,2 million de personnes ont quitté la Russie ». Ces résultats « illustreraient une nouvelle vague d’émigration, et mettent à mal les mots d’ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin » écrit Europe1.

      Reprenons les deux informations clefs :
      - 1 Russe sur 5 souhaiterait émigrer.
      - 1,25 million de Russes ont quitté le pays depuis 2008.

      Illétrisme ou médiamensonges?

      Tout d’abord, regardons de plus près l’origine de ce chiffre de 1,25 millions de russes qui seraient partis depuis 3 ans. Le chiffre vient d’une discussion en date du 15.01.2011 retransmise à la radio Echo de Moscou entre Sergueï Stépachine (président de la cour des comptes depuis 2000) et Michael Barshevski. Je rappelle l’échange en francais ci dessous :

      M.BARCHEVSKI : … Tu parles de l’innovation (…) on a perdu beaucoup de cerveaux qui nous auraient été très utiles dans le cadre de l’innovation.
      S.STEPACHIN : J’ai des chiffres précis. 1 million 250 mille personnes qui travaillent à l’étranger. Et pas les plus mauvais…
      M.BARCHEVSKI : Tu veux dire pas des plombiers ?
      S.STEPACHIN : Des scientifiques, des spécialistes.
      M.BARCHEVSKI : 1 million 250 mille ?
      S.STEPACHIN : 1 million 250 mille. Voilà à peu près combien sont partis depuis 1917.

      Comprenez bien ce qui a été dit et écrit : aujourd’hui 1,250 million de russes travaillent à l’étranger. Comment en est-on arrivé à ce que ce chiffre soit repris par la presse comme le nombre de russes ayant soi-disant fui la Russie de Poutine et Medvedev depuis 3 ans ? Nous en sommes arrivé là via un processus de douce mais régulière transformation / interprétation des textes qu’il est intéressant d’étudier. Observons cela de plus près.

      Par exemple dès le 04.02.2011 mlnews affirmait que : « selon les calculs de la cour des comptes, ces dernières années 1,250 million de personnes ont émigré de Russie.

      On passe à la vitesse supérieure dans un article du 11 février 2011 de Moskovsksi Komsomolets intitulé « courons loin du tandem »  où il est dit : « la cour des comptes a officiellement déclaré que durant les dernières années sont partis de Russie 1,25 million de personnes. La vague d’émigration est à peine moins grande que celle de 1917. Ces données sont confirmées par le directeur du Service Fédéral des Migrations (FMS) : 300 à 350.000 Russes partent chaque année travailler à l’étranger. Combien reviennent, il n’a pas dit ».

      Deux contre-vérités. Non seulement la traduction de la phrase de Sergueï Stépachine est fausse, mais en ce qui concerne les 350 à 400.000 émigrants / an, il ne s’agit bien sûr que d’une émigration temporaire. C’est vérifiable sur le lien en question reprenant les affirmations du directeur du FMS : « Chaque année 300.000 Russes partent de Russie, dont 40.000 pour aller résider définitivement à l’étranger. Ce chiffre était de 70.000 en gros avant la crise, mais il s’est réduit à 30.000 à cause de la crise (..) »
      Donc 400.000 russes sortent de Russie chaque année pour aller travailler ou étudier à l’étranger, ou encore pour des raisons personnelles (ce qui est un processus tout à fait normal) mais seulement un faible pourcentage d’environ 10% ne revient pas.

      Le 29 mai 2011 Novaya Gazetta dans un réquisitoire contre la Russie intitulé « La Russie ne plait plus » affirme que la Russie ne sera pas en état de faire face à l’année 2050″ en affirmant que le « représentant de la cour des comptes Serguei Stépachine a affirmé que depuis 2008, 1,25 million de personnes » ont émigré.

      L’article est constitué de témoignages de jeunes émigrants russes, qui expliquent pourquoi ils ont choisi de quitter la Russie et de vivre à l’étranger, aux Etats-unis, au Canada, en Israël, en Allemagne ou en Scandinavie. La liste complète de tous leurs griefs à l’égard de la Russie est un best-off du genre : peur de la police, pauvreté, petits salaires, pas de perspectives, pas de possibilité de fonder une famille, instabilité économique, xénophobie..
      Bref le pays est foutu ! Il est temps de se tirer (???? ??????) comme dirait Marie Jégo du Monde !

      L’hebdomadaire Newtimes du 17 au 23 mai 2011 confirme cet exode massif :  » Selon les données du représentant de la cour des comptes de Russie, Sergueï Stépachine, au cours des trois dernières années ont émigré de Russie 1,25 million de personnes ».

      Les faits, les chiffres, sont bien loin des obsessions idéologiques

      L’institut Rosstat donne des chiffres reconnus comme étant assez précis. Etudions l’émigration de Russie vers l’étranger lointain et non l’étranger proche, ou monde ex-soviétique. Et cela afin de ne pas prendre en compte les migrations intra-CEI de ressortissants russes d’origine géorgienne, urkainienne ou moldave. En effet il semble peu plausible que les émigrants russes aient fui en masse en Azerbaidjan, Géorgie, Ukraine ou Biélorussie. Si émigration économique il y a eu (voir les exemples dans l’article cité plus haut de Novaya Gazeta), ces émigrants ont évidemment fui vers des zones riches du monde : en Occident ! Les données de 1997 à 2008 sont consultables en ligne ici et celles de 2009 et 2010 ici.

