dimanche, avril 19, 2015
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Chanson fran?aise : de la Grande Guerre aux Ann?es folles

Chanson fran?aise : de la Grande Guerre aux Ann?es folles

Entre les d?convenues de l?ex?cutif fran?ais, les incertitudes sur la sortie de crise et la d?cevante campagne ?lectorale am?ricaine, la p?riode reste tr?s charg?e en actualit? politique d?primante. Dans un tel contexte, il est n?cessaire de se changer les id?es de temps ? autre. Puisse ce petit floril?ge de la Chanson fran?aise de 1914 ? 1929 y contribuer…

Le pr?c?dent volet, La chanson fran?aise ? la Belle ?poque, se terminait en ?t? 1914. La campagne de Verdun ?tait alors verdoyante et fleurie et n?aurait pas d? cesser de l??tre si la folie des hommes n?en avait d?cid? autrement. Quatre ans plus tard, c?est un territoire d?vast? par des milliers d?obus et les ruines des villages morts qui sont rendus ? la population civile, ou ce qu?il en reste, par les cloches annon?ant l?Armistice le 11 novembre 1918.

De ces ann?es noires ant?rieures aux Ann?es folles, il reste de nombreuses chansons dont beaucoup sont d?di?es aux soldats et visent, soit ? leur donner du c?ur au combat, soit ? remonter le moral des fameux poilus. C?est ?videmment le cas de la plus c?l?bre d?entre elles, Quand Madelon…, cr??e quelques mois avant la guerre par deux ??comiques troupiers???: Bach ? Paris et Polin ? Marseille. Enregistr?e en 1917 par Marcelly, la Madelon a ensuite ?t? reprise par de nombreux artistes, y compris dans une version anglaise destin?e aux troupes britanniques. Il est vrai que des emprunts identiques ont ?t? faits aux ??britiches??, notamment avec Tip… Tip… Tipperary, cr??e en 1914 par Mayol et inspir?e de ??It?s a long way to Tipperary??.

Pour remonter le moral, il n?y a pas que les femmes, le vin peut ?galement y contribuer, m?me s?il n?est que de ??la vinasse?? qui ??r?chauffe l? o? c?que ?a passe?? comme le chante Bach en 1916 dans Le pinard. Mais apr?s tout, peu importe la qualit? du breuvage, ??vas-y, Bidasse, remplis mon quart??, ajoute le comique troupier. Un c?l?bre ami, ce fameux Bidasse, ??natif d?Arras, chef-lieu du Pas d?Calais?? comme chacun sait. Depuis sa cr?ation par Bach en 1914 sous le titre Avec Bidasse, le succ?s ne s?est pas d?menti et cette pochade continue d?amuser ??pioupious?? et ??tourlourous??, comme on disait alors fr?quemment pour d?signer les fantassins.

Dans un genre diff?rent, Ma p?tite Mimi, cr??e par Th?odore Botrel en 1915 sur l?air c?l?bre de La petite Tonkinoise (ici chant?e par Polin en 1906), n?a rien d?une fragile demoiselle. Cette Mimi-l? est en effet une… mitrailleuse?: ??Comme des mouches?/ je vous couche?/ tous les soldats du Kaiser?/ le nez dans nos fils de fer?? chante le mitrailleur qui confie pr?f?rer sa Mimi ? sa bonne amie Rosalie. Pure d?rision qui d?cha?ne encore les rires des d?cennies plus tard comme le montre Pierre Desproges.

???Nous sommes les sacrifi?s??

Impossible de ne pas citer, dans un registre autrement plus grave, la Chanson de Craonne (ici reprise par Marc Ogeret en 1973). ?crites par des anonymes sur le front en 1917 et recueillies par le journaliste communiste Paul Vaillant-Couturier, les paroles de cette chanson ??subversive??, et en son temps censur?e, d?crivent l?horreur du sort r?serv? aux poilus des tranch?es?: ??C’est ? Craonne sur le plateau?/ Qu’on doit laisser sa peau?/ Car nous sommes tous condamn?s?/ Nous sommes les sacrifi?s??. Puis vient le temps de la r?bellion?: ??Ceux qui ont l?pognon, ceux-l? r?viendront?/ Car c?est pour eux qu?on cr?ve?/ Mais c?est fini car les troufions?/ Vont tous se mettre en gr?ve??. On sait, h?las, ce qu?il est advenu de ces troupes, et notamment des mutins de cette m?me ann?e 1917, souvent associ?s ? la Chanson de Craonne, et dont la plupart ont ?t? fusill?s pour l?exemple.

