lundi, mars 2, 2015
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Qu?est-ce que le stalinisme?

Qu?est-ce que le stalinisme?

Staline par Picasso (1936)

Staline par Picasso (1953)

PAUL LAURENDEAU Il y a soixante ans cette ann?e mourrait Staline et, rantanplan ritournelle, ses d?tracteurs ignares continuent encore de b?ler et de se lamenter en faisant trop ostensiblement semblant de bien trembler comme des feuilles. Dictateur brutal, assassin livide, g?nocidaire inflexible. On continue d??riger Staline en monstre. On fantasme sur ses portraits de mairies et sur ses cyclop?ennes images d??pinal parchemin?es, sans m?me s?aviser du fait que, ce faisant, on continue tout simplement de poissonner dans la la propagande sovi?tique post-stalinienne d?autrefois ou ce qu?il en reste. On transforme la d?votion de jadis en d?monisation d?aujourd?hui, en en perp?tuant, parfaitement intacte, l?irrationalit? frileuse. J?ai de moins en moins de patience pour cette constante propension contemporaine ? remplacer l?analyse historique effective, et m?me la description factuelle la plus ?l?mentaire, par un esp?ce de petit manich?isme cr?tin de boutiquier, montrant les bons et les m?chants et jugeant l?histoire, sans recul, ni relativisme, ni perspective, ni vision. On commente toujours dans le m?me sens ce qui nous d?plait dans l?histoire, selon des petits crit?res arri?r?s de p?re et de m?re de familles ?troits, plut?t que de chercher le moindrement ? la comprendre dans sa logique propre, pour s?enrichir effectivement de ses si cuisantes le?ons. L?injure intellectuelle supr?me consiste ? assimiler niaiseusement stalinisme et hitl?risme sous pr?texte qu?il y a eu de l?autoritarisme et des morts en pagaille. N?importe quoi, confusionnisme, ineptie. Cessons une bonne fois de cerner notre compr?hension factuelle dans le saindoux des bobards moralistes. Deux g?n?rations nous s?parent de ces drames. Les morts on enterr? leurs morts et sont morts eux aussi. Notre modeste t?che est de faire la synth?se, de comprendre ce qui s?est pass? au maximum, sans constamment enchev?trer opinion et description. Posons donc la question froidement: qu?est-ce que le stalinisme? Choses certaine, ce n?est pas une doctrine ou un programme politique formul?s. C?est un r?sultat factuel, historique, immense, collectif. R?sumons-en le tableau descriptif, tr?s sp?cifique.

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Inflexibilit? objectiviste. Le stalinisme r?sulte d?une r?volution, d?une r?volution majeure. Des ?v?nements titanesques, profond?ment sup?rieurs en complexit? et en magnitude par rapport aux personnalit?s qui les anim?rent, ont port? le stalinisme, lui ont donn? ses contours, sa forme particuli?re, sa raison d?exister. ?manation des faits explosifs, le stalinisme garde, tr?s intimement imprim?es en lui, une conscience et une soumission envers ces faits sup?rieurs. Hyper-conformisme inavou?, le stalinisme sait fonci?rement que l?histoire se fait ? travers l?immense masse de ses acteurs et que chercher ? la d?vier ne peut r?sulter qu?? l??crapoutissement d?un certain acteur et son remplacement par un rouage plus solide, plus inflexible, plus gyroscopique, mieux coul?. Staline c?est un surnom. Cela signifie ?l?homme d?acier?. L?acteur staliniste est froid et ferme mais c?est parce que la phase historique qu?il sert est implacable. Et il est insensible non par cynisme, opportunisme, arrivisme ou indiff?rence, mais par pure et simple solidit?. La r?publique de G?orgie et les g?orgiens ne b?n?ficieront jamais du fait que Staline (cela s’entend m?me ? son accent quand il parle russe) est un compatriote, un gars du pays. Le fils de Staline, officier captur? et pris en otage par les Allemands pendant la guerre, ne sera pas ?chang? contre un Reichfeldmarschall (les Allemands ex?cuteront l’otage). Ce genre d’arrangement, de traitement de faveur de l’ordre de la combine, ne fait pas partie du dispositif intellectuel et mental de ce qu’est l’intentance staliniste. L?acteur staliniste sent que les forces objectives de l?histoire agiront, que les petites r?publiques se soumettront ? la grande, que le peuple sovi?tique ne c?dera pas au chantage de ceux qui prennent un grand nombre de ses enfants en otage. Le staliniste est calculateur mais, au fond, la soumission machinale aux forces colossales de l’histoire en marche, c?est l? le seul calcul qu?il fait vraiment. Quand il se met ? croire qu?il peut infl?chir les faits ? son avantage ou ? l?avantage de quiconque, ou les dominer, ou les d?crire sans risque, il n?est plus staliniste. Il devient subjectiviste, alors que le stalinisme est fondamentalement un objectivisme.

