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Destruction des espaces ?cologiques : Le capital de la nature est la ressource critique en voie de disparition

Destruction des espaces ?cologiques : Le capital de la nature est la ressource critique en voie de disparition

Dr. Paul Craig Roberts

 

Il n?y a que dans les romans de science fiction que les humains peuvent ?chapper aux cons?quences de la destruction de leur habitat. Dans?Time Enough For Love,?de Robert A. Heinlein, la ??Grande diaspora de l?esp?ce humaine?? a d?but? ??il y a plus de deux mill?naires?? et s?est r?pandue sur plus de ??deux mille plan?tes colonis?es??. La Terre, jadis ??adorable plan?te verte??, est une plan?te mis?rable ? peine capable de maintenir la vie o? seuls les plus pauvres subsistent, le capital naturel de la Terre ayant ?t? consum?, il y a plus de deux mille ans. Les humains ont d?couvert la capacit? de se rajeunir et de vivre pratiquement ?ternellement, mais ils sont incapables de rajeunir les plan?tes dont ils d?vorent le capital naturel. Les humains n?ont pas rencontr? ??une seule esp?ce aussi mesquine, mauvaise et d?vastatrice que la n?tre??. Tandis qu?homo sapiens ?puise les environnements des plan?tes colonis?es, ??les vaisseaux de la colonie humaine intergalactique se dirigent d?j? vers les confins de l?univers??, laissant derri?re eux leurs ruines.

Dans son livre, ??Effondrement: Comment les soci?t?s d?cident de leur disparition ou de leur survie??, le professeur de biog?ographie de l?universit? de Californie, Jared Diamond, d?crit le pass? non-fictionnel et la destruction actuelle du capital naturel de la Terre. Il est surprenant que Diamond commence son histoire d?autodestruction de l??le de P?ques, Anasazi et les civilisations Maya avec le Montana d?aujourd?hui et la termine avec l?Australie. Nous pensons que ces deux terres sont magnifiques, faiblement peupl?es et largement intactes, mais elles ont ?t? conduites au bord de la ruine. L?id?e de Diamond est que l?homme moderne, scientifique et technologique ne fait pas mieux pour g?rer le capital de la nature que les soci?t?s pr?c?dentes.

Nombreux sont ceux qui associent la destruction ?cologique ? la pression de la population. Cependant, la toxicit?, associ?e ? l?exploitation mini?re, ? la fracturation hydraulique, aux fertilisants chimiques et ? l?agriculture OGM, ainsi que les effets n?gatifs et d?cisifs de l?abattage des arbres transforment m?me les Etats ? faible densit? de population, comme le Montana, en un environnement dont les sols et les eaux sont d?grad?s.

Dans le Montana, l?exploitation mini?re a produit un h?ritage de toxicit? ? mercure, arsenic, cyanure, cadmium, plomb et zinc. Ces substances toxiques se sont fray?es un chemin vers les rivi?res poissonneuses du Montana et dans les r?servoirs. De ces r?servoirs, des substances toxiques se sont r?pandues dans les nappes phr?atiques et les puits qui approvisionnent les maisons. En 1981, on a trouv? dans les nappes phr?atiques de plusieurs r?gions du Montana, desservant les puits familiaux, des taux d?arsenic 42 fois sup?rieurs aux normes f?d?rales autoris?es.

 

Avant que le Montana puisse trouver des moyens de restaurer ses ressources aquif?res, pollu?es par les ?coulements toxiques des exploitations mini?res, une nouvelle menace est apparue?: la fracturation hydraulique. Celle-ci utilise des quantit?s ?normes d?eau de surface, qu?elle injecte avec des produits chimiques toxiques pour faciliter l?extraction des gisements souterrains de gaz et de p?trole qui seraient autrement irr?cup?rables. L?industrie de l??nergie et ses complices m?diatiques vantent ??l?ind?pendance ?nerg?tique?? afin d?influencer le public pour qu?il s??loigne des ?cologistes qui alertent sur le danger.

