vendredi, mars 27, 2015
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Sarko-pipeau-show : le d?cryptage

On s’y attendait, on n’a pas ?t? d??u : le pr?sident sortant-candidat s’est livr? hier soir ? une grosse op?ration d’intoxication en accumulant les mensonges. Comme toujours. Retour sur un v?ritable festival d’ « enfumage », comme le d?nonce avec justesse Jean-Luc M?lenchon.

« En octobre 2011, lors d’une intervention t?l?vis?e, Nicolas Sarkozy s’?tait oppos? ? une hausse « g?n?ralis?e » de la TVA car, avait-il soulign?, « cela p?sera sur la consommation ». « Ce serait facile et injuste. Je ne l’accepterai pas. » Quatre mois apr?s, le chef de l??tat a annonc? dimanche 29 janvier une hausse de 1,6 point de la TVA, qui passerait donc de 19,6% ? 21,2%. » Facile et injuste : voil? ce qu’il fait aujourd’hui ! Tout en pr?tendant contre la logique et l’intelligence « qu’il n’y aura pas de hausse des prix car « la concurrence maintiendra les prix ». D’ailleurs, « Le 1er janvier 2007 l’Allemagne a augment? son taux normal de TVA de 3 points pour permettre de diminuer les cotisations sociales (pour un point) et r?duire le d?ficit public (pour 2 points), rappelle Rue89. Dimanche soir, Nicolas Sarkozy, qui propose une r?forme similaire, a affirm? que cela n’avait pas eu d’impact sur la hausse des prix et que cela avait favoris? la comp?titivit? allemande. » Et le site de se r?f?rer ? la Cour des comptes : « Selon une ?tude de la Bundesbank, une grande partie de cette augmentation de la TVA a ?t? r?percut?e dans les prix?: selon la banque centrale allemande qui fonde son analyse sur un panier de 40 biens, l’augmentation de 3 points de la TVA aurait contribu? pour 2,6 points ? la hausse des prix en 2007. La question de l’effet ?conomique de cette hausse de la TVA, notamment en termes de comp?titivit?, reste en revanche peu document?e. » La conclusion est implacable : « Si l’on comprend bien, la hausse de la TVA se r?percute quasi-int?gralement dans les prix et p?se donc sur les consommateurs tandis que l’effet ??comp?titif?? de transfert des cotisations sociales vers cette m?me TVA est pour le moins? incertain. Voil? pour le mod?le allemand tant vant?. »

Toujours sur la « TVA sociale », Sarkozy a dit hier : « Ce mot n’a aucun sens ». Depuis le temps que nous d?non?ons cet oxymore, il le reconna?t enfin ! Mais il a ajout? : « Vous ne m’avez jamais entendu le prononcer ». ?norme mensonge ?videmment, ?vent? par Le Monde : « dans son livre, Ensemble, paru en avril 2007, celui qui ?tait alors le candidat de l’UMP proposait « qu’avec l’accord des partenaires sociaux, toute avanc?e dans le sens de la TVA sociale s’accompagne d’un grand rendez-vous social ? la fin de chacune des deux ann?es suivantes ». « Si la TVA sociale contribue ? freiner les d?localisations, si elle est bonne pour l’emploi, si elle est bonne pour la croissance, si elle ne p?nalise pas le pouvoir d’achat, alors nous ferons la TVA sociale », avait-il aussi d?clar? le 20 juin 2007, lors d’un discours de politique g?n?rale aux parlementaires de la majorit?, juste apr?s son accession ? l’?lys?e. »? Le linguiste Jean V?ronis livre le texte complet de ce discours : Sarkozy utilise l’expression « TVA sociale » ? huit reprises ! Pour ne jamais l’avoir entendu le prononcer, il faut ?tre pour le moins dur de la feuille.