C?est toutefois une autre tr?s belle chanson, ?crite par Mont?hus en hommage au sacrifice des poilus, qui deviendra embl?matique de cette guerre si meurtri?re, bien qu?elle ait ?t? ?crite en 1923?: La butte rouge. Souvenir d?un ?pisode particuli?rement sanglant, cette chanson est une ?mouvante ?pitaphe, ? combien?plus ?vocatrice que de longs discours, ? la m?moire des morts au combat?: ??La butte rouge, c?est son nom, l?bapt?me s?fit un matin?/ O? tous ceux qui montaient, roulaient dans le ravin.?/ Aujourd?hui, y?a des vignes, il y pousse du raisin?/ Mais moi, j?y vois des croix, portant l?nom des copains.??

En entendant sonner les cloches de l?Armistice le 11 novembre 1918, les Fran?ais sont loin d?imaginer ce que vont ?tre ces Ann?es folles. La p?riode qui suit la sortie du conflit est en premier lieu celle des bilans. Avec 1,5 millions de morts et disparus, 3 millions de bless?s, 850?000 invalides, mutil?s et ??gueules cass?es??, pr?s de 630?000 veuves de guerre et 750?000 orphelins, la France a pay? le plus lourd tribut ? cet hallucinante boucherie. Peu ? peu, des monuments aux morts sont ?rig?s dans les communes pour rendre hommage ? tous ces hommes victimes des combats. Grav?es dans la pierre, les listes de noms sont parfois si longues pour d?humbles villages ruraux qu?elles laissent pantois d?horreur. Les semaines et les mois passent. Tant bien que mal, la vie reprend, souvent gr?ce au courage d?une veuve ou d?une m?re en deuil, qui cumule parfois les deux malheurs…

Progressivement, on r?organise la production industrielle et les travaux agricoles. Pas ?vident dans un pays o? l?appareil industriel, principalement concentr? dans le Nord et l?Est du pays, a ?t? ravag?. Pas ?vident non plus lorsqu?on sait que 10,5?% de la population active ont ?t? d?cim?s. N?e dans la d?faite de 1870 et poursuivie dans l?am?re victoire de 1918, la IIIe R?publique fait pourtant face aux d?fis malgr? l?ampleur du d?sastre ?conomique. Raymond Poincar? en sera le principal artisan et affichera sa fermet? vis-?-vis des sanctions financi?res qui visent l?Allemagne en allant jusqu?? occuper la Ruhr de 1923 ? 1925 pour contraindre l?Allemagne ? respecter ses engagements du Trait? de Versailles.

Le pr?sident en pyjama

Du s?rieux d?un c?t?, du burlesque de l?autre avec ce ??paquet tomb? sur la voie?? le 24 mai 1920 du c?t? de Montargis. Lorsque le train arrive en gare de Roanne, on constate que le ??paquet?? n??tait autre que… le pr?sident Paul Deschanel, retrouv? marchant en pyjama le long de la voie ferr?e. Du pain b?ni pour Le Canard Encha?n? fond? cinq ans plus t?t. On rit aussi au th??tre avec la pi?ce de Jules RomainsKnock ou le triomphe de la m?decine?.?; en 1923, elle attire le Tout-Paris venu applaudir triomphalement Louis Jouvet dans le r?le de cet ?minent m?decin capable de faire la diff?rence entre un mal qui ??gratouille?? et un autre qui ??chatouille??.

Triomphe ?galement, c?t? cin?ma, pour Abel Gance ? l?Op?ra de Paris o? l?on projette en 1927 son Napol?on sur triple ?cran, ce qui donne un excellent d?rivatif ? la lecture du pav? de Marcel Proust? la recherche du temps perdu publi? pour la premi?re fois cette m?me ann?e dans son int?gralit?. Nouveau triomphe cin?matographique deux ans plus tard pour le Marius de Marcel Pagnol. Servi par le g?nie de Raimu et Pierre Fresnay ainsi qu?une pl?iade de seconds r?les ?patants, le film conna?t un extraordinaire engouement malgr? cet accent marseillais qui, pr?disaient les oiseaux de mauvais augure, allait torpiller le film.