      J’ai synthétisé sous forme de tableau ces résultats.

      Etudions ces chiffres :

      - Sur 14 ans ont définitivement quitté la Russie vers l’étranger lointain (hors ex-URSS) : 629.880 personnes
      - Le gros de cette émigration a eu lieu entre 1997 et 1999.
      - Depuis 1999 la quantité d’émigrants de Russie baisse, ce qui traduit l’amélioration économique que le pays a connu depuis 10 ans.
      - Depuis 2008 : 37.894 Russes ont émigré définitivement vers l’étranger lointain.

      Regardons maintenant la totalité des émigrants de Russie (étranger proche et étranger lointain) dont j’ai également synthétisé les flux sous forme de tableau

      - Depuis 2008 donc, 105.544 russes ont émigré à longue durée hors de Russie.

      Rappelez-vous ce qui est écrit plus haut, par le directeur du FMS : « Chaque année partent de Russie 300.000 Russes, dont 40.000 pour aller résider définitivement à l’étranger. Ce chiffre était de 70.000 en gros avant la crise, mais il s’est réduit à 30.000 à cause de la crise ». 30.000 donc en gros 1 /3 (entre 12 et 13.000 vers l’étranger lointain).

      Ensuite la Russie reste un pays avec un solde migratoire fortement positif, comme le montre le schéma ci-dessous qui compare les entrées et les départs de Russie. Depuis 2002, il part moins de 100.000 personnes / an, et depuis 2006 moins de 40.000 / an. Nous sommes donc bien loin des 400.000 / an qu’une certaine presse annonce.

      Un tableau de Wikipedia permet de voir la réalité de ces flux migratoires russes.

      Fantasmes, sondages et presse « indépendante » ?

      Maintenant le sondage traduisant la soi disant nouvelle vague d’émigration, et qui mettrait à mal les mots d’ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin. 22% des Russes, soit une personne sur cinq, souhaiterait émigrer mais ils sont 73% à ne pas vouloir émigrer à l’étranger. Regardons attentivement le second tableau de ce même sondage, ils ne sont toujours que 1% en Russie à déjà préparer leur départ en faisant leurs sacs (ca n’a pas changé depuis 2009), que 2% à avoir pris la décision d’émigrer et 6% à étudier les possibilités d’émigration. Ils sont également 69% à ne jamais penser à émigrer. Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient émigrer, ce chiffre a atteint 33% en décembre 2010. Mais à la même date, seulement 2% d’entre eux ont réalisé leur projet d’émigration. En clair, le pays n’a connu aucune fuite massive de cerveaux malgré de tels sondages. En 2009, 20% des Chinois diplômés souhaitaient également quitter le pays. En 2010, 30% des jeunes arabes (pays de la ligue arabe) souhaitaient également émigrer. On relève aussi que 20% des Bulgares en âge de travailler souhaitent partir à l’étranger. Ce seuil de 20 à 30% semble donc exister dans de nombreux pays, indépendamment du contexte économique local, très bon pour la Chine, ou relativement mauvais pour la Bulgarie par exemple.

      Par rapport à ces chiffres, on peut surtout se demander s’il y a suffisamment de jeunes Russes diplômés ou pas, qui souhaitent acquérir une expérience professionnelle à l’étranger. La mondialisation de l’économie offre des opportunités de plus en plus nombreuses dans ce sens, et il n’y a rien de malsain dans cette tendance qui améliore les échanges économiques. Ce qui est malsain, c’est de propager dans les médias des chiffres faux, pour alimenter des prévisions catastrophistes.

      Evidemment un sondage chez les lecteurs de Novaya Gazetta montre que 62% d’entre eux seraient prêts à quitter le pays, mais les lecteurs de NG sont principalement des libéraux-orientés, hostiles à la Russie d’aujourd’hui et à son pouvoir politique actuel, jugé responsable de tous les maux. Un sondage fait dans ce lectorat n’est donc pas très représentatif de l’opinion publique russe en général. Bien sûr j’ai cité plus hautVedemosti, un quotidien créé en 1999 suite à une initiative conjointe du Financial Times, du Wall Street Journal et du groupe de presse Sanoma (éditeur du Moscow Times). Pas étonnant qu’ils ne soient pas les derniers dans une certaine propagande de la Russie d’aujourd’hui. Il y a aussi cité newstimes dont la rédaction est composée de figures de la scène dites libérale et « anti-Kremlin d’aujourd’hui », commeEvguenia Albats ou encore Valeriya Novodvorskaya. Une ex correspondante Francaise du Figaro avait d’ailleurs pris la défense de la rédaction de ce journal, soi disant menacé par le Kremlin pour des problèmes de ligne politique. Quoi qu’il en soit en l’espèce et bien loin de toutes considérations politiques, on ne peut que constater leur totale mauvaise foi.

      Quelles conclusions en tirer ?

      - Les chiffres montrent en Russie une baisse de l’émigration et une stabilisation de l’immigration depuis les années 2000.

      - Le nombre de Russes qui ont quitté leur pays depuis 2008 est de 105.000 et non pas de 1,25 million.

      - Une certaine presse dite d’opposition libérale gagnerait beaucoup à être un minimum sérieuse dans ses analyses et non à fantasmer en lançant des mensonges, repris et propagés sur la toile. La quantité ne s’impose pas sur la vérité.

