jeudi, juillet 30, 2015
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La libert? spirituelle selon Spinoza

La libert? spirituelle selon Spinoza

Par Nicolas Beaudin

Image par LeonK

Ce texte portera sur la libert? dans le syst?me de Spinoza. Je vais aborder ce th?me par l??tude de la libert? humaine. ? travers cette analyse je traiterai du libre arbitre et j?expliquerai le sens spinoziste du concept ??libert?. Ensuite j?expliquerai pourquoi Dieu est le seul ?tre absolument libre. Finalement, je donnerai les raisons pour lesquelles son d?terminisme absolu n?est pas un fatalisme. D?abord voici la d?finition g?n?rale de la libert? :

??Est?dite libre la chose qui existe d?apr?s la seule n?cessit? de sa nature et est d?termin?e par soi seule ? agir. On appelle au contraire n?cessaire, ou plut?t contrainte, la chose qui est d?termin?e par une autre ? exister et ? produire un effet selon une raison d?finie et d?termin?e.??[1]

La libert? humaine s?insert donc dans cette d?finition. Ainsi ?tre libre c?est agir selon la nature humaine, mais quelle est-elle? Spinoza affirmait que ce qui d?finit l??tre humain, c?est sa capacit? d?agir humainement, c?est-?-dire de pratiquer la vertu gr?ce ? la connaissance de ce qui le rend heureux. C?est d?ailleurs la caract?ristique principale qui le diff?rencie des animaux. Ainsi, d?apr?s la d?finition de la libert?, plus l??tre humain conna?t ce qui le rend heureux, donc ce qui affermit sa joie int?rieure, plus il est libre. La connaissance est int?rieure et nous agissons selon ce que nous consid?rons ?tre la v?rit?. On pourrait objecter qu?elle peut provenir de l?ext?rieur (des parents, des livres, etc.), mais il faut accepter int?rieurement les id?es qui nous viennent de l?ext?rieur pour qu?elles nous poussent ? agir.

La connaissance est le contraire de l?ignorance, donc par d?finition elle est la compr?hension ad?quate de la v?rit?. L?ignorance qui s?ignore est le plus bas degr? sur l??chelle de la compr?hension, et croire en une v?rit? qui n?en est pas une pousse ? agir de cette fa?on, c?est pourquoi le degr? de compr?hension que nous avons est ce qui d?termine nos paroles et nos actions.

La connaissance est la compr?hension de la v?rit? et sert la libert? et le bonheur. Conna?tre c?est acc?der ? la v?rit? qui est en nous, gr?ce ? l?exp?rience, la raison et l?intuition. Au contraire ignorer c?est ?tre tromp? par les apparences ext?rieures, c?est ?tre esclave de nos sensations (de notre imagination dirait Spinoza), plut?t que ma?tre de nos id?es. Agir sur le monde ? l?aide de principes justes nous m?ne au bonheur, tandis qu??tre esclave de nos d?sirs nous rend malheureux. Subir nos d?sirs c?est ?tre contraint ? agir par eux, tandis que discerner ce qui est bon pour nous augmente notre libert?, car notre connaissance nous lib?re des contraintes, sinon des jugements qui nous affligent. La libert? augmente notre joie, tandis que les contraintes augmentent notre tristesse, ? moins que nous ayons conscience que la puissance de notre nature ne peut pas les ?viter. La joie est le passage ? une perfection plus grande et la tristesse, le passage ? une perfection moindre. Ainsi la connaissance de soi (de notre essence) est ce qui nous m?ne ? la vertu (qui est? le bonheur m?me), c?est-?-dire ? l?accomplissement de notre nature humaine. Le but de la vie est donc de nous conna?tre et de conna?tre le monde dans lequel nous vivons pour ?tre heureux, puisque tout est li?.

La libert? humaine se mesure donc selon le degr? de compr?hension de la v?rit? et non selon la libert? des choix, car cette libert? est illusoire. Le libre arbitre n?existe pas. Alors si nous n?avons pas la libert? de choisir, comment pouvons-nous agir librement? C?est en faisant le bon choix, c?est-?-dire celui que nous dicte la Raison. Puisque les mauvaises actions sont caus?es par l?ignorance, et qu?agir mal nous fait subir les cons?quences n?gatives qui en d?coulent, alors les mauvaises actions nous contraignent ? la souffrance. Quand je connais ce qui est bon, c?est-?-dire utile, alors je le fais automatiquement, car comment pourrais-je choisir ce qui augmente ma tristesse, puisque tout ?tre humain recherche le bonheur? Donc, la connaissance m?ne automatiquement au meilleur choix, et un choix moins parfait est automatiquement d? ? l?ignorance. Les m?mes causes donnent les m?mes effets, ainsi n?importe qui dans la m?me situation qu?un meurtrier (avec tout ce que cela implique?: ?ducation, v?cu, g?n?tique, etc., donc nous serions lui) agirait comme lui.

La cons?quence qui d?coule de l?absence de libre arbitre est que nul n?est m?chant ou bon volontairement. La compr?hension lib?re, mais certaines causes auront permis la compr?hension. Ces causes ne d?pendent pas de nous, mais la compr?hension, une fois acquise, permettra ? l??tre humain de s?affranchir des contraintes ext?rieures, ou au moins lui permettra de ne pas s?en affliger, car il saura qu?il ne pouvait pas les ?liminer, ainsi il sera satisfait de lui, c?est-?-dire joyeux, donc libre. Celui qui agit mal le fait par ignorance en croyant faire son propre bonheur, c?est pourquoi il est cr?ateur de sa mauvaise action, mais qu?il n?est pas coupable, car il subit la contrainte de l?ignorance qui provient de contraintes ext?rieures ? sa volont?. M?me si on n?est pas coupable de nos actions, on en subit quand m?me les cons?quences.

