samedi, août 1, 2015
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Ennahdha un veritable danger pour la Tunisie .

Ennahdha un veritable danger pour la Tunisie .

La coalition au pouvoir refuse la proposition du premier ministre tunisien de former un gouvernement de technocrates.

Contre toute attente, l’assassinat de Chokri Bela?d para?t avoir ressoud? la tro?ka qui gouverne la Tunisie depuis un an et demi. La colle qui unit aux islamistes d’Ennahda les deux petits partis la?ques Ettakatol et CPR (Congr?s pour la r?publique) est de mauvaise facture id?ologique, et cette alliance, fond?e sur un partage des pr?bendes, ne tiendra peut-?tre pas longtemps. La situation en Tunisie est plus instable que jamais, et la rue p?se de plus en plus sur le cours des ?v?nements.

N’emp?che, l’intervention dans le d?bat, jeudi soir, du pr?sident de la R?publique, Moncef Marzouki, qui n’est autre que le chef de fil du CPR, ressemble fort ? une bou?e de sauvetage adress?e ? la tro?ka. ?Le pr?sident n’a pas re?u de d?mission du premier ministre ni les d?tails d’un cabinet restreint de technocrates?, a fait savoir Adnene Mansar, le porte-parole du chef de l’?tat tunisien. ?Tout changement au pouvoir doit se passer dans le cadre de la l?galit? repr?sent?e par l’Assembl?e nationale constituante, qui reste la source fondamentale du pouvoir?, a-t-il ajout?.

Cette d?claration contrecarre l’initiative du premier ministre, Hamadi Jebali. Ce dernier a surpris toute la classe politique en annon?ant, mercredi soir, puis de nouveau vendredi soir, qu’il entendait renvoyer les ministres de la tro?ka, pour former un gouvernement de technocrates. La r?ponse de la pr?sidence de la R?publique a des atours juridiques. Le premier ministre ne peut changer tout son gouvernement sans pr?senter d’abord sa d?mission. Toute nouvelle ?quipe gouvernementale devra ?tre valid?e par l’Assembl?e constituante, donc b?n?ficier du soutien d’une majorit? de parlementaires. C’est effectivement ainsi qu’il convient de lire les textes constitutionnels tunisiens.

Rafistolage gouvernemental
En d’autres circonstances, le pr?sident Marzouki a cependant fait preuve d’une plus grande souplesse d’interpr?tation. L’Assembl?e constituante, ?lue pour un an, a depuis plus de trois mois d?pass? le terme de son mandat. Son rappel ? l’ordre institutionnel vaut donc, aussi, surtout, pour le message adress? au premier ministre: vous restez ? votre poste avec la seule majorit? dont vous disposez, constitu?e par la tro?ka. Le propre parti de Hamadi Jebali, Ennahda, premi?re formation de l’Assembl?e avec 89 si?ges sur 217, lui avait d?j? vertement rappel? cette v?rit?.

Hedi Ben Abes, cadre dirigeant du CPR de Moncef Marzouki, expliquait vendredi au Figaro que la gravit? de la situation rendait n?cessaire la formation d’un ?gouvernement d’union nationale?. Sous couvert d’anonymat, un haut responsable d’Ettakatol avan?ait la m?me analyse. Pr?t ?galement pour que quelques technocrates obtiennent des portefeuilles minist?riels, il refusait ?l’exclusion d’Ennahda, qui a gagn? les ?lections, du prochain gouvernement?.

Comme si l’assassinat de Chokri Bela?d avait confort? la volont? des alli?s la?ques d’Ennahda de poursuivre leur exp?rience du pouvoir avec les islamistes. Avant ce tragique ?v?nement, Ettakatol et le CPR avaient menac? de d?missionner avant ce samedi du gouvernement, si un l?ger remaniement n’?tait op?r?. Il s’agissait d?j? de sauver la tro?ka, au prix d’un rafistolage. Avec l’assassinat de Chokri Bela?d, m?me cet ultimatum a disparu.

Ahmed Nejib Chebbi, chef du Parti r?publicain, d?nonce ?galement le ?laxisme? des autorit?s envers les actions violentes des groupes islamistes.

Le chef du Parti r?publicain (centre) tunisien, Ahmed Nejib Chebbi, a d?clar? jeudi qu?il figurait ?sur une liste de personnalit?s ? assassiner? et qu?il b?n?ficiait d?une protection officielle, dans une interview ? la radio fran?aise RTL.

?Je suis menac?. Le minist?re de l?Int?rieur m?a officiellement inform? il y a d?j? quatre mois que j’?tais sur une liste de personnalit?s ? assassiner. Le Pr?sident de la R?publique m?a accord? une garde depuis trois ou quatre mois?, a d?clar? Ahmed Nejib Chebbi, opposant historique sous le r?gime de Ben Ali et aujourd?hui chef d?un parti centriste oppos? aux islamistes au pouvoir.

Un opposant tunisien, Chokri Bela?d, a ?t? tu? par balles mercredi ? Tunis. Ce meurtre a provoqu? une onde de choc en Tunisie, o? nombre de personnalit?s politiques ou de la soci?t? civile ont point? du doigt les islamistes d?Ennahda au pouvoir.
?L?enqu?te n?en est qu’? ses d?buts, on ne peut rien dire?, a estim? Ahmed Nejib Chebbi, avant de mettre en cause ?le laxisme? des autorit?s ? l’?gard des actions violentes des groupes islamistes, qui se sont multipli?es dans le pays depuis la r?volution.

Ahmed Nejib Chebbi a d?nonc? ?les groupes extr?mistes religieux qui se sont attaqu?s aux galeries d?art, aux manifestations politiques, aux artistes, aux restaurants, aux bars. Ils veulent ?tablir une dictature religieuse violente, donc ils me prennent pour un ennemi ? abattre?, a-t-il dit. ?Le changement de gouvernement nous permet d?esp?rer une nouvelle situation?, a-t-il ajout?.

Apr?s le meurtre de Bela?d, le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali, consid?r? comme un mod?r?, a annonc? la prochaine formation d?un ?gouvernement de comp?tences nationales sans appartenance politique?. Les postes r?galiens du gouvernement sont actuellement d?tenus par des personnalit?s d?Ennahda.

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