Une partie des d?chets toxiques de la fracturation hydraulique restent dans le sol et suintent dans les nappes, d?truisant les ressources aquif?res. L?eau toxique qui remonte avec le gaz ou le p?trole doit ?tre ?limin?e. A l?occasion, elle atterrit dans les usines de traitement de l?eau des villes, lesquelles ne peuvent pas d?toxiquer l?eau, et dans des cours d?eau o? l??coulement toxique peut r?duire l?azote et le phosphore et produire des algues dor?es (prymnesium parvum) qui d?truisent toute vie aquatique. L?utilisation d?eau de surface pour la fracturation hydraulique pourrait d?j? avoir quasiment ass?ch? les cours d?eau qui l?alimentent, les rendant ainsi vuln?rables ? d?autres pollutions, comme des ?coulement de fosses sceptiques et les algues produites par des temp?ratures plus ?lev?es dues ? un niveau d?eau plus faible.

Tout en promettant ??l?ind?pendance ?nerg?tique??, la fracturation hydraulique menace r?ellement de d?truire nos r?serves d?eau douce. R?cemment, des chercheurs ont pr?t? attention au fait que l?eau pourrait ?tre la ressource critique en voie de disparition et finir par valoir plus que le p?trole, le gaz ou l?or.

La fracturation hydraulique n?est est encore qu?? ses d?buts, mais la Pennsylvanie est d?j? durement touch?e. On a ?t? rapport? que certains propri?taires de maisons ont ?t? invit?s ? ouvrir leurs fen?tres lorsqu?ils prennent une douche, parce que le m?thane contenu dans l?eau, dans certains cas, est suffisamment important pour que celle-ci s?enflamme.

Les porte-parole de l?industrie de l??nergie soutiennent que le m?thane trouv? dans les nappes phr?atiques pr?s des sites de fracturation hydraulique est une ?tat naturel. Toutefois, les r?sidents disent que leur eau ne contenait pas de m?thane avant les op?rations de fracturation hydraulique. Cela indique que le m?thane se d?place vers les ressources aquif?res ? travers les fractures souterraines.

En 2012, Robert Oswald, professeur de m?decine mol?culaire ? la facult? de m?decine v?t?rinaire de l?universit? de Cornell, a publi? avec un coauteur, la v?t?rinaire Michelle Bamberger, un article dans une revue professionnelle, qui indiquait un lien entre la fracturation hydraulique et les probl?mes neurologiques, de reproduction et gastro-intestinaux du b?tail expos? par l?air ou l?eau aux produits chimiques utilis?s dans la fracturation hydraulique.

La fracturation, ? l?instar du forage en eaux profondes et toutes les autres exploitations dangereuses des ressources de la nature, produit de gros profits ? court-terme pour les entreprises aux d?pens de tous les autres et du futur. Le co?t de la pollution de l?eau, des poissons morts, des ?tres humains et des animaux devenus infertiles, des sols et de l?air pollu?s, ainsi que l?augmentation des maladies, constituent des co?ts ext?rieurs impos?s aux parties tierces qui n?ont aucun int?r?t financier dans ces profits mal acquis.

La Pennsylvanie, probablement l?Etat le plus corrompu des Etats-Unis, a vot? une loi qui emp?che les professionnels de la sant? de partager l?information sur les effets sanitaires de la fracturation hydraulique. ??Je n?ai jamais vu quelque chose comme cela dans mes 37 ann?es d?exercice??, dit le Dr Helen Podgainy, p?diatre ? Coraopolis, en Pennsylvanie.