??(…) Mais je ne nie que, ? cause de cela, tous doivent atteindre la b?atitude: les hommes, en effet, peuvent ?tre excusable et cependant ne pas jouir de la b?atitude, mais souffrir mille maux. Un cheval, en effet, est excusable d??tre cheval et non pas homme: mais, n?anmoins, il doit ?tre cheval et non pas homme. Celui qui devient enrag? par la morsure d?un chien est excusable, mais l?on a pourtant le droit de l??trangler. Et celui, enfin, qui ne peut gouverner ses d?sirs ni les ma?triser par la peur des lois est certes justifiable en raison de sa faiblesse, mais il ne peut cependant pas jouir de la tranquillit? de l??me, de la connaissance et de l?amour de Dieu, et il p?rit n?cessairement.??[2]

Les choix existent mais sont illusoires, dans le sens o? ils sont dus ? un manque de connaissance. Faire les bons choix, c?est ?viter de subir les contraintes que provoquent les mauvais. C?est ainsi que le sens du concept ??libert? est d?fini non comme la libert? de faire des choix, mais plut?t selon l?absence de contraintes ext?rieures que procurent les choix justes.

La libert? pour Spinoza est assujettie au d?terminisme, c?est-?-dire qu?elle est d?termin?e. Autrement dit, nous avons la possibilit? de nous d?placer selon notre nature, ainsi nous ne pouvons ni voler, ni d?passer une certaine vitesse, ce sont les limites que la nature nous a impos?e. Celui qui est le plus libre est celui qui a le moins de contraintes selon les capacit? de sa propre nature, ainsi la plante ayant une bonne terre, juste assez d?eau et de soleil est plus libre que celle qui manque d?eau, de soleil et de terre. C?est en ?liminant les contraintes ext?rieures qui freinent l??panouissement de sa nature que l??tre humain augmente sa libert?, donc c?est en comprenant le fonctionnement de la nature qu?il peut l?utiliser pour construire des maisons qui le prot?ge contre les intemp?ries qu?elle nous fait subir. C?est pour cela que pour ?tre libre, nous n?avons pas le choix, nous devons appliquer notre connaissance ? faire ce qui est juste, c?est-?-dire ce qui nous est utile selon les lois de la Nature.

L?absence de libre arbitre a des cons?quences ?thiques tr?s importantes. Ainsi quand notre raison a compris l?illusion du libre arbitre, cette compr?hension nous rend plus libre, car au lieu de critiquer ou de m?priser les vices des autres ou de culpabiliser sur les siens propres, on cherche a en comprendre les causes pour pr?venir ou pour gu?rir. Qu?un ?tre humain soit jaloux, cruel, l?che, injuste, etc., on peut l?expliquer de la m?me fa?on que les lois physiques ou qu?un chien a la rage, on ne bl?me pas la neige quand elle tombe, ni le chien qui a la rage. Les mauvaises actions se comprennent de la m?me fa?on. C?est ce qui explique le projet de Spinoza : ??ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas louer, ne pas bl?mer, mais comprendre.??[3] Les moralistes qui bl?ment les vices des autres parce qu?ils les croient coupables de leurs actions, tombent dans le vice eux-m?mes et souffrent de leur haine et de leur m?pris. Voici la pens?e de Spinoza ? ce propos :

??Ils cherchent donc la cause de l?impuissance et de l?inconstance humaines, non dans la puissance commune de la Nature, mais dans je ne sais quel vice de la nature humaine et, pour cette raison, pleurent ? son sujet, la raillent, la m?prisent ou le plus souvent la d?testent: qui sait le plus ?loquemment ou le plus subtilement censurer l?impuissance de l??me humaine est tenu pour divin.??[4]

La croyance au libre arbitre rend l??tre humain moins libre, alors que le croyant croit l??tre davantage, plus qu?il a de choix. Pourtant l?h?sitation entre plusieurs choix est un aveu d?ignorance face au choix juste, autrement dit au meilleur choix. Ainsi, ?tre libre ce n?est pas choisir ce qu?on veut, mais plut?t ce que la Raison nous prescrit. Mais d?o? vient cette illusion qui nous fait croire que nous sommes libres de choisir ce qu?on veut? Cela vient du fait que les humains ont conscience de leurs app?tits, mais ignorent les causes qui les d?terminent.

??C?est ainsi qu?un enfant croit d?sirer librement le lait, et un jeune gar?on irrit? vouloir se venger s?il est irrit?, mais fuir s?il est craintif. Un ivrogne croit dire par une d?cision libre ce qu?ensuite il aurait voulu taire. De m?me un d?ment, un bavard et de nombreux cas de ce genre croient agir par une libre d?cision de leur esprit, et non pas porter par une impulsion. Et comme ce pr?jug? est inn? en tous les hommes, ils ne s?en lib?rent pas facilement. L?exp?rience nous apprend assez qu?il n?est rien dont les hommes soient moins capables que de mod?rer leurs passions, et que, souvent, aux prises avec des passions contraires, ils voient le meilleur et font le pire : ils se croient libre cependant, et cela parce qu?ils n?ont pour un objet qu?une faible passion, ? laquelle ils peuvent facilement s?opposer par le fr?quent rappel du souvenir d?un autre objet??[5]

Maintenant j?expliquerai pourquoi Dieu, ou la Nature, est le seul ?tre absolument libre et comment il est en m?me temps absolument n?cessaire. Il est absolument libre parce qu?il est tout, donc rien n?est ext?rieure ? lui, ainsi il existe d?apr?s la seule n?cessit? de sa nature et est d?termin? par soi seul ? agir. Il n?a aucune contrainte ext?rieure puisqu?il est tout, c?est ainsi qu?il est absolument libre, car aucune chose ne le d?termine ? exister, ni ? produire un effet selon une raison d?finie et d?termin?e. La libert? de Dieu non plus n?est pas un libre d?cret, mais une libre n?cessit?, car il existe n?cessairement puisqu?il existe par la seule n?cessit? de sa nature. Dieu ne pouvait pas ?tre autrement de ce qu?il est (c?est en quoi il est absolument n?cessaire), donc sa libert? n?est pas un choix, mais l?absence de contraintes ext?rieures. Dieu n?a pas plus de libre arbitre que l??tre humain.

