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17 octobre 2012 |
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DEMY WEST Tout artiste, qui veut explorer sa pratique jusque vers les frontières les plus hasardeuses de l’art, se doit de revenir à l’essentiel. Car depuis Lascaux, le style épuré a toujours été le refuge et la source des plus habiles exploits de l’art.
Depuis plus d’un siècle, le partage entre abstraction et réalisme s’est imposé comme le plus sûr carcan de l’art et des idées en monstration dans l’art. On est soit abstrait, soit réaliste, Européen et parisien ou bien Américain et anglo-saxon. Et c’est une sorte de convention qui a certainement épuisé l’invention dans l’art et dans les synthèses du futur.
Bien sûr, cette convention, qui s’est affermie en stéréotype après les années 30, avait pour fonction utile de surveiller toute renaissance des arts eugénistes ou de propagande. Mais, après le post-modernisme et ses désordres amusants, tout ceci n’est plus que reliquat du XXème siècle et de ses idéologies simplistes et autoritaires.
Certes, il reste encore que l’art anglo-saxon perpétue la tradition victorienne de la peinture bien-faite. Mais, sans plus d’invention. Et en France, on se pique d’être artiste contemporain dès lors qu’on propose au public local de vieux collages de papier journaux de la veille. Comme au resto, les vieilles recettes sont des valeurs sûres pour combler les vides soit de l’estomac ou plus haut.
Toutefois, quand on est artiste, on s’implique autrement. C’est sa vie qu’on joue à ce jeu des formules de l’art. On a juste le temps d’une vie pour réussir le projet alchimique. Et, la magie de Lascaux opère toujours, elle a tout dit et dès l’origine des témoignages de l’art. Car au fond, on ignore certainement tout des premières manifestations des arts, tout comme aucun tableau de l’art grec ne nous est parvenu à l’intact.
Aujourd’hui, la société est transformée et enluminée, si l’on peut ainsi dire, par l’architecture des villes prophétiques et par les marques dominantes, aussi par l’excès de style que la Mode affiche dans tous les médias et surtout sur tous les individus qui s’y adonnent, et ils sont innumérables.
Le topos est : la modernité. Tout comme au XIXème siècle, tout devait être « réaliste » en art, ce qui voulait dire « nouveau » soit moderne. Aujourd’hui, l’icône de la modernité c’est le modèle féminin vêtu de la dernière création de Dior ou de Ulyana Sergeenko pendant les Fashion Weeks à Paris ou à New York. C’est le laboratoire de la modernité, et dans le même temps, une provocation outrageante ou libératoire dans ce monde des injustices libérales de la liberté aussi.
Les uns y verront la monstration scandaleuse du luxe et l’eugénisme arrogant, quand les autres y verront la pointe ultime et courageuse du Beau et du style manifesté dans la société enfin !
Pour le peintre de mode, il s’agit aussi de la plus habile virtuosité picturale héritée de l’orient et de l’art du pinceau inimitable, car spontané, instantané, et manifestant des décennies de pratiques assimilées et devenues identitaires. Bref, l’art ne se préoccupe pas des interprétations idéologisées par le public. Il s’agit de suggérer la plus extrême densité de beau et de phéromones en quelques jets super-habiles de lignes et de couleurs limités à l’essentiel — comme un neuf Lascaux.
Le peintre de mode expérimente et explore l’habileté et le style où il s’incarne au mieux dans le présent de la vie contemporaine. C’est pourquoi, la peinture de mode est un des arts contemporains majeurs les plus en pointe dans notre temps.
Demy West
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