      - Les gros relais médiatiques francophones semblent ne pas vérifier leurs sources et on peut légitimement se poser la question de savoir s’il s’agit de mauvaise foi ou d’incompétence. Dans les deux cas, c’est assez inquiétant et cela ne reflète pas la vérité de la Russie d’aujourd’hui.

      Merci a Anatoly Karlin et Nicolas Starikov dont je me suis inspiré des analyses pour faire cette synthèse en Français.

      —–

      Liens annexes démontrant la mauvaise foi ou l’incompétence de certains de nos journalistes :

      Le Figaro voit des pénuries de nourriture à Moscou durant la crise

      Une correspondante de France2 inhale trop de gaz carbonique et se met a délirer

      Le Monde et la Russie

      alexandre latsa | 15 juillet
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    • Une page se tourne pour la Grèce !

      Image Flickr par maria kalyv

      Cette journée à Athènes restera longtemps gravée dans ma mémoire.

      Au-delà des différents rendez-vous (économistes, responsables syndicaux et politiques de tous horizons) j’ai été impressionné par la foule de la place Syntagma. Une foule à l’image du peuple, de tous les âges, de toutes les classes sociales. Si loin de la caricature que certains cherchent toujours à plaquer sur ces manifestations, les réduisant soit aux casseurs, soit aux extrêmes de gauche ou de droite.

      Il fallait voir la colère, la tristesse, la rage de ces Athéniens massés devant le Parlement qui désormais ne peut délibérer que sous protection policière.

      Je suis venu les saluer.

      Quand j’ai passé mon écharpe tricolore je fut happé par la foule et applaudi comme rarement. Je me suis retrouvé sur la tribune avec le micro du mégaphone à la main. Et j’ai réalisé une fois de plus ce que nos trois couleurs représentaient encore dans l’imaginaire collectif universel.

      Un Grec m’a dit en français : « vous sauvez l’honneur » ! Une femme a ajouté : « ce qui nous arrive aujourd’hui vous arrivera bientôt à vous français ». Car oui, au-delà de la question économique, c’est bien la question politique, la question démocratique qui est le levier de cette révolte populaire.

      Les Grecs ont compris que leurs dirigeants n’étaient plus que les pantins d’un ordre mondial et européen, autoritaire et inique.

      La démocratie déjà à moitié virtuelle entre les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1974 est désormais devenue totalement fictive.

      La goutte d’eau qui fait déborder le vase est bien sûr la décision imposée par l’Union Européenne de privatiser à bas prix les entreprises publiques grecques. En un mot, de se payer sur la bête qu’ils épuisent par le plan d’austérité.

      C’est un pas sans précédent qui est franchi. Il s’agit de la première spoliation organisée par l’Union Européenne sur l’un de ses Etats membres.

      L’économiste que nous avons rencontré ce matin – et qui n’était pas suspect de nationalisme puisqu’il avait participé aux négociations de l’adhésion de la Grèce à l’UE – dénonçait le déni de réalité des dirigeants européens et s’inquiétaient de le voir aboutir à un rejet total, profond de l’idée européenne. « A force de lier l’euro et l’Europe, ils vont faire exploser l’un et l’autre ».

      Comment croire en effet qu’un gouvernement puisse longtemps imposer à son propre peuple une politique qui le ruine ? Il n’y pas besoin d’être un grand historien pour le comprendre.

      A force de nier l’histoire, de nier le sentiment national, de nier l’économie réelle, les dirigeants ont perdu tout sens des réalités. Leur monde est virtuel. Malheureusement, celui des chômeurs ne l’est pas. La baisse du pouvoir d’achat ne l’est pas non plus. On comprend dès lors la colère des Grecs à qui l’UE et le FMI demandent une déflation intérieure de 40% (puisqu’ils ne peuvent pas dévaluer leur monnaie). Seuls des pays en temps de guerre ont supporté un tel recul !

      Il va de soi que la Grèce ne pourra s’en sortir qu’en reprenant en mains son destin. C’est à cette seule condition que le peuple fournira l’effort nécessaire, et là encore, seule la sortie de l’euro lui donnera l’oxygène pour retrouver une marge de manœuvre économique et sociale, et donc la dignité.

      Le Général disait « La République c’est : la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice ».

      Voilà le seul chemin possible pour la Grèce.

       

      Nicolas Dupont-Aignan

      Nicolas Dupont-Aignan | 17 juin
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    • Le droit du peuple grec à disposer de lui-même

      Image Flickr par Weingarten

      Je pars en Grèce demain pour soutenir les manifestations contre le plan d’austérité car aujourd’hui, dans ce pays d’Europe berceau de notre civilisation, c’est tout simplement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui est bafoué.

      Ceux qui ont en permanence à la bouche l’expression droit de l’homme ou le mot démocratie restent pourtant bien silencieux face à cette situation sans précédent sur notre continent.

      Des organisations supranationales sans aucune légitimité démocratique sont en train de ruiner et de spolier un membre de l’Union européenne… et tout cela serait normal !

      Il est vrai que la classe politique grecque habitée plus encore que chez nous par une fausse alternance leur facilite le travail. Pour autant, il est indispensable, au moment où ce peuple se sent abandonné de tous, culpabilisé, vidé de sa substance sur le plan économique, social et surtout moral, d’aller lui dire : vous n’êtes pas seuls, vous devez résister, vous pouvez agir autrement.