? partir des analyses pr?c?dentes, j?en arrive au dernier th?me de cette dissertation, c?est-?-dire que le d?terminisme absolu de Spinoza n?est pas un fatalisme. Pour ce faire je devrai distinguer deux perspectives, c?est-?-dire la nature naturante (Dieu du point de vue du tout, de l?absolu, donc de l?infini et de l??ternit?) et la nature natur?e (ce qui est en Dieu, mais en tant que mode fini, donc d?un point de vue relatif). La nature naturante est consid?r?e du point de vue de la libert? de Dieu, tandis que la nature natur?e est consid?r?e du point de vue de la n?cessit? de la nature de Dieu.

Du point de vue de la nature naturante, ??toutes choses ont ?t? pr?d?termin?s par Dieu??[6], c?est pourquoi la Nature est un d?terminisme absolu. L??tre humain se situe au niveau de la nature natur?e en tant que mode fini, ainsi il a une connaissance limit?e, car il est une partie de Dieu, donc du tout. Dieu est omniscient, ainsi il conna?t tout (ou plut?t il est toute la connaissance), donc rien n?est contingent de son point de vue. Puisque l??tre humain a une connaissance limit?e, il ne peut pas tout pr?voir, comme Dieu (dans le sens o?, en lui, tout est pr?vu), mais dans la mesure o? il comprend quelque chose, il peut la pr?voir.

Dans cet ordre d?id?es, le fait que tout soit pr?d?termin? en Dieu ne signifie pas que quoi que nous fassions cela ne change rien ? l?ordre du monde puisqu?il ?tait d?j? pr??tabli (fatalisme). C?est plut?t l?ordre des id?es qui a men? a cette fa?on de penser, qui ?tablie causalement l?inaction du fataliste. Ainsi le degr? de compr?hension que nous avons de la Nature d?termine nos actions sur le monde et les effets qui s?ensuivent. En g?n?ral, nous ne savons pas ce qui est pr?d?termin?, donc nous ne pouvons pas affirmer qu?on ne peut rien changer pour notre bonheur, car si j?agis d?une certaine fa?on c?est qu?il ?tait pr?d?termin? que j?agisse ainsi selon mes pens?es, mais si j?agis d?une autre fa?on pour d?autres raisons, c??tait aussi pr?d?termin? que j?agisse de cette fa?on selon d?autres pens?es. En Dieu il n?y a pas de choix et la d?cision ?tait pr?d?termin?e, mais pour l??tre humain il y a un choix ? faire (dans la mesure o? on cherche le meilleur choix) selon notre degr? de connaissance qui influencera notre bonheur. Notre pens?e est cr?atrice, m?me si elle est d?termin?e par d?autres id?es.

Le fatalisme est l?attitude qui consiste ? ne rien faire parce que rien ne peut ?tre chang?, le fataliste croit que quoi que tu fasses, tu ne peux pas changer ton avenir, ce qui est loin d??tre le point de vue de Spinoza, car sa philosophie est de nous proposer un art de vivre pour atteindre le bonheur ou au moins s?en approcher. Pour lui on peut changer les choses qui d?pendent de notre nature humaine, c?est-?-dire de notre connaissance. Mais c?est quand m?me celle-ci qui les d?termine ? ?tre ce qu?elles sont, et une (ou des) cause(s) d?termine(nt) l?acquisition de la connaissance. Cette acquisition ne d?pend pas de nous (en Dieu), mais de notre compr?hension de l?importance de conna?tre notre nature humaine, c?est-?-dire de se conna?tre soi-m?me.? On ne sort pas de la n?cessit? du d?terminisme causal. La connaissance que nous en avons est l?effet d?une ou plusieurs cause(s) ? l?int?rieure de la cha?ne, et la cause d?un ou plusieurs effet(s). La connaissance humaine ne modifie rien en Dieu, mais d?un point de vue humain elle modifie les choses en faveur du bonheur humain.

Gr?ce ? la connaissance on peut utiliser les lois naturelles ? notre profit. Dieu, qui contient les lois de tous les encha?nements causaux possibles, pr?d?termine donc toutes choses. Par contre l??tre humain, ne pouvant pas pr?voir la multiplicit? des encha?nements causaux, puisqu?il ne peut pas conna?tre les causes de tout ce qui se produit, peut conna?tre ses propres limites, ce qui lui est tr?s utile pour son bonheur. Ainsi, ce qui importe c?est qu?il connaisse ce qui est utile ? sa b?atitude, ce qui inclut de savoir ce qui n?est pas en son pouvoir pour qu?il ne s?afflige pas des choses qu?il ne peut pas ?viter. Agir avec sagesse c?est faire ce que notre nature nous permet pour atteindre le bonheur. Ainsi, si nous avons fait ce que nous pouvions faire de mieux pour notre bien et que nous le savons, alors nous ?prouverons la satisfaction int?rieure, m?me si nous devons subir de difficiles contraintes ext?rieures.

L??tre humain doit conna?tre le plus possible ce qui lui est le plus utile dans la Nature, c?est-?-dire aimer Dieu, pour atteindre la f?licit?. Ainsi c?est uniquement l?ignorance, la limite de sa puissance, sa relativit? par rapport au tout, ? l?omniscience et ? l?absoluit? de Dieu, qui expliquent que pour l??tre humain tout n?est pas pr?d?termin?. C?est une perspective relative ? notre situation. Si nous avions l?omniscience, nous n?aurions pas besoin d?apprendre ce qui nous est utile, nous serions libre et n?aurions aucune conception du bien, du mal ou de l?utile, mais ?tant limit? dans nos connaissances, nous devons apprendre ce qui nous est le plus utile selon les lois de la Nature pour agir en vue de notre bonheur. Le fatalisme est dangereux, car il stipule que la connaissance est inutile et ne changera rien ? ce qui doit arriver.