Crypto-pouvoir (de par l?appareil). Le stalinisme est un pouvoir. Mais ce n?est pas le pouvoir-spectacle emplum?, usurp? et cabot d?un Mussolini ou hyst?rique, revanchard et mystifiant d?un Hitler. Les pr?sidents de conseils, les commissaires du peuple, les ministres, les tribuns r?volutionnaires, les bavards, les agit?s, les t?tes d’affiches, les publicistes? le stalinisme laisse ces r?les ? d?autres. Le stalinisme est la quintessence historique et politique la plus achev?e de l??minence grise. Staline garde longtemps un r?le effac?, discret, peu visible. Il occupe un poste pas trop prestigieux au d?but de son positionnement: secr?taire g?n?ral du parti communiste. C?est une fonction de plombier, d?intendant, de coordonnateur, de chef de pupitre journalistique classant et s?lectionnant des articles ?crits par d?autres. Et au lieu de hisser sa personne vers les plus hauts pouvoirs, le staliniste tire les plus hauts pouvoirs vers sa personne. Les plus hauts pouvoir, disons: les pouvoirs les plus profonds, les leviers, les grands m?canismes, les vecteurs inform?s d?un appareil qui s?organise comme autorit?, par del? les modes, les tendances, les folliculaires et le blablabla. Le stalinisme ne domine pas l?appareil bureaucratique. Il en ?mane et, ?ventuellement, l?incarne. Orateur froid, lent, laconique, prosa?que, exempt de pathos ou de passion, Staline fait parler le pouvoir bureaucratique par sa bouche, sur un ton calme. La force faussement tranquille de Staline c’est la trace empirique de la puissance de l’appareil. Par cons?quent, il est absolument crucial de se rentrer dans le cr?ne une bonne fois que quand Staline se met ? cultiver des tics de dictateur mentalement d?labr? (parano, infaillibilisme, cynisme de satrape, scientisme de tocade, antis?mitisme), il devient un despote conventionnel et, alors, en soi, il n?est plus intrins?quement staliniste. Eh oui, les amis, le vieux Staline s?est, en fin de course, passablement d?stalinis? lui-m?me. Khrouchtchev n?aura fait que parachever cette petite ?uvre l?.

D?douanement subjectiviste m?thodique (de par les adversaires). Le stalinisme est une man?uvre, un louvoiement, un surfing, une survie. Le stalinisme n?est pas une pratique politique d?ann?es calmes ou d?ann?es fastes. C?est un savoir-faire et une action qui op?rent dans le danger majeur permanent. Guerre civile (plomb?e d?importantes incursions internationales), faillite rurale, famines urbaines, crises de la productivit? industrielle, guerre mondiale. Le stalinisme combat certes l?ennemi ext?rieur. Mais, dans sa facette (inter)subjective, il m?ne surtout la charge autocritique. Il d?veloppe une excellence consomm?e dans l?art d?licat d?encadrer des crises int?rieures en les laissant tapageusement fleurir, puis de les faire se solder en l?autodestruction subjective? des autres. Important: les victimes les plus solennelles du stalinisme s?autod?truisent au nom de la cause et de la purification de la cause par la plus radicale et terminale des autocritiques publiques. Le stalinisme joue les droites contre les gauches, les gauches contre les droites, il tire des alliers au centre, les r?duit puis les ?limine. Le stalinisme corrode et d?truit toute comp?tition, tout vedettariat, toute insoumission frondeuse, toute alternative, surtout les alternatives personnelles, individuelles. On rapporte qu?Hitler enviera la soumission machinale bien huil?e de l?arm?e sovi?tique, soigneusement purg?e avant guerre de milliers d?officiers t?te enfl?e et d?cor?s aux multiples chamarres du temps d?Octobre. Le stalinisme est le contrepoison souverain contre toutes les d?viations. Il place la ligne. Les proc?s de Moscou furent l?exercice de relations publiques supr?me de la portion subjectiviste, ?dialectique?, ?autocritique? et infailliblement autoprotectrice du stalinisme.