      L’enjeu n’est pas pour moi simplement de partager l’indignation si légitime soit-elle du peuple grec, mais bien de lui proposer une voie raisonnable et solide de sortie de crise.

      Aider la Grèce à retrouver sa souveraineté pour mener une politique conforme à ses intérêts, c’est bien sûr aussi servir l’Europe toute entière. Car, n’en doutons pas, non seulement le plan d’austérité est choquant, mais il est totalement inefficace.

      En asphyxiant l’économie grecque, l’Union européenne et le FMI scient la branche sur laquelle ils sont assis. Dans les faits, ils sont les idiots utiles d’un système financier mondial qui sait très bien que la Grèce devra sortir de l’euro et ne pourra pas rembourser toutes ses dettes, mais qui profite des plans de soutien pour refiler ses créances douteuses sur le contribuable corvéable à merci.

      La Banque Centrale européenne a déjà racheté 45 milliards de dette grecque, les Etats 100 milliards ; et maintenant, ils veulent aller encore plus loin pour plus de 60 milliards supplémentaires. Au terme de ce tour de passe-passe extravagant, les deux tiers de la dette grecque ne seront plus détenus par les banques mais par les Etats. Des Etats qui ne se privent pas de demander toujours plus de sacrifices à leur population au nom de la soi-disant bonne gestion.

      Ce sont donc les peuples qui sont les premières victimes de ce piège de l’endettement mis en œuvre et soutenu par les dirigeants européens au profit d’une petite oligarchie qui s’exonère de toute responsabilité.

      A Athènes demain, je proposerai la sortie de l’euro, une restructuration en douceur de la dette, une relance de la croissance et de l’emploi, une nouvelle coopération entre les Etats européens.

      Dans ces périodes troublées où le monde craque sous le réveil des peuples, il est vital que des consciences, d’où qu’elles viennent, s’élèvent et proposent un autre destin. La tâche est bien sûr périlleuse car ce sont toujours dans ces mêmes périodes que les récupérations excessives peuvent abuser des colères populaires.

      Raison de plus pour se relever les manches !

       

      Nicolas Dupont-Aignan

      Nicolas Dupont-Aignan | 16 juin
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    • Quebecor = contrôle de l’information?

      Parfois, l’actualité ne cesse de nous titiller. Après avoir fait des démarches sur un sujet, j’ai abandonné, et puis là, je m’y remets, armé de quelque chose comme une coïncidence.

      Gilbert Lavoie du Soleil soulève un doute sur le contrôle que ferait Quebecor de l’information. À la base, il s’agit d’une chronique d’Éric Duhaime « dénonçant la position d’Amir Khadir sur le Plan Nord ». Les faits :

      Vendredi soir, Quebecor a d’abord publié, puis retiré de son site canoe.ca un texte du journaliste Taïeb Moalla donnant la réaction de Khadir à cette chronique. Censure? La question a vite fait le tour des réseaux sociaux.

      Ce même doute, je l’ai eu voilà pas si longtemps alors que je cherchais à retrouver une vidéo d’un segment d’une émission de Jean-Luc Mongrain. Cet extrait avait fait le tour de la blogosphère et des médias sociaux, même Patrick Lagacé en avait parlé :

      Montée de lait épique de Jean-Luc Mongrain, de LCN, sur le contrôle médiatique du Parti conservateur. La méthode qui « sent le totalitarisme », selon Mongrain. Exagération, bien sûr, sauf que l’exagération est peut-être la seule réponse possible au délire conservateur, démontré avec panache par l’animateur, images à l’appui : on voit des journalistes se faire tasser par des taupins du Parti, pour les empêcher de poser des questions.

      Là où le bât blesse, c’est que la vidéo a été retirée du site YouTube depuis. Et, pour avoir fait le tour du site de l’émission Mongrain, j’ai pu remarquer que toutes les vidéos sont maintenant hébergées directement sur le site (ce qui semble le rendre plus lent, en plus), mais aucune trace du populaire extrait, ni de toute vidéo hébergée sur YouTube (il y a maintenant plutôt de très courtes capsules, sortes de pubs pour l’émission, ainsi que des entrevues). J’ai pris la peine de faire une demande de renseignement via un formulaire sur le site, sans autre réponse qu’un message formaté me promettant une réponse.

      Je sais que c’est bien mince, mais on parle quand même d’un changement advenu pas très longtemps après la montée en épingle virale de ladite vidéo. Oui, il reste encore une entrée de blogue en date du 7 avril où les propos de l’émission sont synthétisés, mais il n’y a rien comme des images pour convaincre du sérieux d’un propos. Justement, je la cherchais, à la veille de la dernière élection fédérale, pour prouver à un utilisateur Twitter que le Parti Conservateur s’appliquait manifestement à contrôler les médias.

      Personne ne tombera des nues si j’écris que le lien est facile à faire avec le penchant idéologique que prend Quebecor, via ses médias, vers la droite. Alors, magnifier la parole d’Éric Duhaime en supprimant la réplique va tout à fait dans ce sens. Et, à moindre mesure, supprimer du web cet extrait d’émission rend un tout petit petit service à notre nouveau gouvernement canadien de droite, quelle que soit la raison d’effacer ces archives disponible pour le public. Parce que ce n’est pas rien de le faire, dans un contexte où la transparence est de plus en plus importante, socialement.