??Mais la puissance humaine est tr?s limit?e, et infiniment surpass?e par la puissance des causes ext?rieures. Et par cons?quent nous n?avons pas le pouvoir absolu d?adapter ? notre usage les choses ext?rieures. Cependant les choses qui nous arrivent et sont contraires ? ce que demande la raison de notre utilit?, nous les supporterons d?une ?me ?gale si nous prenons conscience que nous avons rempli notre fonction, que la puissance que nous poss?dons ne pouvait pas s??tendre assez loin pour les ?viter, et que nous sommes une partie de la Nature totale, dont nous suivons l?ordre. Si nous comprenons cela clairement et distinctement, cette partie de nous-m?me qui se d?finit par l?intelligence, c?est-?-dire la meilleure partie de nous-m?mes, en sera pleinement satisfaite, et s?efforcera de pers?v?rer dans cette satisfaction. En effet, en tant que nous comprenons, nous ne pouvons d?sirer que ce qui est n?cessaire, et nous ne pouvons trouver de satisfaction absolue que dans le vrai. Et par cons?quent, dans la mesure o? nous comprenons bien cela, l?effort de la meilleure partie de nous-m?mes est d?accord avec l?ordre de la Nature enti?re.??[7]

En conclusion, la libert? humaine n?est pas la libert? de choisir (libre arbitre), mais plut?t la cons?quence de l?action juste gr?ce ? l?id?e juste, puisque la volont? et l?entendement sont une seule et m?me chose. Ainsi le sens du concept ??libert? conserve l?id?e d?absence de contraintes ext?rieures, mais il devient chez l??tre humain la connaissance de la n?cessit?, qui elle-m?me est d?termin?e. Le libre arbitre est une illusion, car entre plusieurs choix il y a le bon et l?autre ou les autres. La sagesse choisit automatiquement le bon, un autre choix est d? ? l?ignorance. Ainsi celui qui conna?t n?a pas de choix, la v?rit? s?impose ? lui, et puisque notre bonheur d?pend de nos bons choix, nous ne pouvons pas faire un choix moins utile en connaissance de cause, car nous recherchons tous et toutes le bonheur. Dieu est le seul ?tre absolument libre, dans le sens o? rien n?est hors de lui, donc aucune contrainte ext?rieure ne peuvent le pousser ? agir. Il est aussi n?cessaire, dans le sens o? il est ce qu?il est selon la n?cessit? de sa propre nature. Le d?terminisme absolu de Spinoza stipule qu?il y a une raison ? toute chose, et est ainsi un hommage ? la science. Surtout il n?est pas un fatalisme, sans quoi la science ne nous serait d?aucune utilit?. L?utilit? de la connaissance est l?atteinte du bonheur, et c?est d?abord cette science qu?il nous faut cultiver.


[1] Spinoza, B., L??thique, Gallimard, 1954, p.66.

[2] Spinoza, B., R?ponse ? Oldenburg, 1676, lettre LXXVIII, La Haye, Pl?iade 1954, p.1351.

[3] Amiel, Anne, 50 grandes citations philosophiques expliqu?es, ?d. Marabout, 1990, Alleur (Belgique), p. 160.

[4] Spinoza, B., L??thique, 3e partie, Pr?face, ?d. Garnier-Flammarion, 1965, p.133.

[5] Spinoza, B., Lettre LVIII ? Schuller, Pl?iade, 1954, p. 1252.

[6] Spinoza, B., L??thique, 1?re partie, Appendice, ?d. Folio, 1954, p. 104.

[7] Ibid., 4e partie, Appendice, chapitre XXXII, p. 347.

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13 commentaires

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    « Il est absolument libre parce qu’il est tout, donc rien n’est extérieure à lui, ainsi il existe d’après la seule nécessité de sa nature et est déterminé par soi seul à agir. Il n’a aucune contrainte extérieure puisqu’il est tout, c’est ainsi qu’il est absolument libre, car aucune chose ne le détermine à exister, ni à produire un effet selon une raison définie et déterminée. »

    Entièrement d’accord, mais…vous parlez plutôt de « Ce qui est » et non de Dieu. En fait le nom « Dieu », que vous donnez à « CE qui est », est encore le fruit d’un « besoin » chez certain, comme l’excellent exemple du lait chez l’enfant.

    La réalité « Ce qui est » n’est pas un « besoin »; c’est tout simplement la Réalité. Il faut vieillir un tout petit peu. 😉

    « Du point de vue de la nature naturante, « toutes choses ont été prédéterminés par Dieu »[6], c’est pourquoi la Nature est un déterminisme absolu.  »

    Cela peut être « rassurant » pour certains, mais encore une fois, la réalité est autre:
    Toutes choses « qui est » est tout simplement le produit d’expérience de « tout ce qui pourrait être » en éliminant « ce qui n’est pas viable ». C’est le « reste », après l’élimination, qui « est ».

    « Puisque l’être humain a une connaissance limitée, il ne peut pas tout prévoir, comme Dieu (dans le sens où, en lui, tout est prévu),… »

    Comme je viens de le dire: Dieu n’a rien à prévoir; en fait, « Ce qui est » tente tout ce qui lui est possible dans l’instant présent pour améliorer sa « viabilité ». Seules les résultats positifs continuent d’évoluer. C’est ce qui produit l’augmentation d’entropie dans ce « tout ce qui est ».

    (l’homme) »puisqu’il ne peut pas connaître les causes de tout ce qui se produit, peut connaître ses propres limites, ce qui lui est très utile pour son bonheur. »

    Par contre, ces limites reculent au pro rata de sa compréhension de « CE qui est ». Plus il comprend, plus ces limites reculent. Cependant la compréhension n’est pas le fruit de « l’objectivité raisonnable »; c’est plutôt celui du « raisonnement objectif ». L’objectivité raisonnable diminue la liberté; le raisonnement objectif l’augmente.