Autrement dit, comme dans le livre de Robert Heinlein,?Time Enough For Love, dans l?Am?rique d?aujourd?hui, une poign?e de riches contr?lent tout. Rien d?autre ne compte. Oxfam, une organisation internationale de philanthropie, a annonc? le 18 janvier dernier que les 100 personnes les plus riches du monde avaient gagn? chacune en moyenne 2,4 milliards de dollars (1,8 milliard d?euros) en 2012. Imaginez un peu?! Un revenu annuel de 1.800 millions d?euros, ou un revenu journalier de 4.931.506 euros. Compar? ? cela, l?un des premiers milliardaires des ann?es 1990, Sir James Goldsmith, ?tait un homme pauvre. L??le de P?ques est un exemple clair d?une civilisation qui s?est d?truite en ravageant son environnement et ses ressources. Le Pr. Diamond observe?: ??L??le de P?ques ?tait aussi isol?e dans l?oc?an que ne l?est la Terre dans l?espace. Lorsque que les habitants de l??le de P?ques y rencontr?rent des difficult?s, il n?y avait aucun endroit o? ils pouvaient fuir, ni personne vers qui se tourner pour ?tre aid?s?; nous n?aurons pas non plus, nous les Terriens modernes, de recours ailleurs?? si nous d?truisons le capital naturel de notre plan?te. Effectivement, interroge Diamond, ??si quelques milliers d?habitants de l??le de P?ques disposant seulement d?outils en pierre et de leurs propres muscles ont r?ussi ? d?truire leur environnement et, ainsi, leur soci?t?, comment des milliards de personnes disposant d?outils m?talliques et de la puissance des machines ne parviendraient-elles pas maintenant ? faire pire???? Diamond aurait pu ajouter que les gens qui produisent les d?chets toxiques qui empoisonnent l?air, l?eau et le sol, et qui sont ?quip?s d?armes nucl?aires, biologiques et chimiques, sont assur?s de d?truire la Terre, en particulier lorsque pratiquement tous les gouvernements sont responsables.

Sur l??le de P?ques, les arbres constituaient la ressource essentielle pour la population. Ils fournissaient la nourriture, les logements, l??l?ment essentiel qui prot?geait contre l??rosion des sols, le compost, et les grands cano?s qui permettaient aux habitants que quitter leur ?le et de p?cher au large. Quelle fut la pens?e de son chef, demande le Pr Diamond, lorsque le dernier arbre fut coup???

Peur-?tre que la r?ponse est que le chef pensait ? sa propre gloire. Comment aurait-on pu faire rouler son monument de pierre jusqu?? sa place sans l?aide du dernier arbre?? Ce qui compte, pensait le chef, n?est pas que la population de l??le de P?ques survive, mais que ne n?aie pas moins de splendeur dans mes monuments que mes pr?d?cesseurs. Ainsi, avec le dernier arbre abattu, l?arr?t de mort de l??le de P?ques ?tait sign?.

Lorsque les colons originels arriv?rent en Australie, ils firent une d?duction erron?e et conclurent que des r?coltes abondantes ?taient ? leur port?e. H?las, il y a de la salinit? sous le sol et l?irrigation ram?ne le sel ? la surface o? il d?truit les r?coltes.

La salinit? ramen?e ? la surface par l?irrigation ruisselle ensuite dans l?eau de surface. Le fleuve Murray/Darling compte pour environ la moiti? de la production agricole de l?Australie. Mais tandis que le fleuve coule vers l?aval, de plus en plus d?eau est extraite. Le fleuve devient progressivement sal? au fur et ? mesure que son volume d?cro?t et plus de d?p?ts salins lib?r?s s??coulent dans le fleuve. Diamond rapporte que ??certaines ann?es, une si grande quantit? d?eau est extraite qu?il ne reste plus d?eau dans le fleuve ? son embouchure dans l?oc?an??.

Vider les terres de leur v?g?tation native contribue ? la lib?ration de la salinit?. Diamond ?crit que 90% de la v?g?tation native originelle de l?Australie a ?t? supprim?e.

Les probl?mes avec les sols et les eaux de l?Australie sont profonds, mais n?esp?rez pas que le gouvernement les prennent en compte. Les entreprises capitalistes peuvent r?aliser des profits ? court-terme en d?truisant les sols fragiles et l?eau de l?Australie. La faible population australienne est tout ce que ce pays peut soutenir, en prenant en consid?ration sa fragile ?cologie.