      Je le répète, mon doute ne tient pas sur grand-chose. Et c’est bien pour cette raison que j’avais décidé de ne pas écrire là-dessus. Mais cette histoire soulevée par Gilbert Lavoie agit comme le faisceau d’une lampe de poche pour mettre cette autre en lumière.

      Les doutes ne sont bien sûr pas des faits, mais s’ils continuent de s’accumuler, ça deviendra de plus en plus inquiétant.

       

      Renart Léveillé | 19 mai
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    • Les langues : derniers remparts de l’uniformisation culturelle?

      Par Renart Léveillé

      Le blogue Antagoniste publie de temps en temps des statistiques concernant le poids média des nouvelles au Québec et dans le ROC ainsi que des « Top 5 Twitter » des mots, noms et « hashtags » (mot-clic?) les plus populaires au Québec, au Canada, aux États-Unis et dans le monde. Mais je ne pointerai ici que la partie concernant Twitter.

      Pour la semaine du 15 au 21 mars 2011, pour le Canada, les États-Unis et le monde, la première et la deuxième position sont, dans l’ordre, occupées par « Rebecca Black » et « #threewordstoliveby ». « Nate Dogg » est en troisième position pour ce qui est du Canada et des États-Unis et se retrouve en quatrième position dans la section « Monde ». « #supermoon » est en cinquième au Canada, quatrième aux États-Unis et troisième dans le monde. Les États-Unis et le monde partagent « #ificouldiwouldbringback » en cinquième position alors que cet « hashtag » ne se trouve pas dans le « Top 5 » du Canada, mais bien plutôt « #100factsaboutme », en quatrième position.

      Pour ce qui est du Québec, les cinq positions sont occupées, en ordre, par « Lachute », « Ryan White », « Justin Trudeau », « Subban » et, finalement, « Jean Lapointe ». Comme vous pouvez le constater, il n’y aucune concordance avec le Canada, les États-Unis et le monde. Et si on regarde d’autres billets de cette série, parues auparavant sur le même blogue, c’est pratiquement toujours le même genre de concordances entre le Canada, les États-Unis et le monde, et de non-concordances avec le Québec.

      Ne me dites pas que ça ne vous sonne pas une cloche? Qu’il n’y a pas de lien à faire entre l’anglais comme langue de la mondialisation et l’uniformisation culturelle? Cela dit, en prenant bien sûr l’idée du culturel dans son sens le plus large, soit ce qui est « Relatif aux comportements sociaux » (via le dictionnaire du programme de correction Antidote).

      C’est certain que cette comparaison se fait dans le contexte d’une plateforme qui ne rend pas compte de toute la teneur de ce qui intéresse les gens, et des échanges d’informations au Québec, au Canada, aux États-Unis et dans le monde. Par contre, cela reste un bon indicateur de ce que nous réserve l’avenir. La langue anglaise sur le web semble vibrer au diapason du monde alors que, par exemple, le français cultive les particularismes, enfin, encore. Parce que c’est bien évident que les cinq positions québécoises relatées plus haut ne représentent pas grand-chose pour nos cousins de l’Hexagone et des autres pays francophones.

      Est-ce que c’est une bonne nouvelle ou est-ce que c’est une mauvaise nouvelle? Pour ma part, dans l’optique de la diversité culturelle, ce n’est pas une très bonne nouvelle, enfin, surtout pour ce qui est des pays de langue anglaise. S’il se développe une culture anglo-saxonne monolithique de plus en plus en phase avec les États-Unis, son poids deviendra de plus en plus lourd dans le contexte d’une mondialisation s’appuyant sur le caractère utilitaire de cette langue. Et on peut se demander si c’est profitable pour tout le monde, culturellement.

      Quoi qu’il en soit, quand le monde entier connaîtra la langue anglaise, il faudra espérer que les gens garderont jalousement leurs langues maternelles. Parce qu’à partir de ce moment-là, il faudra craindre l’unilinguisme anglophone, car tout sera en place pour qu’il gonfle et gonfle, jusqu’à uniformiser culturellement pour de bon l’humanité. En espérant aussi que la proximité physique entre les gens continuera d’influer sur la culture. Mais dans un monde où la communication se rit exponentiellement des frontières, vouloir en deviner davantage relève de la science-fiction.

      (Image : bartvandamme)

      Renart Léveillé | 24 mars
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    • La loi 101 sur les dents

      Je dois bien être le 101e (minimum) à pondre un texte en réaction à la sortie de Maxime Bernier, qui ridiculise la portée ancienne, actuelle et future de la loi 101 sur la sauvegarde et la pérennité de la langue française au Québec. Qu’à cela ne tienne, je vais ajouter ma brique au rempart qui continue de se bâtir entre les amants du je-m’en-foutisme et les gens capables de perspective dans ce monde linguistiquement chambranlant, pour ne pas dire bancal. Et, même si la tentation est forte, je vais m’abstenir de ridiculiser en retour ce charmant monsieur…

      Dans les derniers jours, j’ai discuté à la suite d’un billet paru sur Anarcho-pragmatisme : « J’appuie totalement Maxime Bernier… » Tout comme l’auteur du blogue, je pense que l’abolition de la loi 101 ne pourrait logiquement se faire qu’à la suite de l’accession du Québec à la souveraineté. Si un jour le peuple a assez de courage pour faire le grand saut, nul doute qu’il prendra grand soin de sa destinée linguistique sans avoir besoin de la législation actuelle. Mais pour l’instant, on remarque plus une tendance à glorifier la mondialisation anglicisante, le franglais et autres discours d’ouverture qui balayent sous le tapis la précarité du français, pour ne nommer que cette langue-là, et pour ne pas réexpliquer encore et encore le contexte nord-américain dans lequel nous baignons.