     » Mais la puissance humaine est très limitée, et infiniment surpassée par la puissance des causes extérieures. Et par conséquent nous n’avons pas le pouvoir absolu d’adapter à notre usage les choses extérieures. »

    Exactement! Le seul pouvoir que nous ayons est de nous adapter à ces choses extérieures; donc, nous adapter à l’entropie. C’est ce qui assure notre viabilité. Finalement, la puissance humaine est la même que celle de « Ce qui est ».

    Pour « Ce qui est », le problème est de répondre à la question primordiale: « Suis-je ou ne suis-je pas? ». Il parviendra à prouver son « êtreté » seulement lorsqu’il aura « éliminé » tout ce qui a tendance à nier « qu’il est ». Autrement dit: tout ce qui va à l’encontre de sa « viabilité ». Lorsque celle-ci sera définitivement établie, l’évolution et l’entropie cessera.

    Actuellement le passé est inclu dans notre présent en tant que « réalité présente »; et le futur est composé de toutes les possibilités qui restent à être déterminées comme étant « la réalité ». Lorsque celles-ci seront déterminées, il n’y aura plus de futur et tout sera en « instant présent ».

    « Si nous avions l’omniscience, nous n’aurions pas besoin d’apprendre ce qui nous est utile, nous serions libre et n’aurions aucune conception du bien, du mal ou de l’utile,… »

    Pour l’instant, l’Omniscience n’existe pas; même pour « Ce qui est ». Il ne connait pas d’avance le résultat des expériences qu’il tente; sinon il n’essaierait pas « tout ce qui est possible d’être tenté momentanément ». Par contre, il connaît le résultat de « tout ce qui a été tenté » jusqu’ici, puisque c’est « Ce qui est » ,maintenant.

    « si nous prenons conscience que nous avons rempli notre fonction, que la puissance que nous possédons ne pouvait pas s’étendre assez loin pour les éviter, et que nous sommes une partie de la Nature totale, dont nous suivons l’ordre. »

    Il est impossible de faire autrement. Qu’on en soit conscient ou pas, nous sommes partie de l’expérience en cours. De plus, ce sont nos choix individuels qui déterminent l’expérience à faire. Certains choix sont « viables », d’autre ne le sont pas. Celui qui fait un choix non-viable, est « éliminé » pour être « recyclé » et continuer ainsi à servir l’entropie. « Rien ne se perd, rien ne se cré, tout se transforme.

    Et c’est là où nous trouvons la preuve que la mort n’est pas « l’absence de la vie ». La mort est une transmutation pour continuer à servir la vie qui,elle, ne meurt jamais mais se transmet continuellement. La vie est pratiquement indestructible

    « En conclusion, la liberté humaine n’est pas la liberté de choisir (libre arbitre), mais plutôt la conséquence de l’action juste grâce à l’idée juste,… »

    La liberté individuelle est « totale » au niveau des « choix ». Ceux-ci sont justes seulement après l’expérience qui détermine la « viabilité » de ce choix individuel. La « survie » est le résultat incontournable. À moins que « Ce qui est » ne soit pas; ce qui est illogique, puisque le Néant est la négation même de sa propre « êtreté ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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      Merci André pour ton intéressant commentaire. Nous sommes d’accord sur plusieurs points, mais sur d’autres non, du moins en apparence.

      En fait pour Spinoza, et pour moi aussi, Dieu et « ce qui est » sont la même chose. On ne parle pas ici du Dieu biblique qui serait une personne. En fait c’est la théorie du panthéisme : « Dieu est en tout et tout est en Dieu ». Nous parlons donc exactement de la même chose. Il n’y a aucun besoin à satisfaire dans cette définition, qui est la même que toi. Dieu est aussi identique à la réalité absolue. Il est la réalité. Spinoza a d’ailleurs écrit : « Par perfection et réalité j’entends la même chose ». L’impression que nous ne pensions pas la même chose sur ce point n’était donc qu’apparente.

      Du point de vue de la Nature naturante c’est l’unité, il n’y a pas de dualité comme pour le point de vue humain qui se situe au niveau de la Naure naturée de Dieu. Ainsi, il n’y a pas de passé et de futur, mais seulement un éternel présent. De ce point de vue le temps n’existe pas. « Ce qui est » et non ce qui était ou ce qui sera. Quand tu écris « ce qui pourrait être » tu tombes dans le point de vue humain au niveau de la Nature naturée, ce qui change la perspective. Le but est d’accorder notre point de vue humain relatif avec l’ultime réalité de Dieu (au niveau de l’unité de la Nature naturante)pour être en harmonie, donc heureux.

      Dieu ne prévoit rien en effet, à la manière de l’homme, mais tout est « prévu » en lui. Je ne crois pas qu’il tente tout ce qu’il lui est possible pour améliorer sa viabilité, car il est parfait, éternel et immuable du point de vue de l’unité de la Nature naturante.

      L’entropie me semble un concept matérialiste, mais Dieu n’est pas que l’univers matériel, il est aussi et d’abord l’énergie primordial, ainsi que la pensée sous toutes ses formes. Il est aussi une infinité de choses dont l’esprit humain n’a pas accès.

      Je ne pense pas que la puissance humaine soit la même que la puissance de Dieu dans le sens où nous sommes justement limité par les choses extérieures, ce qui n’est pas le cas de Dieu, et aussi parce que nous n’avons pas accès à l’infinité d’attributs de Dieu en dehors de la pensée (l’esprit) et de l’étendue (la matière). Par contre, nous avons le pouvoir de connaître Dieu pour ce qui nous est essentiel : notre bonheur. Quand notre pensée est en harmonie avec les lois de la Nature, autrement dit les lois divines, alors là nous égalons la puissance de Dieu et accédons à sa puissance. Nous pouvons le faire sur tous les sujets de connaissance, mais personne n’a accès à la connaissance totale de toutes choses, étant limité dans cette capacité.