Fid?lit? doctrinale de fa?ade. Le stalinisme est une attitude de fausse soumission doctrinale. C?est la posture veule du pseudo-disciple, du vicaire huileux, du thurif?raire ostentatoire, de l??pigone torve, du th?oricien tricheur, du tacticien pragmatiste camouflant soigneusement ses initiatives. C?est la scolastique des lendemains qui chantent continu?e par des moyens politico-militaires. C?est le mixage internationaliste des nationalit?s sous haute surveillance des minorit?s russes des r?publiques. C?est le stakhanovisme comme d?guisement socialiste du fordisme et du taylorisme. C’est la duplicit? permanente de la consolidation post-r?volutionnaire dans un seul pays. C?est surtout Platon, le modeste lutteur de foire, faisant malicieusement parler le sage Socrate et se cachant sciemment derri?re lui. Le principal ouvrage de th?orie socio-politique de Staline s?intitule Questions du l?ninisme. Personne n?a jamais ?crit un trait? qui se serait intitul? Questions du stalinisme? Dans ce genre d?expos? doctrinal, Staline ne fait avancer ses id?es qu?en affectant d?exposer celles de L?nine. Staline embaume L?nine sans lui avoir pr?alablement demand? son avis. C?est pas simple, intellectuellement, cette affaire l?, parce que pour se rendre compte qu?il y a eu d?viation, biais pragmatique, distorsion, triche, truc, astuce, r?visionnisme (pour reprendre le mot consacr?), le penseur de base, le th?oricien disciplin?, le lecteur assidu, le stakhanoviste honn?te, eh bien il doit forer ? travers l??pais linceul l?ninien avant de se taper contre la petitesse et l?absence de vision staliniste? Dr?le de dictateur qui s?efface derri?re l??tendard d?un ma?tre. Dr?le de rouage bureaucratique qui restitue subrepticement l?autocratisme, sans s?allouer la visibilit? monarchique ou pr?sidentielle dudit autocratisme. C?est bien qu?il faut appara?tre comme le serviteur de la r?volution, pas comme son ma?tre. Imp?rial mais aventurier, Bonaparte a pu dire: La R?volution Fran?aise est termin?e. Apparatchik quand m?me lourdement d?termin?, Staline n?a pas eu cette latitude.

Fausse faiblesse, souplesse ?lastique de la trame des rets. Le stalinisme est une grande force hypocrite. C?est une posture radicalement sto?que et faussement flexible. C?est un gigantesque bluff au poker du monde et ce, de droite comme de gauche. Au moment du d?clenchement de l?Op?ration Barbarossa, il y a trois millions de soldats allemands aux fronti?res de l?URSS. Staline ne dit rien, il semble laisser faire, regarder ailleurs. On a pr?tendu qu?il ne croyait pas ? l?imminence d?une invasion et qu?il s?en tira par la suite, par simple chance. La chance n?a rien ? voir avec des ?v?nements de cette magnitude. Jamais. Le fait est que Staline avait donn? toutes les apparences de la souplesse, de la faiblesse presque, devant l?Allemagne nazie, notamment de par le tr?s calculateur Pacte Germano-Sovi?tique, si myst?rieux et si d?routant pour toutes les gauches (apr?s coup, hein, car sur le coup il fut en fait secret). Les Allemands avancent jusqu?aux portes de Moscou. Ils croient marcher sur du velours. Ils s?emp?trent dans des rets. Froid, indiff?rent ? la somme colossale de destructions subies par son propre pays, Staline vainc incontestablement, imparablement, et c?est d?avoir ?t? sous-estim?. Il n??vacue pas Moscou et finira par prendre Berlin. Il devient l?homme crucial de l?imm?diat apr?s-guerre. Et, sur la photo de la conf?rence de Yalta, il a l?air d?un gros somnambule un peu distrait, presque placide. Ne le croyez surtout pas. It?s an act? Cet homme d??tat a feint la faiblesse, la souplesse, la niaiserie, la bonhommie paterne (souvenons nous du surnom vernaculaire de Petit P?re des peuples), la modestie ou la distraction, pendant le gros de sa vie de politique. Trotsky le prenait pour un petit joueur. Il d?truira Trotsky. L?nine le prenait pour un brutal. Byzantin et subtil, il donnera, ? l?aube de la Guerre Froide, au pouvoir ?internationaliste? sovi?tique, une ?trange flexibilit? caoutchouteuse qui en d?routera plusieurs, ? droite comme ? gauche, donnant le change pour un bon moment encore. L?URSS ne s?affaissera finalement qu?en vertu du fait que les post-staliniens, Brejnev notamment, subiront comme une sorte de contrainte impond?rable l?accalmie mondiale qui fera graduellement ressortir l?armature rouill?e, rigide et archa?que, du dispositif n?o-imp?rial post-stalinien. Le stalinisme meurt des scl?roses de ses successeurs mais il ne se rend pas, et il n?est pas vaincu. Il n?y a qu?un penseur politique de pacotille comme George Bush Senior pour s?imaginer qu?il a gagn? la Guerre Froide! La Guerre Froide (qui ne fut jamais qu’une paix arm?e) n’a pas ?t? gagn?e, elle s’est r?sorb?e. La disparition du stalinisme c?est l?obsolescence des crises r?volutionnaires et guerri?res du si?cle dernier. Hitler et Mussolini furent abattus. Churchill et Truman furent rel?gu?s. Staline s?effilocha.