      Un commentateur a soulevé un point qui ne semble pas avoir été soulevé ailleurs (enfin pas depuis la sortie de Colonel Jos Louis), soit les conséquences démographiques de l’adoption de la loi 101, donc le départ de beaucoup d’anglophones du Québec. Ce que j’en comprends, c’est que ce fait illustre en même temps une supposée dérive étatique et est un argumentaire se basant sur une victimisation à sens unique des anglophones, ce qui élude comme par magie ce qui a mené à ce mouvement de défense du fait français. Et il doit bien y avoir un fond de ce réflexe chez Maxime Bernier et les autres de sa trempe, à différents degrés, malgré un discours soi-disant pragmatique basé sur la sacro-sainte liberté de choix.

      Ce que je crois, c’est que la dynamique linguistique au Québec devrait et aurait dû toujours être arrimée à l’idée de respect. Mais l’Histoire nous a démontré que le respect de la majorité linguistique francophone (dans une perspective provinciale) n’était pas de mise à l’époque, autant individuellement que collectivement du côté de la communauté anglophone. Cette communauté qui avait en plus le quasi monopole des pouvoirs économiques. Avec la loi 101, les francophones se sont « payés » du respect qu’ils n’auraient pu obtenir autrement. Si des anglophones sont partis parce que ce respect leur faisait trop mal, bon débarras! De toute façon, il y a pratiquement toujours des conséquences à un changement, il faut vivre avec. Et imposer le respect, ce n’est pas non plus comme imposer l’insupportable.

      Du commentateur désigné plus haut, je retiens quand même ces propos, qui me semblent bien sages pour quelqu’un qui est contre cette loi :

      Si vous êtes en désaccord avec la loi 101, svp, ne jetez pas le blâme sur la formation politique ayant fait passer cette loi. [...] les élus ne sont qu’une interface entre le peuple et ses moyens publics. Les élus d’un peuple sont à l’image dudit peuple … et de sa volonté.

      Et ce qui est clair, c’est que la volonté de préserver cet acquis est encore très forte. Mais il faut rester vigilant, on tente de salir ce respect par tous les moyens, surtout par la rhétorique. À ceux qui rétorqueront que le respect ne peut pas être décrété par une loi, je ferai remarquer que nous étions précédemment « tenus en respect » par le pouvoir monétaire, qui est tout comme une loi, mais en plus arbitraire.

      (Photo – détail : tudor)

      Renart Léveillé | 10 février
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    • Lucien Bouchard à la tête de l’APGQ

      Depuis sa sortie de son ancien placard conservateur pour prendre la tête des «Lucides», M.Bouchard a lentement dépensé des parts de son important capital de popularité, de crédibilité et de charisme.
      Reste à voir maintenant combien lui coûtera cette nouvelle mission?

      Josée Legault
      Il m’est alors d’avis que Lucien Bouchard perdra pour de bon son sympathique sobriquet « Lulu » avec cette nomination aux rênes de l’Association pétrolière et gazière du Québec; ce « Lulu » qui était comme un pont entre lui et le peuple.
      Ça sent le flattage dans le sens du poil à plein nez cette nomination, ça sent le joker qu’on se gardait dans la manche…
      Est-ce qu’on l’a écouté quand il nous a dit « Travaillez! »?
      Est-ce qu’on va plus l’écouter quand il va nous dire « Dormez au gaz! »?
      Votre adresse mail : 

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      Renart Léveillé | 26 janvier
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    • Conflit au Journal de Montréal : de l’antisyndicalisme primaire

       

      Comme on le sait, dans le conflit opposant le Journal de Montréal à ses employés en lock-out, l’offre patronale a été refusée par un pourcentage de 89,3%. En plus d’une prime de départ, Pierre-Karl Péladeau demandait un démantèlement de Rue Frontenac et réclamait « que les employés de la rédaction s’engagent à ne pas travailler pour ses concurrents ».

      Mon avis sur le phénomène global de la syndicalisation n’est surtout pas aveuglé de positivisme, mais dans ce cas précis, je ne peux que lever le pouce!

      Mais à la base, il faut regarder la syndicalisation d’un oeil réaliste. Ceux qui voudraient la balayer du revers de la main et faire comme si elle n’existait pas manquent de respect envers les individus travailleurs bien plus qu’envers les leaders de ces syndicats. Et la société est l’amalgame de toutes ses parties, il ne faut jamais l’oublier, surtout dans ses critiques.

      J’en ai eu une preuve tout récemment dans un billet du blogue « Trop penser, ça donne un blogue… » :

      Si demain mon employeur change sa manière de gérer l’entreprise et ça ne fait pas mon affaire, la première chose à faire, c’est de me chercher une autre job. C’est sa business, si je suis pas content, je n’ai pas à rester.