On ?prouve aussi de la fiert? sur le plan sportif durant ces ann?es. Gr?ce ? Georges Carpentier qui, en 1920, devient le premier fran?ais champion du monde de boxe. Ou bien gr?ce aux Mousquetaires Borotra, Brugnon, Cochet et Lacoste, vainqueurs de la Coupe Davis ? six reprises ? compter de l?ann?e 1927. Qui plus est, la France s?enorgueillit d?avoir organis? avec succ?s les JO d?hiver de Chamonix et les JO d??t? de Paris en 1924.

Exploits sportifs sur les stades, exploit technique et humain dans les airs?: Charles Lindbergh, parti de New York le 20 mai 1927, atterrit le lendemain en h?ros ? Paris, sur l?a?roport du Bourget, ? bord de son Spirit of Saint Louis. Le peuple est en d?lire devant cette ??premi?re travers?e de l?Atlantique en avion??. Lindbergh a pourtant ?t? devanc? d?s… 1919 par deux modestes officiers britanniques, Alcock et Brown, partis de Terre-Neuve dans des conditions beaucoup plus pr?caires pour atterrir tant bien que mal dans une tourbi?re du Connemara (cf. Justice pour Alcock et Brown?!). Mais la l?gende est en marche et aujourd?hui encore, seule une petite minorit? de personnes connait l?identit? des v?ritables vainqueurs de l?Atlantique.

La trag?die est ?galement ? la Une des m?dias de l??poque. Trag?die romantique avec la mort en 1927 de la danseuse aux pieds nus Isadora Duncan, d?c?d?e pr?s de Nice pour cause de mortelle coquetterie?: la malheureuse est ?trangl?e par son ?charpe prise dans les rayons de l?Amilcar conduite par son ami Beno?t Falchetto. Morte trop t?t, Isadora n?aura jamais l?occasion de danser sur le lancinant Bol?ro de Maurice Ravel, cr?? en 1928?; le compositeur ne croyait pas au succ?s du plus long crescendo de l?histoire, il a eu tort?! Trag?die grandguignolesque avec la singuli?re fuite en avant criminelle d?un homme pass? ma?tre dans l?usage des fourneaux?: D?sir? Landru. Jug? en 1921 par les Assises de Seine-et-Oise pour le meurtre de 11 femmes soigneusement d?pec?es puis incin?r?es dans la cuisini?re domestique de sa maison de Gambais, ce s?rial killer ? la fran?aise est condamn? ? mort, puis guillotin? en 1922.

Le 21 octobre 1929, mont?e sur son hydrocycle, Aim?e Pfanner r?ussit, en 11 heures 6 minutes, la travers?e de la Manche ? la force des p?dales. Trois jours plus tard, le 24 octobre, la bourse de New York s?effondre, les valeurs cot?es perdant 30?% en une seule s?ance. En quelques jours, le d?sastre se traduit par de nombreuses faillites et par une s?rie de suicides parfois spectaculaires d?hommes d?affaires ruin?s qui se jettent dans le vide. Ce krach sans pr?c?dent marque le d?but d?une Grande d?pression aux cons?quences plan?taires. L?exploit d?Aim?e Pfanner est d?j? tomb? dans les oubliettes de l?actualit?, tout comme le sera, quelques semaines plus tard, le r?ve d?Aristide Briand, plaidant ? la Soci?t? des Nations pour des ?tats-Unis d?Europe. Les Ann?es folles ont v?cu…

D?cadence et lubricit?

Durant les ann?es difficiles, on n?a paradoxalement jamais cess? de s?amuser, que ce soit pour oublier la guerre ou pour f?ter la paix revenue. Les Fran?ais se montrent fascin?s par les soldats US et les mouvements artistiques venus dans leurs paquetages de cette lointaine Am?rique o? domine le jazz naissant et o? s?impose le style Art d?co qui fait l?objet en 1925 d?une Exposition tr?s remarqu?e sur l?Esplanade des Invalides. Dans la chanson et les revues, ce go?t pour la culture am?ricaine se traduit tout naturellement par une profusion de rythmes venus d?outre-Atlantique?: le one-step, le fox-trot et le shimmy font un tabac avant d??tre ?clips?s par le charleston.