Cela nous am?ne aux for?ts tropicales du Br?sil, l?exemple moderne le plus extraordinaire de la destruction d?lib?r?e des immenses ressources naturelles par les forces aveugles de l?avidit? capitaliste non-r?gul?e, une force destructrice aussi dangereuse que les armes nucl?aires.

Dans?The Fate of the Forest?[Le sort de la for?t], Susanna Hecht et Alexander Cockburn nous emm?nent ? travers des si?cles de destruction des for?ts les plus pr?cieuses sur terre et des peuples indig?nes qui les habitent. Ce livre est une exp?rience instructive extraordinaire et couvre de nombreux si?cles de destruction par l?homme des for?ts tropicales humides, des plantes m?dicinales, des eaux, des peuples, des animaux, des l?gumes et des insectes indig?nes d?Amazonie. Tous les projets de d?veloppement ont ?chou?, qu?ils fussent initi?s par le gouvernement br?silien, par des capitalistes comme Henry Ford et Daniel Ludwig ou par des organisations internationales.

En bref, ce qui s?est produit est ceci. Afin que des ?trangers puissent obtenir des titres de propri?t? sur des terres habit?es par des natifs, des r?colteurs de caoutchouc, des ramasseurs de noix du br?sil, et les autres qui avaient l?usufruit des for?ts et savaient comment les exploiter sans les ab?mer, les arbres devaient ?tre abattus, parce que les titres de propri?t? ?taient accord?s pour d?gager la terre.

Les sp?culateurs fonciers et les ?leveurs de b?tail acquirent d?immenses terres en nettoyant les for?ts de l?acajou, des h?v?as, et des noyers br?siliens, en m?me temps que de leurs habitants natifs. Une fois la terre d?blay?e, priv?e de ses intendants et de ses nutriments, elle s?est tass?e et est devenu infertile apr?s quelques ann?es. L??levage de b?tail est profitable ? court-terme avant que le sol ne soit ?puis?, mais les profits ? court-terme existent seulement ? cause des subventions gouvernementales et parce que les co?ts externes de la valeur des for?ts qui ont ?t? d?truites afin d?obtenir un titre de propri?t? ne sont pas comptabilis?s dans le co?t du b?tail.

The Fate of the Forest: Developers, Destroyers and Defenders of the Amazon

The Fate of the Forest?fut publi? en 1990 par la prestigieuse University of Chicago Press et r?vis? en 2011. Hecht et Cockburn rapportent que ce qui restait des peuples indig?nes, malgr? le meurtre d?un grand nombre de leurs chefs par les barons terriens auxquels on n?a jamais demand? de comptes, a r?ussi ? forcer le gouvernement corrompu du Br?sil ? ?tablir des ??r?serves extractives?? qui ?taient cens?es prot?ger l?usufruit sur les for?ts des organisations sociales existantes. Ces auteurs indiquent, au moment o? ils ont ?crit leur livre, que les riches corrompus et disposant de relations purent tirer avantage des r?serves extractives pour continuer leur processus de vol de la terre. La m?me utilisation impropre est faite des parcs nationaux. Les habitants indig?nes sont d?plac?s des parcs nationaux, mais les capitalistes privil?gi?s en obtiennent l?acc?s pour exploiter leurs ressources.

Je recommande ce livre ? tous [il n’a pas encore ?t? traduit en fran?ais, mais on lira avec le plus grand int?r?t?Le Capitalisme?: un G?nocide Structurel, de Garry Leech]. Il montre de fa?on concluante sans ?tre didactique que le capitalisme non-r?gul? est l?une des plus grandes forces de destruction des peuples, de la faune et de la flore et de l??cologie de la Terre. Ce livre montre que pour le profit ? court-terme, les capitalistes sont pr?ts ? d?truire des ressources irrempla?ables. La profitabilit? future n?est pas importante pour eux.