      Rien ne peut nier l’être de Dieu, puisque rien n’est extérieure à lui. La viabilité de Dieu a toujours été absolue.

      Du point de vue de l’unité de Dieu il n’y a pas de possibilités, ni de futur, car « il est ». Quand tu utilises ces termes tu te déplaces du point de vue humain relatif et limité. Pour nous il y a des possibilités uniquement parce qu’on ignore souvent ce que donneront certaines causes ensembles. Mais du point de vue de Dieu il est déjà établi, par les lois de la Nature, ce que produiront ces mêmes causes réunies.

      Dieu est omniscient, pas dans le sens où il connaît tout, ce qui est une vision anthropomorphique, mais dans le sens où il est toute la connaissance, puisqu’il est Tout, puisqu’il est « ce qui est ».

      Pour moi, la liberté n’est pas dans les choix, mais dans la connaissance du choix juste qui nous rend libre et heureux. L’apparence de choix provient de l’ignorance du choix juste. L’ignorance n’est pas au service de l’amour, de la liberté et du bonheur, mais plutôt la connaissance.

      Concernant la mort je suis d’accord avec toi, ainsi que les autres point auxquels je ne réponds pas.

      Amicalement,

      Nicolas

  2. avatar

    Ton raisonnement découle d’un point à l’autre extrêmement bien. Je le remarque agréablement.

    Par contre, si on met tout ensemble, ça accroche un peu. Voyons ça:

    1) »mais Dieu n’est pas que l’univers matériel, il est aussi et d’abord l’énergie primordial, ainsi que la pensée sous toutes ses formes. »

    La pensée est déjà « énergie » donc la pensée fait aussi partie de « Ce qui est » c’est à dire: l’Univers.

    Quant à:
    « Il est aussi une infinité de choses dont l’esprit humain n’a pas accès. »

    Si l’esprit humain n’y a pas accès, permets-moi de le laisser tomber et de ne pas insérer une Foi en un univers autre que « Celui qui est ». Pour moi « autre que ce qui est » n’est tout simplement pas.

    « Je ne pense pas que la puissance humaine soit la même que la puissance de Dieu dans le sens où nous sommes justement limité par les choses extérieures, … »

    Les limites de notre « puissance » sont extérieures à nous, nous sommes d’accord; mais les limites de la puissance de Dieu sont intérieures à lui et ce sont les « mêmes limites » on doit en convenir. Nous ne pouvons pas faire « ce qui n’est pas possible » et Dieu ne peut pas faire « l’impossible » lui non plus puyisqu’il est limité, tout autant que nous aux possibilités des lois universelles.

    D’ailleurs, si nous sommes d’accord pour dire que Dieu = Univers et vice versa, nous sommes bien obligé de dire que Lois Universellles = Lois divine et vice versa. 😉

    « …et aussi parce que nous n’avons pas accès à l’infinité d’attributs de Dieu en dehors de la pensée (l’esprit) et de l’étendue (la matière).  »

    Alors là, tu t’immoles toi-même. Si tu n’avait pas accès en dehors de la pensée et la matière, ton « êtreté » serait inexistante; autrement dit tu ne « serais » pas; et pourtant « tu es »; n’est-ce pas?

    « La viabilité de Dieu a toujours été absolue. »

    Donc la viabilité de l’univers a toujours été absolue également. Et je suis d’accord. Pour la simple et bonne raison que le « néant » est la négation de sa propre existence. Donc seul le « non-néant » peut « être ». Ce qui guaranti l’existence de « Ce qui est ».

    Dans cet opitique, il est évident que l’univers existe au moment présent et q

    • avatar

      Woops! Mauvais « piton » excusez-moi.

      Donc, …que l’univers existe au moment présent et que le futur est une irréalité. C’est d’ailleurs la même chose pour nous. La seule différence est que notre moment présent se transforme en « passé » plus rapidement que nous puissions le saisir. C’est à peu près la seule chose qui soit plus rapide que la pensée. :-)

      L’univers vit le « présent constant » et nous nous sommes condamné au « présent » qui n’arrête jamais de se transformer… ou d’évoluer, si tu préfères.

      Il existe un but à atteindre, c’est l’évidence même. Quel est-il? Probablement d’atteindre le présent « réalisé ».

      « Dieu est omniscient, pas dans le sens où il connaît tout, ce qui est une vision anthropomorphique, mais dans le sens où il est toute la connaissance, puisqu’il est Tout, puisqu’il est « ce qui est » »

      Et voilà! Dieu… ou l’Univers est omniscient de tout « ce qui est ». Il ne connaît pas plus que nous, « Ce qui sera », sauf dans sa potentialité qui n’est pas réalisée.

      Par contre, la loi primordiale de « viabilité », guarantie par l’impossibilité du « non-être », dirige l’évolution de l’Univers vers un « État » de réalisation.

      Lorsque cet « État » sera atteint, Dieu… ou l’Univers sera dans un présent « réalisé » sans plus aucun mouvement évolutif discernable.

      Est-ce qu’il y aura une suite? Probablement que oui, mais qui peut l’affirmer avec certitude?

      J’espèrer que nous aurons tous un petit moment de repos.

  3. avatar

    À noter; j’aurais dû dire que l’Univers vit dans le présent constant, mais que notre problème à nous est: que nous vivons constamment dans le « tout juste passé » de l’univers.

    On tire de l’arrière un tout petit « brin »; mais je ne crois pas que cela soit très grave. Il faut l’accepter comme ça 😉

    Amicalement

    André Lefebvre

  4. avatar

    J’oubliais un détail des plus important:

    « Je ne crois pas qu’il tente tout ce qu’il lui est possible pour améliorer sa viabilité,… »

    S’il ne tente pas tout ce qui lui est possible pour améliorer sa viabilité, j’aurai énormément de difficulté à accepter qu’il laisse la pauvreté et la souffrance exister.

