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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
21 mars 2011 |
2 commentaire(s) |
vu 5 635 fois Image Flickr par tobiasvl
Les événements du Wisconsin initiés par le programme d’austérité du jeune gouverneur républicain Scott Kevin Walker, en poste depuis seulement deux mois, constituent le premier jalon de la politique libertarienne du Tea Party. Au grand plaisir des partisans du mouvement néoconservateur, l’accession au pouvoir de l’un des leurs est une victoire inespérée et propulsera encore plus en avant leur dogmatisme ainsi que leur arrogance.
Ainsi donc, les diaboliques syndicats, ayant pris le contrôle de l’appareil de cet État du Middle West américain, sont mis en échec, malgré les protestations populaires réunissant, à plus d’une reprise, des centaines de milliers de personnes devant le Capitole du Wisconsin. Pourtant, les syndicats ont déjà été passablement affaiblis depuis les trente dernières années et les leaders syndicaux du Wisconsin avaient déjà ouvert la porte à des compromis afin d’alléger le déficit de l’État.
Mais que cela ne tienne. Comme un éléphant entrant dans une boutique de porcelaine, on saccage tous les droits sociaux les plus élémentaires en usant de stratagèmes antidémocratiques frisant le despotisme. Cela donne aussi le ton que pourront employer les entreprises privées dans leurs pourparlers avec leurs salariés syndiqués.
Non seulement les républicains du Wisconsin ont empêché à des élus d’entrer dans la Chambre lors de l’adoption du contesté projet de loi, ils ont aussi fait fi des règles parlementaires au Sénat en contournant le quorum de l’assemblée par une entourloupette procédurale – 14 sénateurs démocrates ayant refusé de siéger à cette occasion. On voit clairement ici que la démocratie passe bien loin derrière les velléités idéologiques des néoconservateurs qui affichent donc comment ils régleront le cas de ceux qui osent s’opposer à leurs politiques.
Par ailleurs, toutes ces manœuvres autocratiques vont à contre sens de la pierre angulaire de l’idéologie des républicains du Tea Party : la liberté. Ainsi donc, en bafouant le processus de négociation syndicale-patronale, ils contreviennent à la liberté d’association, un droit reconnu internationalement, ne laissant primer que les libertés individuelles afin de diviser pour mieux régner. En reléguant l’individu comme seule entité morale capable de revendiquer la plénitude de ses droits, il le confine dans un coin en étant l’unique responsable de ses déboires ou de ses succès.
La situation aurait été probablement moins explosive si le gouverneur Scott Walker avait réparti l’ensemble des coupures à une communauté plus large. Ce qui n’a pas été le cas. Un autre pan de son programme fut d’allégé les impôts sur les hauts revenus et d’abaisser la taxation aux entreprises – la belle vieille rhétorique des républicains depuis les années Reagan stipulant que seuls les nantis peuvent créer de la richesse. Une croyance qui a pourtant mené les États-Unis dans un criant état d’inégalité des revenus ayant généré la crise économique de grande ampleur qui perdure depuis 2008 par un taux d’endettement record. De la pure pensée magique. On préfère détrousser la classe moyenne pour satisfaire les envies des riches.
La vague libertarienne commence à déferler sur une Amérique en désarroi économique. L’Ohio est la prochaine en liste. Elle visera à recroqueviller l’État sur lui-même, en sabrant dans les services et la fonction publique avec, comme effet, de laisser les individus seuls avec eux-mêmes et dépourvus de réseaux de protection sociale. Autre conséquence : ces coupes sauvages auront tendance à faire vaciller la timide reprise économique car bien des personnes, dont les employés de l’État, perdront en pouvoir d’achat pour s’assurer des avantages sociaux de base (santé, assurance, pension) que le gouvernement ne leur fournira plus.
Trop de liberté, c’est comme pas assez. En vérité, la liberté, sans l’égalité la soutenant, ne mène qu’à la dictature idiote de la liberté…
Publié sur http://pourquedemainsoit.wordpress.com/
Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 173 (universitaire)
Le Tea Party, c’est la chevalerie de la bourgeoisie. Des trous de cul.
Excellent article Jimmy, que j’avais déjà lu sur ton propre blogue.
9 h 19 min, le Dimanche 3 avril 2011J’ai déjà signalé à centpapiers.com que ni mon nom ni ma photo n’étaient associés de quelque manière avec cet article. Je ne comprends tout simplement pas qu’on n’y change rien.
Merci pour faire le nécessaire.
Oscar Fortin
10 h 21 min, le Mercredi 10 avril 2013Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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