mardi, mars 3, 2015
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Incontournable : le Concert du Nouvel An

Incontournable : le Concert du Nouvel An

Der Wiener Musikverein

Donn? chaque ann?e dans la mythique ??salle dor?e?? du Musikverein de Vienne, le Concert du nouvel an, connu de tous les m?lomanes de la plan?te, est indissociable de la capitale autrichienne. Ce traditionnel rendez-vous musical, servi par le prestigieux Orchestre philharmonique de Vienne, met principalement ? l?honneur la famille Strauss dont les valses et les polkas permettent de d?buter l?ann?e dans la bonne humeur?

Organis? pour la premi?re fois le 31 d?cembre 1939, le Concert du nouvel an est tr?s vite devenu un grand classique d?une vie viennoise pourtant d?j? riche en traditions. D?s 1958, il ?tait diffus? en Eurovision dans les pays d?Europe occidentale. En 2013, diffus? depuis des ann?es en Mondovision, sans doute aura-t-il approch? le cap des 50 millions de t?l?spectateurs r?partis dans pr?s de 80 pays de tous les continents. Un ?tonnant record pour un concert classique d?nu? d??uvres majeures.?

 

Car le fait est que le programme, consacr? principalement ? des compositions de la famille Strauss, fait la part belle ? de la musique l?g?re destin?e nagu?re ? faire danser dans les salons bourgeois, mais ?galement ? la cour imp?riale et dans les salles d?apparat des cours princi?res, et cela sur des rythmes dont les origines sont ? chercher dans les cours de ferme. Si Johann Strauss fils, le surdou? de la famille, se taille depuis des ann?es la part du lion dans la programmation devant Johann Strauss p?re et son fr?re Joseph Strauss, d?autres compositeurs ont ?galement souvent ?t? ? l?honneur. Parmi eux, un autre viennois c?l?bre, Joseph Lanner, et l?auteur d?op?rettes Franz von Supp? dont les ?uvres s?inscrivent dans la tradition musicale qui caract?rise cet ?v?nement o? valses, polkas, quadrilles et galops sont omnipr?sents.

 

En r?alit?, le Concert du nouvel an se d?roule en trois actes?: une pr?-r?p?tition g?n?rale est donn?e le 30 d?cembre?; la r?p?tition g?n?rale suit le 31 d?cembre?; enfin vient le grand moment, le 1er janvier ? 11?h 15 pr?cises. Trois concerts payants dont le prix des places augmente de mani?re spectaculaire pour atteindre pr?s de? 900 euros pour les meilleures places le 1er janvier?! Mais peu importe le prix ? payer?: on vient de tr?s loin, et parfois des antipodes, pour assister ? ce concert, comme en t?moignent ici et l? quelques kimonos japonais.???

 

Le spectacle commence d?ailleurs avant m?me que ne soit donn? le ??la?? par le premier hautbois comme le veut l?usage. La ??salle dor?e?? du Musikverein (Der goldener Saal) offre en effet un incomparable ?crin ? ce Concert du nouvel an avec ses stalles en bois et ses dorures, ses grands lustres et les caissons peints de son plafond. Sans oublier le spectacle offert par les spectateurs eux-m?mes, tous rivalisant de chic. ? cela vient s?ajouter, chaque 1er janvier, le superbe d?cor floral offert par la municipalit? de la ville italienne de San Remo. Bref, toutes les conditions sont r?unies pour que la f?te soit la plus r?ussie possible.

 

La suite d?pend de l?Orchestre philharmonique de Vienne et de son chef. Apr?s que l?Autrichien Willy Boskovsky ait dirig? ce concert durant 25 ans s?est institu? une tradition nouvelle, les musiciens du Wiener Philharmoniker choisissant eux-m?mes le chef appel? ? les diriger pour le Concert du nouvel an. En 2008 et 2010, c?est le Fran?ais Georges Pr?tre qui a connu cet honneur. En 2013, c?est un Autrichien qui a ?t? choisi, Franz Welser-M?st*, par ailleurs directeur musical de l?Op?ra de Vienne. Un choix particuli?rement symbolique dans la mesure o? la grand-m?re de Welser-M?st poss?dait le Caf? Dommayer o? Johann Strauss p?re fit entendre pour la premi?re fois ses valses.

 

Tradition oblige, pas de r?volution cette ann?e dans le programme?: une fois de plus, les Strauss ont ?t? ? l?honneur. Mais en cette ann?e du bicentenaire de leur naissance, un hommage a ?t? rendu ? ces deux g?ants que furent Giuseppe Verdi et Richard Wagner, le premier sous la forme d?une musique de ballet extraite de l?op?ra Don Carlo, le second par le biais de l?ouverture du 3e acte de l?op?ra Lohengrin. Deux beaux moments. Apr?s que les musiciens de l?orchestre aient, tous ensemble, souhait? la bonne ann?e au public et aux millions de t?l?spectateurs, le Concert du nouvel an a pris fin, tradition oblige l? encore, par les deux morceaux les plus attendus?: Le beau Danube bleu, la plus c?l?bre des ?uvres de Johann Strauss fils, suivi de La marche de Radetzky, de Johann Strauss p?re, soutenue par les battements de mains enthousiastes d?un public une nouvelle fois conquis.