    Je crois que Dieu n’est pas aussi bête et insensible. S’il accepte les choses comme elles see déroulent, c’est qu’il ne peut pas faire autrement.

    Amicalement

    André Lefebvre

  5. avatar

    André,

    Je suis d’accord que la pensée est énergie, car tout est énergie et qu’elle fait donc partie de Dieu.

    Pour moi il y a des choses qui existe, mais dont l’esprit humain n’a pas accès. Puisque Dieu est infini, alors je pense qu’il a une infinité d’attributs, mais ceuc-ci ne sont pas autres que Dieu, mais ils sont en lui. L’être humain est fini, et il a accès seulement à deux attributs.

    Je suis d’accord que Dieu ne peut être que ce qu’il est, ainsi l’impossible n’existe pas. La limite de Dieu est qu’il ne peut pas être ce qu’il n’est pas. Il est effectivement limité par ses propres lois universelles.

    Lois universelles et divines sont identiques, je suis d’accord, ainsi que Dieu et univers (mais pas dans le sens restrictif qui concerne seulement la matière, mais tout).

    Je ne comprends pas ton argument qui stipule que si on n’avait pas accès à autres choses que la pensée et l’étendu, alors mon êtreté serait inexistante? Je pense qu’on peut exister sur ces deux plans et non sur les autres. Ce qui inclut une existence énergétique, qui est le fondement de toute chose. Toutes les formes existantes sont une manifestation différentes de l’énergie sur le plan vibratoire. Notre existence est fondamentalement « énergie ».

    Le temps existe pour nous, mais c’est une illusion dans le sens que c’est une perspective de notre point de vue, mais qu’en réalité le temps n’existe pas. Mais cette illusion existe bel et bien pour nous. Elle est illusion seulement dans le sens où quelque chose de plus vrai existe différemment.

    Le présent ne se transforme pas pour Dieu, car si tu embrasses toutes les choses d’un regard, d’un coup, alors tu perçois tous les enchainements causaux d’un coup, du début à la fin dans un éternel retour. La cause et l’effet existent en même temps en Dieu, c’est nous qui les perçoit séparément.

    Le but à atteindre c’est pour nous (le bonheur), pas pour Dieu, car il est et ne vise rien dans le futur.

    La potentialité de Dieu n’est pas réaliser pour nous, avec notre regard limité, mais pour Dieu tout est réalisé. Seul l’univers matériel est en évolution ou plutôt en changement.

    LEs choses ne peuvent pas être différentes de ce qu’elles sont, en effet, selon les lois universelles. Dieu ne pense pas à la manière d’un être humain, donc la souffrance est une conséquence des lois de la Nature et il n’y a pas de sentimentalité là-dedans.

    En fait, nous sommes d’accord sur les idées d’ensemble, à part quelques détails, qui ne sont peut-être que notre façon d’expliquer les choses. Nos points de vue sont très proches

    Amicalement,

    Nicolas

  6. avatar

    « Je ne comprends pas ton argument qui stipule que si on n’avait pas accès à autres choses que la pensée et l’étendu, alors mon êtreté serait inexistante? »

    Je trouve cela un peu surprenant de ta part.
    Il existe une « allégorie » explicative en religion:

    « Le baptême de Jésus ».

    1) La voix du Père (Celui qui est)
    2) La colombe (l’esprit de celui qui est)
    3) Jésus (matière manifestée par l’énergie de l’esprit de Celui qui est.

    Il n’y a donc qu’une seule « êtreté »; soit « Celui qui est ». Les deux autres n’étant que manifestations sucessives et conséquentes de cette « êtreté » initiale.

    Ça se résume à la même chose que tu es, toi-même:
    « Je suis, Je pense, J’agis ». (L’action réelle nécessitant la matérialité).

    En fait ce concept est tout à fait « scientifique ».

    😉

    « Je pense qu’on peut exister sur ces deux plans et non sur les autres. »

    En réalité, il n’y a que trois plans; ceux que je viens de te décrire. Et ces trois plans limitent Dieu (Univers) tout autant que toi. Dieu peut-il être plus que son « êtreté », c’est à dire: lui-même? La réponse « Oui » est impossible.

    « Le temps existe pour nous, mais c’est une illusion dans le sens que c’est une perspective de notre point de vue, mais qu’en réalité le temps n’existe pas. »

    Ceci est une affirmation plutôt gratuite, je pense. Le temps existe bel et bien, puisqu’il dépend de la vitesse et que cette vitesse existe.
    Si l’Univers est au « présent » constant, c’est simplement parce que son expension se fait à la vitesse de la lumière où les distances disparaissent et le temps se fige.

    L’univers est alors « partout » au moment « présent ». Ce qui n’empêche pas la concrétisation graduelle de son « état » en « devenir ». D’où l’évolution et l’entropie de l’univers que nous observons. 😉

    « Le but à atteindre c’est pour nous (le bonheur), pas pour Dieu, car il est et ne vise rien dans le futur. »

    C’est un peu ce que je pense: Dieu est condamné à « être » ce que l’univers parviendra à être.

    « La potentialité de Dieu n’est pas réaliser pour nous, avec notre regard limité, mais pour Dieu tout est réalisé. Seul l’univers matériel est en évolution ou plutôt en changement. »

    Parler de l’univers matériel n’est pas parler de l’univers; car celui-ci comporte trois « sections »: 1) « l’état », 2) l’énergie et 3) la concrétisation de cette énergie.

    La potentialité de Dieu est une potentialité; c’est à dire une réalité non réalisée. Cette potentialité doit traverser ses possibilités, ensuite ses probabilités, pour finalement réaliser cette potentialité initiale qui deviendra sa « réalité ».