L'homme de l'ann?e du magazine TIME pour 1944

L’homme de l’ann?e du magazine TIME pour 1942

Alors faut-il croire en Staline? Faut-il ?tre stalinien? La question est d?sormais aussi bizarre que si on se faisait demander: faut-il croire en Cromwell, en Robespierre, en Bonaparte? Faut-il ?tre cromwellien, robespierriste, bonapartiste? Ou alors faut-il conchier Staline? Faut-il ?tre convulsivement antistalinien? La question est d?sormais aussi injurieuse que si on se faisait demander faut-il conchier Cromwell (qu?on d?terra quelques ann?es apr?s sa mort pour pendre son cadavre), Robespierre (qu’on guillotina), ou Bonaparte (qu’on exila)? Faut-il ?tre anticromwellien, antirobespierriste, antibonapartiste? Oh, ce n’est d’hier qu’on utilise le discr?dit personnel des figures r?volutionnaires pour salir l?id?e de r?volution, ternir son importance, minimiser son urgence. Pas de ?a entre nous. S?il-vous-plait, cessons une bonne fois de jouer au foot avec l?histoire… Cromwell, Robespierre, Bonaparte, Staline, ces personnages liges, ces lanternes translucides, ces ?l?ments poreux et labiles furent des ?manations r?volutionnaires. Comprendre en profondeur ce qu?ils sont, c?est comprendre ad?quatement les cons?quences re?ues des r?volutions connues. Sans plus. C?est immense, oui, mais aussi, c?est limit?.

Faut-il ?tre r?volutionnaire alors? Oui, il le faut. Et oui, il faut attaquer sans faillir les pense-petits ?s histoire qui laissent entendre que toutes r?volutions, mes petits, d?bouchent fatalement, providentiellement sur un stalinisme. Ayons la d?cence de voir combien le stalinisme est quelque chose de profond?ment sp?cifique, particulier, concret, conjoncturel. Les particularit?s d?une conjoncture historique concr?te ne sont exploit?es pour promouvoir l?immobilisme social que par les ?l?ments vou?s de toutes fa?ons aux choix de classe r?actionnaires. La le?on de l?histoire n?est pas l?. L?histoire est un d?veloppement asym?trique. C?est aussi une m?moire, une mise en annales des r?volutions et contre-r?volutions, des crises et des mutations qui ne sont pas ?pass?es? mais plut?t acquises. La le?on de l?histoire est dans l?irr?ductibilit? qui transperce et corrode l?arabesque de ses lois. Il y a eu, il y aura des r?volutions. Mais il n?y aura eu qu?un seul stalinisme. Des millions de gens l?engendr?rent et le perp?tu?rent, tous ceux et celles qui, sans trop le savoir mais en y croyant toujours un peu (m?me comme grand pis-aller de protection sociopolitique et de consolidation sociale), mirent en forme historique le d?veloppement d?une des grandes phases de passage de la f?odalit? au capitalisme, celle dont la t?te de lecture et la pointe de nef fut, un temps aussi, en Europe Orientale et dans le monde, le ci-devant camarade Staline (1878-1953).