Une influence am?ricaine d?autant plus exotique qu?elle est color?e du noir de la peau de ses musiciens de jazz. Le ??n?gre?? devient ? la mode, et le Bal N?gre de la rue Blomet (cf. Quel avenir pour le ??Bal N?gre????), conna?t un grand succ?s. Un succ?s largement assur? par les artistes de Montparnasse, ?picentre de la cr?ation artistique du moment, venus ?couter l? les biguines d?Alexandre Stellio en d?gustant le traditionnel Ti Punch. D?s 1925, Josephine Baker, v?tue de son pagne de bananes, compl?te cette ??n?gromania?? en faisant un triomphe dans la c?l?bre Revue N?gre, accompagn?e par un fabuleux clarinettiste encore peu connu en France mais appel? ? un bel avenir?: un certain Sydney Bechet. On vilipende la revue, on parle de d?cadence et de lubricit?, on crie au scandale, mais on ne voudrait pour rien au monde rater le spectacle.? ?

Durant une d?cennie, on s??tourdit dans les f?tes, et si les ???lites?? pr?f?rent l?ambiance des cabarets, les ??populaires?? courent au music-hall voir et acclamer les revues ? la mode et leur d?bauche d?artistes et de costumes. La p?riode donne?lieu ? toutes sortes d?initiatives plus ou moins excentriques, et parfois totalement extravagantes. Jusqu?au moment o?, de mani?re abrupte, la grande crise ?conomique et sociale de l?automne 1929 vient tout remettre en cause, donnant le clap de fin de ces Ann?es folles.

Si l?on ne devait retenir qu?un nom de cette ?poque en mati?re de chanson, ce serait incontestablement celui de la reine des promenoirs et des poulaillers, la populaire Mistinguett, tant la gouaille et le dynamisme de la demoiselle d?Enghien devenue meneuse de revues ont marqu? son temps et durablement conquis le public. Une Mistinguett qui, pour obtenir la lib?ration de son amant Maurice Chevalier, n?h?site pas, durant les ann?es noires, ? devenir espionne et ? solliciter le roi d?Espagne, Alphonse XIII, et le roi d?Italie, Victor-Emmanuel III. Aujourd?hui encore, c?est avec un r?el plaisir que l?on ?coute l?ancienne gigolette d?avant-guerre dans Mon homme (1920), cet homme qu?elle a ??tellement dans la peau qu?elle en devient marteau??, ou dans La java (1922) ??qui d?gotte le fox-trot et m?me le shimmy??. Avec Valencia (1925), Mistinguett conna?t un nouveau grand succ?s sur un rythme de paso doble. Rebelote avec ?a c?est paris?! (1926) et La java de Doudoune (1928) o? la Miss, 53 ans, chante en duo avec un jeunot de 24 ans fort prometteur?: Jean Gabin. L?inusable Mistinguett ?tait d?j? pr?sente avant la guerre, elle survivra aux Ann?es folles.

???Elle avait de tous petits t?tons??

Amant de Mistinguett, Maurice Chevalier est trop volage pour le rester, et s?il a collabor? nagu?re sur sc?ne avec la Miss, c?est en meneur de revue qu?il entend poursuivre sa carri?re. De cette p?riode, on garde Dans la vie faut pas s?en faire (1921) et surtout cette Valentine (1925) qui ??avait de tous petits t?tons??.

Nettement plus romantique, Ne rendez pas les hommes fous, car ?? leur pauvre c?ur est un joujou??, supplient de leur voix chaude ? l?attention des dames Louis Lynel et Paul Gesky en 1919. Ce m?me Louis Lynel qui, en 1922, enregistre Nuits de Chine, un shimmy oriental o? l?on apprend que ??L?opium endort les malheureux?/ Et les emporte jusqu?aux cieux?/ Dans un nuage merveilleux?/ De fum?e bleue??.