 

Gutes und gl?ckliches neues Jahr f?r Sie alle?! (Une bonne et heureuse ann?e pour vous tous?!)

 

*?Franz Welser-M?st avait d?j? ?t? choisi en 2011

 

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7 commentaires

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    @ Fergus

    je me demande parfois si l’abondance qu’a amenée l’industrialisation n’aurait pas pu être gérée autrement et donner à TOUT le monde – et de façon croissante -tous les avantages matériels ET culturels qu’on a associés à la bourgeoisie et dont on lui fait maintenant reproche…

    Est-ce qu’au lieu d’une lutte des classes érigée en religion on n’aurait pas pu – n’en déplaise aux marxistes – conduire le prolétariat vers une bourgeoisie de gemutlichkeit et de serendipity… qui est l’état auquel, au fond, celui-ci aspirait vraiment ?

    Croit-on que le Travailleur est gététiquement incapable d’apprécier un concert ? Mais alors, ces 50 millions qui le regardent à la TV… ? J’incline à penser qu’une caste malfaisante de psychopathes trouvant son plaisir à priver les autres du leur et faisant de la culture – i.a. – sa chasse-gardée pour justifier ses privilèges, est à la base de tous nos maux.

    Pierre JC Allard

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      @PJCA

      Psychopathe ? Les auteurs ou les auditeurs ?

      http://www.youtube.com/watch?v=aiYv-76MvP4&feature=share

      ;-)

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      Bonjour, Pierre.

      Je crois effectivement qu’il existe, sinon une volonté, du moins une satisfaction des élites autoproclamées à s’accaparer le meilleur de la culture.

      Pour autant, il existe également, ici et là, des initiatives, venues de personnalités et de responsables de lieux de culture dans différents pays, visant à favoriser l’accès des classes populaires à cette culture.

      De manière emblématique, c’est notamment le cas dans la très libérale Grande-Bretagne où l’accès des musées nationaux est libre et gratuit pour tous (exemples : National Gallery, British Museum, etc.) et où la tarification d’une salle de concert prestigieuse comme le Royal Albert Hall permet à des gens modestes d’assister à des grands concerts pour des prix modiques.

      Conduire le prolétariat vers une forme de bourgeoisie est une ambition conforme au voeu des prolétaires, mais qui contrarie évidemment la volonté des oligarques, soucieux de ne lâcher que le minimum afin de pouvoir sauvegarder leurs profits, voire de les accroitre toujours plus sans mettre en péril un système juteux. Le problème est qu’ils peuvent s’appuyer sur des complices efficaces : les prolétaires eux-mêmes qui, faute de s’unir et de faire valoir leur masse, font le jeu de ces oligarques.

      Bref, comme l’on dit dans nos campagnes, « on n’a pas le cul sorti des ronces ! »

      Cordiales salutations.

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    @ Fergus

    …. »lâcher que le minimum afin de pouvoir sauvegarder leurs profits, voire de les accroitre toujours plus…  »

    C’est là que ne suis plus d’accord. La mauvaise volonté des oligarques est évidente, mais je ne crois plus qu’elle soit motivée par une désir d’augmenter leurs profits, dans le sens de posséder plus de biens et de services. Le verre déborde. Dès que l’on atteint un seuil relativement bas de richesse, celle qui s’ajoute ne conduit plus a une consommation supplémentaire, mais uniquement à « plus de pouvoir ».

    Or au contraire de la richesse « pour consommer », qui dans une société complexe est un jeu coopératif, la richesse pour le pouvoir est un jeu a somme nulle: votre domination est en parfait rapport avec la soumission de l’autre.

    L’enrichissement de la société a permis a un nombre suffisant de gens d’atteindre ce seuil et ils sont devenus une majorité effective: ils ont le pouvoir. Nous somme donc dirigés, depuis environ 50 ans, par des gens dont le but n’est plus tant d’avoir plus que de nous donner moins. Je dis « psychopathes », mais on peut leur donner le nom qu’on veut: l’important est qu’ils ne soient plus là.

    Voyez la video mise en ligne par Gaetan Pelletier

    http://les7duquebec.org/7-de-garde/lhomme-man/

    Pierre JC Allard

  3. avatar

    Bonjour, Pierre.

    Le fait est que ces puissants-là sont en recherche de toujours plus de pouvoir, mais je persiste à penser qu’ils sont également avides d’amasser toujours plus de fric, que le moteur de cette course au profit soit motivé par le surcroit de pouvoir qui s’y attache ou par l’accumulation d’un patrimoine exorbitant plus spectaculaire que celui du concurrent. Il suffit de voir le nombre de boîtes où les employés voient leurs salaires gelés quand les patrons se font octroyer des augmentations de 15 ou 20 % en une seule année par des commités dé rémunération constitués d’amis intéressés par un renvoi d’ascenseur. Et cela même lorsque les résultats de leur groupe sont mauvais, et pas seulement à cause de la crise.

    Je ne sais pas si l’on peut parler stricto sensu de « psychopathes », mais le fait est que ces gens-là souffrent d’une déformation particulière de leur construction mentale, le plus souvent largement basée sur un mix de mégalomanie et de paranoïa. C’est cette construction mentale qui les conduit à aller toujours plus loin dans le cynisme vis-à-vis de leurs employés.

    Cordialement.

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