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CHRONOLOGIE SOMMAIRE DU STALINISME

Staline a identifi? la survie et la s?curit? de la r?volution avec sa propre survie. Emmanuel d?Astier

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1905-1921: L?NINISME – R?volution de 1905 (1905). Naissance de Brejnev (1906). Premi?re guerre mondiale (1914-1918). R?volution d?Octobre (1917). Guerre civile avec profondes incursions internationales (1917-1923). Staline au comit? ?ditorial de la Pravda (1917). Staline commissaire du peuple aux nationalit?s (1917), puis aux transports et ? l?approvisionnement; dans le cadre de ces fonctions, Staline, le seul des grands chefs r?volutionnaires bolchevistes ? avoir tu? quelqu’un des ses propres mains, est appel? ? jouer un r?le de commandement militaire de terrain lors de la guerre civile (1918-1922). Nouvelle Politique ?conomique, dite aussi ?capitalisme d??tat? (1921-1928).

1922-1949: STALINISME – Staline secr?taire g?n?ral du parti communiste (1922-1953). Mort de L?nine (1924). Exil de Trotsky (1927, 1929). Lancement des plans quinquennaux et de la collectivisation des campagnes (1928). Naissance de Gorbatchev (1931). Assassinat du tribun populaire Kirov et premi?res purges (1934). Proc?s de Moscou (1936-1938). Pacte Germano-Sovi?tique (1939). Assassinat de Trotsky au Mexique par un agent stalinien (1940). Op?ration Barbarossa (1941-1943). D?fense victorieuse de Moscou (1941-1942). Victoire sovi?tique ? Stalingrad (1943). Prise de Berlin par les Sovi?tiques (1945). Stalinisation acc?l?r?e des pays satellites (1946-1955). Rupture entre l?URSS et la Yougoslavie de Tito, accus?e de d?rive nationaliste (1948-1949). Premier essai nucl?aire sovi?tique (1949). R?volution chinoise (1949).

1950-1979: POST-STALINISME – Le charlatan Lyssenko incarne la biologie sovi?tique (1948-1964). Culte de la personnalit?, infaillibilisme, scientisme de toc; devenu le Colonel Sanders sovi?tique, Staline ne gouverne plus vraiment; habituellement v?tu de blanc, il est un embl?me pour les statues et les pancartes remplac? fr?quemment par des sosies dans les grands ?v?nements officiels (1950-1953). Mort de Staline ? 74 ans (1953). Assassinat/ex?cution de son grand sbire Beria (1953). Mise en place du Pacte de Varsovie (1955). D?stalinisation de surface par Khrouchtchev; seul le culte de la personnalit? post-stalinien est vraiment affect? (on bazarde statues et pancartes), la structure bureaucratique ?tant encore trop puissante (1956-1964). R?volte en Hongrie (1956). Rupture avec la Chine, qui juge l?URSS post-stalinienne ?r?visionniste? (1961). Kossyguine et Brejnev d?posent Khrouchtchev (1964). N?o-stalinisme brejnevien, plus rigide parce que moins puissant (1964-1982). Printemps de Prague (1968). Troubles islamistes dans les r?publiques musulmanes et invasion subs?quente de l?Afghanistan pour en soutenir le parti communiste vacillant (1979).

1980-1985: VRAIE D?STALINISATION – Solidarno?? en Pologne (1980). Mort de Brejnev (1982). Ultimes tiraillements entre les post-staliniens et les d?stalinisateurs au sommet (Tchernenko, Andropov, Gromyko etc). Michael Gorbatchev, secr?taire g?n?ral (1985-1991).

1985-1991: D?MANTELEMENT DE L?URSS – Gorbatchev, devenu secr?taire g?n?ral en 1985, syndic de faillite officieux de l?URSS, instaure la Glasnost, la Perestro?ka puis assure l?intendance forc?e du d?membrement de l?union des r?publique et le retrait de la r?f?rence au ?communisme?. Le PCUS et la fonction de secr?taire g?n?ral disparaissent du pouvoir au profit d?une douma multipartite de type bourgeois pour chacune des r?publiques. La F?d?ration de Russie occupe d?sormais les positions qu?avait occup? l?URSS dans les grands forums et sur les grands comit?s internationaux. Retrait sovi?tique d?Afghanistan (1989). Dissolution du Pacte te Varsovie et r?unification de l?Allemagne (1991).