Et nous avons donc les comptabilit?s nationales qui mesurent les PIB des pays sans prendre en consid?ration le co?t de l?air, de l?eau et des sols pollu?s, et sans prendre en consid?ration, par exemple, les zones mortes du Golfe du Mexique ? la suite des d?versements accidentels de p?trole et des ?coulements de fertilisants chimiques agricoles. Nous ajoutons au PIB la valeur du gaz et du p?trole extrait par fracturation hydraulique, mais nous ne soustrayons pas la valeur des r?serves d?eau ravag?es des gens et la vie dans les cours d?eau.

Lorsque les grandes entreprises mini?res font exploser les sommets des montagnes, le PIB compte les minerais extraits comme une addition de valeur, mais ne soustrait pas ? cette valeur le co?t des paysages ruin?s et des effets environnementaux des montagnes d?truites.

Lorsque des p?cheurs dynamitent des r?cifs de corail afin de maximiser leurs prises, la valeur du poisson obtenu en d?truisant l?environnement qui a produit celui-ci n?est pas r?duite par la destruction de l?environnement corallien qui aurait produit une future r?serve halieutique. L?achat de dynamite est comptabilis? dans le PIB, mais les r?cifs d?truits ne sont pas comptabilis?s comme un co?t ? soustraire.

L?Ohio a connu des tremblements de terre caus?s par la fracturation hydraulique. Combien seront-ils s?v?res au fur et ? mesure que la terre est fractur?e dans l?int?r?t du profit ? court-terme??

Heinlein a identifi? ??Mankind the Destroyer?? [l’esp?ce humaine, la destructrice] et d?peint les humains comme des destructeurs, d?abord de leur galaxie, puis des autres galaxies.

La v?ritable esp?ce humaine, en comparaison avec celle fictionnelle de Heinlein, aura-t-elle la possibilit? de s??chapper d?une Terre d?truite vers d?autres plan?tes?? Ou la destruction de l??cologie de la Terre est-elle plus proche dans le temps que la capacit? des humains ? coloniser l?espace??

Les ?conomistes sont responsables de l?ignorance des Terriens vis-?-vis de leur d?pendance environnementale. L??conomie pr?tend que le capital fabriqu? par l?homme est un substitut au capital de la nature. Au fur et ? mesure que le capital de la nature est d?truit, le capital reproductible fabriqu? par l?homme prendra sa place. Cette supposition est ench?ss?e dans la fonction de production qui est la base de la th?orie ?conomique moderne. Cette supposition est absurde, parce qu?elle part du principe que des ressources finies peuvent soutenir une croissance illimit?e. Les ?conomistes devraient commencer leur ?ducation en prenant des cours de physique.

La description correcte du processus de production est que les ressources naturelles sont transform?es en produits utiles et en d?chets par le capital travail et le capital fabriqu? par l?homme. Le capital de la nature et le capital fabriqu? par l?homme sont compl?mentaires, ils ne se substituent pas. Le capital de la nature s??puise au fur et ? mesure que les ressources sont exploit?es pour fabriquer des produits utiles, et l?air, la terre et l?eau deviennent pollu?s par les d?chets issus de la production. La capacit? des ??cloaques ? d?chets?? de la plan?te est limit?e.

Le calcul du PIB n?inclut pas les co?ts de la destruction de l?environnement comme co?t de production. Par exemple, les co?ts des cons?quences inattendues des cultures g?n?tiquement modifi?es ne sont pas inclus dans les prix du bl?, du ma?s et du soja. En 2011, le pathologiste v?g?tal et microbiologiste des sols, Don Huber, a d?crit ces co?ts au Ministre de l?Agriculture des Etats-Unis. Les effets toxiques sur les microorganismes dans les sols ont boulevers? l??quilibre de la nature, avec pour r?sultat une augmentation des maladies v?g?tales. La fertilit? des sols, les micro-nutriments et la valeur nutritionnelle des aliments ont tous ?t? endommag?s. Les probl?mes de reproduction, la faible r?ponse immunitaire et le vieillissement pr?matur? des animaux sont li?s aux OGM r?sistants aux herbicides qui sont devenus leur nourriture.

