samedi, avril 25, 2015
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UNE ?glise, UN Pape, UNE (vraie) morale?

UNE ?glise, UN Pape, UNE (vraie) morale?

PIERRE JC ALLARD

Depuis quelques semaines, je parle d??thique.? Je n?en parle pas ??in se?? pour la d?finir ou en discuter des ?l?ments, mais dans l?optique d?en extraire un principe structurant pour la continuit? de la soci?t? humaine, continuit? qui me semble menac?e.

Menac?e, parce que, vouloir vivre en soci?t?, c?est essentiellement vouloir vivre mieux en s?en partageant les t?ches, lesquelle peuvent alors devenir plus complexes ? et compl?mentaires.? On se compl?te et on s?enrichit, s?enrichir n??tant qu?un autre mot pour dire ??avoir ce qu?on veut??.

Pour avoir ce qu?on veut, il faut se compl?ter, ce qui implique collaborer? et donc se faire confiance.? Les hominiens qui ont commenc? ? se faire confiance, se sont mis en tribus, puis en soci?t?s de plus en plus complexes?. Et ils se sont enrichis.?? La morale a eu ainsi le vent dans les voiles durant des mill?naires.?? On a codifi? en ??thiques?? les r?gles ? suivre pour que l?indispensable confiance soit l?.

Il y a eu des d?saccords, bien s?r.? Chaque fois que quelqu?un a eu le pouvoir de biaiser l??thique ? son avantage, pour qu?elle serve un autre but que de permettre aux gens de se faire confiance, les uns les autres. ?Ce sont ces d?saccords qui sont devenus des religions, abusant ainsi de cette force qu?est la foi pour faire agir sans autre raison que le go?t d?agir, et en abusant pour accepter des dogmes, comme autant de fatras d?absurdit?s contradictoires.

Il y a eu des d?saccords, mais pendant longtemps il est rest?, en tronc commun, une ?thique largement partag?e qui a permis que les humains travaillent ensemble et que les peuples puissent survivre. ?Survivre en cr?ant au moment de v?rit? ? ?et quelles que soient leurs autres divergences ? un consensus de ceux qu iavaintt une morale pour lutter contre ceux qui n?en avaient pas.

Pendant des mill?naires, on a tent? de se faire de plus en plus confiance et se m?riter cette confiance a ?t? per?u comme une vertu.?? Puis, il y a quelques si?cles, un virus? est apparu dans l?humanit? ? n? de l?abondance qu?apportait l?industrialisation ou de quelque autre facteur, ce serait un autre d?bat? -? ?et m?riter la confiance a cess? d??tre VRAIMENT per?u comme une vertu. Oh on a continu? ? en dire du bien, mais agir moralement est devenu dans les faits une inadmissible faiblesse, une involution?darwiniste,?un pas vers l?extinction.

Le vrai but propos? par la soci?t? est devenu, au contraire, d?abuser de la confiance d?autrui. ??Faire du commerce?? ? ce maquignonnage v?nal qui est ? sa face m?me l?expression la plus vulgaire de la relation humaine ? est devenu une entreprise glorieuse. ?On a cr?? une culture reposant sur l?arnaque: profiter de l?autre comme but premier de la vie et voie royale vers la r?alisation personnelle.

Ce faisant, on a extirp? insidieusement de la conscience humaine les principes de l??thique qui permettaient de se faire confiance les uns les autres. ?On les a rempla??s par la profonde insignifiance d?une foi en des dogmes ridicules et une notion du p?ch? r?duite? ? des tabous sexuels de convers pervers.?? Cet effort a culmin? aujourd?hui avec une ??aristocratie?? de banksters. Dans une soci?t? am?ricaine si d?pourvue de noblesse que l?on se d?barrasse? d?un militaire pr?sum? bonapartiste ? en l?accusant de tromper sa femme?!

Il n?y a plus de vraie morale. On a perdu toute confiance les uns envers les autres. Or, une soci?t? ne peut perdurer que si les soci?taires peuvent raisonnablement supposer que la pulsion ?goiste primaire en chacun est efficacement compens?e par la compr?hension des avantages sup?rieurs que lui apportent la collaboration et la valorisation constante? de cette compr?hension.?? Vouloir une morale, c?est vouloir cette valorisation.

Id?alement, on voudrait une morale universelle, laquelle serait un facteur de paix.? A d?faut de cette universalit?, rendue difficile ? court terme par les dogmes antagonistes que les religions traditionnelles ont inocul?s comme une rage s?lective ??leurs victimes respectives, on doit au moins faire pr?valoir une morale correspondant ? chaque culture? religieuse.? Il peut en ?tre ainsi dans ce que l?on pourrait appeler la ??chr?tient?.

La ??chr?tient?, c?est l?Occident, un territoire o?? pr?valent les ??principes du Christ??, aussi bien pour les la?ques, agnostiques et ath?es ??postchr?tiens?? que pour ceux qui se disent encore ??pratiquants??. Les greffons de cultures non-chr?tiennes n?ont pas encore la masse critique pour compromettre l?homog?n?it? de cet ensemble et il est donc encore possible d?avoir UNE morale de consensus en Occident.

Le d?fi, c?est d?exprimer cette morale et de renvoyer dans la sph?re de la conscience personnelle toutes les questions de dogmes. ? chacun sa foi, pourvu qu?elle le motive.? Peu importe la croyance, s?il en sort un individu ? qui l?on peut faire confiance, car? 2 000 ans de christianisme nous ont tiss?s de la m?me fibre morale.?Ce ne sont pas les dogmes disparates et souvent saugrenus qui sont l?ennemi, ce ne sont que des inconv?nients.