 

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6 commentaires

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    Mercdi pour ce papier PAUL. Il est agréable d constater que certains ne sacrifient pas à la doxa bourgeoise terrorisée – et de bon droit – par la seule évocation du nom de l’homme de fer.

    As-tu songé cependant que le terme même de STALINISME était une concoction bourgeoise et n’avait pas lieu d’être. Tu passe tout prêt de le réaliser dans ton papier quand tu explique que cette période historique dont a fait partie ce grand leader ouvrier commence avec Lénine et la Révolution d’Octobre jusqu’a la mort de Staline, le coup d’État de kroutchev (dont il n’est pas certain qu’il n’aurait pas assassiné Staline) et le Congrès du PCUS ou Kroutchev a compléterson oeuvre.

    Staline fut le continuateur de Lénine et le dirigeant de l’URSS à l’époque de la dictature du prolétariat (oui oui il y a bien le mot dictature) et Staline fut le dictateur Soviétique frappant de son poing les reliquats de la bourgeoisie des Républiques soviétiques. Malgré tous ses eforts sincères et ertinents Staline échoua dans son oeuvre de continuation de l’édification socialiste en URSS.
    Voilà la plus grande énigme de ce siècle.
    Voilà la problématique sur laquelle les hitoriens et les théoriciens socialistes devraient se pencher au plus tôt.

    Robert.

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    Entre autre et notamment une petite erreur (et ce n’est pas la seule PAUL) ceci : Le principal ouvrage de théorie socio-politique de Staline s’intitule Questions du léninisme.

    Faux. Staline a entre autre pilotée l’écriture du nouveau traité d’économie politique – 1955 (après sa mort oui oui ) 444 pages très étoffées -un classique en économie-politique marxiste et d’autres écrits également dont l’Histoire du Parti bolchévique (;-))

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    Dernier commentaire PAUL. Je te laisse en paix par la suite PROMIS. Tu trahis ton serment Paul dans cette phrase ci-dessous et d’une analyse froide basée sur les faits tu te laisses entraîner vers l’approximation – la doxa bourgeoise et l’amateurisme historique.

    « post-staliniens, Brejnev notamment, subiront comme une sorte de contrainte impondérable l’accalmie mondiale qui fera graduellement ressortir l’armature rouillée, rigide et archaïque, du dispositif néo-impérial post-stalinien. »

    Un conseil, pour analyser l’histoire, les faits historiques, y compris concernant STALINE – souviens-toi que l’histoire de l’humanité est l’histoire de la lutte des classes. Reprend la fin de ton étude sur Staline et illumine la de la lumière de la lutte des classes – d’abord tu verras que Brejnev ne fut pas un stalinien surtout pas un marxiste-léniniste. Regarde quelle était la configuration de la lutte des classes dans le monde en 1960-1989 disons….
    Puis pense maintenant à la situation présente -2013- Tu as raison etre ou ne pas être staliniste – n’est pas la question. Ne pas être Bonapartiste est par contre très important (;-))

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      Le débat est donc lancé. Qui procède à l’analyse matérialiste de l’histoire et qui bascule dans l’aventurisme de la superficialité des analyses? Autocritique, vrille ton chemin vers les lendemains qui (dé)chantent…

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    Merci à Paul pour cet article et à Robert pour son intervention. Chaque certitude qu’on ébranle est une chance offerte à la vérité… même si nous savons bien que chacun ne tirera de cette vérité que les pierres qui lui serviront a bâtir les mythes dont nous avons besoin aujourd’hui.

    Staline, vous en convenez tous deux, était une manifestation de l’esprit du temps et des circonstances. Mais qui au monde aujourd’hui aurait la stature de tenir ce rôle ? … et ne me faites pas dire que j’attends un homme providentiel ! Mais, même en acceptant que l’homme se subordonne au rôle, peut-on imaginer un de nos leaders actuels qui serait apte a accueillir une grâce d’État ?

    PJCA

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