Achevons la d?monstration avec Owni, qui recense toutes les « erreurs » prof?r?es concernant l’Allemagne : Depuis 2003, Berlin a en effet mis en place une s?rie de dispositifs de retour ? l?emploi par des temps partiels exon?r?s de charge, les ?mini jobs? (loi Hartz I ? IV), qui compl?tent un autre emploi ou petit boulot. Au d?part limit?s ? 15 heures par semaine, ces boulots ciblant principalement les jeunes sont plafonn?s ? 400 euros par mois, avec 25% de charges salariales forfaitaires mais sans couverture sociale. Malgr? la cr?ation d?emploi de transition (les ?midi jobs? de 400 ? 800 euros avec une couverture sociale), les ?mini jobs? ont explos? et concerneraient, selon le rapport sur les performances de politiques sociales en Europe des d?put?s Michel Heinrich et R?gis Juanico, un travailleur sur quatre. « Le nombre important et croissant de ?mini jobbers? conduit ? nuancer les chiffres du ch?mage. Plusieurs ?tudes et syndicats soulignent qu?une part significative des ?mini jobbers? (surtout les femmes, majoritairement concern?es par ces dispositifs) souhaiterait travailler davantage. Or, le mini-job a ?chou? dans son objectif de permettre une transition vers un midi-job ou un emploi r?gulier ? plein temps. Au contraire, il conduirait ? une pr?carisation croissante de l?emploi, de m?me qu?? une paup?risation des b?n?ficiaires dans la mesure o? une r?mun?ration de 400 euros est en de?? du salaire de subsistance. » Voil? donc le « mod?le » que le cynique voudrait importer en France : un travailleur sur quatre ? 400 euros par mois ! « Entre 2000 et 2010, la richesse nationale allemande a cr? de 25%, passant en valeur de 2000 ? 2500 milliards d’euros annuels, r?sume L’Expansion. Si les b?n?fices des entreprises et les revenus de placement ont fortement augment?, ce n’est en revanche pas le cas des revenus des travailleurs allemands. En effet, pour regagner des parts de march? ? l’export, principal moteur de l’?conomie, l’Allemagne a appliqu? depuis le d?but des ann?es 2000 un politique de d?sinflation comp?titive, autrement dit de forte mod?ration salariale. R?sultat: alors que le salaire annuel moyen a cr? de 10,8% en France sur la p?riode 2000-2009, il n’a progress? que de 1% outre-Rhin. En termes nets r?els, les salaires des travailleurs allemands ont m?me diminu? de 2,5% sur la p?riode. (…) la chute des revenus nets r?els a ?t? bien plus forte sur la p?riode pour les bas salaires (-16% ? -22%) que pour les revenus les plus ?lev?s, qui affichent eux une l?g?re hausse de 1%. En comparaison, les revenus nets des ouvriers fran?ais ont progress? de 0,5% en moyenne par an sur la p?riode 1995-2008, gr?ce au dynamisme du Smic. » Ce Smic que nos antisociaux UMPistes r?vent de supprimer, pour mieux exaucer le patronat – qui r?clamait ? corps et ? cris? la « TVA sociale », entre parenth?ses. Ce que Parisot veut, Sarkozy le peut. Pour conclure sur l’Allemagne, horizon ind?passable de la droite, lisons ce qu’?crivait en juillet dernier ? ce sujet Gilles Raveaud, ma?tre de conf?rences en ?conomie ? l’Institut d’Etudes Europ?ennes de l’universit? Paris 8 Saint-Denis :« Ce qui se passe en Allemagne d?passe l?entendement. Qu?un seul dirigeant ou journaliste ose continuer ? parler de ?mod?le allemand? autrement que pour le critiquer alors que ces informations s?accumulent depuis des ann?es rel?ve soit de l?ignorance soit de la m?chancet? ? l??gard des salari?s europ?ens, ? commencer par les plus pauvres des salari?s allemands. » ?a s’appelle juste la droite fran?aise, un ramassis de menteurs au service de l’oligarchie qui veut briser tous nos acquis sociaux pour le plus grand b?n?fice de leurs amis, bien soutenus par les ?ditocrates qui squattent les m?dias dominants.

Owni poursuit son salutaire d?cryptage avec une autre affirmation du guignol de l’?lys?e : « Dans tous les pays du monde, quand ils sont en crise, le prix de l?immobilier baisse. Sauf un : la France, o? il continue ? monter ». Encore faux ! « Pas besoin de passer en revue le monde entier pour voir que cette exag?ration dans le propos ne se retrouve pas dans les chiffres. Au niveau europ?en, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Luxembourg et la Finlande ont vu leur indice des prix de l?immobilier augmenter du lendemain de la chute de Lehmann Brothers (quatri?me trimestre 2008) au troisi?me trimestre 2011. En Su?de, il est m?me pass? de 125,4 (avec 2005 pour base 100) ? 142,5 sur la m?me p?riode, avec seulement un l?ger fl?chissement fin 2010. » Une derni?re pour la route ? « Nous sommes le pays d?Europe qui a les d?penses publiques les plus lourdes. » ?a, il le dit sans cesse mais c’est toujours mensonger : « Si la France est dans le peloton de t?te avec 56,6 % de son PIB en d?penses des administrations publiques, elle est d?pass?e par deux autres Etats membres : d?une courte t?te par le Danemark (58,2 % en 2010) et de dix gros points par l?Irlande (66,8 % pour la m?me ann?e). »

Conclusion en vid?o? avec le candidat que nous soutenons :

M?lenchon, pr?sidons !

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