      On le voit en comparant Rue Frontenac et le Journal de Montréal, les syndiqués et PKP veulent aller dans des directions opposées. Pourquoi alors continuer à travailler ensemble? Pourquoi PKP serait-il celui qui devrait céder si c’est SON journal?

      [...]

      Ils sont dans leur droit de refuser le jeu proposé par PKP, à savoir la convergence et la pub corporative, mais je ne vois pas d’autre sortie dans ce cas que de quitter leur emploi.

      En passant, avant de me tirer des roches, sachez que je trouve qu’il y va fort un peu avec ses clauses strictes de non-concurrence. Mais à part de ça, qu’ils aient un peu d’honneur et qu’ils aillent travailler pour des gens qui ont les mêmes visions entrepreneuriales!

       

      Oui, PKP peut aller où il veut! Mais il ne peut pas faire abstraction que ses employés sont syndiqués et que logiquement ils ne vont surtout pas abandonner cet avantage alors qu’il les a poussés en dehors de son entreprise par un lock-out (et même si c’était une grève, ça reviendrait pratiquement au même).

      On pourrait appeler ça de l’antisyndicalisme primaire, puisque son existence est niée, presque autant du côté de PKP que du blogueur. On a beau remettre en question les raisons derrière ce conflit du côté des employés, il serait ridicule de croire qu’ils auraient tous eu le réflexe de démissionner tout bonnement au lieu de se battre. C’est un fantasme entrepreneurial, tout comme la disparition totale et absolue des syndicats…

      Et puis, cette idée de vouloir détruire Rue Frontenac et de vouloir empêcher les employés remerciés de travailler chez les compétiteurs est une autre preuve de ce déni idéologique. Ces deux idées sont incompatibles avec l’essence même d’un syndicat, qui est de protéger le plus possible ses membres. Mais il ne faut pas oublier que les membres ont toujours le dernier mot sur toute décision!

      La création de Rue Frontenac est une conséquence directe de la mise en lock-out et hypothétiquement ce site pourrait être une solution aux problèmes de plusieurs travailleurs, dans le cas d’un règlement (et donc des mises à pied). Alors, pourquoi accueilleraient-ils ce désir de démantèlement avec le sourire? C’est vraiment prendre tout le monde pour des imbéciles, étant donné que les mises à pied que voudrait PKP sont de l’ordre de 80%. Idem pour ce qui est d’un engagement à ne pas travailler pour les concurrents. Pas tellement besoin d’expliquer pourquoi!

      Ce retour à la table de négociation ressemble beaucoup à une mise en scène. Dans le fond, je soupçonne Pierre-Karl Péladeau de ne pas vouloir que ce conflit se règle et par le fait même d’en profiter pour casser du sucre sur le dos des syndicats. Parce qu’en plaçant son offre généreuse de bonifier les indemnités de licenciement en contradiction avec « ses clauses strictes de non-concurrence » franchement injustes, cela démontre surtout qu’on refuse du côté syndical la générosité d’un patron, dans un contexte où l’image des syndicats est passablement ternie dans l’opinion publique.

      Pour me faire croire à sa bonne foi, il faudrait que PKP revienne rapidement avec une offre sans les deux clauses surréalistes.

      J’en serais très surpris. Mais bon, ça peut parfois être agréable de se faire surprendre.

      Renart Léveillé | 15 octobre
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    • La laideur comme élément discriminatoire

      On peut aussi contester les critères liés à l’apparence s’ils sont discriminatoire­s. Pour cela, il faut montrer qu’ils excluent des employés sur la base de leur âge, de leur sexe, de leur origine ethnique, de leur religion, de leur handicap ou d’un autre facteur de discrimination prévu par la Charte des droits et libertés de la personne. « L’apparence physique et le poids n’en font pas partie. Si on refuse de vous engager parce que vous êtes très laid, c’est injuste ; mais ce n’est pas un motif interdit de discrimination. Par contre, si votre image dérange parce que vous êtes en fauteuil roulant, grand brûlé, amputé ou obèse morbide, vous pourriez invoquer le motif du handica­p », explique Hélène Tessier, avocate spécialisée en droits de la personne, psychanalyste et professeure à l’Université Saint-Paul, à Ottawa. Si on vous rejette parce que vous avez l’air trop vieux, vous pourriez porter plainte pour discrimination selon l’âge.

      (Source : L’actualité, « Code vestimentaire : que dit la loi québécoise ? » de Noémie Mercier, paru le 19 août 2010 – merci à Nicolas Roberge de m’avoir doublement pointé l’article sur Twitter.)

      Donc, voilà, comme me le spécifiait Nicolas, « Ils ont limité la discrimination à l’âge, le sexe et la religion. Les bars pourront encore embaucher que des pitounes. » Je lui ai spécifié, en d’autres mots, qu’il reste que les bars « vendent » un peu ça, quand même, des employés d’apparence agréable, pour accompagner les alcools. Mais j’aurais voulu étayer un peu plus ma pensée, surtout la développer, mais les 140 caractères maximums de Twitter sont un carcan trop mince pour y arriver… (Voilà aussi pourquoi les blogues ne mourront pas de sitôt!)