    « Les choses ne peuvent pas être différentes de ce qu’elles sont, en effet, selon les lois universelles. Dieu ne pense pas à la manière d’un être humain, donc la souffrance est une conséquence des lois de la Nature et il n’y a pas de sentimentalité là-dedans. »

    Je préfère dire qu’il pense comme nous mais que, puisque sa réalisation est d’éliminer toutes les possibilités « contre-réalisatrices », il doit accepter de produire les expériences même négatives. De toute façon, « Rien ne se perd, rien ne se crée et tout se transforme ». Autrement dit: c’est douloureux, mais pas longtemps. 😀

    Les lois de la nature s’appuient sur la recherche de la « viabilité » que certain appelle également « l’équilibre ».

    Ce qui existe de plus « équilibré » actuellement dans l’univers est le cercle; et pourtant si son équilibre était parfait, le nombre Pi serait 3 et non 3.1416… Le .1416 indique le déséquilibre dans un cercle. La viabilité totale n’est pas encore atteinte.

    « Nos points de vue sont très proches »

    Très; surtout que tu emplois le terme : « je pense » tout comme moi qui évite de dire: « Je crois ».

    Mis à part quelques détails comme tu le mentionnes.

    Amicalement

    André Lefebvre.

    • avatar

      Nous avons accès à l’être de Dieu par l’énergie de notre pensée et de notre corps. En ce sens nous existons. J’admet ton explication et je la trouve compatible avec notre existence en tant que corps et esprit. Dieu est l’être parfait et absolu, et nous une de ses manifestations. Notre êtreté provient de la sienne.

      Il y a trois plans, mais nous avons accès à deux, le premier nous ne pouvons que le concevoir par la pensée. D’après Spinoza les autres attributs ne peuvent même pas être conçu par notre esprit. C’est un postulat qui déccoule de l’idée que Dieu est infini.

      La vitesse existe du point de vue humain, mais pas pour Dieu, car pour qu’il y ait déplacement il faut qu’il y ait existence relative, particulière dans un tout. Pour le Tout, l’absolu, pris dans son ensemble il n’y a pas de déplacement, ni de changement. Pour l’absolu il n’y a pas d’autres choses que lui-même. Un déplacement implique le changement de distance d’une chose par rapport à une autre. La Nature naturante ne peut pas se déplacer par rapport à autre chose.

      La Nature Naturante est la perspective de Dieu pris comme un tout où tout est uni et la Nature naturée est la perspective de Dieu de l’intérieur en séparant ses différentes manifestations. Les deux perspectives sont vraies selon notre point de vue, mais la réalité première, donc la plus réelle est la Nature naturante, l’unité, l’absolu. Ces deux perspectives sont une seule et même chose sous deux point de vue différent.

      Pour moi être au moment présent (la nature naturante) est incompatible avec le fait d’être aussi en devenir (la nature naturée) à moins qu’on en différencie le point de vue.

      Si nous connaissions toutes les lois de la Nature et toutes les causes et interactions d’un énénement, alors il n’y aurait pas de possibilités, seulement une nécessité. Les mêmes causes donnent les mêmes effets, donc cela ne pouvait pas être autrement que ce qui se produit. L’idée de possibilité provient de notre ignorance de certains éléments. En Dieu c’est nécessaire et immuable.

      Le cercle est effectivement le symbole de l’absolu.

      Cordialement.

  7. avatar

    « Le cercle est effectivement le symbole de l’absolu. »

    Et pourtant il n’est pas parfait. C’est justement cette constatation qui m’a fait réfléchir plus loin que ce que je croyais.

    Que dire de plus?

    Amicalement

    André Lefebvre

    • avatar

      Le cercle est la représentation matérielle de l’idée originale, elle ne peut qu’être moins parfaite étant donné que l’étendu n’existe pas dans l’absolu, mais seulement dans le monde matériel. Et même là on a un exemple mathématique qui démontre l’illusion de l’étendu, car si on prend deux points dans l’espace et qu’on les rapprochent de moitié progressivement (en divisant l’espace par deux), les deux points ne se toucheront jamais à l’infini.

      Amicalement,

      Nicolas

    • avatar

      Ouais! le genre de raisonnement qui nous fait découvrir l’infini sur une tige de 1 mètre de long.

      Ce n’est pas ce que j’appelle un raisonnement objectif; c’est plutôt le fruit de l’objectivité raisonnable. C’est à dire: limiter la raison à l’objet au lieu soumettre l’objet à la raison.

      La raison nous dit que pour diviser une distance en deux, le seul moyen est qu’il faut introduire une autre distance en plein centre de cette distance à diviser; sinon la distance initiale n’est pas « séparée ».

      Résultat en « divisant » une distance on éloigne les points l’un de l’autre au lieu de les rapprocher. L’espace ne s’élimine pas; sa métrique prend de l’expansion là où il n’y a pas de gravitation et diminue sous l’action de la gravitation. Ce sont les seules possibilités.

      Et si la métrique diminue dans un champ gravitationnl assez puissant elle atteint la limite d’une « distance nulle ». Exactement comme celle qui prend de l’expansion à la vitesse de la lumière; les distances, à cette vitesse, deviennent également « nulles ».

      Cette « réalité » au sujet des caractéristiques de l’univers est beaucoup plus extraordinaire que tout ce que l’on peut imaginer, je pense.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

  8. avatar

    J’ajouterais que c’est exactement la représentation de l’évolution d’une « potentialité » (distance nulle avant tout déplacement, c’est à dire: mouvement) et de la réalisation de cette potentialité (distance nulle après atteinte du déplacement, c’est à dire un mouvement à la vitesse de la lumière).

    « Potentialité » et « réalisation » sont identiques sauf que, la première est « en devenir » et la deuxième est « arrivée à destination ». Tout déplacement à vitesse intermédiaire est l’évolution de cette potentialité initiale vers sa réalisation finale.

    Tout est UN et tout se comporte comme tel, quel que soit le concept considéré.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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