Deux immenses dames de la chanson, deux Bretonnes n?es dans le Finist?re, Berthe Sylva (cf. Des roses blanches pour Berthe Sylva) et Fr?hel (cf. Splendeur et d?ch?ance?: Fr?hel, 60 ans d?j??!), enregistrent ?galement durant ces ann?es-l?, et c?est avec ?motion que l?on ?coute les voix de ces g?antes du r?pertoire r?aliste fran?ais. La premi?re grave en 1927, un an apr?s Mary Ketty, un titre devenu ??culte?? comme l?on dirait aujourd?hui et qui, durant des d?cennies, fera couler bien des larmes?: Les roses blanches. La seconde, revenue de la drogue et des bordels turcs avec une allure de matrone (elle qui fut pourtant la jolie ma?tresse de Maurice Chevalier avant que Mistinguett ne lui chipe le ??gars de M?nilmontant??), enregistre en 1928 Quand il joue de l?accord?on. Fr?hel, ??L?inoubliable oubli?e??, a entam? l?ann?e pr?c?dente une deuxi?me carri?re qui culminera avec son inoubliable prestation dans le film P?p? le Moko mais aussi avec l?enregistrement en 1937 d?un titre cr?? par Paul Dalbret en 1926?: Arr?ter les aiguilles. Attention aux d?bordements lacrymaux?!

Le r?alisme peut ?tre parodique comme l?illustre en 1927 Robert Goupil avec ce petit bijou?: Pour acheter l?entrec?te (ici dans une reprise des Fr?res Jacques). On y d?couvre avec horreur le destin d?une m?re aimante?: ??C?est pour pouvoir acheter l?entrec?te?/ Qui nourrira les ch?res t?tes blondes?/ Qu?elle re?oit sans cesse de nouveaux h?tes?/ Et qu?elle devient la femme ? tout le monde??. Tragique?!

Mais on passe tr?s vite des larmes au rire durant les spectacles de music-hall. En ?coutant par exemple Fred Gouin en 1927 dans le tr?s entra?nant one-step Elle a perdu son pantalon ??tout en dansant le charleston??. Ou bien Georges Milton, ?galement en 1927, dans La fille du b?doin, l?histoire d?une demoiselle peu farouche qui ??connut tour ? tour les trois mille b?douins de la caravane??. Sacr?e sant??! N?oublions pas non plus Bach qui, en 1914, a cr?? La caissi?re du Grand caf? (ici dans une reprise de Fernandel), ? mettre dans les oreilles de tous ceux qui se m?prennent sur la nature d?un sourire commercial.

Les Ann?es folles sont aussi le temps de l??mancipation des dames dans une soci?t? o?, du fait de la guerre, elles ont appris ? porter la culotte. Au sens figur? tout d?abord, puis d?s les ann?es 20 au sens propre. La mode est en effet ? ??la gar?onne??, sous la double influence du roman ?ponyme de Victor Margueritte et de la cr?atrice Coco Chanel. Elle s??tait fait couper les ch?veux ??pour ?tre ? la mode??, chanson grav?e par Dr?an en 1924, s?inscrit de mani?re burlesque dans ce mouvement.

Avec le superbe Riquita, un fox-trot parfaitement rythm? enregistr? en 1926 par Robert Jysor, ce sont des d?cennies de succ?s qui rendent hommage ? cette native de Java dont les ??beaux yeux langoureux ensorcellent??. Autre chanson formidable pour son rythme?: La plus bath des javas. Grav?e en 1924 par Georgius, on y apprend ? quel point il est dangereux de ??chiper une rame de m?tro?? et de la ??dissimuler sous son paletot??.

Autre grand succ?s de l??poque, Elle vendait des petits g?teaux, cr??e en 1919 par Mayol. Et que dire de l?inusable Titine, grav?e en 1923 par L?once et enregistr?e ici par Marcelly l?ann?e suivante?? Titine que le grand Charlie Chaplin r?utilisera en 1936 dans une formidable sc?ne du film Les temps modernes. Mais le plus grand succ?s de ces Ann?es folles revient sans doute ? la chanson Tu verras Montmartre cr??e en 1923 par Lucien Boyer qui en fait l???Hymne officiel de la R?publique de Montmartre??. Un hymne qui, dans sa version int?grale, compte douze couplets entrecoup?s du c?l?bre refrain. Cela va du couplet conjugal au couplet des Bolcheviks en passant, entre autres, par le couplet patriotique ou celui des colonies. Fais comme le dit la chanson, ami lecteur?: ??Monte l?-dessus, et tu verras Montmartre…??

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