      On le sait tous que dans n’importe quel emploi (qui ne demande pas de préalable d’apparence), à compétence égale on choisira même sans s’en rendre compte le candidat le plus beau, c’est dans la nature humaine. (S’il s’agit d’un homme et d’une femme et non de deux candidats du même sexe, la femme aura beau être superbe, c’est moins sûr que la balance penchera de son côté… Mais bon, c’est un autre débat.) Alors, il est bien évident qu’il y a de la discrimination en jeu pour la personne moins belle, malgré ce trou dans la loi! Voilà où se trouve la limite de la Charte pour aplanir les différences.

      La Charte des droits et libertés de la personne proscrit la discrimination « fondée sur la race, la couleur » et pourtant le concept même de « race humaine » est scientifiquement fortement contesté. Ce qu’on appelle communément « race » est en fait le résultat d’une évolution de proximité génétique à très long terme. Quoi qu’il en soit, il est question de juger quelqu’un sur des considérations hors de son contrôle, soit son hérédité, sa génétique. Tout comme la personne laide en fait, même si le résultat est dû à une loto génétique qui concerne plus particulièrement la parenté immédiate.

      Je crois donc qu’il faudra revoir un jour cette question, si on veut conserver une certaine logique dans cette charte. Un beau projet pour activer grandement les méninges des gens qui pensent et rédigent ces lois!

      (Photo – modifiée : ventanazul)

      Renart Léveillé | 16 septembre
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    • Le journalisme sans romantisme (bis)

      Le métier de journaliste va mal, et ce n’est pas nouveau. Conflits de travail, congédiements, précarisation du travail des journalistes indépendants, etc. Le métier de ceux qui nous informent au quotidien cherche-t-il une solution désespérée? Le marché est-il devenu trop concurrentiel pour continuer d’en vivre?

      L’économiste à l’École Nationale d’Administration publique à Québec portait le raisonnement suivant, jeudi dernier, dans les pages Forum de La Presse : l’instauration du statut de « journaliste professionnel » égale « bureaucratie » égale inefficacité économique. Il voit d’un mauvais œil la proposition des jeunes libéraux de créer une forme de reconnaissance professionnelle aux journalistes. Cette réaction épidermique tient plus de l’allergie à l’intervention de l’État dans l’économie que de la rationalité.

      Lorsque vient le temps de protéger l’intérêt public, sommes-nous contre les ordres professionnels des médecins, des infirmières, des psychologues et des ingénieurs? Que l’on voit le journaliste comme un rempart de la démocratie ne tient pas que du romantisme! La démocratie a besoin de professionnels pour trier l’information des Twitter, fils de presse et autres dédales de l’autoroute de l’information. Et, que dire du journalisme d’enquête si essentielle à la reddition de compte des décideurs?

      Comment rendre économiquement rentable le journalisme d’enquête? L’enquête journalistique exige parfois des mois de recherche et des dizaines de journalistes. Par exemple, l’enquête réalisée par le Washington post, nommée Top Secret America, porte sur l’explosion du nombre d’espions sur le territoire américain depuis le 11 septembre 2001. Il leur a fallu deux ans de travail, plus de vingt journalistes et un chercheur pour fouiller des centaines de milliers de documents, produire des articles journalistiques, des vidéos et une page Internet. Rarement, un travail journalistique est aussi colossal pour un seul organe de presse. Ont-ils abattu ce travail pour la rentabilité ou pour l’intérêt public?

      Bien entendu que ce type de résultats attire un certain public et permet d’obtenir un certain prestige qui rentabilise l’entreprise. Mais une pure logique de profitabilité n’aurait peut-être pas permis une telle utilisation des ressources journalistiques. Une entreprise de presse qui utiliserait la méthode de production économique la plus efficace, qui chercherait à maximiser son profit, pour un rapport coût et bénéfice égal, favorisera plutôt la méthode technique la moins coûteuse et la plus rentable. Dans le cas d’un petit journal ou d’une radio locale, il s’agira de reproduire une source d’information gratuite comme les communiqués de presse. Ou, dans le cas d’un grand média, de réutiliser des nouvelles déjà produites par des agences de presse, par des journalistes du réseau ou, de plus en plus, par le public lui-même…

      Cette rationalisation a donc un impact sur le choix de la nouvelle qui sera diffusée. Une nouvelle à petit coût aurait donc plus de chance d’être diffusée, et d’être rentable (et d’être standard). Donc, l’une des principales sources d’inquiétude que nous pouvons avoir concerne le gatekeeping. Qui choisit ce qui est publié et ce qui ne l’est pas?

      Marc-François Bernier, auteur d’une étude sur la concentration de la presse au Québec, soulignait à ce sujet que « les contraintes organisationnelles influencent directement le contenu qui sera diffusé. Ce dernier sera de plus en plus sélectionné et mis en valeur à des fins économiques plutôt que de servir avant tout l’intérêt public ».

      Journalisme marketing, synergies inefficaces, appauvrissement de la diversité des opinions, assèchement des ressources journalistiques pour financer les dettes des conglomérats, absence de concurrence, uniformisation de l’information, etc. : le rapport d’Armande Saint-Jean, en 2003, sur la concentration de la presse soupçonnait manifestement la multiplication de ces contraintes organisationnelles au sein d’une seule compagnie possédant plusieurs médias. Le marché de l’information est loin d’être aussi concurrentiel que ce que prétendent certains économistes libertariens.

      Guillaume Sirois | 29 août
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