L?ennemi, c?est l?immoralit? programm?e qui affirme que le bien supr?me consiste ? pr?valoir sur son prochain. ?Le jeu ? ?somme nulle qui fait que l?on gagne et que l??autre perd. ?C?est ce concept mortif?re, qui est la n?gation absolue du message du Christ et qui est ? d?truire notre soci?t?.

Il faut ramener une vraie morale. ?Ce n?est pas mon propos de d?finir ici ce que doit ?tre cette morale incarnant les ??principes du Christ??. Seulement de dire qu?elle devrait ?tre d?finie et qu?il serait bon qu?existe une Autorit?, sans autre pouvoir que moral, dont le r?le soit d?identifier un consensus sur le plus grand commun diviseur de ce que les ??Chr?tiens??? croient ?tre ce message du Christ.

C?est ce consensus dans une seule ?glise et avec un seul Pape, non comme chef, mais comme interpr?te, conseiller et arbitre, qui permettrait?que refleurisse en Occident une vraie morale d?o? rena?trait la confiance.

Des milliers d?hommes et de femmes de bonne volont?? pensent en ces termes. ?Oecumenisme, Parlement des Religions, etc? mais s?il est une personne qui puisse aujourd?hui ? ?tre le symbole de cette d?marche, c?est? sans doute Hans K?ng, le vieux th?ologien contestataire, intime du Pape Ratzinger,?qui appelle aujourd?hui les clercs de la base ? la r?volte contre les diktats de l??glise traditionnelle.

Le mouvement de la base ne pourrait pas partir d?encore plus bas que le bas clerg? que cible K?ng ? ?Partir des? la?ques, croyants et incroyants. ?De ceux qui comprennent qu?il faut que revienne la confiance, que revienne une morale, un sens ? la vie autre qu?une infinie cupidit?? ? Ceux qui comprennent? qu?il n?y a pas de meilleur vecteur pour transmettre ce message en Occident que la structure de la vieille ?glise d?saffect?e qui doit elle-m?me se retrouver un sens ?

Comment partir de cette vraie base??? Aujourd?hui, ? l??re de l?Internet, par une p?tition.? EN VOICI UNE??que je viens de lancer se soir. ?Juste pour vous. Je ne m?y attarderai pas, car ce n?est pas ma comp?tence.? Mais elle pourrait grandir, ? la mesure de la vie que lui insuffleraient ceux qui s?y reconna?tront.

Pierre JC Allard

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2 commentaires

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    @PJCA, Votre préoccupation, quant à l’élaboration d’une éthique qui ferait l’unanimité d’un tronc commun de l’humanité, rejoint, d’une certaine manière, celle de Yahvé et de Moise, sur le mont Sinaï, qui avaient jugé nécessaire d’écrire sur des pierres les éléments essentiels d’une éthique devant inspirer et guider le peuple dans sa marche vers un avenir meilleur.

    Cette histoire et bien d’autres qui suivront nous enseignent que l’irritant principal aux relations humaines, fondées sur la confiance, n’est pas l’ignorance, mais les ambitions individuelles qui sapent, à sa base, cette confiance. Pour les juifs de l’Ancien Testament, il a fallu la voix des prophètes pour les rappeler à l’ordre, dénonçant tous ces travers qui ont traversé l’humanité jusqu’à nos jours : injustice, corruption, domination, tricherie, mensonge et quoi d’autre encore. Les scribes et les docteurs de la loi ont fait glisser progressivement la loi fondamentale du Sinaï vers de multiples lois de cultes qui n’avaient plus beaucoup à voir avec la loi fondamentale. Cela est également vrai avec les églises et les religions qui finissent par faire oublier, à travers des dogmes, des cultes et des enseignements, le noyau dur qui fonde leur foi.

    Personnellement, je crois en une force intérieure qui éveille les consciences à la solidarité humaine et fait découvrir ce tronc commun auquel adhèrent toujours plus de personnes qui y découvrent bonheur et paix. J’aime beaucoup relire ce passage du prophète Jérémie :

    Mais voici l’alliance que je conclurai (…) ces jours-là, oracle de Yahvé. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple.

    Ils n’auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : «Ayez la connaissance de Yahvé!» Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands. (Jér. 31,33-34)

    Avec Jésus, le Nazaréen, c’est en quelque sorte l’avènement de cette nouvelle humanité qui s’ouvre à cette loi, inscrite dans le cœur.

    « Ac 2 17 «Voici ce qui arrivera dans les derniers jours, dit Dieu :?Je répandrai de mon Esprit sur tout être humain, ?vos fils et vos filles deviendront prophètes,?je parlerai par des visions à vos jeunes gens ?et par des rêves à vos vieillards. »

    Je pense, en dépit de tout ce qui nous saute aux yeux, que cet Esprit est en pleine action et que l’humanité se consolide dans une recherche toujours plus grande de justice, de vérité, de solidarité. Les hypocrites et les manipulateurs sont de plus en plus identifiés et dénoncés. Les personnes de bonne foi se reconnaissent plus facilement.

    La conscience des consciences s’impose de plus en plus et ses ennemis, avec leur arsenal militaire et leurs manipulations médiatiques, perdent du terrain.

    De quoi sera fait demain ? Seul l’avenir nous le dira. Entre temps, je garde confiance.

    Avec tout mon respect

    Oscar Fortin

  2. avatar

    « L’ennemi, c’est l’immoralité programmée qui affirme que le bien suprême consiste à prévaloir sur son prochain.  Le jeu à  somme nulle qui fait que l’on gagne et que l’autre perd.  C’est ce concept mortifère, qui est la négation absolue du message du Christ et qui est à détruire notre société. »

    Merci Pierre, un message qui concerne l’espèce humaine, toutes religions confondues.

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