Selon l??conomiste ?cologique Herman Daly, si tous les co?ts de production sont inclus, la d?croissance du capital de la nature pourrait d?passer le valeur de la croissance du PIB. Ainsi que Hecht et Cockburn le disent clairement, cela a certainement ?t? le cas dans l?exploitation de l?Amazonie. La production vaut beaucoup moins que les ressources qui ont ?t? ruin?es pour elle.

Il ne reste pas grand-chose sur terre qui n?a pas ?t? ruin? par les humains. Le peu qui reste est l?Antarctique, l?Arctique et quelques parties de l?Alaska, comme les ?tendues sauvages au-dessus de la baie de Bristol en Alaska. L?Antarctique est prot?g? par trait?, en grande partie parce qu?aucune puissance majeure a imagin? comment le revendiquer. Cependant, Shell Oil Company, avec la b?n?diction d?Obama, est ? pr?sent impliqu?e dans le forage offshore dans l?Arctique, et un consortium d?entreprises mini?res mondiales fait du lobbying au Congr?s, ? la Maison Blanche et ? l?Agence de Protection de l?Environnement (EPA) pour obtenir le feu-vert pour la Mine Pebble, une ?norme mine ? ciel ouvert qui serait situ?e dans les ?tendues sauvages au-dessus de la baie de Bristol en Alaska. Les scientifiques ont conclu que cette mine ferait une zone morte d?une immense r?gion de paysages spectaculaires englobant les derni?res plus grandes routes de saumons sauvages, ainsi que la vie sauvage, les habitants natifs et les p?cheurs commerciaux d?pendants du poisson.

Les scientifiques de l?EPA ont conclu que la Mine Pebble serait un d?sastre ?conomique et ?cologique, mais c?est un bien faible argument face ? l?avidit? de quelques personnes puissantes et pleines aux as qui veulent toujours plus de profits. Exactement comme les habitants de l??le de P?ques ont coup? leurs derniers arbres, les Am?ricains sont bien d?termin?s ? d?truire leurs derni?res ?tendues sauvages et leurs ressources halieutiques, aquif?res et de vie sauvage. Les lobbyistes du secteur minier appellent cette destruction ?cologique ??progr?s?? et ??emplois?? mais ne comptent pas comme perte les 14000 emplois li?s ? la p?che du saumon qui seront d?truits par la Mine Pebble ou les eaux et les poissons morts, ainsi que la vie sauvage d?truite que leurs processus toxiques produiront certainement.

Robert Redford et le?National Resources Defense Council?[comit? de d?fense des ressources naturelles] se sont d?ploy?s avec les scientifiques de l?EPA contre la Mine Pebble. Washington ?coutera-t-elle les faits ou l?homo sapiens ?cartera-t-il une fois de plus les faits pour le profit temporaire et fera-t-il un nouveau pas vers l?ach?vement de la capacit? ? soutenir la vie de la plan?te??

Est-ce que les idiots qui dirigent la terre vont la d?truire avant que les humains puissent s??chapper vers d?autres plan?tes. De toute ?vidence, la destruction de l??cologie terrestre a une ?norme longueur d?avance sur la capacit? d?homo sapiens ? coloniser l?espace.

Paul Craig Roberts

Article original en anglais?:

The Destruction of the Earth?s Ecology: Nature?s Capital Is The Limiting Resource?, le 27 janvier 2013

Traduction?: FG-QuestionsCritiques

Paul Craig Roberts?a ?t? Secr?taire-adjoint au Tr?sor sous Reagan, ainsi que chroniqueur et r?dacteur en chef au Wall Street Journal.

LECTURE RECOMMAND?E?:
Le Capitalisme: Un G?nocide Structurel, de Garry Leech (Le Retour aux Sources, Aube, 2012)

mondialisation.ca

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